Accueil Stabilités et instabilités en Afrique centrale : logiques et dynamiques d’une configuration régionale complexe

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Publié le mardi 24 février 2009 par Marie Pellen

Résumé

La Fondation Paul ANGO ELA (FPAE) de géopolitique en Afrique centrale organise un colloque sur le thème "Stabilités et instabilités en Afrique centrale : logiques et dynamiques d’une configuration régionale complexe" du 17 au 19 novembre 2009, à Yaoundé (Cameroun). Les propositions de contribution soumises au comité scientifique du colloque doivent être rédigées sur deux pages maximum. Elles doivent présenter le titre, la problématique du travail, les orientations méthodologiques et les principales articulations avant le 15 avril 2009. Le comité scientifique se chargera de procéder à la sélection des propositions retenues pour le colloque, le 25 mai 2009.

Annonce

Dans un monde marqué par des fluctuations multiples et des mutations plurielles (aux plans politiques, économiques, sociaux, culturels et stratégiques), l’Afrique centrale se présente et se manifeste comme un espace régional travaillé par des forces de tension mais aussi de cohésion. Compte tenu de cet état de choses saisi dans les dimensions organiques, mécaniques, stratégiques et systémiques de sa complexité opérante et structurante, on peut procéder à une évaluation géopolitique, géo-économique et géosystémique de l’Afrique centrale comme une configuration régionale mouvante. A l’analyse, une caractérisation géopolitique pertinente de l’Afrique centrale doit saisir cette configuration comme un ensemble dynamique de tensions et de liaisons, un ensemble oscillant entre ordre et désordre dans ses expressions institutionnelles, conventionnelles et organisationnelles et ses manifestations opérationnelles, transactionnelles et interactionnelles.

 

L’Afrique centrale correspond à un équilibre de forces soumis à de fortes tensions en raison de la compétition entre ses composantes à différentes échelles, posé en unités de puissance et/ou de survie n’ayant pas des perspectives symboliques ou stratégiques identiques quant à la structuration de cet ensemble comme une formation régionale intégrée et soudée. En raison de cet état de choses géopolitique-géosystémique, l’Afrique centrale est, plus que les autres sous-régions africaines (Afrique du Nord ; Afrique de l’Ouest ; Afrique de l’Est et Afrique Australe), un espace faiblement et inégalement consolidé. L’Afrique centrale est effectivement ballottée entre les dynamiques concurrentes de plusieurs cadres communautaires ; ce qui la soumet à un conflit de prétentions et d’ambitions entre différentes communautés institutionnelles se disputant et dispersant l’espace correspondant à un ensemble sous-régional dès lors peu resserré.

1.    Justifications et contextualisations

L’Afrique centrale traversée diplomatiquement et stratégiquement par la rivalité entre différentes organisations communautaires dont les territoires se chevauchent et s’emmêlent, ne peut que difficilement mettre en place des machineries sous-régionales consistantes de pouvoir capables de compenser institutionnellement son étalement et son étirement aux plans géographique et géopolitique. Une telle configuration l’expose à la convoitise des communautés sous-régionales voisines telles que la Southern African Development Cooperation Community (SADCC), la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Celles-ci essaient alors de satelliser telle ou telle autre partie de l’Afrique centrale comme ensemble sous-régional fort desserré et relâché.

Partagée institutionnellement entre la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des pays de l’Afrique des Grands Lacs (CEPGL), l’Afrique centrale peine à se définir un cadre communautaire cohérent aussi contraignant que pertinent. Dès lors, cette sous-région ne dispose pas de capacités institutionnelles et organisationnelles substantielles pour constituer et consolider un système solide d’action et de décision collectives sous-régionales. Dans de telles conditions, l’Afrique centrale ne peut bénéficier d’un appareillage éprouvé de gestion performante de son espace comme champ de sécurisation collective. Il demeure difficile d’y bâtir un système solide et consistant de régulation des tensions inter Etats et inter-sociétés ou intra-États et intra-société.

Les Etats et les sociétés d’Afrique centrale s’inscrivent dans un espace sous-régional fort segmenté, faiblement pourvu de capacités politiques, économiques, diplomatiques, sociaux, culturels et stratégiques à même d’y faciliter et d’y conforter l’institutionnalisation réelle et substantielle d’un système communautaire d’intégration sérieux et consistant. Ce faisant, l’Afrique centrale ne dispose pas d’un instrumentum pertinent et performant de mise en convergence sous-régionale ; Cet instrumentum opérerait comme un outil approprié de coordination capable de gérer avec efficacité la dialectique complexe entre stabilités et instabilités, aux différentes échelles d’action et de décision dans  la sous région. Où l’on voit que l’Afrique centrale n’est que peu dotée d’un appareillage avisé de construction de convergences en termes de gouvernement et de développement maîtrisés.

Pour le colloque, il est alors question d’étudier l’évolution des régimes de régulation des rapports entre stabilités et instabilités aux différents échelles d’action et de décision au sein des Etats et sociétés d’Afrique centrale ou entre eux. Il s’agit de situer toutes ces évolutions sectorielles ou intersectorielles sur un échiquier systémique sous-régional ; ledit échiquier devant s’appréhender dans une perspective dialectique également attentive aux processus structurants et consistants (construction ; implantation ; coordination ; intégration ; régulation ; civilisation ; sécurisation et stabilisation) et aux processus déstructurants et fluctuants (déconstruction ; désimplantation ; dé-coordination ; désintégration ; dérégulation ; décivilisation ; insécurisation et déstabilisation).

Pour pouvoir mener une démarche de visualisation géopolitique et géosystémique des évolutions ciblées ou reliées de « la dialectique stabilités/instabilités » en Afrique centrale, il convient effectivement d’évaluer le sens et la substance ainsi que la pertinence et la cohérence des pratiques et conduites de régulation ou de circulation des contraintes, à différents niveaux d’action et d’organisation ou de décision et de gestion. En s’attelant à ces exigences théoriques et empiriques d’analyse, on peut évaluer le support de coopération et/ou de compétition entre les formes et forces d’ordre d’une part et les formes et forces de désordre d’autre part.

Etudier les configurations et figurations de la stabilité ou de l’instabilité a ainsi fondamentalement à voir avec l’évaluation de l’évolution de la balance de forces et de tensions entre l’ordre et le désordre comme états sociaux ou historiques des conduites et des contraintes.

L’analyse à opérer des paradigmes et régimes de la stabilité et de l’instabilité dans les Etats et sociétés d’Afrique centrale conduit à explorer théoriquement et empiriquement la question des capacités collectives de coordination et de régulation et de leur qualité positive ou négative ou au moins limitative. Les phénomènes et processus à étudier et à examiner, aux différentes échelles d’existence et de référence disponibles dans l’Afrique centrale comme complexe régional, sont à investiguer et à explorer à travers l’analyse de(s) dynamique(s) de régulation ou de dérégulation observées aux niveaux sectoriels et/ou intersectoriels.

Ce faisant, en explorant les plans politique, économique, social et culturel, diplomatique et stratégique, il sera possible de pouvoir évaluer dans les registres sociopolitique ou géopolitique et socio-économique ou géo-économique, les niveaux de consistance ou d’inconsistance et les niveaux de cohérence ou d’incohérence des conduites et pratiques examinées ; ceci de manière à évaluer leurs propriétés stabilisantes – stabilisatrices et/ou déstabilisantes – déstabilisatrices. En procédant de la sorte, il est question de cerner localement ou globalement ou régionalement et généralement les capacités d’ordre ou de désordre.

2.    Clarifications et explications

Un examen de la dialectique stabilités et instabilités en Afrique centrale est tenu de cerner la part respective aussi bien que la dimension interactive du droit, du pouvoir, de la légitimité et de l’intérêt.

 

La dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale a un rapport avec le droit. Le droit en tant que répertoire de règles et de normes correspond à la fois à un système de pouvoir et à un système d’action dont les instruments et les ressources visent à forger des cadres prévisibles et intelligibles de normalisation et de stabilisation des attentes. Cela signifie que dans ses multiples expressions, au public ou au privé, le droit met en œuvre une fonction coordonnatrice qui peut aider à réduire, réguler ou résoudre les situations d’instabilité. Les outils juridiques ainsi envisagés peuvent, aux niveaux locaux, régionaux, nationaux ou sous-régionaux être mobilisés pour la stabilité ou utilisés pour l’instabilité. Il s’agit alors de repérer si le droit s’exprime par une fonction stabilisatrice ou plutôt par une fonction déstabilisatrice.

 

La dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale a un rapport avec les jeux et les luttes de pouvoir.

L’évolution stable et instable de l’organisation et de l’action politiques dans les Etats et sociétés d’Afrique centrale a partie liée avec la capacité positive ou négative de gérer et de maîtriser les logiques de rivalité et de conflictualité. Il s’agit alors de repérer les points et les lignes de stabilité et/ou d’instabilité ainsi que les configurations d’acteurs et de force qui y sont liées, aux niveaux local, régional, national, transnational et sous-régional. Afin de bien cerner ces jeux et luttes de pouvoir, il est important de bien préciser la place et le rôle des différentes unités d’action et de puissance pouvant être impliquées dans ces dynamiques conflictuelles, dynamiques au sein desquelles il peut être important et judicieux de mesurer le niveau de violence qu’elles sont susceptibles de produire, niveau dont l’évaluation pose aussi le problème de sa maîtrise positive ou négative.

 

La dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale pose aussi le problème des conditions et configurations d’institutionnalisation communautaire de l’Afrique centrale. Il s’agit d’évaluer et d’apprécier la structuration institutionnelle de l’espace communautaire d’Afrique centrale, structuration qui a trait à la mise en place d’une construction institutionnelle et organisationnelle capable de gérer avec légitimité et crédibilité les problèmes de cohésion et de coordination entre les unités humaines et sociales présentes dans la chaîne des formations sociales inscrites dans la sous-région.

Analyser la cohérence et la consistance du cadre communautaire, revient à pratiquer une géopolitique du sens attentive aux conditions positives ou négatives de construction d’une image légitime des formules communautaires sous-régionales. Il est alors question de jauger le sens et la puissance identitaires attachées aux différentes constructions organisationnelles pour évaluer leur capacité d’intégration affective.

 

La dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale a également un rapport avec les conditions et configurations de sécurité. A ce sujet, il convient d’évaluer les capacités stabilisantes-stabilisatrices ou déstabilisantes-déstabilisatrices de l’évolution de l’appareillage de sécurité au sein des Etats et sociétés d’Afrique centrale ou entre ces collectivités considérées à l’échelle de l’ensemble sous-régional. Il est alors question d’évaluer la pertinence et la cohérence aussi bien que l’efficacité et la perspicacité des conduites de sécurité, en s’efforçant de mesurer leur fiabilité et leur viabilité au plan sectoriel ou au plan systémique. L’appréhension du niveau de sécurité ou d’insécurité permet ainsi de s’interroger sur la capacité des Etats et sociétés d’Afrique centrale de faire émerger un cadre communautaire pertinent et performant de construction d’une sécurité collective, ledit cadre étant pourvu des instruments et des ressources appropriés permettant de gérer des fragilités et des vulnérabilités capables d’alimenter des dynamiques d’instabilité et de déstabilisation compromettant la viabilité de dynamiques de stabilité et de déstabilisation.

 

La dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale à partie liée avec l’intérêt et l’utilité, étant alors concrètement axée et centrée autour d’une réflexion sur le lien des termes de cette dialectique avec une problématique de la maîtrise des rapports entre paix, gouvernement, management et développement en Afrique centrale. En axant substantiellement le travail de ce colloque autour de cette question de la mobilisation des ressources, il s’agit de souligner l’importance des conditions et configurations d’utilité dans la constitution pertinente (ou non-pertinente) des capacités de stabilisation-stabilité. En procédant de la sorte, il est alors question de voir à partir d’analyses socio-économiques et géo-économiques, à différentes échelles d’action et de décision, si les unités de puissance étudiées disposent de capacités utilitaires efficacement mobilisables pour une gestion appropriée de la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale.

 

Le présent colloque axé sur l’analyse de la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale entend exploiter au profit d’une géopolitique systémique, l’analyse des capacités effectives ou défectives de maîtrise des rapports entre paix, gouvernement, management et développement en Afrique centrale. Il s’agit alors d’évaluer l’évolution des conditions et configurations de souveraineté et de gouvernabilité comme enjeu déterminant dans la prise en charge des défis sociétaux et souverains autant que sous-régionaux et communautaires et à propos des capacités consistantes ou inconsistantes de maîtrise du gouvernement et du commandement en Afrique centrale. Ces regards et recherches permettent ainsi d’évaluer « la bonne » (stabilisante) ou « la mauvaise » (déstabilisante) capacité de coordination et de régulation des tensions des pratiques et conduites de gouvernement et de commandement, de jauger de leur capacité à forger et à consolider la paix. En s’attelant à l’analyse théorique ou empirique de ces questions, il est possible de bien cerner les capacités politiques et stratégiques qui sont disponibles au sein des sociétés et Etats d’Afrique centrale ou entre ces configurations collectives pour ce qui concerne une gestion perspicace et sagace de la dialectique stabilités/instabilités conduisant à des rapports maîtrisés entre paix et gouvernement.

3.    Orientations et problématisations

Le présent colloque travaille à dégager les contours axiologiques et idéologiques (idées et doctrines) et nomologiques (règles) aussi bien que praxéologiques (pratiques), technologiques (techniques) et médiologiques (médias et communications) d’un système sous-régional de sécurité et de gouvernabilité collectives. Il est alors question de pourvoir et de doter les Etats et les sociétés d’Afrique centrale d’une dynamique construite, enracinée, maîtrisée et cohérente de structuration d’un espace sous-régional efficace à tous les niveaux et échelles d’action et d’organisation. L’espace sous-régional envisagé est à explorer de manière à en évaluer les capacités de stabilisation – stabilité et d’instabilité – déstabilisation dans les Etats et sociétés d’Afrique centrale. Etudier les sources et ressources de la stabilité et de l’instabilité en Afrique centrale, ç’est se donner les moyens analytiques-théoriques et analytiques-empiriques d’examiner la légitimité aussi bien que l’autorité et l’efficacité autant que l’utilité dans l’évolution positive ou négative des capacités de régulation de la dialectique stabilités/instabilités.

Le colloque ici présenté qui entend mener à bon escient l’appréhension factuelle et opérationnelle ou la compréhension conceptuelle et rationnelle des dynamiques pertinentes (stabilisantes) ou peu pertinentes (déstabilisantes) des capacités de régulation dans les Etats et sociétés d’Afrique centrale, vise aussi bien à évaluer leurs compétences d’action et d’organisation collectives que leurs aptitudes et habilités de production et de gestion des conditions de sécurité ontologique (sécurité humaine, sociale, sociétale et existentielle). Ce faisant, il s’agit d’évaluer et d’apprécier le caractère robuste ou vétuste des institutions et organisations de stabilité et de stabilisation, c’est-à-dire des unités humaines et sociales capables de réguler pacifiquement ou coercitivement le jeu entre les différents acteurs concernés par les nécessités de l’interdépendance et de la coexistence en société, processus qui sont rythmés de manière conflictuelle ou conviviale.

 

Etudier les « stabilités » et les « instabilités » en Afrique centrale commande de procéder à une réflexion et à une discussion attentives à l’interaction de ces sources et ressources respectives d’ordre et de désordre. Dès lors, les perspectives d’analyse mises en valeur dans le colloque envisagé ont trait à une lecture complexe des configurations et situations examinées au plan social et historique, ladite lecture s’intéressant et portant son attention aux dimensions systémiques, nomiques et organiques (propriétés régulières) et aux dimensions spécifiques, idiothétiques et historiques (propriétés singulières). Cela veut dire que la réflexion et la discussion à déployer et à développer peuvent lier regards intégrés et regards spécialisés pour saisir avec intelligence (plans analytique et théorique) et avec pertinence (plans synthétique et empirique), en vue de bien rendre compte de la complexité de la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale.

 

Le colloque envisagé va esquisser les voies et présenter les moyens en vue d’observer les processus de construction/déconstruction de la stabilité, de manière à cerner théoriquement et empiriquement les dynamiques de stabilisation et de déstabilisation à travers un examen diversifié des processus multi-niveaux (locaux/régionaux/nationaux/transnationaux/sous-régionaux) de régulation de l’ordre et du désordre. Cela revient à étudier les formules et modules respectifs et/ou relatifs de production de la stabilité et de l’instabilité.

 

En procédant de la sorte, il est possible d’aborder la dialectique complexe qui lie stabilité(s) et instabilité(s) de manière dynamique, au moyen de son exploration dans l’Afrique centrale comme espace sous-régional. Les pratiques sociales de stabilisation ou de déstabilisation opérées à tel ou tel autre niveau d’intégration ou d’interpénétration ou d’identification et d’implication peuvent ainsi être appréciées et évaluées de manière positive (production d’ordre et de stabilité) ou de manière négative (production de désordre et d’instabilité), en tenant compte des zones de retournement et de recouvrement empiriques entre ces qualités et de la complexité humaine et fonctionnelle aussi bien que sociétale et communautaire dans la sous-région Afrique centrale.

4.    Articulations et thématisations

Le colloque envisagé sera articulé autour de quatre principaux modules thématiques concernant les fondements épistémologiques et méthodologiques de la dialectique complexe stabilités/instabilités (1), les dynamiques de l’instabilité et de la déstabilisation (2) ; les dynamiques de la stabilité et de la stabilisation (3) ; les processus d’interaction entre stabilité et instabilité (4).

 

Leçon introductive : La dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale, un équilibre mouvant de tensions et de contraintes : économie complexe des conduites et des pratiques

THEME I :

Configurations, structurations et formations de la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale : sociologie critique et pragmatique de la connaissance, épistémologie politique herméneutique et géopolitique conceptuelle/expérimentale

 

Cette thématique vise à étudier les problèmes ontologiques, épistémologiques et méthodologiques liés à la dialectique de la stabilité et de l’instabilité. Une telle démarche conceptuelle et analytique envisage d’améliorer la compréhension géopolitique des dynamiques sociales et historiques à l’œuvre dans les différentes composantes spatiales et territoriales de cette formation sous-régionale. Il s’agit alors de poser, d’exposer ou de proposer des grilles théoriques, analytiques et synthétiques, à même de livrer des clés de lecture appropriées permettant de comprendre la genèse et la dynamique des états respectifs et relatifs de stabilité et d’instabilité.

 

Dans cette optique qui recherche les cadres intellectuels et conceptuels d’une approche originale et féconde de la dialectique stabilités-instabilités, on peut s’interroger sur les axes suivants :

-         Le rapport stabilités-instabilités et la dialectique entre régulation et circulation des tensions dans l’Afrique centrale comme ensemble sous-régional.

-         Le rapport stabilités-instabilités et la variation temporelle et structurelle des états sociaux et historiques pensés comme ordres et désordres ou équilibres et déséquilibres configurant les régimes de la sous-région.

-         La dialectique stabilités/instabilités et son rapport avec la problématique ordre-désordre (plans locaux, régionaux, nationaux, transnationaux, sous-régionaux).

-         Les approches situées et ciblées (locales) ou intégrées et coordonnées (globales) de la stabilité et de la stabilisation et de l’instabilité et de la déstabilisation compte tenu des dynamiques intrinsèques/extrinsèques et potentielles/actives.

THEME II :

Formations et transformations de l’instabilité en Afrique centrale : moments et mouvements

 

Cette thématique aborde les tournures et les figures et les structures et textures de l’instabilité en Afrique centrale. Il s’agit, d’aborder la question de la stabilité à partir du constat de sa déficience et de son absence en examinant les contours de cet état politique et stratégique de choses,

Les propositions de contribution s’attelleront à proposer des réflexions basées sur une lecture et un diagnostic à la fois originaux et précis. Cela requiert alors que ces propositions de contribution s’abstiennent de tout laxisme analytique et technique, cette attitude de pensée et de recherche pouvant compromettre la définition et la réalisation d’une analyse appropriée et avisée de situation capable d’explorer des thérapies curatives ou correctrices.

 

Afin de bien appréhender et comprendre les dynamiques génératrices de désordre (local ou global) que sont les instabilités, il convient de les saisir de manière relationnelle, en étant simultanément attentif à leur origine (genèse) et à leur évolution (dynamique). Dès lors, on peut étudier :

-         Les facteurs et moteurs de l’instabilité et de la déstabilisation comme sources et causes de ces processus de mise en question et de mise en crise de l’ordre.

-         Les acteurs et opérateurs de l’instabilité et de la déstabilisation comme unités individuelles et collectives engagées, concernées, impliquées et intéressées dans et par les processus de mise en crise.

-         Les vecteurs et porteurs de l’instabilité et de la déstabilisation comme canaux d’émission et de transmission permettant la circulation des tensions et contraintes assurant la manifestation du désordre.

-         Les liens entre l’instabilité et la déstabilisation comme processus de mise en crise suscitant détresses et désastres (famines, épidémies, sécheresses, guerres, récessions et paniques) comme effets d’instabilité.

THEME III :

Figurations et reconfigurations de la stabilité en Afrique centrale

 

Cette thématique aborde la question de la stabilité sous l’angle de son efficience et de sa présence ou de sa pertinence et de son existence. Les propositions de contribution s’attacheront à délivrer des réflexions fondées sur une évaluation et une appréciation avisées des états de choses orientés et organisés autour de la production de l’ordre. L’analyse de situation à opérer est alors tenue de bien examiner et étudier les formules descriptives  et rétrospectives ou prospectives et prescriptives de production de l’ordre et de la stabilité. Ce faisant, il est recommandé aux auteurs, de bien définir et présenter les contours stratégiques, techniques, logistiques, politiques et économiques de la production décrite et/ou prescrite de la stabilité comme état de fait.

La thématique envisagée permet d’analyser les voies topiques ou stratégiques ou éthiques et pratiques de production de la stabilité à travers des cadrages juridico-politiques (Etat libéral de droit, démocratie pluraliste-constitutionnelle, pacte social de sécurité, solidarité humaine et humanitaire) et des bouclages économico-politiques (politiques de croissance et de développement, crédibilité monétaire et financière). On peut alors procéder aux examens suivants : analyses des montages diplomatico-politiques et stratégico-politiques (stratégie de sécurité isolée et de sécurité collective et cela en tenant compte des axes suivants :

-         Facteurs et moteurs de la stabilité et de la stabilisation énoncés comme des déterminants des dynamiques existantes et décrites d’ordre ou des dynamiques conjecturées et prescrites d’ordre

-         Acteurs et opérateurs de la stabilité et de la stabilisation comme unités engagées, concernées et impliquées dans les processus d’instauration ou de restauration de la paix.

-         Vecteurs et porteurs de la stabilité et de la stabilisation relatifs aux canaux de construction et de reconstruction des états désirés et/ou éprouvés de paix et de sécurité.

-         La liaison entre stabilité et globalisation comme dynamique de cercle vertueux donnant lieu à l’articulation des différents régimes de cohésion et de composition, régimes porteurs d’ordre.

THEME IV :

Structurations et restructurations nationales -transnationales - internationales du rapport stabilités-instabilités en Afrique centrale : arrangements et réarrangements

 

Il s’agit ici d’analyser la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale en comparant les dynamiques du dedans et les dynamiques du dehors. Dans cette optique, l’Afrique centrale voit sa pertinence évaluée à l’aune de ses capacités communautaires d’attraction intégratrice aux plans géopolitique et géostratégique.

Il est alors question de mettre en rapport et en contexte les dynamiques rétrospectives-descriptives et les dynamiques prospectives-prescriptives pour étudier le caractère maîtrisé ou non-maîtrisé des tensions ou pressions existant au sein des sociétés et Etats d’Afrique centrale aussi bien qu’entre ces collectivités englobantes et recouvrantes qui revendiquent avec plus ou moins de succès les capacités respectives de production de l’ordre ou du désordre.

 

L’analyse topique et critique des liens entre le dedans et le dehors qui est à mettre en œuvre dans les propositions de communication, exige de construire des investigations pouvant lier des recherches positives et présentes avec des évaluations prospectives et futures. Dans cet ordre, les communications peuvent explorer les axes suivants :

-         L’Union Européenne et sa relation à la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale comme une relation complexe à saisir simultanément au moyen d’analyses descriptives-positives et préscriptives-prospectives.

-         Les Etats-Unis d’Amérique et leur relation à la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale comme une relation complexe à observer simultanément au moyen d’analyses descriptives-positives et prescriptives-prospectives.

-         La Chine et sa relation à la dialectique stabilité/instabilités en Afrique centrale comme une relation complexe à étudier simultanément au moyen d’analyses descriptives-positives et prescriptives-prospectives.

-         L’Union Africaine et les communautés sous-régionales africaines face à la dialectique stabilités et instabilités en Afrique centrale : analyses de l’existant et défis du futur.

-         La compétition entre les puissances internationales et la dialectique stabilités/instabilités en Afrique centrale.

 

Rapport conclusif : Le complexe stabilités-instabilités en Afrique centrale et son analyse systémique et systématique : un bilan critique

5. Présentation des propositions de contribution

Les propositions de contribution soumises au comité scientifique du colloque doivent être rédigées sur deux pages maximum. Elles doivent présenter le titre, la problématique du travail, les orientations méthodologiques et les principales articulations avant le 15 avril 2009. Le comité scientifique se chargera de procéder à la sélection des propositions retenues pour le colloque, le 25 mai 2009. Les contributions définitives devront parvenir au comité scientifique au plus tard le 15 octobre 2009. Ces contributions sont tenues d’avoir un volume maximum de 25 pages police 12, Interligne 1.

 

Le colloque présent qui est centré autour de l’analyse de la dialectique stabilités/instabilités sera concrètement axé autour d’une réflexion sur le lien des termes de cette dialectique avec une problématique de la maîtrise des rapports entre paix, gouvernement, développement et management en Afrique centrale. En axant substantiellement le travail de ce colloque autour de cette problématique de coordination, il s’agit de souligner l’importance des conditions de stabilité comme enjeu déterminant dans la prise en charge des Défis sociétaux et souverains autant que sous-régionaux et communautaires de la maîtrise du gouvernement, du développement et du management en Afrique centrale. Ç’est dans ce sens que la problématique énoncée peut permettre de prolonger et d’enrichir des réflexions multidirectionnelles engagées par la Fondation Paul ANGO ELA sur les évolutions de l’Afrique centrale dès lors observées dans une perspective de géopolitique systémique.

La dialectique stabilités/instabilités qui est examinée à travers la problématique des rapports maîtrisés. Paix, Gouvernement, Développement et Management, permet de diversifier les regards et recherches sur les différentes dimensions à prendre en considération dans l’évaluation de la bonne (stabilisante) ou de la mauvaise (déstabilisante) capacité de coordination des tensions dans la conduite des sociétés d’Afrique centrale  (droit, politique, diplomatie, sécurité, défense, économie).

 

La dialectique stabilités/instabilités pose le problème de l’évaluation des capacités systémiques ou sectorielles de régulation durable de l’activité des unités d’action, de vie et de survie situées en Afrique centrale et engagées ou concernées par les problèmes d’organisation de la coexistence commune aux niveaux local, régional, national, transnational, transrégional et sous-régional. Evoquer les rapports entre « stabilités » et « instabilités », c’est rechercher si les formations sociales, sociétales et souveraines présentes dans cette sous-région sont capables ou non de disposer d’un cadre cohérent, convergent et consistant de sécurité ontologique.

 

Lieux

  • Yaoundé (Cameroun)
    Yaoundé, Cameroun

Dates

  • mercredi 15 avril 2009

Mots-clés

  • Afrique centrale, stabilité, instabilité, politique, sécurité, géopolitique, sociétés, États, CEMAC, CEEAC

Contacts

  • Kalliopi ANGO ELA, Directrice de la FPAE ~
    courriel : fpae [at] globalnet [dot] cm

URLS de référence

Source de l'information

  • Kalliopi Ango Ela
    courriel : fpae [at] globalnet [dot] cm

Pour citer cette annonce

« Stabilités et instabilités en Afrique centrale : logiques et dynamiques d’une configuration régionale complexe », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 février 2009, http://calenda.org/196650