AccueilUne socialisation du travail au-delà de l’emploi ?

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Publié le jeudi 19 février 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Si les discours dénonciateurs de la précarisation et du recul des droits des salariés décrivent une part de la réalité du monde du travail, ils empêchent souvent, par ailleurs, de lire les émancipations et les alternatives à l’œuvre ou possibles dans la société, laissant sans direction l’action collective. Le séminaire « intermittence et salariat » propose depuis octobre 2003 aux étudiants de M2 et aux doctorants une réflexion sur les travaux récents en sociologie et économie du travail, en présence des chercheurs concernés. Les journées d’études des 12 et 13 mars 2009 seront un temps d’approfondissement collectif dans six tables rondes qui réuniront les collègues invités au cours des cinq premières années du séminaire et d’autres que cette thématique intéresse.

Annonce

Journées d'études du séminaire « Intermittence et salariat » de Patrick Cingolani et Bernard Friot

Paris Ouest, Maison Max Weber (salle des colloques), 12-13 mars 2009

Si les discours dénonciateurs de la précarisation et du recul des droits des salariés décrivent une part de la réalité du monde du travail, ils empêchent souvent, par ailleurs, de lire les émancipations et les alternatives à l'œuvre ou possibles dans la société, laissant sans direction l'action collective. Le séminaire « intermittence et salariat » propose depuis octobre 2003 aux étudiants de M2 et aux doctorants une réflexion sur les travaux récents en sociologie et économie du travail, en présence des chercheurs concernés. Les journées d'études des 12 et 13 mars 2009 seront un temps d'approfondissement collectif dans six tables rondes qui réuniront les collègues invités au cours des cinq premières années du séminaire et d'autres que cette thématique intéresse.

Intervenants : Jean-Claude Barbier, Louis-Marie Barnier, Paul Bouffartigue, Maryse Bresson, Sébastien Chauvin, Antonella Corsani, Brigitte Croff, Isabelle Daugareilh, Francis Demier, Claude Didry, Maryse Dumas, Jérôme Gautié, Dominique Glaymann, Mathieu Grégoire, Nicolas Jounin, Michel Lallement, Chantal Nicole-Drancourt, Jean-René Pendariès, Thierry Pillon, Christophe Ramaux, Laurence Rouleau-Berger, Maud Simonet, Carlo Vercellone, Mathias Waelli.

Jeudi 12 mars

8h30 : accueil des participants

9h-12h : Mutations dans la définition du travail ?

avec Chantal Nicole-Drancourt, Thierry Pillon, Antonella Corsani, Michel Lallement, Maud Simonet, Francis Demier, Mathieu Grégoire, Laurence Rouleau-Berger

Derrière cette question, il ne s’agit pas tant de trouver un énoncé définitif sur le travail que d’interroger tout au contraire ses « décalibrages » et ses sorties hors de la subordination salariale : activités expressives non marchandes, mobilisation des salariés hors temps d’emploi, nouveau rapport au travail des retraités, travail étudiant, travail des intermittents entre deux cachets, travail associatif, sabbat, loisir ? Quels droits (revenu, conditions de travail, droits sociaux, expression) sont actuellement liés à ces espaces à distance des normes de l’emploi, quels droits nouveaux leur donner sans les aliéner ? Comment, à tous les sens du terme, en tenir compte ?

12h15-13h15 : déjeuner sur place

13h15-15h45 : Bilan d’étape du débat français sur « l’au-delà de l’emploi »

avec Jérôme Gautié, Isabelle Daugareilh, Christophe Ramaux, Carlo Vercellone, Jean-Claude Barbier

Il s’agit à la fois de confronter les points de vue sur les débats alimentés depuis 1995 par une succession de rapports officiels (Boissonnat, Supiot, Belorgey, Cahuc-Kramarz,…) et d’écrits théoriques sur l’au-delà de l’emploi (marchés transitionnels, capitalisme cognitif, salaire universel versus revenu universel…), et de faire le point sur les initiatives en la matière (revendications syndicales, actions de mouvements de chômeurs ou de précaires, lois, accords collectifs sur la « sécurisation des parcours professionnels »…). Les participants à la table ronde dresseront le bilan de ce qui leur paraît le plus significatif.

15h45-16h15 : pause café

16h15-18h30 : segmentation, opacifications, personnalisation des collectifs de travail ?

avec Dominique Glaymann (sous réserve), Maud Simonet, Nicolas Jounin, Sébastien Chauvin, Paul Bouffartigue, Jean-René Pendariès

A mesure des transformations technologiques, des mutations de l’actionnariat et pour tourner les droits liés à l’emploi, le commandement ne cesse d’inventer des formes de destruction et de recomposition du collectif de travail, mettant autant d’obstacles et autant d’écrans entre l’employeur et le travailleur ainsi qu’entre les salariés entre eux. Peut-on y lire à la fois, et contradictoirement, de nouvelles conditions de la disciplinarisation et du contrôle de la main d’œuvre et des opportunités de personnalisation des collectifs de travail échappant à la logique de l’employeur ?

Vendredi 13 mars

9h-11h45 : Ne plus fonder les droits salariaux sur l’emploi ?

avec Christophe Ramaux, Mathieu Grégoire, Maryse Bresson, Antonella Corsani

L’emploi a été construit dans la lutte des travailleurs du secteur privé pour accrocher des droits salariaux à leur poste de travail. Aujourd’hui, le Medef et les pouvoirs publics invoquent la « défense de l’emploi » pour réduire ces droits salariaux. S’il est vrai que l’emploi a changé de sens (ce diagnostic est soumis à la discussion de la table ronde), quelles sont les chances et les risques de l’attribution à la personne même du salarié de droits (lesquels ?) qui étaient jusqu’ici liés à son emploi ? La sécurité sociale (qui attribue des droits salariaux déconnectés de l’emploi et de l’employeur par mutualisation du salaire), la fonction publique (qui attribue les droits au grade personnel du fonctionnaire et non à son poste de travail) peuvent-elles servir de (bons) (mauvais) exemples ?

12h-13h : déjeuner sur place

13h-15h : Travail et socialisation

avec Dominique Glaymann, Mathias Waelli, Thierry Pillon

De plus en plus la socialisation semble en écart au travail subordonné. Est-il exact de dire que non seulement les conditions de la socialisation contestataire des rapports de travail subordonné et de la socialisation revendicative puisent de plus en plus dans des réseaux de sociabilité et de solidarité étrangers à la sphère de l’emploi, mais que la socialisation productive elle-même semble en écart vis-à-vis de la socialisation dans l’emploi, puisant certains de ses ressorts, tout autant que ses liens et ses identités, en-dehors du temps subordonné ?

15h-15h30 : pause café

15h30-18h : La qualification personnelle, nouvelle médiation des droits salariaux ?

avec Brigitte Croff, Louis-Marie Barnier, Maryse Dumas, Claude Didry, Maryse Bresson

La proposition la plus radicale d’attribution à la personne du salarié de droits liés jusqu’ici à son emploi est celle du « statut du travail salarié » de la CGT, qui vise à attribuer au salarié rien moins que sa qualification et le salaire qui lui est lié, et donc à supprimer le « marché du travail ». Parmi les questions considérables que pose le passage du plein emploi à la pleine qualification personnelle : que devient la qualification si elle est la matrice des droits salariaux ? qui attribue la qualification et comment ? selon quelles règles garantir le droit à la continuité et à la progression de la carrière ? que signifie l’inscription de chacun dans une grille salariale interprofessionnelle ? quelles sanctions ou incitations, par quelles institutions ? quel financement, quelles caisses, quelle création monétaire ?

Le programme détaillé : http://www.ies-salariat.org/spip.php?article73

Lieux

  • Université Paris Ouest Nanterre
    Nanterre, France

Dates

  • jeudi 12 mars 2009
  • vendredi 13 mars 2009

Contacts

  • Bernard Friot
    courriel : bfriot [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Mathieu Grégoire
    courriel : mathieu [dot] gregoire [at] u-picardie [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Une socialisation du travail au-delà de l’emploi ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 19 février 2009, http://calenda.org/196611