AccueilEros et sociétés. Vouloir vivre, vouloir jouir, vouloir mourir, vouloir tuer

Eros et sociétés. Vouloir vivre, vouloir jouir, vouloir mourir, vouloir tuer

Colloque interdisciplinaires sciences humaines et sociales, dont philosophie et histoire de l'art

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Publié le lundi 27 avril 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Appel à contribution pour un colloque interdisciplinaire principalement autour des sciences humaines et sociales sur le thème « Eros et sociétés. Vouloir vivre, vouloir jouir, vouloir mourir, vouloir tuer » à Nantes, pour ce quatrième Été du Lestamp, deuxième du Lestamp-Habiter-PIPS EA 4287 de l'Université de Picardie Jules Verne d'Amiens. Les projets de communications (1000 signes max) seront adressées à jacky.reault@wanadoo.fr ou Joelle.deniot@wanadoo.fr avant le 15 mai pour des communications de 20 à 25 minutes les jeudi 25, vendredi 26, samedi matin 27 juin 2009 à Nantes à la Médiathèque de la Fosse entre l'acropole (place Graslin) et la Loire. Aucun frais d'inscription. Aucune prise en charge n'est proposée. Les contributions retenues par le comité de lecture seront éditées par les Cahiers du Lestamp-Habiter-Pïps.

Annonce

Colloque de Sociologie-Sciences Humaines et Sociales des 25, 26, 27 Juin 2009 à Nantes

2° Été du Lestamp-Habiter- PIPS et 4287 UPJV Amiens

Eros sauvage, Eros sublimé : son mythe, son schème, son tragique sont inscrits au cœur des cultures, de leurs réflexivités artistiques et scientifiques. De Platon à Freud, pour ne prendre que ces deux grandes références, Eros, symbole et/ou concept, interroge le désir, l’élan dynamique qui tout à la fois maintient l’être, le sujet dans son unité et le projette dans le rapport à l’Autre ainsi que dans la connaissance intuitive du monde à contempler, transformer ou détruire. Car Eros ambivalent est aussi dévoration ; il est manque, faille, débordement au-delà du bien et du mal dont les pulsations biographiques définissent contours et styles de la personne, dont les pulsations historiques définissent contours et styles des sociétés. On le nomme pulsion, force, volonté de vie – et ce n’est jamais tout à fait la même chose – car d’univers philosophiques pluriels en univers psychanalytiques, on a, dans chaque cas, changé d’épistémologie.

  Eros et civilisation d’Herbert Marcuse est publié en traduction française en 1963[1] . Prenant acte des possibilités de non- répression érotique que recèle la société du travailler pour vivre et consommer, Herbert Marcuse semble inverser « le rapport antinomiques entre Eros et société »[2]. Mais l’ère de jouissance se dérobe au profit d’un retour accentué de l’ordre productif impulsé par les systèmes totalitaires tant capitalistes que socialistes.  Les sciences sociales et humaines entrent dans une phase de critique du refoulement, de l’effacement institutionnel de la libido. Entre l’utopie si naïvement déversée dans les expériences alternatives ou dans le verbalisme de scène pré mondialiste du jouir sans entrave et l’idée plus pacifiée de libération d’une Erotique ordinaire[3] oeuvrant au tissé de l’existence collective des sociétés et des groupes, comment penser les discontinuités affectives symboliques allant des abords de la mondialisation tragique de la première Guerre du Golfe au 11 septembre 2001 ? Comment continuer une histoire d’Eros dont Denis de Rougemont a donné un si fondamental chaînon, dans un vingtième siècle ayant produit l’épouvantable union de l’extrême vouloir vivre sociétal et de l’extrême productivisme de l’extermination ?

Pris désormais entre terreur sacrée de la violence primitive (?), (meurtres en série dans les faits divers, éventuellement héroïsés par l’industrie cinématographique) et l’avènement de nouveaux dispositifs (tant techniques que moraux) de frein de la dépense vitale, qu’en est-il des multiples facettes du rapport toujours à réinventer entre Éros et humanisation et culture dans les différentes strates d’une société (de certaines sociétés ?), en rupture d’équilibre voire franchement en déperdition d’être.

il importe de se souvenir qu’Éros dans notre culture, est d’abord en deçà des dieux, une des forces primordiales avec Chaos, celle de l’énergie du désir unitaire de vie qui relie en se complexifiant. Il présuppose la sexuation, centre des symbolisations comme système d’appropriation et comme système de défense. Ne désigne t-il pas ainsi dans toute expérience humaine, la présence irréductible du sacré (rite, mythe, interdit) affrontant la violence latente quel qu’en soit le point de vue :

- Celui de la force vitale de l’espèce et de son relais singularisé qui, tel le vouloir-vivre de Schopenhauer enjoint, à chaque personne, d’être asservie à sa reproduction par le charme passionnel de la flèche d’Éros ou par la convention du mariage, au prix (pour lui) du malheur personnel affrontant l’altérité irréductible ?

  • Celui de l’interdit, critère fondamental que les religions du salut individuel affectent à la sexualité humaine liée à la mort, à la torture et au meurtre ; interdit qui fondent un ordre social, une valeur-sens, et toujours, selon Bataille, le lieu où se love l’érotisme, voire l’art ?   
    La question des pulsions, c'est à dire de l'instinct symbolisé, que condense l’Éros fatal, interroge de toute part la statique et la dynamique sociales dans toutes leurs modalités :
  •  Celle du vouloir-vivre individuel et collectif que manifeste ce noyau dur opaque de démos expulsé par la sociologie, la démographie : fécondité,  migrations, modalités de la mort y compris volontaire, formes inédites de vie
  • Celle de la force de travail largo sensu (Meillassoux) active dans les mobilisations du développement économique, croissances, entreprises, état stationnaire ou régressif de l’écologie lourde.
  • Celle des floraisons ou contractions des formes de l’art et de la culture mais aussi de la morale et de l’intelligence avec aussi ses phases de débandade de la raison  
  • A contrario celle de la raison cuite des bureaucratismes et des disciplines instituées encloses.

Autant de phénomènes sociaux qui s’inscrivent dans de vastes cycles quasi organiques (Lallo, Splenger, Sorokin, G. Durand, Braudel).

Si l’intelligence humaine, la beauté, la croissance ne sont pas dissociables du tardif Éros personnalisé, le plus beau des dieux écrit Hésiode, ne faut-il pas revenir à son fondamentalisme primitif pour une humanité qui produit les conditions de sa destruction catastrophique (Jean-Pierre Dupuy) en satisfaisant ses désirs et une planète où tous les mâles vivants perdent même leurs spermatozoïdes et où des secteurs de la technoscience tendent à séparer la génération du corps des femmes ?

Autant d’interrogations sur les sociétés contemporaines pour la connaissance desquelles aucune science humaine et sociale, mais aussi aucune forme de pensée transmise ne serait de trop, sachant que toutes les pensées monopolisant les scènes, les institutions, celles qui invoquent la Science, la Raison et l’Unicité mondialisée pourraient se résumer dans la dénégation du négatif (Annie Le Brun) et la terreur à l’égard de l’Éros véritablement créatif.

Dans ces journées, nous déclinerons ces questions à travers six grands axes dont nous laissons à dessein la formulation très ouverte :

    I - Sexualité et cadrages sociologiques  

    II - L’excès, le corps …la vie et la mort à l’œuvre dans l’image, dans la fête, dans l’art et dans les pratiques et pathologies alimentaires anorexie  

    III - Vitalité et démographie, cycles du développement économique.

    IV – Formes actuelles, formes critiques de l’hédonisme populaire

     V  - Institutions, dépression, régression  

    VI  – Eros et le travail de la culture.

Cette liste thématique de l’appel à contribution est bien sûr plus indicative qu’exhaustive….

Envoyez vos propositions à Joëlle Deniot et Jacky Réault pour des communications de 20 à 25 minutes.

 [1]Herbert   Marcuse, Eros et civilisation, Contribution à Freud, Minuit, 1963

  [2] Violette Morin, in Communications, 1965, n°6                                                                                                 

[3] Ce qu’au seuil des années 90, de nombreux observateurs (sociologues et autres) vont au contraire mettre en valeur ; sur ce terrain, l’œuvre de Michel Maffesoli donne la note. De nombreux travaux notamment en sociologie de la musique insistant sur la socialité des raves (Lionel Pourtau) sur l’économie musicale de la rage (Jean- Marie Seca), vont selon leur problématique spécifique dans ce sens.

Catégories

Lieux

  • Amphthéâtre Jules Vallès Espace Jacques Démy, Médiathèque de la Fosse
    Nantes, France

Dates

  • vendredi 15 mai 2009

Mots-clés

  • sociétés, civilisations, peuples, France, monde, population, personnalités, vie, sexe, mort, agression, amour, crime, Eros, cycles, culture, arts

Contacts

  • Jacky Réault
    courriel : jacky [dot] reault [at] wanadoo [dot] fr
  • Joëlle DENIOT
    courriel : joelle [dot] deniot [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Jacky Réault
    courriel : jacky [dot] reault [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Eros et sociétés. Vouloir vivre, vouloir jouir, vouloir mourir, vouloir tuer », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 avril 2009, http://calenda.org/197070