AccueilMigrations féminines en Méditerranée : enjeux et perspectives

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Publié le vendredi 27 mars 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le Centre d’études et de recherche sur la migration internationale et le développement durable (CERMID) organise un colloque international sur « Migrations féminines en Méditerranée : enjeux et perspectives ? », qui se tiendra du 27-28 novembre 2009, à Casablanca -Maroc. La date limite pour la remise des propositions de communication est le 1er Mai 2009. Pour plus d’information : www.cermid.ma/colloque2009.pdf.

Annonce

Le CERMID organise un colloque international
Migrations féminines en Méditerranée : enjeux et perspectives ?
27-28 novembre 2009
Casablanca – Maroc

La migration fait partie de l’histoire de l’humanité et de la Méditerranée en particulier bien avant la création des frontières. Traditionnellement, les femmes affrontent généralement des restrictions plus marquées que les hommes à cause d’un manque d'autonomie dans la prise de décisions et d’une absence de ressources financières notamment. La mobilité des femmes était ainsi limitée à des mouvements migratoires visant essentiellement le mariage ou le rapprochement familial, ce qui les rendent très dépendantes de leur statut familial. 

Partant de ce constat, le Centre d’études et recherches sur la migration internationale et le développement durable (CERMID) propose une réflexion de fond sur l’évolution du phénomène invisible de la migration féminine. Pour ce faire, le CERMID a décidé d’organiser, en novembre 2009, un colloque international qui pourrait avoir pour thème principal celui de : « Migrations féminines en méditerranée : enjeux et perspectives ».

L’objectif principal de ce colloque est de favoriser une meilleure compréhension des processus de migrations féminines qui sont souvent occultés des débats académique et public. Ce colloque sera ainsi une occasion pour mettre en exergue le problème, combien important des femmes dans les migrations internes et internationales, en particulier dans le bassin méditerranéen. À cet effet, des chercheurs du Nord et du Sud sont invités à participer afin de partager leurs connaissances sur les mouvements migratoires féminins.

Notre postulat de base est que les migrations féminines s’inscrivent dans le cadre d’une dynamique de modernisation sociétale qui se manifeste essentiellement à travers une participation active de la femme au processus de développement socio-économique. Lequel développement pourrait favoriser les femmes migrantes en particulier à réinventer de nouveaux rôles et statuts au sein d’une société traditionnelle patriarcale. Les femmes seraient ainsi mieux disposées à défendre leurs droits en vue d’acquérir un statut émancipé et libéré.

Afin de cerner la problématique des migrations féminines dans sa complexité, nous proposons une approche « multidimensionnelle » qui permet de mobiliser l’apport de spécialistes et universitaires dans un cadre de recherche interdisciplinaire. Le phénomène migratoire des femmes pourrait ainsi être traité à partir de quatre axes principaux : juridique, économique, sociopolitique et culturelle.

1.    Histoires, contextes et environnement juridique

La femme occupe une place notoire dans l'histoire récente de l'immigration en méditerranée et dans les pays européens en particulier. L’enjeu ici est d’inscrire dans le fil de « l’histoire collective » la diversité des mémoires de l’immigration et tout particulièrement celles des femmes et les actions collectives qu’elles ont initiées.

Pour ce faire, il faudra assurer l’intégration des femmes migrantes dans les pays d’accueil. Cette intégration est fonction du respect de leurs droits, en particulier dans des domaines tels que l’accès à des emplois librement choisis et dignement rémunérés, l’accès aux services sociaux, à des logements décents, à la prévention.

Pour lutter contre les atteintes graves des femmes migrantes, les forces vives de la société civile prônent le respect et la promotion des instruments pertinents du droit international, tels que la Déclaration des droits de l’homme, la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs familles.

À cet égard, il serait intéressant de savoir dans quelle mesure serait-il possible de mettre sur pied un véritable partenariat grâce à davantage de contractualisation des flux migratoires et de la coopération au développement ? Et dans quelle mesure les accords entre les pays d’origine et ceux de destination prennent davantage en compte  la dimension « genre ».

Plusieurs indicateurs permettent justement de mieux comprendre les dynamiques de genre dans le processus migratoire et dans l'insertion dans l'immigration. Une variable clé pour cette analyse est la date d’arrivée au pays d’accueil qui nous informe sur l'âge au moment de la migration.

2.    Sphère économique et Développement durable

Les mobilités socio-économiques sont une dimension principale du phénomène migratoire. Les migrantes pourraient ainsi jouer un rôle non négligeable pour le développement de leur pays d’origine. Il serait donc intéressant de mesurer l’impact socioéconomique des migrations féminines, notamment le rôle des femmes dans la lutte contre la pauvreté par les transferts financiers et le soutien de projets de développement.

Des femmes migrantes, faut-il le rappeler, sont créatrices d’entreprises, consommatrices, reproductrices de la force de travail et force de travail elles-mêmes. Elles ne participent pas seulement à la richesse de leurs pays d’accueil, mais aussi à celle des économies locales. Pour preuve, les membres de la diaspora africaine qui constituent un atout précieux pour leurs pays d’origine grâce notamment à des compétences et des expériences acquises dans les pays d’accueil.

3.    Femmes de l’immigration, Citoyenneté et Démocratie

 Les femmes migrantes rencontrent des difficultés dans les pays d’accueil. Elles ont à assumer une double citoyenneté qui leur est souvent déniée dans les pays hôtes, mais aussi à affronter une double discrimination en tant que femmes et migrantes. Pour preuve, leur représentation dans la sphère publique décisionnelle (représentation parlementaire ou direction de grandes entreprises) est quasi inexistante, anecdotique ou sert souvent d’exception à la règle.

Outre la représentation, les migrantes et leurs descendantes luttent au jour le jour, au sein de leur famille, de leur communauté ou de leur quartier, elles sont de plus en plus actives et engagées. Elles prennent la parole dans les assemblées, pour revendiquer leur identité, la justice, l’égalité et la citoyenneté. Plus résistantes que soumises, elles veulent être des citoyennes à part entière dans leur pays d’accueil comme dans leur pays d’origine.

4.    Identités féminines, conflits et rapports sociaux

Les femmes migrantes en particulier sont peu protégées. Ainsi, elles doivent faire face à la traite des femmes et aux discriminations sexistes et racistes, professionnelles, sociales, mais aussi à la loi du marché de la mondialisation libérale.

Il est donc nécessaire de mettre en relief la diversité des femmes migrantes, leurs positions sociales, les situations de conflits et les contextes sociopolitiques et les réseaux des migrations. Les spécificités culturelles des migrations féminines et les rapports sociaux (pouvoir, ethnicité, classe…) dans lesquels s'inscrivent leurs parcours doivent également être examinés.

Dans le même sens, il serait intéressant d’analyser les évolutions récentes de la migration féminine et de mesurer son impact sur l’institution familiale traditionnelle (le couple, le mariage mixte, les enfants…). Il serait aussi opportun de comprendre comment se négocient l’obéissance et les rapports de forces entre la femme migrante et son entourage.

La mobilité des femmes dans le bassin méditerranéen en particulier pourrait ainsi favoriser l’émergence d’un processus d’acculturation où des pratiques culturelles et religieuses interagissent les unes avec les autres. Cette mobilité des femmes contribue d’ailleurs à construire de nouvelles formes de migration féminine (étudiantes, prostituées…).

Plus qu’un moyen pour améliorer les conditions de vie, les migrations féminines favorisent aussi l’émergence d’une société démocratique fondée sur des valeurs de progrès et de modernité. Les migrations féminines continuent aussi à forger une « identité féminine » nouvelle fondée sur l’égalité des sexes, l’autonomisation et la libéralisation de la femme, et surtout son implication dans la vie publique et dans le domaine décisionnel en particulier.

5.    Perspectives d’avenir : risques et opportunités ?

La migration féminine en provenance des pays africains peut générer à la fois des opportunités et des risques. Du côté de l’Union européenne, les décideurs tentent ainsi d’anticiper les mouvements migratoires des femmes en mettant sur pied des partenariats de coopération visant un développement durable.

Mais des risques persistent encore concernant notamment les voies que peuvent emprunter les femmes migrantes dans les pays d’accueil : prostitution, trafic de drogue et traite des femmes et des filles en particulier.

Le devenir des flux migratoires dans le pourtour méditerranéen pose autant de questions qui relèvent de risques inhérents aussi à la présence de réseaux terroristes ou de crimes organisés. La question de la paix dans la région semble du coup intrinsèquement liée à celle de la migration.

Une meilleure compréhension des processus de migrations féminines pourrait contribuer à élaborer une « vision stratégique » susceptible d’endiguer les « effets collatéraux » engendrés par les mouvements migratoires clandestins.

Ce faisant, les migrations féminines en particulier pourraient devenir un outil de partenariat nord-sud susceptible de dynamiser  le projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

Les propositions de communication d’une page environ (plus d’un bref CV), sont à envoyer par courriel à cermid@cermid.ma avant le 1er Mai  2009. Les notifications d’acceptation seront envoyées après examen par le comité  scientifique, fin Juin, et  seront soumises à confirmation lors de la réception du texte complet de l’intervention d’une taille maximum de 60 000 signes, le 30 Septembre 2009 au plus tard. 

 

Comité scientifique :

  • Fouzi Mourji, LASAARE, Université Hassan II, Casablanca-Maroc
  • Hein de Haas, Institue sur les Migrations Internationales université d’Oxford, Angleterre.
  • Djibri LY, PNUD, Université de Mauritanie
  • Joaquín Eguren Rodríguez, Institut Universitaire d'Etudes sur les Migrations, Université P. Guillemets-Madrid, Espagne.
  • Germain Ngoie Tshibambe, Université de Lubumbashi/Katanga - République Démocratique du Congo (RDC).
  • Rachid Chaâbita,  CERMID, Université Hassan II, Casablanca -Maroc

 

Comité d’organisation :

  • Rachid Chaabita, CERMID, Université Hassan II.
  • Aziz Chahir, CERMID, Université Hassan II.
  • Melle Hind Taktak,  CERMID, Université Hassan II.
  • Melle Naima Nachir, CERMID, Université Hassan II,.
  • Mohamed Daamouch,  CERMID, Université Hassan II.
  • Rachid Salafi Derkaoui, CERMID, Université Hassan II.
  • Melle Aicha Anwar, chargée du secrétariat.

Lieux

  • Casablanca, Maroc

Dates

  • vendredi 01 mai 2009

Mots-clés

  • immigration, Europe, Afrique, femmes, Méditerranée, transfert, développement durable, genre

Contacts

  • Rachid Chaabita
    courriel : chaabita [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Rachid Chaabita
    courriel : chaabita [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Migrations féminines en Méditerranée : enjeux et perspectives », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 27 mars 2009, http://calenda.org/196894