AccueilLes murs en relations internationales - Fences and Walls in International Relations

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Publié le mardi 17 mars 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Depuis la Grande muraille de Chine, le mur d’Antonin ou celui d’Hadrien réalisé par les Romains, le Genkobori construit par les Japonais sur l’île de Kyushu, ou encore le Mur de Berlin durant la période contemporaine, le « mur » est une des clés constantes – en Orient comme en Occident - de la protection d’une entité constituée et souveraine. Plus récemment, avec la construction des murs en Palestine, à Chypre, autour de Ceuta et Melilla, au Sahara occidental, à la frontière mexicano-américaine, au Cachemire, à la frontière du Botswana, ces fortifications demeurent un symbole de sécurité dans les relations internationales. Pour séparer ou pour protéger, la version contemporaine du mur pourrait correspondre à la (re)polarisation du monde à la suite des attentats du 11 septembre et constitue le révélateur d’une nouvelle ère des relations internationales, fondée sur la « perception » de l’ennemi.

Annonce

Colloque organisé à Montréal le 1er avril 2009, sous l’égide de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Conference held in Montreal on April 1st 2009 under the auspices of the Raoul-Dandurand Chair of Strategic and Diplomatic Studies at the University of Quebec at Montreal (UQAM). 

Le colloque se tiendra à l’Université du Québec à Montréal, dans les deux langues officielles. The conference will be held at the University of Quebec at Montréal in both french and english.

Depuis la Grande muraille de Chine, le mur d’Antonin ou celui d’Hadrien réalisé par les Romains, le Genkobori construit par les Japonais sur l’île de Kyushu, ou encore le Mur de Berlin durant la période contemporaine, le « mur » est une des clés constantes – en Orient comme en Occident - de la protection d’une entité constituée et souveraine. Plus récemment, avec la construction des murs en Palestine, à Chypre, autour de Ceuta et Melilla, au Sahara occidental, à la frontière mexicano-américaine, au Cachemire, à la frontière du Botswana, ces fortifications demeurent un symbole de sécurité dans les relations internationales. Pour séparer ou pour protéger, la version contemporaine du mur pourrait correspondre à la (re)polarisation du monde à la suite des attentats du 11 septembre et constitue le révélateur d’une nouvelle ère des relations internationales, fondée sur la « perception » de l’ennemi. L’avènement d’un monde où l’État devenait second en relations internationales et où la mobilité devait constituer le nouveau cadre d’analyse du système mondial, doublé de l’obsolescence de la souveraineté et, ce faisant, de la disparition des frontières physiques ne laissaient en rien préfigurer du retour du « mur » qui, après 2001, est réapparu comme un instrument clé de la protection de la souveraineté étatique. À l’heure de la mondialisation, ces murs, frontières, barrières de sécurité, remparts, ou mur virtuel remplissent donc un rôle paradoxal, qui fera l’objet de cette journée d’étude à Montréal.

Since the Great Wall of China, construction of which began in the 3rd century BC under the Qin dynasty, the Antonine Wall, built in Scotland by the Romans to support Hadrian’s Wall beginning in the 2nd century AD, the Roman “Limes” built to keep out barbarian invaders, the Anastasian Wall, built in the 5th century by the Byzantines west of Istanbul to protect the city from barbarian raids, the genko borui built by the Japanese on Kyushu Island to guard against invaders, and fortifications around cities ranging from the Aurelian Walls around ancient Rome to Vauban fortifications in 17th century Europe, the “wall” has been a constant in the protection of defined entities claiming sovereignty, East and West. Whether used to separate or protect, the contemporary incarnations of the wall may attest to the (re)polarization of the world in the wake of 9/11 and suggest the dawning of a new era in international relations, one dominated by perceived enemies. The advent of an international system in which the State is of secondary importance in international relations and in which mobility is a defining feature of the global environment, coupled with the obsolescence of the principle of sovereignty and the concomitant disappearance of physical borders, left little reason to expect the return of the "wall," but since 2001 it has in fact reappeared, along with the State, and has become a key instrument for safeguarding sovereignty.  

April 1rst 2009 – 1er avril 2009

8h45 Mot de bienvenue - Welcome : Charles-Philippe David, Professeur de science politique, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques - Raoul Dandurand Chair and Full Professor of Political Science, UQAM

8h55-9h15 Introduction : De la place des murs en relations internationales, Élisabeth Vallet, directrice de recherches à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM et chargée de cours en géopolitique - Research Director at the Raoul-Dandurand Chair and Lecturer in Geopolitics, UQAM

1. Le retour des murs en relations internationales – The return of the wall in International relations
9h15-10h45

Études globales sur le retour du mur en relations internationales

Murs et « reterritorialisation » des relations internationales post-guerre froide
Abderrahim El Maslouhi – Professeur à l’Université Mohammed V-Agdal, Secrétaire général de l’Association marocaine de science politique (AMSO)

L’économie des murs : La sécurisation des frontières, vers un nouveau marché?
Julien Saada, chercheur Moyen-Orient à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM

Études de cas sur le retour du mur en relations internationales

The Walled Kingdom  
Anna Gruending – M.A. Candidate, Norman Paterson School of International Affairs, Carleton University

Ceuta, Mellila : Forteresses barbelées devant les migrants en provenance d’Afrique subsaharienne 
Adil Moussaoui, Professeur, Université Mohamed V – Souissi-Rabat

Pause café

2. Les murs et les identités – Walls and Identities
11h00-12h45

La construction d’identités nationales

Le mur de la Palestine : barrière de sécurité ou barrière politique?  
Myriam Lejmi, Baccalauréat Relations internationales et Droit international, Université du Québec à Montréal

De la Grande Muraille à la Cyber Muraille : nouvelles barrières immatérielles en République Populaire de Chine
Marie-Hélène Pozzar, Maîtrise en science politique – Relations internationales, Université du Québec à Montréal

La construction d’identités locales

Les patrouilles civiles frontalières sur le pied de guerre
Julie Dufort, Maîtrise en science politique – Relations internationales, Université du Québec à Montréal et chercheure à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM

Du mur au vigilantisme – Les Milices Nord-américaines à la frontière mexicano-américaine
Martin Lamotte, Master 2 - Anthropologie EHESS, Paris

Lunch 12h45-14h00

3. Les murs et le pouvoir – Walls and Power
14h00-16h00

Séparer pour légitimer

Behind the Maginot Line : The Political Economic Basis of French Grand Strategy 1919-1930
Mark R. Brawley, Professeur de science politique – McGill University

Le mur de Cisjordanie : un reflet de la stratégie territoriale d’Israël  
Romain Lalanne, Maîtrise en science politique, Université du Québec à Montréal

Ceuta and Melilla Fences : Preventing Irregular Migration or Imposing a Status Quo? 
Said Saddiki, Law Professor at the University of Mohamed Ben Abdellah in Fez

Le mur dans une impasse?

Les murs anti-immigration entre pays forts et faibles : un échec de la diplomatie « consociative »?
José Antonio Alfaro – Étudiant en science politique Université Catholique de Louvain – Assistant de recherche au Magna Carta Institute

Les murs israéliens dans les Territoires palestiniens : séparations et inclusions paradoxales
Vincent Romani, Postdoctoral Fellow, Crown Center for Middle East Studies Brandeis University et IREMAM, CNRS, Aix-en-Provence

Conclusion - Nicolas Tenzer
16h00-16h30

Commentateur invité, Haut-fonctionnaire, politologue, directeur de la revue Le Banquet et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand Discussant, Senior Official, Editor of the journal Le Banquet, Research Associate at the Raoul Dandurand Chair.

Lieux

  • Université du Québec à Montréal - salle DR200
    Montréal, Canada

Dates

  • mercredi 01 avril 2009

Mots-clés

  • mur, relations internationales, barrière, sécurité, 11 septembre

Contacts

  • Linda Bouchard
    courriel : bouchard [dot] linda [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Élisabeth Vallet
    courriel : vallet [dot] elisabeth [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Les murs en relations internationales - Fences and Walls in International Relations », Colloque, Calenda, Publié le mardi 17 mars 2009, http://calenda.org/196800