AccueilLes écritures du moi : vers une nouvelle définition ?

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Publié le mercredi 04 mars 2009 par Marie Pellen

Résumé

Pour ce quatrième numéro de la Revue des Jeunes Chercheurs en Lettres, sous la direction de Laurent Angard, nous proposons aux chercheurs de s'interroger sur les écritures du moi, tant sur le plan thématique et/ou monographique que sur le plan de la réception et de la critique littéraire, et cela à travers tous les siècles et toutes les nationalités, selon toutes les modalités exploitées par les auteurs (écritures poétique, théâtrale, romanesque, réflexive). On pourra par exemple analyser la dimension symbolique des écritures du moi ainsi que ses rapports avec la société et la culture à travers des textes significatifs.

Annonce

Sous la direction de Laurent Angard

Soutenu par le professeur Gilbert Schrenck (Littérature du XVIe siècle)

Depuis les années 1970, la critique littéraire s'est intéressée aux rapports si particuliers qui existaient entre l'écriture et l'entité que l'on nomme le Moi (longtemps perçu comme « haïssable »), ainsi qu'à leurs interactions réelles ou factices. Nous restons encore redevables à ces chercheurs en sciences humaines qui nous ont permis d'aborder les écritures du Moi avec un intérêt qui n'a cessé de s'accroitre depuis ce temps. Réfléchir à la problématique des écritures du Moi, et plus largement aux genres littéraires qui s'y apparentent (l'autobiographie, les mémoires, les journaux, les autofictions, les confessions…) ne semble plus de nos jours un domaine futile et obsolète. Bien au contraire, les parutions récentes laissent apparaître un renouveau dans ce domaine et les perspectives d'étude tendent à ménager des consensus entre les deux grands courants critiques qui faisaient foi il y a quelques années : soit l'on se plaçait dans « une sorte de préhistoire » du genre pour tous les textes d'avant Rousseau (P. Lejeune), soit l'on se devait de considérer ces écritures à l'aune de la société et de l'histoire, (G. Gusdorf) sans placer de limite stricte à la naissance du genre. Les approches s'opposent, mais les textes restent… Finalement, ces conceptions, qui paraissent si antinomiques sur le papier, ne peuvent-elles pas trouver un point de rencontre afin de faire émerger une autre définition des écritures du Moi, sans prendre parti pour l'une ou l'autre des positions critiques ?

Les exégètes des autobiograph(i)es de l'Antiquité à nos jours, sans oublier le Moyen Âge, doivent sans cesse renouveler les études sur les écritures du moi, car ces dernières ne se laissent guère enfermer dans une théorisation partisane. Les chercheurs actuels doivent ainsi envisager leurs recherches à l'aune de toute une palette d'approches, sans scléroser les textes vivants. Émergent alors des croisements entre les méthodes d'analyse qui rendent les études sur les écritures du moi plus riches et plus convaincantes et qui tendent à redéfinir ce qu'elles sont intrinsèquement. L'on pourrait ainsi, dans un esprit de synthèse critique, décrire les écritures du Moi comme :

  • Le lieu du témoignage (Gilbert de Nogent, Cardinal de Retz, François Mauriac)
  • Un engagement auctorial pour transmettre ses valeurs (Christine de Pisan, Agrippa d'Aubigné)
  • Le lieu d'une réflexion générique (ou pluri-générique) (Serge Dubrovsky)
  • La démonstration des relations entre l'auteur et son lecteur (Sartre, Proust)
  • L'émergence d'une intertextualité revendiquée ou non (question qui soulève aussi la part de l'autre dans l'écriture du Moi) (Chateaubriand, Rousseau)
  • Un jeu sur l'énonciation autobiographique (Paul Auster, Chevillard)
  • Une enquête révélant les expressions du moi (Zweig)
  • Une tension entre écrit fictionnel et référentiel (Pérec, Modiano, Yourcenar, Simon)
  • Une introspection voulue ou pas… (saint Augustin)

La vocation de la R. J. C. L. est de croiser les textes, mais aussi de métisser les approches et de tisser un réseau d'échanges interdisciplinaires et européens entre les jeunes chercheurs en sciences humaines. Aussi les contributeurs pourront-ils venir d'horizons universitaires variés et de pays divers : chercheurs en Lettres (modernes et classiques), mais aussi en Langues, en Philosophie ou en Histoire seront les bienvenus. Les seules exigences sont de travailler sur une oeuvre littéraire, française ou étrangère, et de rédiger en français.

L'équipe de la R.J.C.L. est composée de Laurent Angard (Université de Strasbourg), Guilhem Armand (Université de la Réunion), Sébastien Baudoin (Université de Clermont-Ferrand) et Morgane Leray (Université de Bordeaux).

Les articles seront à envoyer sous format Word, en Times New Roman, 12 ; ils n'excèderont pas 12 pages et seront envoyés avant le 10 octobre 2009 à l'adresse suivante : rjcl2@free.fr

Merci de respecter les consignes suivantes :

  • Des intertitres peuvent être inclus, sans aller au-delà du niveau 2.
  • Les citations longues seront nettement séparées du reste du texte.
  • Pour les notes de bas de page, on recourra impérativement à l'insertion automatique du logiciel de traitement de texte. Aucune note ne pourra être intégrée dans le titre ou le sous-titre.

Dates

  • samedi 10 octobre 2009

Contacts

  • Laurent Angard - RJCL ~
    courriel : rjcl2 [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent Angard
    courriel : Laurent [dot] angard [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les écritures du moi : vers une nouvelle définition ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 04 mars 2009, http://calenda.org/196700