AccueilFoules en villes. Nouvelles approches, nouvelles lectures

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Publié le mardi 17 mars 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le théme de la foule en ville intéresse aussi bien les historiens que les sociologues ou les politologues ; la rencontre sera diachronique et peut concerner l'espace-monde sans restriction de l'antiquité à nos jours.

Annonce

Colloque, 15-17 octobre 2009

Si la foule a longtemps constitué un thème de prédilection pour les sciences humaines et sociales, c’est sans doute moins parce qu’elle excitait la curiosité de ceux qui auraient été enclins à y voir l’esprit d’un peuple ou le reflet d’une civilisation, que parce que son surgissement sur la scène politique et sociale suscitait soit une forte inquiétude, soit de vifs espoirs. Cette fascination pour la foule, dans la mesure où elle procédait de sentiments tout à fait contradictoires, parvenait difficilement à s’affranchir de représentations essentialistes d’un peuple, alternativement pur ou corrompu, selon que l’on estimait qu’il était ou non à sa place : pour Le Bon, la foule n’a-t-elle pas comme caractère principal « la fusion des individus dans un esprit et un sentiment commun » ? La foule est systématiquement appréhendée en soi, comme un en-soi, comme une abstraction désincarnée. De fait, la moisson historiographique est riche quant aux études des foules à des moments cruciaux de l’Histoire (des travaux de George Rudé aux travaux hexagonaux plus récents sur les manifestations de rues ou sur les barricades), mais les approches diachroniques sur le long terme, permettant le cas échéant de dépasser les périodisations conventionnelles et de nouer un dialogue fécond avec les autres sciences humaines et sociales, manquent singulièrement à l’appel.

C’est ce que cette rencontre se propose de faire, dans une perspective pluridisciplinaire associant – au moins dans un premier temps – histoire, sociologie, anthropologie et psychologie sociale. Comprenant des rassemblements d’ordre politique, culturel et religieux, sous forme paroxystique (crise et fête) ou ordinaire (sociabilités), des pratiques collectives partagées individuellement (sensibilités, modes de perception), ces phénomènes collectifs engagent des groupes et individus à investir la ville – son théâtre principal – selon des modalités et des temporalités dont les contours doivent être précisés. Rassemblant des acteurs individuels au sein d’une entreprise commune, l’action des foules est elle-même constituée de gestes singuliers, formant les différentes manières d’exercer une emprise sur la ville (postures du corps, paroles, slogans, voix, cris, regards, etc.). On pourra en étudier la particularité historique, rechercher d’éventuelles permanences au cours des siècles pour cerner les modulations historiques du rapport entre individu et collectif, notamment dans le cadre de leur insertion dans l’espace urbain. 

 Parmi les pistes non exclusives à explorer, on indiquera :

  • explorer à nouveaux frais la dimension théorique de la foule, dans le but de proposer une analyse anthropologique (désirs, sentiments, passions) ou psychosocio-politique (mécanismes et processus) qui ne se dispenserait pas nécessairement de critiquer les théories classiques, voire d’interroger les représentations littéraires ;
  • s’interroger sur la cristallisation de la notion de « foule », le moment où l’on passe de la réunion, la congrégation, l’attroupement…, à la « foule », les possibles changements des effets de seuil selon les lieux et les époques ;
  • les typologies de comportements : foule sportive, festive, protestataire, consumériste (les courses de Noël, les soldes !...) ;
  • les meneurs des foules ; et aussi l’influence du populisme sur les masses ;
  • se demander si les formes actuelles des foules correspondent à de nouvelles passions sociales et politiques, en tentant plus particulièrement de mesurer en quoi elles s’opposent ou se conforment à la culture ambiante ;
  • les moyens de contrôle et de canalisation des foules ; 
  • en se référant à des expériences historiques singulières, proposer des contributions dont la vocation serait d’évaluer tout à la fois l’influence du pouvoir sur la constitution des foules et, en retour, l’influence des foules sur le pouvoir qui les a engendrées.

Propositions de contributions à envoyer avec un résumé de 300 mots maximum avant le 30 mai 2009 à :

 Une sélection de contributions présentées lors du colloque sera publiée dans la revue Mana

Catégories

Lieux

  • Université
    Tours, France

Dates

  • samedi 30 mai 2009

Mots-clés

  • foule, emeute, liesse, peur, meneurs, populisme

Contacts

  • Christine Bousquet
    courriel : christinebousquet [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Christine Bousquet
    courriel : christinebousquet [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Foules en villes. Nouvelles approches, nouvelles lectures », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 mars 2009, http://calenda.org/196797