AccueilLa responsabilité sociale de l'entreprise et la question de la souffrance au travail

La responsabilité sociale de l'entreprise et la question de la souffrance au travail

Soixante-dix-septième congrès Acfas - Ottawa, Québec

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Publié le lundi 27 avril 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Les Discours et pratiques de responsabilité sociale des entreprises (DP-RSE) développés par les entreprises (notamment les multinationales) depuis quelques années présentent des contenus qui éludent pratiquement toujours les dimensions négatives de leurs activités (sur les questions sociales, environnementales et sociétales). L'écart croissant entre les contenus des DP-RSE et les réalités sociales (vécu des salariés) mérite d'être étudié, car il est hautement significatif d'un malaise. D'un côté, il y a des entreprises qui communiquent sur leur engagement RSE, construisant une représentation d'elles-mêmes, de l'autre il y a des salariés dont la situation au regard de ces entreprises est parfois (socialement) très dégradée. Les impératifs de flexibilité du travail et des salaires, que l'on peut mettre en relation avec les objectifs toujours plus poussés de gains de productivité qu'implique la concurrence mondiale exacerbée, en constituent l'une des causes majeures.

Annonce

Les Discours et pratiques de responsabilité sociale des entreprises (DP-RSE) développés par les entreprises (notamment les multinationales) depuis quelques années présentent des contenus qui éludent pratiquement toujours les dimensions négatives de leurs activités (sur les questions sociales, environnementales et sociétales). L'écart croissant entre les contenus des DP-RSE et les réalités sociales (vécu des salariés) mérite d'être étudié, car il est hautement significatif d'un malaise. D'un côté, il y a des entreprises qui communiquent sur leur engagement RSE, construisant une représentation d'elles-mêmes, de l'autre il y a des salariés dont la situation au regard de ces entreprises est parfois (socialement) très dégradée. Les impératifs de flexibilité du travail et des salaires, que l'on peut mettre en relation avec les objectifs toujours plus poussés de gains de productivité qu'implique la concurrence mondiale exacerbée, en constituent l'une des causes majeures.

La souffrance au travail, concept largement développé dans les travaux des psychologues et des psychiatres est une des incidences sociales notoires de cette situation. Poussée au-delà de certaines limites, elle a des conséquences sociales parfois dramatiques (karoshi ou « mort par surtravail »), mais aussi des effets économiques négatifs dans la mesure où le contrecoup de la souffrance sur la productivité du travail vient contredire les dispositifs initialement mis en place pour la susciter. Les suicides récents dans des entreprises françaises de premier plan (Renault, PSA Peugeot Citroën, EDF, Sodexho, etc..) sont la manifestation la plus dramatique et la plus significative de ce profond malaise au travail. Même s'il ne s'agit pas d'un phénomène massif, ils indiquent que le seuil d'alerte est maintenant atteint. Il l'était avant le déclenchement de la crise financière, qu'en sera-t-il lorsque cette dernière se sera propagée dans l'économie réelle, avec ses « listes » de défaillances d'entreprises.

Sessions Mardi 12 mai 2009

Introduction par Pierre Bardelli : l’absence de prise en considération de la question des conditions de travail dans les discours et pratiques RSE
08:45 - 09:15
FTX-235
Type : table ronde

Participants
Aucune communication/affiche n'a été assignée à cette session La place de la souffrance au travail dans les discours et pratiques RSE
09:15 - 11:00
FTX-235
Type : orale

Communications

09:15
José ALLOUCHE
Le rapport annuel RSE/DD : une analyse des entreprises du SBF 250, 2002-2007

09:40
Catherine BODET, Coopaname – Orsay
Guy FRIEDMANN , Daniel LORIOT , Thomas LAMARCHE, Université Lille3
Du rapport de développement durable au rapport CHSCT : Tension sur l’expertise sociale dans l’entreprise (Afficher le resumé)

La contribution repose sur une synthèse de quelques rapports d'expertise pour les CHSCT de quelques grands groupes. Puis elle propose de les confronter à la communication de ces groupes en matière de RSE. Cette démarche permet de comprendre, sur un plan socio-économique, les modalités et les conditions d’une mise à distance du social, de la souffrance et, de façon générale, des effets sociaux de la production. Au-delà des discours généraux et sociétaux sur la RSE que développent ces grands groupes, apparaît ainsi une réalité sociale décalée. Le travail et les rapports sociaux restent centraux dans la production alors que la RSE s’en détache.
Cet apparent paradoxe s'explique en resituant les enjeux de pouvoir dans et hors de l’entreprise, notamment le pouvoir des managers. La RSE complexifie l'action syndicale, elle peut être l’occasion de contre expertises. L'analyse des conditions de la production de l’information en matière sociétale et les modalités d’intervention des experts permet de poser des jalons pour comprendre le processus conflictuel d'institutionnalisation d'instrument et outils de 'mesure' de la responsabilité des entreprises


10:05
Jean-Marie CARDEBAT, Université de Bordeaux
Nicolas SIRVEN, Irdes , Pierre REGIBAUD, University of Essex
Une étude de contenu RSE des sites web des entreprises européennes : quelle place pour la santé ? (Afficher le resumé)

Dans ce papier nous utilisons les sites web de 533 entreprises européennes (de plus de 1000
employés) tirées au hasard pour appréhender leurs politiques de RSE. Seules 112 ne
mentionnaient pas la RSE dans leur site. Le premier temps du papier consiste simplement à
caractériser ce que font (ou déclarent) les entreprises en termes de RSE. Dans un second
temps, nous considérons deux types de mécanismes pouvant conduire les entreprises à adopter
une politique de RSE. Le premier tient à l’image renvoyé par l’entreprise à ses principales
parties prenantes (consommateurs, actionnaires, etc.). Le second tient à l’investissement en
capital, sur lequel l’entreprise peut espérer avoir un retour. Dans tous les cas nous contrôlons
suivant les caractéristiques des firmes (taille, pays d’origine, activités hors UE, notamment) et
nous utilisons tant les statistiques descriptives que l’analyse économétrique. Nous montrons
que ces deux mécanismes renvoient à des politiques de RSE bien différentes. Mais tous les
aspects de la RSE ne reçoivent pas la même attention. En particulier, la dimension
environnementale est dominante dans les entreprises. Concernant les aspects sociaux de la
RSE, ceux dont la firme peut profiter (formation des salariés, santé et sécurité au travail)
directement sont plus présents que ceux tournés vers l’extérieur ou que ceux participant
uniquement à l’image (droits de l’homme, travail des enfants). La santé reste néanmoins un
thème mineur pour ces entrepr

10:30
Lova RAMBOARISATA, UQAM
Andrée DE SERRES, UQAM
Les limites des mesures actuelles de la performance en matière de gestion responsable des ressources humaines : le cas des banques canadiennes (Afficher le resumé)

Comment les grandes banques canadiennes mesurent leur performance en matière de gestion responsable des ressources humaines? Telle est la principale question abordée dans la présente communication. Elle trouve particulièrement sa pertinence dans le contexte actuel ou il y a impératif de développer, du côté théorique, une littérature dédiée à la gestion responsable des ressources humaines, comme l’ont relevé notamment les contributeurs au numéro spécial de l’été 2008 de la Revue Internationale de Psychosociologie, consacré à la thématique Repenser la gestion stratégique des ressources humaines à travers la responsabilité sociale des entreprises. Elle s’avère aussi des plus actuelles, du côté pratique, dans le contexte actuel ou l’on questionne de nouveau la véritable responsabilité sociale des grandes banques. Il appert, en effet, que même après plusieurs années de discours sur la RSE et de nombreux rapports sociaux ou de développement durable conformes aux normes les plus avancées en matière de reporting, les véritables enjeux touchant le monde du travail et les travailleurs (par exemple, sécurité d’emploi, sécurité de revenu actuel et à la retraite, santé et sécurité au travail, liberté d’association, etc.) sont tus aux dépens de mesures répondant davantage à la logique de maximisation de la valeur pour les actionnaires. Ces observations relevées par des études antérieures (Beaupré et al., 2008 ; Ramboarisata et al., 2008), demeurent encore valides si l’on se base sur les ré

L’organisation et la souffrance au travail

11:15 - 12:45
FTX-235
Type : orale

Communications

11:15
Michèle HEITZ, Université Paul Verlaine Metz
Jean Pierre DOUARD, Université de Nancy 2
La gestion des temporalités dans (Afficher le resumé)

Ce papier s’intéresse aux temps générés par l’entreprise et à leurs implications pour les
personnes qui travaillent, pour les entreprises et pour les territoires sociaux.
Après un état des différents facteurs d’influence et des évolutions notoires depuis le début de
l’ère industrielle, il est proposé un cadre de lecture permettant l’analyse des différentes
situations professionnelles selon leur soubassement temporel. Il est aussi proposé une grille
d’appréhension du vécu pendant le temps de travail mixant des critères structurels du rapport
au temps avec des critères de vécu (stress, bien-être, souffrance,…) lié à ce même temps de
travail. Ensuite, cette réflexion conduit à la proposition de quelques pistes de régulation
destinées aux entreprises et aux pouvoirs publics, ces régulations devant permettre un recul
par rapport au seul horizon du court terme pour mieux conquérir les horizons des moyen et
long termes qui sont ceux du développement durable et de la responsabilité sociale.

11:45
Pierre BARDELLI, Universite Paul Verlaine
La souffrance au travail ou la contrainte par le temps (Afficher le resumé)

Dans cette contribution nous présentons une réflexion qui se veut synthétique de nos recherches sur l’organisation du travail dans le modèle de production flexible et de celles que nous avons développées ultérieurement sur la Responsabilité Sociale des Entreprises. Si rien, au premier abord, ne lie ses deux thématiques, elles le sont en fait par le biais des ressources humaines. En effet l’organisation du travail dans le modèle économique post-fordien renvoie à la problématique d’extension des gains de productivité par l’exploitation de nouveaux gisements de productivité. In fine, cette stratégie se traduit par une rationalisation toujours plus poussée du temps de travail (en perspective de réduire toujours plus le temps de travail nécessaire pour une unité produite de marchandises). Quant à la problématique RSE, elle renvoie, tout au moins pour partie, aux salariés. Constatant que cette dernière ne s’intéresse absolument pas à la dimension « organisation du travail », notre papier a pour ambition de souligner cette contradiction, mais aussi de montrer l’incidence de la « contrainte temps » (recherche de gain de productivité) sur le vécu des salariés. Il vise finalement à établir les causes de ce qu’il est convenu d’appeler la souffrance au travail.

12:15
Jean-Marie CARDEBAT, Université de Bordeaux
Thierry DEBRAND
Mondialisation, RSE et santé au travail en France. Quelles réalités, quelles réponses ? (Afficher le resumé)

Le point de départ de cet article est un double constat. D’un côté, la mondialisation favorise la RSE car la régulation publique nationale ou globale est inopérante et donc le niveau de responsabilité sociale des firmes s’accroît. D’un autre côté la mondialisation induit une recherche de flexibilité dommageable aux conditions de travail et à la santé en particulier. Ces deux effets peuvent-ils se compenser ? La RSE peut-elle véritablement protéger les salariés des pays industrialisés contre les effets délétères de la mondialisation ? Peut-elle notamment
éviter ses formes les plus insidieuses qui apparaissent avec les nouvelles méthodes d’organisation et de management, souvent vectrice de souffrances au travail ? En utilisant les données de l’enquête emploi 2005 en France et de la base CHELEM sur le commerce international, nous proposons de répondre à ces questions en deux étapes. D’abord en construisant une variable de bonnes pratiques de la RSE en croisant un score de pénibilité au travail et un score de prévention des risques au travail. Ensuite nous explorons l’impact de cette variable sur le fait de connaître un arrêt maladie en contrôlant en partie par le taux d’ouverture aux échanges du secteur d’activité. Cette démarche nous permet de tester empiriquement si la RSE de facto contrebalance efficacement les effets néfastes de la mondialisation sur la santé au travail en France.

Les causes de la souffrance au travail

14:00 - 15:30
FTX-235
Type : orale

Communications

14:00
Mohamed Larbi ARIBOU, EM de Strasbourg
Stress et mobilité des salariés dans les fusions d’entreprises (Afficher le resumé)

L’objet de cette contribution est de présenter une perspective de recherche sur l’étude de stress engendré par la mobilité des salariés dans une situation de fusion. Partant d’une discussion des sources de stress liées aux fusions d’entreprises, nous développons un modèle général de stress au travail lié aux transitions de carrière. Nous discutons enfin une grille d’analyse de stratégies de faire-face adaptées aux spécificités des fusions.

Mots clés : Fusions, stress, mobilité, stratégies de faire-face, développement théorique.

14:30
Frédéric BORNAREL, IAE de Metz
Sandrine VIRGILI, Université Nancy2
RSE et souffrance au travail : une lecture critique du paradoxe (Afficher le resumé)

Alors que la RSE inscrit l’organisation dans une approche positive, on constate de manière concomitante l’émergence de nouvelles maladies professionnelles, dénoncées notamment par le courant de la psychodynamique du travail. Ce constat soulève un paradoxe entre le rôle citoyen et responsable de l’organisation vis-à-vis de l’ensemble des parties prenantes, et la dégradation en interne des relations de travail dont les maladies professionnelles en sont les stigmates les plus visibles.
L’objectif de cet article est de lever le paradoxe en mobilisant le cadre des approches critiques en management. Démontrant l’inscription du caractère idéologique de la RSE dans la pensée managériale, nous dévoilerons le caractère apparent de ce paradoxe. La RSE est alors interprétée comme une stratégie collective de déresponsabilisation des organisations en interne sur leurs personnels, dont l’une des conséquences est l’extension et la banalisation de la souffrance au travail.

15:00
Guy SOLLE, Université de Metz
Les effets de l'usage abusif des outils de gestion

Les dimensions de la souffrance au travail

15:45 - 17:15
FTX-235
Type : orale

Communications

15:45
Olivier SAISSI, Université de la Nouvelle Calédonie
Approche nominaliste du harcèlement au travail (Afficher le resumé)

Le harcèlement au travail a longtemps été ignoré dans les organisations. La victime était souvent considérée comme malade psychiquement et le harceleur pouvait agir en toute impunité. Depuis la loi du 17 janvier 2002, impliquant la responsabilité pénale des dirigeants, le harcèlement est perçu comme un élément qu’il faut limiter, voire, éliminer. Existe-t-il un harcèlement ou bien des harcèlements ? Quelles en sont les causes ? Telles sont les questions préliminaires auxquelles cette étude tente de répondre. En prenant comme base de réflexion, une étude menée au sein du groupe Air France KLM, une cartographie des harcèlements sera dressée pour apporter une contribution à la prévention et à l’éradication des formes de harcèlements.

16:15
Diane GIRARD, HEC Montréal
Conflit de valeur et souffrance au travail (Afficher le resumé)

La souffrance au travail et ses conséquences physiques et psychologiques sur les employés et les gestionnaires d’entreprise, ainsi que sur la motivation et la productivité en entreprise, a suscité davantage l’intérêt des chercheurs et des médias au cours des dernières décennies. Les causes de cette souffrance demeurent toutefois difficiles à évaluer. Cette communication tente de contribuer à cette discussion en mettant en lumière les conflits de valeurs que vivent régulièrement les gestionnaires intermédiaires dans leur travail et en suggérant un lien entre ces conflits de valeurs et la souffrance qu’ils vivent au travail.

16:45
KHALID DJERIRI, Association Interprofessionnelle de Santé au Travail
Risques psychosociaux : témoignage d’un médecin en santé au travail à partir de différents cas cliniques et d’enquêtes épidémiologiques

Mercredi 13 mai 2009 Souffrance au travail : l’aspect management

09:00 - 10:30
FTX-235
Type : orale

Communications

09:00
Anne CARBONNEL, Université de Metz
RSE et souffrance au travail : quelles mémoires des discours et des réalités (Afficher le resumé)

Dans cette communication à caractère théorique, la question de départ est celle de la place accordée à la souffrance au travail, dans les discours et pratiques relatifs à la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). Après avoir situé le cadre légal, puis posé la question du traitement de la souffrance au travail, nous interrogeons plus particulièrement les liens entre les discours et les pratiques.
Dans l’hypothèse de décalages significatifs, parmi les différentes voies de réponses possibles, l’examen de la mémoire organisationnelle des souffrances au travail est proposé ici, ainsi que quelques préconisations managériales, dans la perspective d’une gestion responsable des ressources humaines.


09:30
Yvette MASSON FRANZIL, Universite de Metz
Les nouvelles méthodes de management du stress au travail (Afficher le resumé)

Depuis peu, la création d’agences, spécialistes de la communication interne d’entreprise, se prévalant « vendeurs de moments de détente, d’enthousiasme et de motivation » se multiplient.
Dans le même temps, les chiffres de la souffrance au travail ne cessent de s’amplifier. Selon des études officielles, un français sur trois déclare souffrir au travail. Que penser de ces informations paradoxales ?
Les nouvelles pratiques que nous qualifions de « récré des salariés », « manières innovantes» de distraire les salariés seraient liées aux nouveaux modes de management participatif fondées sur la motivation ou à l’évolution « normale » des modes de communication interne à l’entreprise. Une autre voie tenant compte du phénomène grandissant du mal être en entreprise laisserait entrevoir que ces moments privilégiés « achetés » de « récré du salarié » ne seraient que l’expiatoire, la face cachée d’un énorme iceberg de « Souffrance au bureau ». Il existerait en effet un décalage certain entre les discours de communication interne et la réalité managériale fondée sur la logique financière. Les conditions du « vivre ensemble dans le travail » seraient alors menacées par les nouvelles formes d’organisation du travail, de gestion et de management. Or, la reconnaissance au travail fonde l’accomplissement de soi. Le rapport au travail devient ainsi un opérateur d’intelligibilité intéressant pour comprendre comment se forment et se transforment les rapports sociaux de domination d’une

10:00
Marc VALAX, Université Paul Verlaine
Novation de contrat, RSE et équité – entre questionnements éthiques et logique économique

Analyse de quelques cas

10:45 - 12:15
FTX-235
Type : orale

Communications

10:45
Sofiane BOUHDIBA,
La souffrance au travail en milieu industriel : le cas des travailleurs affectés sur des plateformes offshore

11:10
Linda BEN FEKIH AISSI, Université Paris Dauphine
Que pensent les téléopérateurs français du monitoring électronique des performances ? (Afficher le resumé)

Le monitoring électronique des performances dans les centres d’appels est une importante
source d’atteinte au bien être des travailleurs. Les employés souffrent d’avantage de cette
modalité de contrôle comportemental, rendu plus constant, pénétrant et pervers par l’emploi
des moyens informatiques et des technologies de l’information et de la communication.
Ce travail de recherche s’appuie sur une étude menée dans trois centres d’appels différents et
s’intéresse plus particulièrement à la perception des télé-acteurs au « monitoring ».En se
basant sur des données qualitatives, provenant d’entretiens semi directifs, nous nous
proposons de découvrir s’il existe une relation entre le processus cognitif, développé par les
employés vis-à-vis du monitoring, l’attitude, le comportement et la performance des
employés.
Pour répondre à cette problématique nous nous sommes basés sur la théorie de facilitation
sociale et la théorie de la justice. Les conclusions de l’étude soulignent le caractère stratège
des individus dans les organisations. La surveillance étroite permise par les technologies ne
permet pas de conditionner leurs attitudes et leurs comportements au sein de l’organisation.
Les salariés développent des stratégies de comportements en faveur de leurs stratégies
personnelles et non en faveur des stratégies de l’organisation.

11:35
Mathieu DETCHESSAHAR, Université de Nantes
MIchel DEVIGNE, LEMNA - Ecole des Mines de Nantes , Arnaud STIMEC, LEMNA - Université de Nantes , Anouk GREVIN, LEMNA – Université de Nantes
Le mode de régulation du travail et leurs impacts sur la santé des salariés : trois établissements de santé en quête de management (Afficher le resumé)

Cette recherche s’intéresse aux liens entre les modes de gestion et la santé au travail (Chanlat, 1999). Pour rendre compte de l’extrême complexité de ces liens, notre étude privilégie une entrée par les situations concrètes de travail. Cette approche permet d’appréhender, dans une perspective interactionniste (Neveu, 1999), la façon dont les salariés s’approprient les contraintes de l’organisation et dont le management peut ou non les y aider. Ici, ce sont bien les modes de régulation de l’activité concrète (Reynaud, 1989; de Terssac, 1992 ; Raveyre et Ughetto, 2006) qu’il s’agit de saisir et de mettre en lien avec le bien-être des salariés. Les trois cas étudiés dans ce texte situent cette problématique au sein du secteur de la santé, dont on sait à quel point il a été touché depuis plus d’une dizaine d’années par les politiques de modernisation gestionnaire ainsi que par la montée de la problématique de la santé au travail (Raveyre et Ughetto, 2006). Confrontés à des contraintes proches en termes d’activité comme en termes d’organisation, nos trois établissements présentent des tableaux de santé assez contrastés. Si, dans chacun d’entre eux, les plaintes des salariés sont nombreuses, leur nature et leur intensité diffèrent d’un établissement à un autre et plus encore d’un service à l’autre en fonction du type de régulation du travail qui s’y déploie. Quatre modes de régulation du travail peuvent ainsi être distingués, leur impact sur la santé analysé et des

12:00
Manuela PASTORE-CHAVEROT, Université Paul Verlaine
La prise en compte de la souffrance au travail dans la grande distribution (Afficher le resumé)

Ce travail se propose d’étudier la thématique de la souffrance au travail au sein des
discours de Responsabilité Sociale du secteur de la Grande Distribution. Par une analyse de
contenu quantitative et qualitative du rapport de Développement Durable de Carrefour,
deuxième distributeur mondial, l’étude vise à mesurer l’intégration des préoccupations liées
au bien-être des salariés dans les discours responsables diffusés.
Dans un contexte économique de concurrence mondialisée, impliquant notamment course à la compétitivité et besoin de flexibilité, les pressions subies par les salariés sont accrues. Ces
pressions peuvent se traduire par des manifestations de souffrance physique et/ou mentale au
travail, dont les conséquences humaines, sociales et économiques sont indéniables.
L’intégration de la souffrance au travail dans les préoccupations responsables des
multinationales semble alors indispensable pour construire un engagement responsable réel, et dans notre cas une distribution durable, mais peut aussi constituer un enjeu stratégique
majeur.
Cette étude exploratoire constitue la première étape d’une recherche visant à confronter les
discours responsables d’entreprises multinationales à leurs traductions opérationnelles et
stratégiques, dans le cadre d’un travail de recherche multi-secteurs.

Témoignages

14:30 - 15:15
FTX-235
Type : orale

Communication

14:30
LAMIAA BOUZOUBAA, ESM METZ
Harcèlement moral et nouveau management: l'expression d'une souffrance des salariés au sein de leurs entreprises (Afficher le resumé)

Le phénomène de l’harcèlement moral met en évidence un malaise latent chez beaucoup de salariés qui subissent une pression importante dans leur entreprise.
Le harcèlement moral a toujours existé en milieu de travail, mais sa dénomination est récente. Il peut prendre des formes diverses, allant du refus de communication aux menaces, en passant par la "mise au placard", ou des conditions de travail dégradantes. Les conséquences pour les victimes sont des troubles psychosomatiques, voire des dépressions pouvant aller jusqu'au suicide. Le législateur est intervenu en janvier 2002 en introduisant la notion de harcèlement moral dans le Code du travail, et sa répression dans le Code pénal (loi de Modernisation sociale).
Avec des pratiques toujours plus uniformisantes et déshumanisantes communes à de multiples grandes entreprises, le nouveau management s'apparente à du harcèlement moral. Le présent article aura pour vocation de dresser un constat d'échec des nouveaux modes de management qui utilise l’harcèlement moral comme outil de gestion

Synthèse et perspectives de recherche par José Allouche

15:45 - 16:45
FTX-235
Type : table ronde

Participants
Aucune communication/affiche n'a été assignée à cette session Site du Congrès : http://www.acfas.net/programme/c_77_428.html

Lieux

  • Ottawa (Canada)
    Ottawa, Canada

Dates

  • mercredi 13 mai 2009
  • mardi 12 mai 2009

Mots-clés

  • RSE, souffrance au travail

Source de l'information

  • Pascal Joseph
    courriel : jospeh [dot] pascal [at] ymail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La responsabilité sociale de l'entreprise et la question de la souffrance au travail », Colloque, Calenda, Publié le lundi 27 avril 2009, http://calenda.org/197061