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Caricature et photographie

N° 17 de la revue Ridiculosa

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Publié le mercredi 21 janvier 2009 par Marie Pellen

Résumé

Dans la continuité des études visant à mettre en lumière les rapports complexes entre caricature et peinture, caricature et sculpture, caricature et publicité, la revue « Ridiculosa » (EIRIS) propose de réfléchir aux relations multiples qu'entretient la photographie avec la caricature.

Annonce

L’invention de la photographie remonte aux années dix-huit cent trente. Objet unique dans le cas des daguerréotypes ou des positifs directs de Hippolyte Bayard, la photographie s’ouvre à l’ère de la reproductibilité avec les travaux de William Henry Fox Talbot et son utilisation des négatifs. D’abord réalisée en noir et blanc, la photographie prend des couleurs au début du vingtième siècle. Largement cantonnée durant plusieurs décennies dans la reproduction de portraits ou utilisée à des fins documentaires au profit de diverses sciences, telles que la médecine, l’histoire de l’art ou l’archéologie, la photographie élargit son champ d’investigation à la fin du dix-neuvième siècle, prétendant surtout dès lors à un statut artistique, clairement revendiqué par les pictorialistes.

Révolution technique et artistique, la photographie a durablement influencé une production caricaturale qu’elle a en partie investie. Plusieurs axes de réflexion se dégagent pour ce numéro de « Ridiculosa » consacré aux relations entre caricature et photographie :

  1. L’influence de la photographie sur la caricature

La photographie s’est posée très rapidement en concurrente directe de la peinture d’histoire et de la caricature dans la mesure où elle autorisait une représentation fidèle et rapidement disponible des personnages publics. Elle a ainsi participé à l’évolution du genre caricatural sous plusieurs de ses aspects. Dans quelle mesure la photographie a-t-elle amené les artistes à délaisser le portrait-charge ? Quelle a été son influence sur le regard du dessinateur satirique vis-à-vis de l’objet de sa critique (personnage, scène ou paysage), sur les révisions stylistiques qu’a entraînées sa généralisation, tel que l’abandon d’une exigence « réaliste » ? Quelle est sa part dans l’évolution du rapport de la caricature à la couleur ? Ce sont là autant de pistes d’investigation.

  1. La photographie comme caricature

Peu après la fin de la Première Guerre mondiale s’est intensifiée dans le sillage des collages dadaïstes une nouvelle relation entre photographie et caricature, initiée dès la Belle Epoque. John Heartfield, Georg Grosz, Hannah Höch en Allemagne, plus tard Marinus en France, ont créé des photomontages en assemblant des morceaux de photographies, voire en les associant à d’autres supports iconiques. Leur propos était d’interroger certaines réalités sociales en renouvelant la sémantique satirique. La photographie a par la suite régulièrement été instrumentalisée  à des fins comiques et satiriques au moyen de différents procédés : cadrage sur un élément isolé, agencement des personnes, constructions spatiales, trucage de clichés par l’ajout ou la soustraction d’éléments, adjonction de bulles, tous procédés devenus très courants dans les revues satiriques. Certaines images tirées de films, telle que la pose de Marlene Dietrich dans « L’ange bleu », rendues fixes sous la forme de clichés, ont, par ailleurs, donné lieu à  une série de (re-)créations humoristiques ou satiriques, à l’instar de ce qui existe depuis fort longtemps en relation avec la peinture. Dans tous les cas, ces montages photographiques fonctionnent comme une caricature au sens générique du terme. Cette imbrication de la photographie et de la caricature offre un champ de recherches très large, notamment sous les angles de l’historicité des pratiques culturelles, de leur dimension sociale, politique mais aussi esthétique, mais également à travers l’étude des rapports incertains entre hypoicone et hypericone. 

  1. Photographie versus caricature

 Au tournant du vingtième siècle, Heinrich Zille a porté son regard généreux sur la vie des Berlinois en proposant tour à tour à ses lecteurs des photographies non satiriques et des caricatures. Son cas est loin d’être isolé et il n’est pas rare que caricatures et photographies entretiennent un dialogue au sein d’un même univers artistique, dont le dispositif (inter-)médial (artiste, support physique, spectateur) serait à thématiser.

  1. Le discours des dessinateurs sur les photographes et vice et versa

Invention technologique majeure, la photographie a nourri au cours du dix-neuvième siècle des polémiques sans fin, en particulier chez ceux pour qui elle était ressentie comme une concurrente ou une intruse. Au premier rang de ceux-ci          se trouvaient les dessinateurs, et il n’est qu’à penser au crayon grinçant de Daumier ou aux propos peu amènes de Baudelaire, esthète de la caricature, pour prendre la mesure des enjeux. La polémique a pu prendre des formes plus subtiles, sous la forme de citations, parfois proches de l’hommage. Le discours a par la suite évolué, restant pourtant souvent marqué par une certaine rigidité. Le discours inverse du photographe sur le dessinateur a été l’objet d’une attention moindre, et l’on ne peut qu’encourager les contributions croisant le discours des uns sur les autres ou thématisant leur évolution.

Le thème des rapports entre caricature et photographie étant très vaste, ces quelques indications, nullement exhaustives, doivent être saisies comme des suggestions,

Toute proposition de contribution accompagnée d’un descriptif d’une demi-page est à adresser conjointement à : Laurence Danguy, Peter Ronge et Jean-Claude Gardes

  • laurence.danguy@uni-konstanz.de
  • ronge.peter@t-online.de
  • gardes@univ-brest.fr

avant le 30 juin 2009.

Dates

  • mardi 30 juin 2009

Mots-clés

  • caricature, photographie, arts graphiques

Contacts

  • Gardes Jean-Claude
    courriel : gardes [at] univ-brest [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Gardes Jean-Claude
    courriel : gardes [at] univ-brest [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Caricature et photographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 21 janvier 2009, http://calenda.org/196407