AccueilEn marge. L'histoire de l'art en France face aux cultural studies

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Publié le mercredi 04 février 2009 par Marie Pellen

Résumé

Les Cultural Studies sont nées à la fin des années 50 en Angleterre dans le contexte particulier de l’émergence d’une classe moyenne issue des classes populaires qui navigue entre low et high culture. Elles ont pour spécificité, une attention particulièrement forte portée au contexte de production des biens culturels, la pluridisciplinarité pour embrasser tout le champ culturel et y repérer l’ensemble des articulations qui le régissent (psychanalyse, sociologie, ethnologie, théorie féministe, Histoire, etc), une conception de la théorie en termes fonctionnalistes (les bonnes théories sont celles qui produisent des résultats) et donc un investissement théorique secondaire, un fort engagement politique, une conception de la société en termes de communautés ou de minorités, un anti-essentialisme et donc un constructivisme.

Annonce

Les Cultural Studies sont nées à la fin des années 50 en Angleterre dans le contexte particulier de l’émergence d’une classe moyenne issue des classes populaires qui navigue entre low et high culture – c’est la situation du jeune étudiant boursier décrite et théorisée par les fondateurs des Cultural Studies : Richard Hoggarth dans The Use of Literacy[1], et Raymond Williams dans Culture and Society [2]qui créent le Birmigham Center for Contemporary Cultural Studies . Il est question de repenser le concept de culture comme appartenant au champ quotidien, champ contextuel construit et régi par des rapports de pouvoir et producteur de culture, d’en repérer les articulations et les failles et in fine, d’agir politiquement à partir de ces failles. Les Cultural Studies s’appuient dans leurs fondations sur la pensée de Gramsci (particulièrement le concept d’ « hégémonie »), Marx, Foucault, Althusser, Barthes, éventuellement Lacan – on note ici l’importance de la pensée française structuraliste. Elles se sont développées principalement ensuite dans les pays anglo-saxons, et se sont ramifiées (Gender Studies, Postcolonial Studies, etc).

De ces prémisses, les Cultural Studies développent des spécificités. Pour faire bref, on énumérera successivement : une attention particulièrement forte portée au contexte de production des biens culturels, la pluridisciplinarité pour embrasser tout le champ culturel et y repérer l’ensemble des articulations qui le régissent (psychanalyse, sociologie, ethnologie, théorie féministe, Histoire, etc), une conception de la théorie en termes fonctionnalistes (les bonnes théories sont celles qui produisent des résultats) et donc un investissement théorique secondaire, un fort engagement politique, une conception de la société en termes de communautés ou de minorités, un anti-essentialisme et donc un constructivisme. Ajoutons à cette énumération que les Cultural Studies, si elles observent comment la société se construit, et si elles critiquent tout essentialisme, ne sont pas pour autant relativistes : « les Cultural Studies opèrent dans l’espace qui s’étend entre, d’un côté, l’endiguement absolu, la clôture, la compréhension complète et finale, la domination totale, et, de l’autre, la liberté et la possibilité absolues, l’ouverture. »[3]

Les Cultural Studies ont été et sont toujours très peu présentes dans l’université française – leur origine anglo-saxonne, leur vision communautariste contredisent-elles par trop l’universalisme républicain ? à tort ou à raison ? Les Cultural Studies sont-elles un fourre-tout, un séduisant bricolage intellectuel totalisant ou bien une entreprise fondée et théoriquement viable ? Cette déjà ancienne discipline, quoique peu développée en France, peut-être datée et prisonnière elle-même de son contexte culturel, doit faire l’objet d’une évaluation – et nous le ferons dans le champ de l’Histoire de l’Art.

Que peuvent aujourd’hui nous apporter les Cultural Studies à nous jeunes historiens d’art ? Peut-on y échapper ? en faire un usage partiel ? Quelles en sont les failles ?  Cette question est cruciale en Histoire de l’Art, dans la mesure où l’art est justement une production culturelle par excellence.

Le séminaire repose sur des exposés suivis d’un débat avec les invités.

Calendrier des séances

Jeudi 16h-18h salle Weill sauf exceptions.

Contact : Arts.Enmarge@gmail.com

Jeudi 5 février : Qu’est-ce que les Cultural Studies ? Histoire et définition, présence en France.

Invité : Pascal Ory

!Attention! séance à 10H, salle Weil.

Jeudi 12 février : les Cultural Studies dans les autres disciplines

Invités : Anne Berger (Paris VIII/ Centre d'Etudes Féminines-Hélène Cixous), Sylvain Venayre (Paris I)

!Attention! séance probablement à 14h, consulter mails et affichage.

Jeudi 26 février : Cultural Studies et Histoire de l’Art : la définition des objets. Les Cultural Studies ont dégagé de nouveaux objets d’études, fondés sur une définition communautariste du contexte de production des biens culturels. Qu’apporte cette approche minoritaire de l’art et quelles en sont les limites ? Ce modèle est-il exportable au contexte non anglo-saxon, par exemple français ?

Invités : Anne Creissels (E.H.E.S.S.), Giovanna Zapperi (E.H.E.S.S.)

Jeudi 5 mars : L'Histoire de l'art est-elle occidentalo-centrée ?                         

Invités : Elikia M’Bokolo (E.H.E.S.S.), Philippe Dagen (Paris I)

Jeudi 12 mars : l'Histoire de l'art est-elle phallo-centré ? 

Invitée : Elisabeth Lebovici, Séverine Sofio (sous réserve), Mathilde Ferrer, ancienne bibliothécaire de l'ENSBA (sous réserve)

Jeudi 19 mars : Cultural Studies et luttes politiques

Invités : Sophie Delpeux (Paris I), Nicolas Bancel (ACHAC, Lausanne)

Jeudi 26 mars : L'influence des Cultural Studies sur les pratiques d'exposition

Invités : Camille Morineau (M.N.A.M.), Hélène Couturier (Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration)

Jeudi 2 avril : les Cultural Studies et le marché : physionomie des marché de l’art africain contemporain et de l’art féminin

Invités : Alain Quemin (C.N.R.S., Université de Marne-la-Vallée), Harry Bellet (Le Monde), Roxana Azimi (Le journal des Arts)

Jeudi 9 avril : les Cultural Studies pour les artistes 1 – Gender Studies. Dans quelle mesure ces nouvelles théories influencent-elles leurs pratiques ?

Invités : Bettina Rheims, Maja Bajevitch, Sophie Ristelhueber (sous réserve)

Jeudi 16 avril : les Cultural Studies pour les artistes 2 – Postcolonial Studies

Invités : Raymond Depardon, Stanley Green, Samuel Fosso



[1] Richard HOGGART, The Uses of Literacy, Harmondsworth, Penguin, 1957.

[2] Raymond WILLIAMS, Culture and Society : 1780-1950, Harmondsworth,

Penguin, 1958

[3] Lawrence Grossberg, « Le coeur des Cultural Studies », L'Homme et la société, 2003/3, N°149, Paris, Le Cairn/ L’Harmattan, p. 41-55.

Lieux

  • Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, salle Weil
    Paris, France

Dates

  • jeudi 05 février 2009
  • jeudi 12 février 2009
  • jeudi 26 février 2009
  • jeudi 05 mars 2009
  • jeudi 12 mars 2009
  • jeudi 19 mars 2009
  • jeudi 26 mars 2009
  • jeudi 02 avril 2009
  • jeudi 09 avril 2009
  • jeudi 16 avril 2009

Mots-clés

  • Art contemporain, gender studies, postcolonial studies

Contacts

  • Pascale Ratovonony
    courriel : ratovono [at] phare [dot] normalesup [dot] org
  • Emilie Bouvard
    courriel : emiliebouvard [at] hotmail [dot] fr

Source de l'information

  • Pascale Ratovonony
    courriel : ratovono [at] phare [dot] normalesup [dot] org

Pour citer cette annonce

« En marge. L'histoire de l'art en France face aux cultural studies », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 04 février 2009, http://calenda.org/196515