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Vivre les indépendances africaines au tournant des années 60

Independence: through grassroot experience in the 1960s

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Publié le mardi 14 avril 2009 par Marie Pellen

Résumé

Un demi-siècle après les indépendances africaines, les années 2010 marquent, pour de nombreux pays du continent, le cinquantenaire de l’accession à l’indépendance politique. Le colloque international « Vivre les indépendances » a choisi de se reporter cinquante ans en arrière non pour célébrer mais pour offrir une relecture de l’événement aussi stimulante que possible. L’approche adoptée par la conférence Vivre les indépendances porte sur les aspects moins connus de ce moment précis des indépendances, à des échelles variées et sur divers plans : comment fut vécu le moment précis de l’indépendance mais aussi les quelques années qui l’ont précédé ou suivi ? Quelle atmosphère régnait dans les pays en devenir, de la capitale aux plus petits villages, des quartiers aux tribunes des manifestations officielles ?

Annonce

Colloque international organisé par le groupe Afrique Océan Indien (AOI) du Laboratoire SEDET (Université Paris Diderot-Paris 7)
2-4 décembre 2010

Appel à contribution

La proclamation de l'indépendance du Ghana en mars 1957 marque l'aube des « soleils des indépendances » de l'Afrique subsaharienne, mais c’est au début des années 1960 que la majorité des pays africains accèdent à l'indépendance : du Congo au Nigeria, du Togo au Kenya, du Tanganyika à Madagascar. Les indépendances des années 1960 ouvrent tous les possibles : années de promesses mais aussi années des complexités, année porteuses des conflits à venir. Un demi-siècle après les indépendances, les années 2010 marquent, pour de nombreux pays du continent, le cinquantenaire de l’accession à l’indépendance politique.
 Le colloque international « Vivre les indépendances » a choisi de se reporter cinquante ans en arrière non pour célébrer mais pour offrir une relecture de l’événement aussi stimulante que possible. Partout la foule euphorique a acclamé la levée des couleurs nationales, appris les couplets de l'hymne qui ne cessait de résonner dans les rues et dansé au son d’Indépendance Cha cha, ode à la liberté pour bon nombre de pays africains. L’approche adoptée par la conférence Vivre les indépendances porte sur les aspects moins connus de ce moment précis des indépendances, à des échelles variées et sur divers plans : comment fut vécu le moment précis de l’indépendance mais aussi les quelques années qui l’ont précédé ou suivi ? Quelle atmosphère régnait dans les pays en devenir, de la capitale aux plus petits villages, des quartiers aux tribunes des manifestations officielles ?
Plusieurs axes structurent cet appel :

1) Aspects méthodologiques et sources : de l’objet au symbole

Le colloque a pour objectif de stimuler la recherche de sources nouvelles et  la mise à jour des moments vécus de 1960 par le biais des documents les plus divers :
– photographies, presse, objets, « actualités cinématographiques », reportages radiophoniques,  pancartes, slogans,  productions  artistiques (peinture, sculpture)
– témoignages directs ou indirects, oraux ou écrits
– emblèmes (hymnes, drapeau…) ou monuments contemporains ou postérieurs
- répertoire de chants et de danses, modes vestimentaires

2) Cérémonies : du public au privé

La proclamation de l’indépendance fut marquée par des réjouissances variées, immédiates ou planifiées, dont il importe de mieux cerner les modalités et le sens :
  - Fêtes officielles : protocole, participation internationale et concours des peuples
  - Fêtes en privé et réactions spontanées
  - Hybridation des manifestations, entre registre culturel national ou régional et reprise des façons de faire coloniales
  - Comment ce moment exceptionnel a-t-il révélé à eux-mêmes des hommes et des femmes jusque-là soumis dans leurs activités aux colons et modifié d’emblée des rapports de pouvoir ou des relations sociales ?

3) Entre politique par le bas, enthousiasme individuel et initiatives officielles

 Cet événement unique fut vécu diversement sur le moment, sur un mode collectif ou individuel, encadré ou non, dans un environnement villageois ou citadin. Différentes catégories de la population peuvent apporter leurs témoignages sur la manière dont elles ont vécu l’événement et contribuer ainsi à l’éclairer sous un jour nouveau  : populations africaines et communautés étrangères présentes ; nationaux et migrants africains ; dirigeants politiques acteurs de cet avènement et ceux qui se retrouvent marginalisés par le processus politique ; jeunes actifs dans les mouvements partisans ou associatifs ou Africains en diaspora, notamment les associations d’étudiants très engagées dans la lutte pour les indépendances du continent. 

4) Mémoire plurielle des indépendances

L’indépendance a également généré des mémoires différentes, sur un passé maintenant cinquantenaire. L’histoire ne peut s’écrire autrement qu’en s’inscrivant dans l’interprétation faite a posteriori, éclairée par l’expérience ultérieure qui en modifie le sens. L’autre dimension consiste donc à analyser la façon dont l’indépendance en tant qu’événement fondateur a marqué un individu, un groupe mais aussi un quartier, une ville, voire une œuvre, à travers la diversité des vécus et des souvenirs.
- Mise en évidence des formes de vécu et de perçu, selon les divers acteurs et actrices, mémorisées puis commémorées au gré des événements ultérieurs, nationaux et personnels
-  Analyse des oeuvres revendiquant les indépendances ou s’inscrivant dans le courant du désenchantement : Amadou Kourouma Le soleil des indépendances, Alioum Fantouré, Le cercle des tropiques, Ayi Kwei Armah l'Age d'or n'est pas pour demain, Chinua Achébé Le Démagogue
- Étude des commémorations officielles des indépendances et de leurs fluctuations de sens et d’apparence dans le temps et les espaces
- Marquage de l’espace par des monuments ou la toponymie qui entretient et oriente le souvenir (place de l’Indépendance, avenue des Pères de l’indépendance)
             La conférence « Vivre les indépendances », centrée sur les expériences au quotidien et les vécus des divers segments des nations en construction, oscille entre une mise à jour de souvenirs collectifs ou personnels et les jeux de la mémoire, entre reconstruction et commémoration. Ses organisateurs souhaiteraient encourager de nouvelles enquêtes de terrain dont la conférence serait un premier moment de bilan.

PROPOSITIONS DE COMMUNICATION

 Les résumés d’une page maximum (en français ou en anglais) devront parvenir au plus tard le 15 septembre 2009 accompagnés d’un court CV, sur le même fichier, mentionnant l’institution de rattachement et une adresse électronique valide.
 Les textes des communications devront être soumis aux organisateurs en septembre 2010, selon les normes de présentation communiquées ultérieurement.

Contact :

Colloque « Vivre les indépendances africaines »
Université Paris Diderot - Paris7, Case courrier 7017, 75205 PARIS Cedex 13, France
Adresse courriel : independances.afrique@univ-paris-diderot.fr
(Sylviane Cheminot et Isabelle Nicaise, Secrétariat, Laboratoire SEDET-CNRS)
Téléphone : 00 33 1 57 27 72 79  - 00 33 1  57  27 72 78
Télécopie : 00 33 1 57 27 72 80
http://afriqueoi.free.fr/ et http://sedet.dr2.cnrs.fr/

Le comité organisateur :

Odile Goerg (Univ. Paris Diderot-Paris 7), Issiaka Mandé (Univ. Paris Diderot-Paris 7), Jean-Luc Martineau (INALCO), Didier Nativel (Univ. Paris Diderot-Paris 7), Faranirina Rajaonah (Univ. Paris Diderot-Paris 7)
 
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International Conference organised by the
Africa-Indian Ocean Group, Laboratoire SEDET (Université Paris Diderot-Paris 7)
December 2-4, 2010

Call for papers

The independence proclamation of Gold Coast in March 1957 opened an era called the “suns of Independence” of sub-Saharan Africa. However, majority of African countries including Congo, Nigeria, Togo, Kenya, Tanganyika and Madagascar did not attain independence until the beginning of the 1960s. 1960 opened the path for African freedom: years of promises but also years of complexities, years carrying the seeds of conflicts to come. One half-century after independence, 2010 marks, for many countries of the continent, the fiftieth anniversary of the political accession to independence.
The international conference “Independence: through grassroot experience” refers to the events experienced by the people fifty years later, not to celebrate the events but to offer a renewed reading of them. Everywhere euphoric crowds acclaimed the raising of the national flags, learned the verses from the national anthems which did not cease resounding in the streets, and, in French-speaking former colonies, danced to the sound of “Indépendance Cha cha”, to welcome the emancipation of many African countries.
 The approach adopted by the conference relates to the less known aspects or situations of the very moment of Independence: how did the people live the independence day but also the few years which preceded it or followed? What was the atmosphere like in the new countries? What changes, if any, were experienced in the capital as well as in the smallest villages, in urban districts as well as in rural areas? Was the spirit of celebration very much the same on the official platforms where the celebration of independence took place and in private compounds where common folks stayed? Several axes structure this call:

 1) Methodological aspects and sources: from the object to the symbol

The conference aims to stimulate the search for new sources and to recreate the lived moments of 1960 by the means of the most diverse documents:
- photographs, newspaper reports, objects, “cinema news”, broadcast reports, artistic production (painting, sculpture), slogans, printed materials for the occasion
- direct or indirect, oral or written testimonies
- contemporary or posterior monuments, emblems (anthems, flags…)
- repertory of songs and dances, fashion collection

2) Ceremonies: from public to private events

The proclamation of independence was marked by various, immediate or planned meetings which deserve to be documented, analysed and described:
- Official Festivals: protocol, international participation and participation of the people
- Official ceremonies and private or spontaneous reactions
- Hybridization of the festivities, between national or regional cultural expression and borrowed European ways of performing
- How did this exceptional moment serve as a means of self-revelation to the men and women hitherto under the control of colonialism? How did it modify fundamentally relations of power and social relations?

3) Individual enthusiasm  and official initiatives

People experienced this day of Independence in different ways; sometimes in a collective mode, sometimes individually, state-organised or not, in rural villages or in urban environments. Various categories of the population can bring their testimony about how they lived the event and thus shed new light on it: African populations and foreign communities present; African nationals and migrants; political actors in this event and those marginalized by the political process; young actors engaged on a partisan or a social level or Africans in diaspora, in particular students’ associations strongly involved in the fight for independence.

4) Plural memory of Independence

After 50 years, independence has also generated different memories. The history cannot be written without reference to subsequent interpretations of the historical processes leading to independence. Indeed what happened later has modified these interperetations. Another dimension thus consists in analyzing the way in which independence as founding event marked individuals, groups but also districts, cities, through the diversity of experiences and memories.
- We shall emphasize experiences as well as post-independence-built perceptions, according to the various actors and actresses, reinterpreted national and personal events.
- We shall refer to writings or films related to independence or focus on the subsequent disenchantment: Amadou Kourouma The Suns of Independence, Alioum Fantouré, Tropical Circle, Ayi Kwei Armah, The Beautyful Ones Are Not Yet Born, Chinua Achebe, A Man of the People
- Study of evolution of the official commemorations and changes of meaning in time and space
- Marking of space by monuments or street names which maintain and direct memory (Place of Independence, Avenue of the Fathers of Independence….)
The conference “Independence: through grassroot experience” will focus on the daily experience of the witnesses who represent various segments of the nations under construction. We will alternate between an update of collective or personal memories and the play of memory, between rebuilding and commemoration. The organizers wish to encourage new fieldwork investigation and to provide a forum for presenting this research.

PROPOSALS FOR COMMUNICATIONS

The abstracts of maximum one page (in French or English) should be sent before September 15th 2009 with a short CV mentioning your institution and a valid email address.
The texts of the final communications will be sent to the organizers before September 15th 2010, according to standards of presentation conveyed in due course.

Contact :

Colloque « Independence: through grassroot experience” »
Université Paris Diderot - Paris7, Case courrier 7017, 75205 PARIS Cedex 13, France
Adresse courriel : independances.afrique@univ-paris-diderot.fr
(Sylviane Cheminot et Isabelle Nicaise, Secrétariat, Laboratoire SEDET)
Téléphone : 00 33 1 57 27 72 79  - 00 33 1  57  27 72 78
Télécopie : 00 33 1 57 27 72 80
http://afriqueoi.free.fr/ et http://sedet.dr2.cnrs.fr/

Organising committee:

Odile Goerg (Univ. Paris Diderot-Paris 7), Issiaka Mandé (Univ. Paris Diderot-Paris 7), Jean-Luc Martineau (INALCO), Didier Nativel (Univ. Paris Diderot-Paris 7), Faranirina Rajaonah (Univ. Paris Diderot-Paris 7)

Catégories

Lieux

  • Université Paris 7 Denis Diderot
    Paris, France

Dates

  • mardi 15 septembre 2009

Mots-clés

  • Afrique, indépendances, colonisation, fêtes, cérémonies, États, mémoires, sources, représentations

Contacts

  • Colloque « Vivre les indépendances africaines » ~
    courriel : independances [dot] afrique [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Source de l'information

  • Issiaka Mandé
    courriel : independances [dot] afrique [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vivre les indépendances africaines au tournant des années 60 », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 14 avril 2009, http://calenda.org/196956