AccueilTourisme et économie résidentielle, hybridations des pratiques et des espaces

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Publié le vendredi 30 janvier 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

L'objectif de ce numéro est d’appréhender deux populations singulières de l’économie résidentielle – résidents et touristes – de façon interdépendante. Assiste-t-on à de nouveaux modes de vie et de consommer qui créent une certaine porosité entre la sphère de la vie du quotidien et la sphère des vacances et des loisirs ? Observe-t-on un nouveau découpage des espaces des activités professionnelles et sociales, qui rend plus difficile la distinction des espaces du quotidien et de l’inhabituel ? Y a-t-il une rétraction de l’espace et de l’élasticité de la durée de ces nouveaux résidents et de ces nouveaux consommateurs ?

Annonce

Coordinatrice du dossier : Laurence Barnèche-Miqueu

Les stratégies de développement économique de territoires faiblement pourvus d’activités productives adoptent aujourd’hui le modèle de l’économie résidentielle en captant de nouveaux résidents (permanents et/ou saisonniers), détenteurs de revenus. Le développement d’un territoire n’est plus construit alors sur une économie de l’offre de biens et de services produits par les acteurs en présence qui satisfont une demande externe mais  sur la capacité d’attirer des résidents - actifs (sur un autre territoire), retraités et touristes susceptibles de consommer localement les revenus dépendants d’activités extérieures.

Ces territoires, souvent composés d’espaces ruraux, de villes moyennes et de lieux touristiques bénéficient d’un mixage des initiatives publiques et privées. Les premières développent les politiques de mise en valeur paysagère et patrimoniale de leur territoire, les secondes participent à la mise en tourisme de lieux ordinaires en multipliant les opérations de rénovations de l’habitat et en créant des activités économiques valorisant les ressources locales. Cette imbrication des fonctions résidentielles, économiques et récréatives rend compte d’un changement des  rapports à l’espace et à la mobilité

-          des ménages (retraités ou actifs dans d’autres espaces) qui transforment leurs modes d’habiter - birésidensialité, inversion des résidences principales/ résidences secondaires, découplage lieux de vie et lieux de travail -,

-          des touristes dont les comportements changent ; nombre de séjours augmentant alors que les durées des séjours touristiques diminuent privilégiant en conséquence les déplacements quotidiens et hebdomadaires dans des sphères plus proches.

Ces espaces reconquis par l’économie résidentielle ne deviennent-ils pas des espaces entre-deux en installant des continuités entre travail-loisirs-vacances, disqualifiant alors les ruptures fonctionnelles traditionnelles entre espaces de récréations et espaces de travail. Autrement dit, l’activité touristique traditionnellement analysée comme un moment de mise en parenthèse du quotidien ne prend-elle pas de nouvelles figures proches de l’économie résidentielle qui découple lieux de travail, lieux de vie, lieux récératifs ?

De surcroît, la crise du pouvoir d’achat, la prise de conscience de la nécessite de produire et de consommer de façon durable pose la question du devenir des destinations lointaines. De nouveaux axes d’études du tourisme comme activité endogène émergent alors.

Un des objectifs de ce numéro est d’appréhender ces deux populations singulières de l’économie résidentielle –résidents et touristes- de façon interdépendante.

-  Assiste-t-on à de nouveaux modes de vie et de consommer qui créent une certaine porosité entre la sphère de la vie du quotidien et la sphère des vacances et des loisirs ?

- Observe-t-on un nouveau découpage des espaces des activités professionnelles et sociales, qui rend plus difficile la distinction des espaces du quotidien et de l’inhabituel ?

 - Y a-t-il une rétraction de l’espace et de l’élasticité de la durée de ces nouveaux résidents et de ces nouveaux consommateurs ?

Les communications attendues seront avant tout des études de cas qui illustrent comment les nouvelles pratiques et les nouveaux modes de vie du temps quotidien et du temps récréatif de l’habitant de deux maisons, du salarié en télétravail, du nouvel arrivant originaire d’Europe du Nord, du résident secondaire, de l’actif qui découple lieux de vie et lieux de travail, etc… bousculent les critères d’éloignement, de la durée, des saisons et génèrent de nouvelles formes de mobilités et de rapports à l’espace.

D’autres textes pourraient avoir un regard plus interrogateur sur les catégories et les indicateurs mobilisés traditionnellement pour distinguer le temps des pratiques vacancières du temps des activités du quotidien. Doit-on, face à l’hybridation des pratiques et des espaces, revisiter les définitions de touriste, vacances, départ, etc.

Conformément à la ligne éditoriale de la revue, les contributions peuvent provenir des divers champs des sciences humaines et sociales.

Les propositions d’articles (3000 à 3500 signes) doivent parvenir avant le 30 avril 2009 à l’adresse suivante laurence.barneche@iut-tarbes.fr

Catégories

Dates

  • jeudi 30 avril 2009

Contacts

  • Laurence Barnèche-Miqueu
    courriel : laurence [dot] barneche [at] iut-tarbes [dot] fr

Source de l'information

  • Laurence Barnèche-Miqueu
    courriel : laurence [dot] barneche [at] iut-tarbes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Tourisme et économie résidentielle, hybridations des pratiques et des espaces », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 30 janvier 2009, http://calenda.org/196462