AccueilL'architecture lumineuse au XXe siècle (1907-1977)

L'architecture lumineuse au XXe siècle (1907-1977)

Les applications de l’électricité à l’éclairage des édifices : recherche, conception, développement, réception

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Publié le mercredi 11 février 2009 par Marie Pellen

Résumé

Appel à contributions pour le colloque international : « L’architecture Lumineuse au XXe siècle », organisé par le laboratoire CERMA (UMR MCC/CNRS 1563) de l'ENSA de Nantes et le laboratoire LACTH (ENSAP Lille).

Annonce

L’éclairage électrique a une histoire. Fondées sur une série d’expériences réalisées dans les dernières décennies du XIXe siècle, les applications de l’électricité à l’éclairage ont accompagné l’évolution des environnements construits tout au long du XXe siècle. Considéré comme l’aboutissement d’une technique d’avant-garde promise à un avenir radieux, l'éclairage électrique a profondément changé la vie nocturne. L’architecture et la ville furent rapidement colonisées par quantité de dispositifs lumineux chargés de les embellir, d’améliorer le confort des citadins, d’augmenter la production des usines, de dynamiser l’activité commerciale. Source de beauté et de plaisir, expression d’une modernité portée par l’avant garde artistique et les progrès techniques, l’éclairage électrique est d’abord loué pour son efficacité.

La lumière est efficace car elle démultiplie le champ des possibles, elle ouvre le chapitre de nouvelles conquêtes spatiales et temporelles sources de mises en valeurs insoupçonnées. De nouvelles formes, de nouveaux divertissements, de nouvelles ambiances, de nouveaux modes d’expression publicitaire, de nouveaux programmes architecturaux surgissent de la nuit pour transformer le quotidien. Les repères et les pratiques habituels sont bouleversés, cette nouvelle conquête est le commencement d’une ère nouvelle marquée par l’avènement d’un art de la lumière.

Concomitant à l’apparition d’un art de la rue qui n’a depuis cessé de se déployer, cet art de la lumière est fait de recherches, d’inventions, de tentatives plus ou moins maîtrisées et couronnées de succès. Ce colloque propose d’explorer ces différentes étapes qui ont rythmé l’histoire de l’architecture et de la ville du XXe siècle. Depuis les travaux de laboratoire jusqu’à la réception de ces projets lumineux, en passant par la résolution des problèmes de pénétration de la production construite par les dispositifs d’éclairage, il s’agit de décrire tous les aspects d’une économie du projet convaincue des effets bénéfiques de la lumière artificielle sur nos sociétés.

Les dates retenues pour circonscrire le sujet correspondent d’une part à l’année de création de la première société d’ingénieurs consacrée aux questions d’éclairage électrique (IES – Illuminating Engineering Society) et d’autre part à l’année de la dernière rencontre du Team X, émanation des CIAM. Ces deux événements témoignent de l’ambition de ce colloque de dresser un bilan d’expériences réalisées dans le monde entier pendant une période où la technique et l’architecture ont vécu de profondes mutations. Les contributions consacrées au voyage, à l’échange et à l’adaptation de techniques et d’expériences entre différents pays sont les bienvenues. La liste ci-dessous présente quelques thèmes qui pourront être développés par les chercheurs souhaitant répondre à cet appel à contributions.

Axe 1 L’innovation technique et le projet architectural et urbain

Du design au projet architectural

L’étude des appareils d’éclairage artificiel, menée sous l’angle des évolutions techniques et esthétiques, révèle que les concepteurs sont souvent des designers mais aussi parfois des architectes. Situées à la frontière entre la pratique du design et celle du projet d’architecture, ces créations montrent qu’une réflexion globale a nourri le lien entre la source de lumière et son effet dans la création d’un espace sensible.

Des programmes révélateurs

Certains nouveaux programmes architecturaux hérités de l’ère industrielle permettent d’intégrer cette modernité technique : grands magasins, pavillons d’expositions, lieux de spectacles. Le cas particulier de la maison individuelle regorge d’inventivité, bien au-delà des exemples connus des réalisations de certains architectes du mouvement moderne. D’autres programmes sont significatifs de la collaboration fructueuse entre l’architecte et l’éclairagiste, notamment dans les aménagements muséographiques, par exemple.

Axe 2 Les métiers et les réseaux professionnels

Les spécialisations professionnelles

L’émergence et le développement de certaines catégories professionnelles après la seconde guerre mondiale, tels que les ingénieurs éclairagistes, contribue à définir plus précisément des champs d’actions en regard de la maîtrise d’œuvre architecturale proprement dite. De même, il sera utile de comprendre le rôle des plasticiens et des artistes dans la valorisation lumineuse d’un bâtiment. Enfin, avec l’émergence des concepteurs lumière on assiste à l’expression d’un nouveau type de compétences convoquant technicité et créativité. Ce cortège de spécialistes de la lumière artificielle permet de mettre en évidence la place très changeante que l’architecte occupe dans le processus de conception lumineuse de son projet, avec des implications parfois très fortes comme très superficielles.

Un réseau de compétences : les formations, les brevets, les entreprises, les associations

Ce thème met en évidence la diversité des voies d’approches permettant de comprendre le lien entre architecture et électricité. Le contenu de la formation de ces principaux acteurs a-t-il favorisé, ou a contrario brouillé, le regard porté sur l’espace architectural et l’imbrication de ses composantes ? Des filiations conceptuelles avec le cinéma ou avec d’autres formes artistiques peuvent-elles être mises en évidence ? Comment les entreprises ont-elles installé un lobby capable d’asseoir leurs compétences, leur autorité dans le champ du bâtiment, leur pouvoir économique, y compris en temps de crise ?

Axe 3 Phénomènes de diffusion et de réception

Les vecteurs de communication et de diffusion

Le relais des innovations techniques par la presse professionnelle pose la question des types de supports et de leur perméabilité dans le milieu architectural. Quelles relations ces supports spécialisés entretiennent-ils avec les revues d’architecture, de décoration ou d’arts ? À l’inverse, quelle est la place réservée à la question de l’électricité dans les revues de l’architecte ? Au-delà d’identifier des types ou des catégories de documents (revues, bulletins, publicités, etc.), ces études mettront en évidence les phénomènes de réception associés à la diffusion des informations hors d’un cercle étroit de techniciens ou d’ingénieurs spécialisés. Il s’agira également d’insister sur le renouvellement des modes de représentation d’une architecture nocturne réinventée par l’éclairage électrique. Comment cette vision prend-elle forme dans les planches de concours, dans les esquisses et les dessins d’architectes ?

Postulats et manifestes de la modernité : représentations, discours critiques, positions théoriques

L’éclairage électrique et les icônes de la modernité architecturale. Comment les représentations qui ont été données de ces édifices ont-elles mises, ou non, en évidence le traitement de la lumière artificielle ? Le discours de l’architecte est-il venu au secours d’une représentation lacunaire ? Par extension, le lien unissant électricité et architecture a-t-il été décrit, valorisé, sublimé par des romanciers ou des photographes sensibles au dialogue entre une lumière maîtrisée et un édifice ou un site révélés? Enfin, en marge des réceptions savantes, comment les foires exposition ou les salons des arts ménagers ont-ils contribué à la démocratisation d’une représentation de l’éclairage électrique au quotidien ?

Les échanges internationaux

Alors que les Etats-Unis montrent un intérêt précoce pour cette nouvelle technologie, comment vont être reçues les innovations américaines dans le reste du monde ? Existe-t-il des lieux, des édifices et des textes fondateurs d’une nouvelle approche de la lumière artificielle, notamment dans les grandes métropoles où l’activité nocturne contribue fortement à l’image de marque d’une ville et à son rayonnement international ? Quels sont les transferts de compétences qui ont pu être observés et de quelle manière ces diffusions se sont-elles faites ? 

Une proposition de résumé, en français ou an anglais, devra parvenir au secrétariat du colloque avant le 15 mai 2009. Cette proposition (format .doc ou .rtf) comprendra :

  • le titre de la communication
  • le nom de l'auteur
  • son titre, sa fonction et son établissement de rattachement
  • les coordonnées électroniques de l'auteur
  • un résumé de 200 signes espaces compris
  • 5 mots-clés

Lieux

  • Ecole nationale supérieure d'architecture
    Nantes, France

Dates

  • vendredi 15 mai 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • architecture, urbanisme, éclairage électrique, modernité, ambiances, histoire

Contacts

  • Nathalie Simonnot
    courriel : nathalie [dot] simonnot [at] versailles [dot] archi [dot] fr

Source de l'information

  • Nathalie Simonnot
    courriel : nathalie [dot] simonnot [at] versailles [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'architecture lumineuse au XXe siècle (1907-1977) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 11 février 2009, http://calenda.org/196566