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La posture. Genèse, usage et limites d’un concept

Journée d'étude annuelle du groupe COnTEXTES

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Publié le lundi 09 mars 2009 par Marie Pellen

Résumé

Avec l’émergence de l’ère médiatique, le terme de posture est utilisé de manière intuitive par les hommes de lettres pour désigner le profil moral ou l’apparence d’un sujet dans l’espace public. Benda évoque de la sorte la « posture politique » des gens de lettres dans sa /Trahison des clercs/ (1927). Longtemps perçu comme une évidence, ce travail de construction identitaire n’a que récemment débouché sur des recherches approfondies, notamment en sociologie et en histoire littéraires. Ces dernières disciplines, en prenant pour objet les postures d’écrivains, s’interrogent sur la façon dont un auteur occupe effectivement sa position dans le champ littéraire.

Annonce

Avec l’émergence de l’ère médiatique, le terme de posture est utilisé de manière intuitive par les hommes de lettres pour désigner le profil moral ou l’apparence d’un sujet dans l’espace public. Benda évoque de la sorte la « posture politique » des gens de lettres dans sa Trahison des clercs (1927). Longtemps perçu comme une évidence, ce travail de construction identitaire n’a que récemment débouché sur des recherches approfondies, notamment en sociologie et en histoire littéraires. Ces dernières disciplines, en prenant pour objet les postures d’écrivains, s’interrogent sur la façon dont un auteur occupe effectivement sa position dans le champ littéraire. Selon cette perspective, la notion de posture permet d’associer les dimensions individuelles et collectives, discursives et sociologiques, des stratégies d’existence symbolique d’un écrivain. Jérôme Meizoz a notamment consacré deux ouvrages récents à ces questions (L’œil sociologue et la littérature, 2004 ; Postures littéraires, 2007) et ouvert plusieurs perspectives de recherches, que la présente journée d’étude se propose d’approfondir, tout en s’efforçant de lancer le débat vers de nouvelles voies.

Plutôt que de considérer la notion comme un outil ayant fait ses preuves et dont il ne s’agirait que d’illustrer l’efficacité, le groupe COnTEXTES se donne l’objectif d’éclairer la genèse du concept de posture (en opposition avec l’acception commune du terme), d’interroger les conditions et enjeux de son utilisation, ainsi que ses limites. Pour assurer la dimension prospective et novatrice de la démarche, trois axes de travail sont proposés :

1. Approche métacritique de la notion de posture

La posture s’est récemment constituée en concept socio-discursif au terme d’un processus dont il s’agit ici d’interroger la genèse et l’aboutissement provisoire. Les époques et les champs sociaux pour lesquels ce concept s’est spécialisé, les usages rhétoriques qu’il a générés au sein du discours critique, les procédures d’analyse qu’il a permis de formaliser, constituent autant de clés d’entrée possibles pour une approche métacritique de la posture. Dans quelle mesure ce concept peut-il être appliqué aux champs politique ou journalistique ? Est-il pertinent pour rendre compte des prises de position propres à des professions plus ou moins institutionnalisées (ouvriers, architectes, journalistes, hommes d’affaires, etc.) ?

2. La posture dans l’œuvre de fiction

Les lieux d’élaboration de la posture ne se limitent pas aux interviews des écrivains, à leurs autobiographies, à leur correspondance ou à leurs ouvrages autofictionnels, mais s’immiscent dans l’œuvre de fiction. Comment les options esthétiques de l’auteur (genre, style et ton notamment, mais aussi élaboration des postures des personnages de la fiction) permettent-elles de détecter l’élaboration posturale ? Quelles médiations faut-il prendre en compte pour traduire ces options esthétiques en éléments de posture de l’auteur ?

3. La posture et son lecteur

La posture est souvent étudiée du point de vue de son élaboration par l’auteur. Il nous paraît cependant opportun d’interroger également la manière dont le lecteur la reçoit, en reconnaissant à celui-ci la capacité de construire lui-même sa propre représentation de l’auteur. Les enquêtes auprès des consommateurs de littérature ou les blogs littéraires où s’échangent les avis sur les auteurs apparaissent comme des matériaux à explorer pour une sociologie de la littérature soucieuse d’interroger les rapports de détermination réciproque entre l’élaboration posturale et l’expérience du lecteur.

Programme

09.00  Accueil

09.10  Denis Saint-amand (FNRS/ULg) et David Vrydaghs (FUNDP)

           « Introduction »

Séance 1

Président : David Vrydaghs (FUNDP)

09.50  Cécile Vanderpelen (FNRS/ULB)

           « Des hommes d’élite ? L’identification des écrivains à une classe sociale en reconstruction (XIXe siècle) »

           Répondante : Céline Tellier

10.30  Laurence Rosier (ULB)

           « Postures, ethos, figures : l’érudit ou l’incarnation de l’esprit français »

           Répondant : Jean-Marie Klinkenberg

11.10  Pause

11.30  Claire Clivaz (U. Lausanne)

           « Peut-on parler de posture littéraire pour un auteur antique ? Les exemples de Gallien, de Paul de Tarse et des lecteurs du texte anonyme de l’Evangile selon Luc »

           Répondant : Björn-Olav Dozo

12.10  Paul Aron (FNRS/ULB)

           « La posture du baroudeur, ou qu’il sentait bon le sable chaud... »

           Répondante : Clara Edouard

12.50  Repas

Séance 2

Présidente : Bibiane Fréché (FNRS/ULB)

14.15  Jérôme Meizoz (U. Lausanne)

           « Ce qu’on fait dire au silence (ethos, posture, image d’auteur) »

           Répondant : Benoît Denis

14.55  Valérie Stiénon (FNRS/ULg)

           « Filer la métaphore dramaturgique. Efficacité et limites conceptuelles du théâtre de la posture »

           Répondant : David Vrydaghs

15.35  Pause

15.55     Sarah Sindaco (ULg)

           « On a raison de se révolter. Nous l'avons tant aimée, la révolution.
Mai 68 : posture(s) générationnelle(s) ? »

           Répondant : François Provenzano

16.35  Clément Dessy (FNRS/ULB)

           « Posture(s) du rapport à l'oeuvre. De l'individuel au collectif à la fin du XXe siècle »

           Répondante : Laurence Brogniez

17.15    Pause

17.30  Björn-Olav Dozo (FNRS/ULg) et Fabrice Preyat (FNRS/ULB)

           « Conclusions »

Lieux

  • Université Libre de Bruxelles, Salle Henri Janne, bât. S, 15e ét., av. Jeanne, 44
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • lundi 30 mars 2009

Mots-clés

  • sociologie de la littérature, posture

Contacts

  • Denis Saint-Amand
    courriel : Denis [dot] Saint-Amand [at] ulg [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Denis Saint-Amand
    courriel : Denis [dot] Saint-Amand [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« La posture. Genèse, usage et limites d’un concept », Colloque, Calenda, Publié le lundi 09 mars 2009, http://calenda.org/196745