AccueilImages du travail. Travail des images

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Publié le lundi 16 février 2009 par Marie Pellen

Résumé

L’ambition du colloque « Images du travail. Travail des images » est de réunir les producteurs d'images documentaires (cinéma, photographie) et les chercheurs en sciences sociales qui, chacun à leur manière et avec leurs outils (qui sont d’ailleurs en partie communs), s’y emploient. Sa principale finalité est de présenter, confronter et discuter le plus concrètement possible les manières de faire des producteurs d'images et celles des chercheurs en sciences sociales qui recourent aux images pour explorer et rendre compte des réalités du travail.

Annonce

Colloque international. 3 et 4 Novembre 2009.

Université de Poitiers – Laboratoire GRESCO (EA 3815)

Le travail, toujours central, toujours en crise, toujours contradictoire : entre souffrance et plaisir, soumission et libération, intégration et exclusion… Le travail souvent vécu comme contrainte. Temps, espaces et corps contraints. Et pourtant le travail change, se transforme en profondeur : il s’intellectualise, s’intensifie, se complexifie, se précarise, se dilue dans d’autres espaces temps comme ceux des loisirs, de la vie familiale, de la formation. Surtout, il tend à devenir moins visible, moins lisible, quittant la place publique pour des espaces privés au sein d’institutions de plus en plus soucieuses de leur image et cherchant à la contrôler étroitement.

Il y a urgence à étudier et à montrer le travail, tel qu’il est et qu’il est en train de devenir, pour analyser, comprendre et orienter ces transformations. L’ambition du colloque « Images du travail. Travail des images » est de réunir les producteurs d'images documentaires (cinéma, photographie) et les chercheurs en sciences sociales qui, chacun à leur manière et avec leurs outils (qui sont d’ailleurs en partie communs), s’y emploient. Sa principale finalité est de présenter, confronter et discuter le plus concrètement possible les manières de faire des producteurs d'images et celles des chercheurs en sciences sociales qui recourent aux images pour explorer et rendre compte des réalités du travail.

Perspectives et thèmes du colloque

Il s’agit à la fois d’interroger les images ainsi produites et leurs usages dans la réflexion sur le travail contemporain et ses mutations : Comment le travail est-il montré ? Comment ces images rendent-elles compte de sa complexité et des trois dimensions (gestuelles, relationnelles et subjectives) fortement articulées de tout acte de travail ? Quand on filme le travail, que donne-t-on à voir et à entendre en priorité ? Activité, parole, acteur, interaction, contexte, représentation, conflit…? Au-delà, comment s’articulent textes (scientifiques) et images (fixes et animées), analysés tous deux comme transmetteur de connaissances (au sens large du terme : savoirs scientifiques, mais aussi perception du monde, émotion…) ?

Pour la rendre plus précise et concrète, cette réflexion s’organisera autour de cinq grands axes de questionnement :

AXE I :

la production des images du travail. Dans un contexte de regain d’intérêt pour les images du travail, on s’interrogera sur les représentations qu’elles véhiculent. Quelle place est donnée au travail concret ? à la parole au travail ? aux rapports sociaux de production ? Comment est traitée la parole de l’expert ? Comment est mise en scène la connaissance scientifique ? Comment expliquer les tentatives actuelles de déplacement des frontières entre documentaire et fiction qui concernent de nombreux films abordant le travail?

AXE II :

l’utilisation des images du travail. On s’intéressera ici aux usages que l’on peut qualifier de pédagogiques au sens large, c’est à dire la diffusion des images du travail vers un public plus large dans des fins d’éducation, de formation, de mobilisation… Cette réflexion pédagogique pourrait s’organiser autour de trois publics/enjeux différents : aide à l’orientation professionnelle des élèves, collégiens, lycéens, étudiants ; formation continue et mobilisation des salariés (dans ou en dehors des entreprises) ; sensibilisation des apprentis chercheurs en sciences sociales sur le statut de l’image et son usage dans la recherche.

AXE III :

les techniques et outils de recueil des images fixes ou animées. Qu’elle soit pensée dans une logique de recherche ou de réalisation d’une œuvre de création, la production d’images fixes ou animées sur le travail implique une phase de recueil des données et d’appréhension de la réalité sociale sur le terrain. Deux types de techniques peuvent être distinguées : des techniques d’investigation (méthodes retenues, type d’entretien, d’observation, de recherche documentaire mais aussi choix de questionnement, de terrain, d’unité d’analyse, de temporalité…) et des techniques audio-visuelles (dispositif de tournage, matériel utilisé, angle de vue retenu…). Dans tous les cas, et avec des traditions et des terminologies différentes dans le champ de la recherche ou celui de l’audiovisuel, la production d’images du travail implique le développement d’une réflexion sur les outils utilisés, leurs modalités d’usage, leurs effets d’orientation, d’induction, de construction de la réalité filmée….

AXE IV :

l’organisation du discours filmé. Les interrogations concernent ici le produit final proposé à un public, que ce produit soit pensé par son réalisateur comme un support de publication des résultats, comme un outil de médiation scientifique ou comme une œuvre de création. Dans tous les cas, l’objet filmique ou photographique mérite d’être questionné du triple point de vue :

-         De ce qui est montré : place accordée aux personnes filmées, mise en scène du travail, manière dont sont filmés les salariés dans les entreprises, et notamment moyens d’action qu’on leur donne pour participer à la construction de leur propre image au travail ?

-         Du sens qui est donné ou suggéré ; ce qui renvoient à des questions d’écriture, d’interprétation, de construction d’un discours audiovisuel.

-         De la relation, au combien déterminante, entre observateurs et observés, posée en termes de réflexivité du chercheur ou de subjectivité assumée de l’auteur.

Ces interrogations concernent également la question du formatage exercé par la télévision. Seraient ainsi bienvenues des communications de chercheurs ou de réalisateurs qui, à travers leur recherche ou leur démarche de réalisation, apportent un regard critique sur cette dérive télévisuelle de la représentation du travail.

AXE V :

les enjeux éthiques, esthétiques, épistémologiques.  On aborde ici les nécessaires interrogations sur l’œuvre filmique ou photographique, qu’elles soient pensées plutôt en termes déontologiques ou esthétiques. Quel statut est accordé à l’image (illustration, témoignage, démonstration..) ? Comment la parole au travail, qui est aujourd’hui difficilement audible, est-elle traitée ? Quelles réflexions accompagnent la narration audio-visuelle ? Quels choix esthétiques, implicites ou explicites ? Quels problèmes éthiques ? Quelles évolutions récentes ? Quelles résistances disciplinaires ?

Organisation et calendrier

Ce colloque pluridisciplinaire, scientifique et audiovisuel, prend la forme de rencontres entre scientifiques originaires de différentes disciplines (en particulier sociologues, anthropologues, ergonomes…) et spécialistes de l’audiovisuel et de l’image fixe ou animée (photographes, cinéastes, vidéastes, documentaristes…). Seront a priori retenus dans l’analyse, les documents présentant les caractéristiques suivantes :

-         affirmation et développement d’un point de vue spécifique, que ce soit le regard, plus subjectif, de l’auteur du documentaire ou la logique de démonstration du scientifique, cependant orientée par ses hypothèses, son paradigme et son rapport au terrain.

-         volonté de décrire et d’analyser le travail « tel qu’il est », dans sa triple dimension gestuelle, relationnelle et subjective.

-         regard critique et non inféodé à des intérêts particuliers. Ce qui exclut a priori les films institutionnels et d’entreprise, sans oublier que certains films de commande sont devenus des grands classiques du cinéma documentaire.

L’ambition est de décrire et analyser les pratiques concrètes des uns et des autres Et de permettre ainsi des échanges et des débats esthétiques, scientifiques, éthiques, épistémologiques sur les différentes manières de rendre compte du travail à travers les images. Pour faciliter les échanges, les communications pourraient en priorité (mais sans exclusive) se centrer sur quelques figures fortes du travail contemporain : les figures du travail et de l'ouvrier dans les heurts de la mondialisation, l’employée au féminin, le travail d’encadrement et de conception.

Chaque contribution devra s’appuyer sur des images fixes ou animées, et analyser le lien entre ces images et la problématique du chercheur ou du spécialiste de l’image. Les propositions (une page environ) doivent être adressées par courrier électronique au comité d’organisation avant le 15 avril 2009. Les communications retenues par le comité scientifique devront parvenir aux organisateurs avant le 15 octobre 2009 et  seront mises en ligne sur le site internet du GRESCO. Elles pourront prendre la forme d’un écrit (entre 30 et 40 000 signes) ou d’une production audiovisuelle.

Ce colloque est organisé sur deux jours les 3 et 4 novembre 2009 à la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de l’Université de Poitiers. Il s’inscrit dans une manifestation plus large, le festival « Filmer le travail », qui se déroulera du 4 au 8 novembre 2009 et comprendra une sélection internationale de films sur le travail, un concours de scénarios, des rétrospectives…

Comité scientifique :

Michel Audiffren (professeur de psychologie, Université de Poitiers), René Baratta (réalisateur, ergonomie), Mateo Alaluf (professeur de sociologie, Université Libre de Bruxelles), Tiphaine Barthélémy (professeur d’anthropologie, Université de Limoges), William Berthomière (CR géographie, Migrinter - Université de Poitiers), Denis Bourgeois (MCF esthétique, Université de Poitiers), Frédéric Chauveau (professeur d’histoire, Université de Poitiers), Jean Louis Comolli (cinéaste, écrivain, journaliste), Bernard Ganne (DR en sociologie, MoDys Université de Lyon 2), Jean-Paul Géhin (MCF HDR de sociologie, Université de Poitiers), Jean-Marc Lévératto (professeur de sociologie, Université de Metz), Sylvain Maresca (professeur de sociologie, Université de Nantes), Christian Papinot (MCF sociologie, Université de Brest), Joyce Sebag (professeure de sociologie, Université d’Évry), Hélène Stevens (MCF de sociologie, Université de Poitiers), Marcelle Stroobants (professeur de sociologie, Université Libre de Bruxelles).

Contacts :

jean-paul.gehin@univ-poitiers.fr, helene.stevens@free.fr, francoise.khoudeir@univ-poitiers.fr

Secrétariat du GRESCO : Françoise Khoudeir, Université de Poitiers, UFR SHA, site Malraux 8, rue René Descartes

BP 603   86022 POITIERS Cedex

Lieux

  • Poitiers, France

Dates

  • mercredi 15 avril 2009

Mots-clés

  • travail, photo, cinéma, documentaire

Contacts

  • Jean-Paul Géhin
    courriel : jean-paul [dot] gehin [at] univ-poitiers [dot] fr
  • Hélène Stevens
    courriel : helene [dot] stevens [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Hélène Stevens
    courriel : helene [dot] stevens [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Images du travail. Travail des images », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 février 2009, http://calenda.org/196594