AccueilL'art, le politique et la création. Frictions et fictions socio-anthropologiques

*  *  *

Publié le mercredi 15 avril 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

L’histoire sociale de l’art, la philosophie sociale et la sociologie de l’art ont contribué plus qu’aucune autre discipline à explorer les relations entre art et politique. Cela fait bien longtemps que l’art est devenu un enjeu politique, social, culturel, économique, idéologique. Aujourd’hui, subversion rime très souvent avec subvention, pour reprendre un titre d’ouvrage réussi (Rainer Rochlitz), et avec institution.

Annonce

  • Laboratoire de Sociologie CSRPC-ROMA – UPMF
    Centre de Sociologie des Représentations et des Pratiques Culturelles
    Recherches sur les Œuvres et les Mondes de l'Art
  • GDR OPuS – CNRS
    Œuvres, Publics, Sociétés

COLLOQUE INTERNATIONAL DE SOCIOLOGIE

Université Pierre-Mendès-France – Grenoble 2
19-20-21 novembre 2009

« L’heure n’est pas aux œuvres politiques, mais en revanche la politique s’est introduite dans les œuvres autonomes, surtout là où elles font les mortes sur le plan politique »
Theodor W. Adorno

L’histoire sociale de l’art, la philosophie sociale et la sociologie de l’art ont contribué plus qu’aucune autre discipline à explorer les relations entre art et politique. Cela fait bien longtemps que l’art est devenu un enjeu politique, social, culturel, économique, idéologique. Aujourd’hui, subversion rime très souvent avec subvention, pour reprendre un titre d’ouvrage réussi (Rainer Rochlitz), et avec institution.

Sur les rapports des artistes aux princes et aux mécènes (Martin Warnke, Francis Haskell…), sur l’iconologie politique (Aby Warburg, T. J. Clark), sur l’imaginaire politique (Lucien Goldmann, Alain Pessin), sur l’art engagé et les effets critiques de l’art en général (Theodor W. Adorno, Walter Benjamin, Pierre Bourdieu, Jean-Claude Passeron…) , les apports ont chaque fois été majeurs. Un des objectifs du colloque sera de revenir sur ces travaux séminaux, dont certains sont à teneur historique et d’autres accompagnent l’art le plus récent, pour en explorer et tester l’actualité tant théorique qu’empirique et envisager de manière prospective en quoi ils ouvrent vers des dimensions innovantes tant sur les plans méthodologiques et épistémologiques que pragmatiques.

Un autre objectif, qui fait partie des priorités de recherche du GDR OPuS depuis sa création en 1999, sera de présenter des travaux en sociologie des œuvres qui analysent une production ou un événement artistique afin de faire ressortir son rapport au politique. Le dernier colloque sur les œuvres, à Grenoble, s’était achevé sur certains doutes quant à la viabilité d’une sociologie des œuvres, que d’aucuns voudraient par ailleurs voir exclu de son horizon analytique (Nathalie Heinich). La thématique « art et politique » fournit un terrain de choix pour aborder à nouveau et de manière fertile et très innovante ce « fruit défendu » (Antoine Hennion) qu’est devenu l’œuvre singulière pour la sociologie de l’art.

Un dernier volet plus épistémologique visera à s’interroger sur les relations entre le chercheur et son objet, en s’interrogeant notamment sur les méthodes, les approches et les preuves qu’il mobilise pour construire et pour défendre son propos. Que se passe-t-il quand on passe des « réflexions » des acteurs au « reflet » identifié par le seul observateur, et de la politique à cet ensemble plus large mais aussi plus incertain que l’on nomme le politique ? Quelles sont les ressources empiriques et analytiques que proposent les sciences sociales pour traiter cette articulation, et qu’est-ce que cela implique pour la position du chercheur face à son objet ? Une analyse du contenu idéologique d’une œuvre, souvent conçu comme caché, est-elle compatible avec la « mise à plat » aussi pragmatique que programmatique opérée par les nouvelles sociologies de l’art, à l’image de celle de Howard S. Becker ? Cet axe plus réflexif traverse d’une certaine manière tous les thèmes proposés, même si des contributions qui le traiteraient en priorité pourraient être regroupées sous un thème ad hoc.

On pourra en particulier soumettre des propositions qui se rattachent aux thèmes suivants :

  • Mythologies artistiques et construction de sujets collectifs
  • Art et  régimes politiques
  • Mythe de l'Art, mythe du politique
  • Art et utopie politique
  • Pourquoi la démocratie ne cultive guère les arts ?
  • Avant-garde esthétique, avant-garde politique
  • Censure et autocensure : politique et politiquement correct
  • Autonomisation de l'art et engagement politique
  • Le dispositif de l’art : ligne de force ou ligne de fuite du politique ?
  • Certains arts sont-ils plus politiques que d'autres ?
  • L’art critique récupéré par les instances de pouvoir et les institutions : une fatalité ?
  • Peut-on imaginer un art hors marché ?
  • Haacke, Beuys, etc. : l’art peut-il être sociologique et engagé ?
  • L’art et le ou la politique ? Problèmes épistémologiques et de méthode
  • L'art public comme espace public ou comme art de place publique
  • L'artiste missionnaire, commissaire ou médiateur
  • Les genres de l'art ou l'art sexué
  • Métropoles, dépendances et frontières de l'art contemporain
  • Le collectif d'artistes entre mythe et réalité,
  •  ...

Visant une certaine originalité et encourageant les propositions qui panachent les registres discursifs et les approches théoriques, ce colloque de Sociologie à vocation internationale laisse délibérément en partie de côté les questions relevant plus spécifiquement du champ des politiques culturelles car il a été souvent exploré ces dernières années et d'autre part se tiendra en mai à Grenoble un grand colloque sur ce thème à l'occasion de l'anniversaire de l'Observatoire des Politiques culturelles. Notre colloque visera quant à lui à tester empiriquement les nombreuses questions méthodologiques, théoriques, épistémologiques que soulève l’analyse sociale du binôme « art et politique » dans le cadre du processus de création en particulier et à proposer un regard neuf sur une problématique complexe, innovante et inépuisable.

A un moment ou de plus en plus de voix s’élèvent chez les philosophes, les historiens mais aussi certains sociologues pour affirmer que le lien entre art et politique est, soit erroné, soit dangereux, il est important de se pencher à nouveaux frais sur cette relation complexe mais aussi sur les représentations qu’elle suscite aujourd’hui dans un climat général de désillusion politique.

Les propositions de communication seront acceptées jusqu'au 26 mai 2009.
(Titre, mots-clés, résumé en 3000 signes maximum, sur une page simple recto – Fichier sous Word ou RTF)

Veuillez les adresser à Marie-France Lebaillif : marie-france.lebaillif@upmf-grenoble.fr

Résultats de la sélection des communications par le comité scientifique international : fin Juin 2009.

Lieux

  • Grenoble, France

Dates

  • mardi 26 mai 2009

Mots-clés

  • sociologie, art, politique

Contacts

  • M.-F. Lebaillif
    courriel : marie-france [dot] lebaillif [at] upmf-grenoble [dot] fr

Source de l'information

  • Sylvia Girel
    courriel : sylvia [dot] girel [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'art, le politique et la création. Frictions et fictions socio-anthropologiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 avril 2009, http://calenda.org/196987