AccueilLe développement de l’aide à la personne : pour quelle professionnalisation ?

Le développement de l’aide à la personne : pour quelle professionnalisation ?

Journée d'études du CAR-CĒREQ Pays de la Loire / MSH Ange Guépin, 19 novembre 2009

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Publié le jeudi 09 avril 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Accompagnant le discours sur la « professionnalisation » des services à la personne, des certifications ont été rénovées et d’autres ont vu le jour pour qualifier les salariés de l'aide à la personne et les individus qui s’y orientent. En quoi ces certifications permettent-elles la reconnaissance de compétences spécifiques en terme de travail social ou médico-social ? Comment les formations qui préparent à ces certifications se déclinent-elles concrètement pour les personnes qui s’y engagent ? Et comment les employeurs se retrouvent-ils dans cet éventail de formations ? Voilà les principales questions qui seront abordées lors de cette journée d'études.

Annonce

Origines et objectifs de cette journée :

Les services à la personne désignent un secteur flou dont économistes et sociologues ont néanmoins cerné l’essor, à l’instar des services d’aide à domicile : leur croissance accompagne celle du salariat féminin ; elle a été encouragée par des politiques publiques en quête de gisements d’emploi et elle a été soutenue par le vieillissement continu de la population – les personnes âgées « en perte d’autonomie » constituant la principale catégorie d’usagers de ces services (Causse, Fournier et Labruyère, 1998 ; Clergeau et Dussuet, 2005).

Réaffirmée par le « plan Borloo » en 2005, la forte progression d’emplois dans ces services soulève néanmoins des questions, depuis quelques années, quant à leur qualité (Bressé, 2003 ; Debonneuil, 2007). Si ces services reposent sur la délégation de tâches traditionnellement accomplies par les familles, ils supposent en effet que l’on reconnaisse chez leurs intervenants une qualification professionnelle spécifique. Or, aucune formation n’est exigée, jusqu’à présent, pour travailler dans l’aide à domicile, par exemple (80% des salariées n’ont aucune certification reconnue – Dupont, 2006 ; Bressé, 2003) et les conditions de travail et d’emploi dans ce domaine sont précaires (Avril, 2006 ; Doniol-Shaw, Lada et Dussuet, 2007).

 Ainsi, les services à la personne paraissent tiraillés par des orientations partiellement contradictoires : les politiques d’emploi cherchant à utiliser par ce biais un instrument de lutte contre le chômage, les politiques sociales attirant l’attention, quant à elles, sur la nécessité d’améliorer la qualité des prestations et des conditions de travail des intervenants (Laville, 2005 et 2008). Ces tensions tiennent, en outre, aux conséquences d’une reconnaissance professionnelle des personnels employés, celle-ci entraînant en toute logique une augmentation du coût des services alors que leur financement public n’est pas totalement assuré – pour l’aide aux populations en perte d’autonomie, notamment (Bentoglio, 2005 ; Doniol-Shaw, Lada et Dussuet, 2007).

Né d’une initiative en Pays de la Loire, l’objectif de cette journée d’étude est de faire se rencontrer des chercheurs et des acteurs de terrain désireux de comprendre et de connaître les enjeux des évolutions contemporaines de ce secteur émergent en terme d’emploi et de formation professionnelle.

A l’origine de ce projet : un programme d’études portant sur les parcours de vie et les stratégies d’individus cherchant à se qualifier dans les services à la personne et sur l’encadrement dans ce secteur, programme mené dans un contexte où différents acteurs locaux se questionnent sur une nouvelle organisation des formations sanitaires et sociales.

Accompagnant le discours sur la « professionnalisation » des services à la personne, des certifications ont en effet été rénovées et d’autres ont vu le jour pour qualifier les salariés de ces services et les individus qui s’y orientent. Mais en quoi ces certifications permettent-elles la reconnaissance de compétences spécifiques en terme de travail social ou médico-social ? Comment les formations qui préparent à ces certifications se déclinent-elles concrètement pour les personnes qui s’y engagent ?  Et comment les employeurs se retrouvent-ils dans cet éventail de formations ?

Des groupes régionaux ont travaillé sur ces questions : la Région des Pays de la Loire – compétente sur les formations sanitaires et sociales depuis 2005 – mais aussi des associations d’employeurs de l’aide à domicile, les services déconcentrés de l’Etat, des organismes de formation, des OPCA de branche, les représentants de particuliers employeurs. Ces groupes ont contribué à une réflexion d’ensemble sur la « professionnalisation » de l’aide à la personne et se sont montrés soucieux de confronter leurs connaissances à d’autres regards.

Appel à communication

C’est dans ce cadre que prend place l’appel à communication pour notre journée d’études. Les contributeurs potentiels sont invités à soumettre un résumé de leur communication en s’inspirant de deux traits saillants ressortis de ces rencontres régionales :

 -          1/ Les conditions de travail et d'emploi dans le secteur des services à la personne : 

Des éclairages sociologiques sur les caractéristiques du travail et sur les conditions d’emploi des personnels sont attendus pour définir plus précisément les contours de ce secteur en émergence : à travers le cas des services d’aide à domicile auprès de populations « fragilisées », à travers le cas de services dits « de confort » auprès de particuliers ou à travers d’autres formes d’intervention sociale dans la sphère privée. Des témoignages sur des tentatives d’amélioration des conditions de travail des personnels employés constituent également une piste de réflexion pour aborder la qualité des emplois offerts par le secteur

-          2/ La formation professionnelle des personnels

Derrière ce thème, sont souhaitées des contributions sur les nombreuses réformes relatives aux certifications professionnelles des services à la personne et sur les déclinaisons de ces certifications en terme de reconnaissance salariale et/ou professionnelle. En outre, une réflexion collective sur la séparation (i.e la spécificité) des secteurs médico-social et sanitaire entrent en ligne de compte pour aborder la complexité de la structuration professionnelle des services à la personne, à cheval entre ces deux domaines.

Comité d'organisation

Chercheurs associés au Car-Céreq Pays de la Loire, réseau « professionnalisation des services à la personne » :

  • Pascal Caillaud (Université de Nantes)
  • Valérie Gosseaume (Université de Nantes, Car-Céreq Pays de la Loire)
  • Gérald Houdeville (UCO-IPSA Angers)
  • Laetitia Poulain (Université de Nantes, Car-Céreq Pays de la Loire)
  • Laurent Riot (Université de Nantes, Car-Céreq Pays de la Loire)
contact : laurent.riot@univ-nantes.fr

Calendrier :

  •   Dès aujourd’hui : signalement de l’intention de contribuer à la journée d’étude
  •   20 avril 2009 : date limite d’envoi des résumés de communication .
  •   15 mai 2009 : réponse aux auteurs des projets de communication
  •   19 novembre 2009 : tenue de la journée d’étude « Le développement de l’aide à la personne : pour quelle professionnalisation ? 

Catégories

Lieux

  • Maison des sciences de l'Homme Ange Guépin
    Nantes, France

Dates

  • lundi 20 avril 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • aide à la personne, formation professionnelle, professionnalisation

Contacts

  • Laurent Riot
    courriel : laurent [dot] riot [at] univ-nantes [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent Riot
    courriel : laurent [dot] riot [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le développement de l’aide à la personne : pour quelle professionnalisation ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 09 avril 2009, http://calenda.org/196949