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Musique, territoire et développement local

Les rencontres de Grenoble

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Publié le vendredi 10 avril 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Les Rencontres de Grenoble s’inscrivent dans la poursuite de deux journées organisées à Paris (2006) et à Bordeaux (2007) sur les rapports entre espace et musique. Le séminaire parisien ouvrait des pistes générales et épistémologiques (« Géographie et musiques : quelles perspectives ? »). Les rencontres bordelaises élargissaient la problématique (« Comment la musique vient-elle au territoire ? »). Celles de Grenoble proposent deux objectifs. D'une part, elles accueilleront des communications traitant des perspectives déjà abordées dans les deux précédentes journées, en étant attentif aux effets cumulatifs, de bifurcation, ou encore de remise en cause qui pourraient commencer à se dégager (thématiques 1 et 2). D’autre part, elles proposent d'avancer sur trois thématiques : « Musique et aménagement du territoire », « Migrations, ancrages et mobilités », « La musique comme outil réflexif des sciences du territoire ».

Annonce

Eléments de problématique

Thématique 1 : Les raisons de l’inertie disciplinaire

C’est seulement depuis la fin des années 1990 que la musique commence à devenir un objet d’attention légitime en géographie. Les deux colloques précédents, mais aussi d’autres publications antérieures (Géocarrefour, Espaces et Sociétés, 2003), ont commencé à explorer les raisons de cette situation. Pourquoi un arrimage si tardif en France ? Quelles sont les conditions à la fois disciplinaires, culturelles et sociétales qui ont permis aux géographies anglo-saxonnes d’en faire très tôt un objet géographique ?

Thématique 2 : La musique comme objet géographique et outil de l’analyse territoriale.

La musique est un géo-indicateur. Il existe une géographie des formes musicales, des sons, des lieux de production, de diffusion, d’écoute. Les lieux semblent donc produire des musiques différenciées, qui sont porteuses d’identités territoriales et d’attachement. Elles constituent un matériau pour décrire et analyser des idéologies territoriales et leur généalogie. La musique est un objet d’étude pour la géographie sociale et culturelle, mais aussi pour des géographies industrielles, économiques, du tourisme, du pouvoir, etc.

Thématique 3 : La musique, le son et l’aménagement

L’animation musicale des territoires (fêtes, festivals, concerts, etc.) augmente-t-elle la palette des outils de développement ou s’agit-il plutôt de substitution ? Et pour quels types de territoires ? Quelles « plus-values territoriales » la musique apporte-t-elle, que ce soit sur les plans économique, social ou culturel, dans les projets de développement durable et les nouvelles formes de gouvernance ? Que rôle la musique peut-elle avoir dans les différents modes de recompositions territoriales, en France et à l’étranger ?

Le son est également l’objet d’aménagement sur les territoires. À ce titre, existe-t-il des recherches portant sur d’autres modalités d’utilisation de la musique, voire du son, du bruit et du calme comme instrument d’aménagement (par exemple autour de la question de l’environnement sonore, des ambiances) susceptible d'orienter les comportements, de façonner des territoires ? Avec l’aménagement sonore, il semble se produire un déplacement des conditions de l’efficacité aménagiste : de la raison au sensible, à l’affect, et une augmentation de l’échelle de son intervention : le territoire, l’architecture mais aussi l’action sur le corps. Ainsi, la musique est-elle non seulement un géo-indicateur, mais également un médiateur. A ce titre, elle est un instrument de communication et donc de pouvoir. Comment les territoires sont-ils convoqués ? De récentes affaires ont montré l’utilisation du son comme technologie de dissuasion (éloigner des clientèles jeunes de certains espaces commerciaux, par exemple). La piste de « l’oreille du pouvoir », en référence à « l’œil du pouvoir », est-elle explorée ? Inversement l’utilisation de la musique peut être aussi au service de l’émancipation. Enfin, la mobilisation de la musique, des sons peut engendrer des actions d’esthétisation des espaces et intervenir dans la construction de territoires « sans qualités » ou pathologiques. La musique permet-elle dès lors de « désaturer » le territoire, c’est-à-dire d’augmenter la superposition des usages de l’espace (un vieux rêve de l’aménageur) ? Est-ce un moyen de comprendre et d’agir sur les interférences entre espaces publics et privés ?

Thématique 4 : Migrations, ancrages et mobilités

Nombre de formes musicales qui se sont épanouies au XXe ont contribué au développement des images, valeurs, mythes et pratiques de la mobilité, que se soit sous l'angle des "tournées", des hybridations musicales (world music) ou des errances et nomadismes musicaux (New Age, travellers, sound systems au long cours). Aujourd’hui, on peut se demander si les flux numériques audio et vidéo (web, réseaux TV) ne sont pas en train de relayer les flux physiques de musiciens. Il s'agit autrement dit de s'interroger, à partir du cas de la musique, sur le fait que la mondialisation physique puisse s'atténuer, en même temps que son énonciation s'achève. Mais ce modèle qui inscrit ses acteurs pionniers dans les élites cinétiques n'est-il pas déjà obsolète sur fond de crise (climatique, énergétique et maintenant économique) ? Alors que les musiques actuelles ont largement hésité entre ancrage géographique et nomadisme, à l'exemple du blues, une heuristique musicale est-elle féconde et pertinente pour interroger la question de moins en moins consensuelle des mobilités ? Cette mise en doute de l'« utopie mobilitaire » est-elle porteuse de repli ou est-elle également susceptible de produire de l'innovation dans les modes de vie, la culture, l'être au monde ?

Thématique 5 : La musique comme outil réflexif des sciences du territoire

Il est connu que l'art, dans certaines de ses manifestations, anticipe des évolutions sociétales. En cela, il est un opérateur prospectif. Y a-t-il des recherches qui, appliquées au rapport entre musique et territoire (incluant bien sûr l'architecture) exploitent cette voie ? Par exemple, les nouvelles formes de pilotage de l'action publique (gouvernance, processus délibératifs, design et créations collectifs, multiplications des publics) nous place devant une mutation de la pensée aménagiste: passer du pilotage à priori au pilotage par les conséquences. Dès lors, comment penser la maîtrise, l'anticipation, bref les éléments clefs d'une discipline de l'action qui serait véritablement autre chose qu'un modèle réductionniste de « l'avenir en plan » ? Dans quelle mesure certaines formes musicales et orchestrales peuvent nous aider à comprendre autrement les fondements des phénomènes collectifs ? Le pilotage par les conséquences, la planification créatrice, peuvent-ils être alors autre chose qu'un leurre, ou un attrape tout ou un oxymore ?

Sur le site grenoblois, les géographes s’inscrivent dans une tradition où des recherches originales sur la musique en sciences sociales sont depuis longtemps développées : le laboratoire CRESSON en architecture, des groupes de recherche en sociologie et en sciences politiques. Peut-on en dessiner les contours et les inscrire dans un ensemble national et international d’initiatives dont Les Rencontres de Grenoble pourraient donner une vision plus claire dans leur relation à la question territoriale ?

Modalités de soumission :

Résumé de 3000 signes environ
Adresse : canovanicolas@yahoo.fr
Date limite : 15 juin 2009

Organisateur :

Laboratoires CNRS «PACTE-Territoires », UMR n°5491

Public ciblé et communicants :

Doctorants, chercheurs et professionnels

Le colloque se tiendra sur deux journées : les 19 et 20 novembre 2009.

Les propositions de communication (3000 signes environ) s’inscrivant dans l’un des quatre axes thématiques sont attendues pour le 15 juin au plus tard.

Elles seront envoyées à Nicolas Canova : canovanicolas@yahoo.fr

Le comité scientifique émettra son avis le 21 juin. Les communications retenues devront faire l’objet d’un texte, envoyé avant le 30 octobre, susceptible d’être retenu pour la publication prévue.

Responsables scientifiques :

Olivier Soubeyran, Philippe Bourdeau, Nicolas Canova.

Comité scientifique :

  • Philippe Bourdeau, Nicolas Canova, Olivier Soubeyran – Grenoble  I– Institut de Géographie Alpine.
  • Yves Raibaud - Bordeaux III, ADES CNRS-Bordeaux
  • Claire Guiu – Paris IV - Sorbonne

Lieux

  • Institut de Géographie Alpine (IGA)
    Grenoble, France

Dates

  • lundi 15 juin 2009

Mots-clés

  • géographie, musique, espace, territoire, developpement, épistemologie, politiques culturelles

Contacts

  • Nicolas Canova
    courriel : metheogeo [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas Canova
    courriel : metheogeo [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Musique, territoire et développement local », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 10 avril 2009, http://calenda.org/196972