AccueilDes temps qui se regardent. Dialogue entre l'art contemporain et l'archéologie

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Publié le vendredi 30 janvier 2009 par Marie Pellen

Résumé

Des temps qui se regardent - Dialogue entre l'art contemporain et l'archéologie Ce colloque entend prendre la mesure d'un phénomène peu étudié sur les rapports qu'entretiennent les pratiques artistiques et archéologiques.

Annonce

COLLOQUE A L'AUDITORIUM DE L'INSTITUT NATIONAL D'HISTOIRE DE L'ART – PARIS
LUNDI 5 ET MARDI 6 OCTOBRE 2009

Apparue au XVIIIème siècle sous l'impulsion des célèbres fouilles de Pompéi et Herculanum, l'archéologie s'est peu à peu constituée en véritable discipline scientifique au cours du XXème siècle. Son objectif se définit comme l'étude des traces matérielles des civilisations et de leur environnement passé, dont les motivations et les interrogations renseignent sur le contexte disciplinaire et sociétal présent. Malgré la précision de ses pratiques et l'apport de méthodes archéométriques, l'archéologie n'en est pas moins, depuis ses origines, une fabuleuse source d'imaginaire ayant inspiré artistes, écrivains et savants.
La ruine s'est affirmée comme motif puis comme genre pictural, de la Renaissance au Romantisme ; parallèlement, le modèle archéologique a connu son essor en littérature notamment avec l'Arria Marcella de Théophile Gautier et la Gradiva de Jensen ; puis a servi de métaphore à Freud pour traduire la méthode psychanalytique. À partir des années 1960 le cinéma s'est emparé à plusieurs reprises de l'archéologie. Simultanément l'art contemporain est venu puiser un vocabulaire plastique : le Land Art, l'Arte Povera ou des artistes comme Anne et Patrick Poirier, ont ouvert des perspectives nouvelles avec le travail de matières organiques et archaïques, et l'usage de modèles antiques.
Ce colloque entend prendre la mesure d'un phénomène peu étudié sur les rapports qu'entretiennent les pratiques artistiques et archéologiques. Il s'agira d'observer comment des procédés purement archéologiques sont détournés et empruntés par les artistes, et voir ce que ces choix esthétiques révèlent. Seront ainsi abordés des travaux s'inspirant directement de l'archéologie : de son vocabulaire technique et de sa pratique (relevés, ramassage de surface, fouille, inventaire, muséographie) ; de son langage visuel (dessin, stratification, carroyage) ; enfin de ses matériaux et outils (moulage, photographie, matière comme objet d'étude…). Ce qui nous conduira à réfléchir sur l'importance des supports de représentation en archéologie, en tant que témoignages graphiques du site fouillé.
En outre on peut pousser la similitude unissant l'artiste à l'archéologue dans la force de leur rapport au site, et dans leurs gestuelles communes, telles que l'engagement du corps dans l'espace. Par ailleurs, de la matière et du site, tous deux extraient des objets qui font sens. De fait, le champ d'investigation des deux praticiens se fonde dans leurs liens et attachements au temps et à l'espace.
Si pour Léonard de Vinci, la peinture, ou plus largement l'art, est cosa mentale, il faudra analyser le parcours ou cheminement mental opéré par l'archéologue et l'artiste au travail, entre interprétation et invention.

THEMATIQUES

Afin de répondre à ces problématiques voici une suggestion de thèmes et de mots-clés qui pourront orienter le colloque :

1. Antiquités, ou visions de l’antique dans l’art contemporain
Ruines passées et futures, vestiges. Inspiration des formes venues de l'antiquité.
2. Temps et empreintes du temps
Recherche des origines et mythologies. Relevés, stratifications. Mémoires urbaines et revenantes. Questionnement méthodologique : ouverture chronologique de l’archéologie à la période contemporaine.
3. In situ et matériaux
Rapport au site et aux matériaux. Terre, site et paysage.
Engagement du corps sur le site ; gestualité.
4. Archéologues contre artistes et faussaires ?
Faux et authenticité : fausse-fouille, mise en scène muséographique.
5. Disparition et redécouverte : l’archéologie comme mythe contemporain ?
Approche philosophique. Science rationnelle prise au piège du jeu artistique. Désir de conduire le spectateur à une remise en question du réel. Langage imagé et poétique pour proposer une histoire, des mythes contemporains, et une invitation à la méditation.

Si vous désirez participer à ce colloque afin de discuter des relations entre l'art contemporain et l'archéologie, veuillez nous faire parvenir un résumé de votre contribution de 300-400 mots, avant le 31 mars 2009.

ORGANISATEURS :

Audrey Norcia, doctorante en Histoire de l’Art sous la direction de Philippe Dagen.
Paris 1 (Panthéon Sorbonne)-ED 441-Equipe d’Accueil 4100 : Histoire culturelle et sociale de l’art.
CIRHAC (Centre Inter-universitaire de Recherche en Histoire de l’Art Contemporain).
audrey.norcia@malix.univ-paris1.fr

Michaël Jasmin, docteur en Archéologie.
Maison René Ginouvès d'Archéologie et d'Ethnologie-Rattaché à l’UMR 70.41. ArScAn (Archéologies et Sciences de l’Antiquité).
mjasmin@magic.fr

Lieux

  • Auditorium de l'Institut National d'Histoire de l'Art. 2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs.
    Paris, France

Dates

  • mardi 31 mars 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • art, contemporain, archéologie

Contacts

  • Audrey Norcia
    courriel : didsoftly [at] yahoo [dot] fr
  • Michaël Jasmin
    courriel : mjasmin [at] magic [dot] fr

Source de l'information

  • Michaël Jasmin
    courriel : mjasmin [at] magic [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des temps qui se regardent. Dialogue entre l'art contemporain et l'archéologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 30 janvier 2009, http://calenda.org/196466