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Les horizons de la politique extérieure française

Régions périphériques et espaces seconds dans la stratégie diplomatique et militaire de la France (XVIe-XXe siècle)

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Publié le mercredi 25 mars 2009 par Raphaëlle Daudé

Résumé

Appel à communications pour un colloque international portant sur les pratiques politiques, diplomatiques et militaires de la France dans sa périphérie du XVIe au XXe siècles, organisé les 18, 19 et 20 mars 2010 par l'université de Nantes et les Ecoles de Saint Cyr Coetquidan.

Annonce

Le Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA, Université de Nantes) et le CREC (Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan ont entamé en 2008 un programme pluri-annuel de recherches sur les conflits et les relations internationales en Europe et dans ses périphéries.

Après deux premières journées d’études à Nantes, « La France face aux crises et aux guerres des périphéries européennes » (2 avril 2008) et « Enjeux et influences de la politique française dans la périphérie atlantique » (5 mars 2009), nous souhaitons développer de nouveaux aspects de notre réflexion sur les rapports de la France avec sa périphérie dans le cadre d’un colloque international qui se déroulera sur nos deux sites les 18, 19 et 20 mars 2010.

Nous étudierons, sur un temps long s’étendant du XVIe au XXe siècle, l’action diplomatique et militaire des différents gouvernements français dans des régions situées au-delà du voisinage, mais dans lesquelles ils ont néanmoins des intérêts à défendre. Il s’agit d’inviter à une réflexion sur l’organisation des priorités en matière de diplomatie et de défense qui induit une déclinaison des espaces. Certains sont prioritaires, c’est le cas, par exemple, de la dorsale allant des Pays-Bas au nord de l’Italie, ou de l’axe France-Algérie de 1830 à 1962; d’autres sont seconds, c’est-à-dire que les objectifs que l’on y poursuit sont, tout ou partie, conditionnés par les enjeux des espaces prioritaires. L’une des illustrations de cette hiérarchie spatiale est le principe de l’alliance de revers. Au XVIIe siècle, par exemple, la France s’allie à la Suède pour sa capacité à intervenir dans le nord de l’Allemagne, et non pour le rôle qu’elle peut jouer en Baltique. Une première approche permet de distinguer les pays ou régions qui pourraient s’inscrire dans notre réflexion : l’Irlande, la Méditerranée atlantique, la Méditerranée centrale et orientale, le Moyen Orient, les Balkans, l’Europe centrale et orientale, l’Europe du Nord. Ils dessinent un vaste croissant périphérique, au sens littéral, à la fois terrestre et maritime au sein duquel s’inscrit la stratégie française en politique étrangère. Les espaces américains à l’époque Moderne, mais également la plupart des colonies situées au-delà de l’espace méditerranéen, ainsi que les régions ultra-périphériques du second vingtième siècle sont exclus de notre champ d’étude.

L’objectif général est de caractériser les interactions et, le cas échéant, les contradictions entre les différents éléments constitutifs de l’action politique extérieure des gouvernements français. La cohérence du processus décisionnel, suivie de la mise en œuvre d’une politique, repose, d’abord, sur l’analyse des situations particulières des régions périphériques, ensuite, sur la détermination d’une action diplomatique qui précède, si nécessaire, la mobilisation, puis l’usage, de moyens militaires. L’analyse de chacune de ces étapes et de leur enchaînement aux travers d’études particulières doit permettre de caractériser, sur une période de quatre siècles, les dynamiques de la politique extérieure française.

Nous souhaitons organiser notre réflexion autour de trois pistes principales de travail :

 1) Comprendre : Connaissances et interprétations des crises et des conflits périphériques.

Nous commencerons par nous interroger sur ce qui précède la prise de décision, en nous intéressant aux moyens d’information dont disposent ceux qui participent à l’élaboration de la politique étrangère française et ceux qui planifient les opérations militaires. La qualité de l’information sur un conflit, sur les contentieux passés ou présents, sur le potentiel militaire d’une puissance, sont autant d’éléments nécessaires à la compréhension de situations extérieures. Autour de ce postulat, il nous faudra réfléchir aux missions de renseignements et à l’espionnage diplomatique ou militaire, aux réseaux de collectes de l’information, aux modalités de transmission du renseignement qui, une fois reçu, doit être interprété, ce qui peut donner lieu à des divergences au sein même des instances décisionnelles. L’écho des crises et des conflits n’est cependant pas limité aux cercles diplomatiques et militaires. Leur médiatisation crée une résonance auprès d’une opinion publique française amenée à être sensibilisée à une cause plutôt qu’une autre. Enfin, les gouvernants, les diplomates et les militaires inscrivent inévitablement leur action dans une perspective historique. La mémoire des guerres et tensions passées, celle des solutions apportées et des échecs essuyés, sont autant d’éléments constituant une grille de lecture à travers de laquelle chaque gouvernement analyse les crises et les conflits des périphéries auxquels il est confronté.

2) Négocier : Diplomatie, alliances et stratégies politiques.

La confrontation de l’interprétation des situations locales et de la promotion des intérêts de la France conduit à l’élaboration de stratégies diplomatiques. Il faut nouer des alliances, activer des conflits ou, au contraire, favoriser la paix ; chercher à préserver ou, au contraire, à modifier des équilibres de puissances. Au cœur de notre travail, se trouve la question de savoir dans quelle mesure l’action de la diplomatie française auprès de certaines puissances est conditionnée par des enjeux et des objectifs qui ne les concernent qu’indirectement. Il faudra se pencher sur les rivalités entre les diplomaties des grandes puissances, sur les moyens de pressions, les succès ou les revers qu’a pu connaître la France dans les régions que nous avons évoquées précédemment. À ce titre, il pourra être accordé une attention particulière aux notions de barrière de l’Est et d’alliance de revers, pour montrer leur pertinence, mais aussi leurs limites. Notre perspective pluriséculaire doit nous amener à nous interroger sur l’existence de traditions dans la politique étrangère, qui seraient les fruits des politiques et des représentations des générations antérieures. Nous espérons ainsi, sur le long terme, dégager les permanences et faire ressortir les ruptures de l’action extérieure de la France.

3) Intervenir : Moyens et modalités de l’engagement militaire.

Nous aimerions nous pencher sur la transcription en actes, et sur la projection dans l’espace, de la politique française par le biais des moyens militaires. Nous voudrions envisager tant les modalités terrestres que maritimes de l’action militaire avec leurs différentes implications : les questions logistiques, les transferts de technologies et de savoir, les forces spéciales, les corps expéditionnaires. Nous souhaiterions en particulier montrer comment les pratiques militaires s’adaptent aux réalités locales et aux espaces dans lesquels elles se déploient, avec l’organisation d’opérations spécifiques. Il faudra aussi se pencher sur le rôle de certaines régions dans la stratégie militaire globale avec, par exemple, l’ouverture de fronts secondaires pour gêner l’ennemi sur ses arrières, détourner une partie de ses forces ou perturber ses approvisionnements. Nous comptons porter une attention particulière aux questions navales, puisqu’une grande partie de l’espace considéré est maritime, et impose des moyens d’action spécifiques.

             Enfin, nous souhaiterions disposer de communications portant sur les regards que des étrangers pouvaient avoir sur l’activité diplomatique et militaire française dans les régions que nous considérons.

             Les propositions de communication d’une dizaine de lignes, ainsi qu’une présentation de l’auteur sont à renvoyer avant le 31 mai 2009 aux adresses ci-dessous :

  • eric.schnakenbourg@univ-nantes.fr
  • freddessberg@yahoo.fr

La date de remise des textes pour publication est prévue le 1er septembre 2010.

Lieux

  • Ecoles de Coetquidan et chateau de Nantes
    Guercif, Maroc
  • Ecoles de Coetquidan et chateau de Nantes
    Nantes, France

Dates

  • dimanche 31 mai 2009

Mots-clés

  • politiques étrangères, diplomatie, alliances, stratégie militaire

Contacts

  • Eric Schnakenbourg
    courriel : eric [dot] schnakenbourg [at] univ-nantes [dot] fr

Source de l'information

  • Eric Schnakenbourg
    courriel : eric [dot] schnakenbourg [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les horizons de la politique extérieure française », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 25 mars 2009, http://calenda.org/196869