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Textures du numérique

Digital Textures

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Publié le mardi 21 avril 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Pour le premier numéro de la revue en ligne pluridisciplinaire et interuniversitaire Réel-virtuel, nous proposons de nous déplacer de la dimension technique de l’image numérique à son extension pratique, afin de réfléchir sur la notion de « texture », en relation avec celles de texte ou structure, d’effet de matière ou vision, de tissu ou réseau, et de contexte. Quelles sont, à travers le numérique, les contradictions, permanences et mutations de ces concepts ? Et, en retour, permettront-ils de spécifier le numérique autrement que par ses propriétés techniques ?

Annonce

Présentation de la thématique pluridisciplinaire et interuniversitaire « Réel-Virtuel : enjeux du numérique »

A l’ère du numérique, nous proposons de penser le réel et le virtuel non en opposition mais dans une relation qui reste à préciser à l’épreuve de pratiques contemporaines, confrontées à des théories plus anciennes (Freud, Lacan, Merleau-Ponty, Rosset, etc. quant au réel ; Aristote, Avicenne, Bergson, Deleuze, Lévy, etc. quant au virtuel), afin de saisir des complexités, des interrelations et des degrés intermédiaires. Les recherches seront diffusées dans une journée d’étude (A. Saint-Jevin dir.) associée à une exposition (A. Lefebvre dir.), un ouvrage collectif (C. Barbut dir.) et une revue en ligne (A. Lelièvre dir.) dont le site (A. Masure) est en construction.

TEXTURES DU NUMÉRIQUE : CONTRADICTION, PERMANENCES ou MUTATIONS ?

Le terme « texture » est depuis longtemps utilisé pour décrire la matérialité des œuvres d’art, notamment des peintures. Dans la création d’images virtuelles, il désigne les motifs qui créent un effet de matière réelle. L’image numérique, souvent définie comme immatérielle et mathématique, ne possèderait donc pas de texture propre mais simulée. Serait-il alors contradictoire de penser une « texture du numérique » ? Cependant, selon Deleuze, la texture est « rapport ». Elle est d’ailleurs issue du latin textura, « tissu », entrecroisement de fils. Peut-être, pourrions-nous alors identifier une texture dans la « toile » ou réseau internet et dans la trame de l’image pixellisée. Et, dans les écrits de Merleau-Ponty, elle est synonyme de la « chair », qui n’est pas le corps matériel, mais son entrelacement sensible avec le monde extérieur. A partir de cette définition, nous nous interrogerons sur une persistance possible de la « texture charnelle » dans la vision des images numériques et la pratique des dispositifs interactifs. Plus encore, le numérique, médium particulier, modèle nécessairement les relations qui s’y tissent. N’est-il pas porteur d’une texture qui lui est spécifique ? L’enjeu sera de définir le numérique autrement que par ses propriétés techniques.
Dans le champ du numérique, la texture pourra être interrogée à plusieurs niveaux : le texte, la structure, les déterminations entre l’image numérique et ses constituants, les pixels, langage modifiable ; entre le signifié, le signifiant et l’opérateur ; l’effet de matière, la vision, les entrelacements entre la trame visible du document numérique et sa réception par le spectateur ; le tissu, la toile, la connexion, le réseau, les relations entre les documents, informations et usagers, notamment au sein d’internet et des dispositifs interactifs ; et le contexte, les interactions tissées par les pratiques du numérique avec leur environnement naturel, technologique, humain.

Si le terme « texture » est présent en tant que tel dans quelques écrits, les concepts de « pli », de « rhizome » (Deleuze), de « chair », d’« entrelacs » (Merleau-Ponty), de « rets », de « chaîne », de « nœud » (Lacan) et de « réseau » (Law, Latour) - parmi d’autres possibles - pourront lui être rapportés et être confrontés au numérique afin d’éclairer notre thématique. Cette réflexion est ouverte à toutes les disciplines.

Nous vous invitons à transmettre vos PROPOSITIONS jusqu’au 30 JUIN 2009 à anais.lelievre@neuf.fr
Dans un fichier .doc : un argumentaire (de 2000 signes) indiquant clairement le titre, les objets, les concepts-clés, les auteurs de référence, la problématique, l’hypothèse, la méthode et le plan ; puis une présentation (de 1000 signes maximum) indiquant le statut, la discipline, l’établissement, les sujets de recherche, les publications, etc.

Au plaisir de vous lire.

Le comité scientifique :

  • Clélia Barbut, Paris 3, Sociologie ;
  • Laetitia Giorgino,Antoine Lefebvre, Anaïs Lelièvre, Paris 1, Arts plastiques ;
  • Anthony Masure, Paris 1, Design numérique ;
  • Wissam Mouawad, Paris 1, Cinéma ;
  • Alexandre Saint-Jevin, Paris 8, Psychanalyse, etc.

Le comité est en cours de constitution.

Digital Textures

For the first issue of the interdisciplinary journal Réel-Virtuel, we suggest to move from the technical aspect of the digital image to its practical extension, in order to reflect on the notion of “texture”, in relation to the ones of text or structure, of material or visual effects, of fabric or network, and context. What contradictions, permanences and mutations are generated from the digital? Conversely, will these concepts enable us to narrow down the digital other than through its technical properties?

The interdisciplinary topic Real-Virtual: Digital perspectives

In the numerical era, one must think about the real and the virtual not as opposed but rather as linked. We assume here that this relation is to be challenged by contemporary practices; within the frame of older theories (about the real: Freud, Lacan, Merleau-Ponty, Rosset, etc.; about the virtual: Artistotle, Avicenne, Bergson, Deleuze, Levy, etc.), we suggest to apprehend intricacies, interrelations, and intermediates degrees.

This will give the occasion to a workshop, an exhibition, a publication, and an electronic journal whose website is under construction.

Digital Textures: permanence, shifts, or contradictions?

The word texture has been long used to describe the materiality of works of arts, especially paintings. In the production of virtual images, it refers to the patterns creating a real material effect. Consequently the digital image, often defined as immaterial and mathematical, would not have its proper texture but only a simulated one. Does it make sense then, to wonder about the digital texture?

For Deleuze, the texture is a relation. It comes from the latin word textura, that is to say “tissue”, or threads interlacing.  Perhaps could we then identify a texture in the web weaving, or in the weft of pixelised images. In Merleau-Ponty’s writings, it is synonymous of “flesh” which is not the organic body but an “intertwining” of movement and vision, a lived system of possible actions in the world. From this definition, we will call into question a probable persistence of a “carnal texture” in digital images, and interactive devices. Moreover, we argue that the digital, as a particular medium, necessarily molds the relationships taking place in these practices – but then, does have a specific or a proper texture? Our intention is to define the digital other than from its technical properties.

“Texture” will be question on many levels: the text, the structure: the balances between the digital image and its components, the changing language of the pixels; the material, the vision: the connections between the signified and the signifier, the message and the medium; the interlacing between the vision of the material side of the digital document and its reception by the beholder; the tissue, the web: the relations between documents, information and users; and finally the network, the context: the interactions patterned by digital practices with their heterogeneous ‘natural’, social and technological environment.

Since the word texture appears in few writings, other uses will be elicited, including Deleuze’s ‘rhizome’ and “fold”, Merleau-Ponty’s “flesh”, and “intertwining” (“entrelacs”), Lacan’s “traps” (“rets”), “chain” and “nods”, and Law and Latour’s “network” – among others. These perspectives are open to every discipline.

Please send by June 30th to Clélia Barbut at clelia.barbut@univ-paris3.fr

-          an abstract (2000 signs max) of the article you want to submit, including the title, the objects, the key-words, plan and methods, and a short bibliography;

-          a short presentation of the author (1000 signs max) including name, status, discipline, academic institution, fields of study, and publications, if applicable.

We are looking forward to reading you,

The scientific comitee: Clélia Barbut, Univ. Paris 3 Sorbonne Nouvelle (Sociology), Laeticia Giorgino, Anthoine Lefebvre, Anaïs Lelièvre, Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Fine Arts), Anthony Masure Paris 1 (Digital Design), Wissam Mouawad, Paris 1 (Cinema Studies); Alexandre Saint-Jevin, Paris 8 Saint-Denis (Psychology).

Lieux

  • Web

Dates

  • mardi 30 juin 2009

Mots-clés

  • numérique, image, pratique, texture, relation, texte, structure, matière, vision, chair, interactif, réseau, connexion, internet, contexte, réel, virtuel

Contacts

  • Anaïs Lelièvre
    courriel : anais [dot] lelievre [at] neuf [dot] fr

Source de l'information

  • Anaïs Lelièvre
    courriel : anais [dot] lelievre [at] neuf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Textures du numérique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 avril 2009, http://calenda.org/197021