AccueilLes Européens dans les guerres napoléoniennes

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Publié le vendredi 23 janvier 2009 par Natalie Petiteau

Résumé

Ce colloque invite à un premier bilan des travaux conduits dans le but de relire les guerres de l’Empire au prisme des questionnements nouveaux sur l’anthropologie de la guerre. Depuis une dizaine d’années en effet, les historiens ont porté sur les conflits des années 1800-1815 un regard neuf, permettant d’aller au delà de la traditionnelle lecture événementielle et stratégique des célèbres batailles napoléoniennes, pour envisager l’impact de celles-ci dans l’histoire sociale, culturelle et politique de l’aube des temps contemporains.

Annonce

Trois thèmes permettent d’embrasser cette histoire renouvelée.

Partir aux armées

Au delà des connaissances générales relatives aux résistances à la conscription, il conviendrait de revenir sur ce que signifient les consentements et les refus devant la nécessité de partir aux armées. C’est par la conscription que les réalités de la nation s’imposent au village, c’est pas la présence des officiers chargés du recrutement que les monarchies engagées dans les coalitions rappellent leur autorité à leurs sujets. A l’inverse, les modalités des résistances mettent au jour des formes de liens sociaux et des types de rapport au politique. Par ailleurs, pour ceux qui ont la chance de rejoindre les rangs des officiers, partir aux armées peut s’insérer dans des stratégies de promotion sociale. Partir aux armées peut aussi – pour les plus favorisés ? - s’inscrire dans les imaginaires liés à une vision romantique de la guerre, qui peut être liée à un goût de l’aventure

Etre enrégimenté

Une fois sous les drapeaux, les jeunes hommes sont affrontés à des réalités humaines nouvelles : là encore, les réalités nationales se concrétisent par la nécessité, par exemple, de côtoyer des hommes de même nationalité mais venant de régions différentes, par la découverte d’une vie quotidienne normée par des exigences d’un ordre jamais connu jusqu’alors, celui de la vie militaire. Par ailleurs, les discours régulièrement tenus aux troupes, les veilles de batailles par exemple, ou les lendemains de victoire, sont autant d’occasion d’entendre des propos qui ont trait à une certaine forme de politisation. Enfin, être enrégimenté signifie aussi l’apprentissage d’un rapport nouveau à l’écrit, pour correspondre avec les siens, pour garder traces de ses années de service, autant de réalités qui ont sans doute eu un impact sur les liens à la société englobante parmi les hommes qui ont porté l’uniforme. Enfin, être enrégimenté signifie également découvrir des contrées nouvelles : hommes de troupes et officiers ont alors l’occasion d’enrichir leur perception du monde.

Affronter la violence des combats

Le quotidien de la vie au régiment est régulièrement, en période de guerre, rompu par les combats. Les campagnes napoléoniennes sont-elles un temps d’accentuation de la « brutalisation » des combats ? Le fait que les guerres d’alors engagent des masses d’hommes plus nombreuses qu’auparavant induit des réalités guerrières autres. L’évolution de l’artillerie et les mutations des pratiques stratégiques engagent les hommes de façon différente. Les pratiques de secours et de soins connaissent également d’importantes mutations. Revenir sur ces points devrait permettre de mieux mesurer l’impact de la participation au combat sur les survivants. Par ailleurs, les civils ne sont pas à l’écart de cette violence guerrière, les invasions françaises en territoire italien, allemand, polonais ou russe, l’occupation des Alliés en France en 1814 et en 1815 ont conduit les civils à affronter eux aussi certaines formes de la violence guerrière.


Ces hommes qui ont pratiqué, souvent à leur corps défendant, le métier des armes, ont donc, ce faisant, accumulé une expérience qui a fait l’un des traits de leur génération. La gloire des armes au XIXe siècle fait sens pour beaucoup, parce que des milliers d’hommes, entre 1800 et 1815, ont été confrontés à la guerre, et en ont recomposé a posteriori une image valorisante, du moins quand il s’agissait de la laisser paraître dans l’espace public

date limite de réponse à l’appel : juin 2009

lieu du colloque : Archives départementales de l'Aude, Carcassonne

dates prévues pour le colloque : 4 et 5 juin 2010

contact auquel adresser les propositions de communication : archives@cg11.fr

Comité scientifique : Natalie Petiteau (Université d'Avignon), Sylvie Caucanas (Archives de l'Aude), Jean-Marc Olivier (Université de Toulouse)

Lieux

  • Archives départementales de l'Aude
    Carcassonne, France

Dates

  • mardi 30 juin 2009

Mots-clés

  • guerre, Napoléon, anthropologie

Contacts

  • Archives départementales de l'Aude
    courriel : archives [at] cg11 [dot] fr

Source de l'information

  • Natalie Petiteau
    courriel : natalie [dot] petiteau [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les Européens dans les guerres napoléoniennes », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 23 janvier 2009, http://calenda.org/196431