AccueilLe musée d’art en France et en Allemagne, 1919-1939 : recherches en muséographie

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Publié le mercredi 13 mai 2009 par Marie Pellen

Résumé

Les Musées de Strasbourg présentent d’octobre 2009 à février 2010, une exposition intitulée « Hans Haug, homme de musées : une passion à l’œuvre ». Hans Haug (1890-1965) a marqué de façon durable la vie et l’histoire des Musées de Strasbourg, dont il fut conservateur de 1919 à 1963. Historien d’art, mais aussi artiste, passionné de théâtre, il a développé une muséographie personnelle, privilégiant les ambiances, la mise en scène, les restitutions d’intérieurs et le pittoresque des lieux. Cette exposition, qui se veut l’occasion d’une réflexion sur l’histoire de la muséographie servira de support à deux journées d’études organisées en février 2010 et consacrées à l’aménagement et à l’architecture du musée d’art dans les premières décennies du XXe siècle.

Annonce

 

Cadres généraux

Les grands axes de recherche de ces journées d’études se définissent par rapport aux réalisations et au parcours d’Hans Haug :

Musées d’arts et/ou d’arts décoratifs :

Conservateur des musées des Beaux-Arts, des Arts décoratifs et de l’Œuvre Notre-Dame, c’est à l’aménagement du musée d’art qu’Hans Haug s’est avant tout consacré, en s’attachant plus particulièrement à valoriser les collections d’art ancien. Les communications développeront donc des questions liées à ces seuls types de musées ; les questions soulevées par l’aménagement des collections ethnographiques, scientifiques, historiques ou techniques ne seront pas abordées.

Musées publics, musées municipaux :

Les réalisations d’Hans Haug ont été accompagnées, dès les années 1920, par une politique culturelle municipale forte et volontaire. Il a pris en charge, puis transformé et développé, des collections qui existaient avant lui, rassemblées par ses prédécesseurs. La réflexion se portera donc sur des musées publics, dont les collections se sont peu à peu constituées au fil des dons, legs et acquisitions. Les musées privés, ou issus d’une collection privée et soumis à des clauses contraignantes (indivisibilité des collections, respect des aménagements de l’ancien propriétaire, impossibilité d’accroissement du fonds, etc.), ne seront pas étudiés. De même, le cas particulier des musées monographiques ne sera pas évoqué.

1919-1939 :

Hans Haug prend en 1919 la direction du musée des Beaux-Arts et du musée des Arts décoratifs. Il accroît considérablement le fonds du premier, et aménage nouvellement le second, dont il déploie les collections au rez-de-chaussée du château des Rohan. Il entreprend dans le même temps une campagne de restauration du bâtiment, destinée à le remeubler, et à restituer une partie des intérieurs dans leur état historique : en 1936, les grands appartements des cardinaux des Rohan, sont ainsi ouverts au public. En 1931, l’ouverture au public du musée de l’Œuvre Notre-Dame dote Strasbourg d’un troisième musée d’art, qui sera ensuite transformé, considérablement étendu et nouvellement inauguré en 1939. C’est donc entre 1919 et 1939 qu’Hans Haug a réalisé ses travaux majeurs ; c’est également au cours de la même période qu’une muséographie moderne se construit, définissant nouvellement les fonctions du musée.

Entre France et Allemagne :

Né Allemand en 1890, Hans Haug a grandi au sein d’une famille intellectuelle et francophile, nourrie du souvenir de l’Alsace française. Son éducation, partagée entre Paris et Munich, enrichie de lectures dans les deux langues, illustre toutefois cette double culture propre à la bourgeoisie alsacienne de ce temps. Ses réalisations des années 1930 s’inscrivent certes dans un contexte français : elles sont également marquées par ses années de formation, durant lesquelles il a visité autant de musées français que de musées allemands. Aussi cette journée d’études entend-elle particulièrement se consacrer à l’étude croisée des pratiques muséographiques des deux pays.

Thématiques

1 Les années 1930 et la muséographie « moderne » :

« L’ornement est possible dans un théâtre, dans une maison particulière : mais, dans un musée, dont chaque salle contient des œuvres d’un style différent, ce sont les œuvres elles-mêmes qui constituent le décor du musée » écrit Louis Hautecœur en 1933. D’Auguste Perret, qui publie en 1929 dans Mouseion un article sur l’architecture des musées, aux réflexions de René Huygue sur « Le rôle des musées dans la vie moderne » (La Revue des Deux-Mondes, 1937), la question du décor occupe une place centrale dans le débat muséographique des années 1930. La première thématique de cette journée d’étude abordera les questions liées à la théorie muséographique dans les années 1930 : quels sont les motifs de ce rejet, quasi unanime, du décor au musée ? À quels enjeux, culturels, économiques, sociaux, correspond cette muséographie nouvelle ? Participe-t-elle d’une redéfinition générale, du discours, du rôle ou de la destination du musée ?

2 Figures de conservateurs :

À Strasbourg, dans les années 1930, Hans Haug choisit délibérément de développer une muséographie d’ambiance, qui insert les œuvres d’art au sein d’un décor conçues pour elles. Certains conservateurs, en effet, n’hésitent pas à s’affranchir des recommandations « officielles » qui émanent de l’Office international des musées. La seconde thématique de cette journée d’études entend confronter le modèle théorique à la réalité des pratiques muséographiques : ces textes théoriques ont-ils eu un réel impact sur les musées d’art ? On s’attachera, dans ce cadre, à développer des analyses muséographiques, en étudiant précisément tel ou tel musée, dont on pourrait dire qu’il se construit à part, en dépit ou contre les théories officielles : d’où viennent ces résistances, et peut-on réellement les considérer comme telles ? Il serait également intéressant d’évoquer ici les conservateurs qui, privilégiant un goût, une préférence artistique, une sensibilité particulière, ont développé une muséographie « personnelle ».

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Kontext

Die großen Themenkreise der Fachtagung nehmen inhaltlich Bezug auf das Wirken
und den Werdegang von Hans Haug:

Kunstmuseen und/oder Kunstgewerbemuseen :

Hans Haug leitete das Museum für bildende Kunst, das Kunstgewerbemuseum und das Musée de l’OEuvre Notre-Dame. Die Gestaltung von Kunstmuseen bildete den Schwerpunkt seines Schaffens, besonderes Gewicht legte er dabei auf die wirkungsvolle Inszenierung von Sammlungen alter Kunst. Daher stehen diese Museen im Mittelpunkt der Referate; Fragen der Gestaltung ethnografischer, wissenschaftlicher, historischer und technischer Sammlungen werden nicht erörtert.

Öffentliche Museen, städtische Museen :

Bereits in den 1920er-Jahren begleitete die Stadt Straßburg die Arbeit Hans Haugs sehr engagiert durch gezielte kulturpolitische Maßnahmen. Haug übernahm von seinen Vorgängern angelegte Sammlungen, die er umgestaltete und weiterentwickelte. Gegenstand des Kolloquiums sind daher öffentliche Museen, deren Sammlungen schrittweise durch Vermächtnisse, Schenkungen und Ankäufe aufgebaut wurden. Nicht behandelt werden private oder aus Privatsammlungen hervorgegangene Museen, die bestimmten Auflagen unterliegen (Unteilbarkeit der Sammlung, Wahrung der Ausstellungsgestaltung des ehemaligen Besitzers, keine Bestandserweiterungen usw.). Auch der besondere Fall monografischer Museen steht nicht zur Debatte.

1919-1939 :

Im Jahr 1919 übernahm Hans Haug die Leitung des Museums für bildende Kunst, dessen Bestand er signifikant erweiterte, sowie des Kunstgewerbemuseums, dessen Sammlungen er neu ordnete und im Erdgeschoss des Rohan-Schlosses unterbrachte. Gleichzeitig veranlasste er die Restaurierung des Gebäudes, um einen Teil der Räume in ihren ursprünglichen Zustand zu versetzen und erneut mit Möbeln auszustatten: 1936 wurden die Prunkgemächer der Rohan Kardinäle für Besucher geöffnet. 1931 erhielt Straßburg mit dem Musée de l’OEuvre Notre-Dame sein drittes Kunstmuseum. Es wurde in den Jahren darauf umgebaut und beträchtlich erweitert und 1939 neu eröffnet. Das Hauptwerk Hans Haugs konzentrierte sich also auf die Jahre zwischen 1919 und 1939, eine Zeit, in der im Zuge der Herausbildung einer modernen Museografie auch die Funktionen des Museums neu definiert wurden.

Zwischen Frankreich und Deutschland :

Hans Haug wurde 1890 als Deutscher geboren und wuchs in einer intellektuellen, frankophilen Familie auf, die sich der französischen Tradition des Elsass verbunden fühlte. Allerdings veranschaulichen Haugs Studium in Paris und München und seine Lektüren in französischer und deutscher Sprache die für die elsässische Bourgeoisie dieser Zeit typische Doppelkultur. Sein Wirken in den 1930er-Jahren stand zwar in einem französischen Kontext. Doch es trug auch den Stempel seiner Lehrjahre, in denen er ebenso viele französische wie deutsche Museen besucht hatte. Daher ist die vergleichende Untersuchung der museografischen Praxis in diesen beiden Ländern ein besonderes Anliegen der Tagung.

Themen

1. Die 1930er-Jahre und die moderne Museografie :

„Ausschmückungen sind in einem Theater oder einem Privathaus möglich: Aber in einem Museum, wo die Werke in jedem Saal einen anderen Stil haben, bilden diese Werke selbst das Museumsdekor.“ Dies schrieb Louis Hautecoeur 1933. Von Auguste Perret und dessen 1929 in Mouseion erschienenem Artikel über Museumsarchitektur bis hin zu René Huygues Abhandlung über die Aufgabe von Museen in der modernen Welt („Le rôle des musées dans le monde moderne“ in La Revue des Deux-Mondes, 1937) spielte die Frage des Dekors in der museografischen Debatte der 1930er-Jahre eine zentrale Rolle. Der erste Themenkreis der Fachtagung setzt sich mit Fragen der museografischen Theorie in den 1930er-Jahren auseinander: Worin lagen die Ursachen dieser nahezu einhelligen Ablehnung der museografischen Inszenierung? Welche kulturellen, wirtschaftlichen und gesellschaftlichen Entwicklungen spiegelten sich in dieser neuen Museografie wider? War sie Teil einer allgemeinen Neudefinition des Diskurses, der Aufgaben und der Bestimmung von Museen?

2. Museumsmacher :

Hans Haug entschied sich in den 1930er-Jahren in Straßburg ganz bewusst für stimmungsvolle museografische Inszenierungen, die die Kunstwerke in ein eigens für sie geschaffenes Dekor stellten. Er zählte zu jenen Museumsleitern, die sich von den „offiziellen“ Empfehlungen des Internationalen Museumsamtes entfernten. Der zweite Themenkreis der Tagung ist daher der Konfrontation des theoretischen Modells mit der museografischen Praxis gewidmet. Dabei geht es insbesondere um die Frage, ob sich die theoretischen Abhandlungen tatsächlich konkret auf die Gestaltung von Kunstmuseen auswirkten. In diesem Zusammenhang soll die Gestaltung einzelner Museen untersucht werden, die sich offenbar jenseits bzw. trotz offizieller Theorien oder sogar in bewusster Abgrenzung von ihnen entwickelten: Woher kamen diese Widerstände und können sie tatsächlich als solche gedeutet werden? Interessant wäre darüber hinaus die Behandlung von Museumsleitern, die einem bestimmten Geschmack, einer künstlerischen Präferenz oder einer besonderen Sensibilität folgten und so eine „persönliche“ Museografie entwickelten.

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Modalités de soumission des propositions / Modalitäten der Einreichung von Vorschlägen

Les propositions (1500 signes), ainsi qu’une notice sommaire indiquant les travaux en cours, seront adressées avant le 1er juillet 2009 :

Die Vorschläge (1500 Zeichen) reichen Sie bitte gemeinsam mit einem kurzen Überblick über Ihre derzeitigen Arbeiten bis zum 1. Juli 2009 unter folgenden :

- E-Mail : anne-doris.meyer@laposte.net

- par voie postale / Postweg :

Musée Archéologique

                          Journées d’études Muséographie

                          Palais Rohan

                          2, Place du Château

                         67076 Strasbourg cedex

- langues de travail : français (souhaité), allemand, anglais

- Arbeitssprachen: Französisch (gewünscht), Deutsch, Englisch

Les réponses définitives seront notifiées au 1er septembre 2009. Un résumé de la communication, ainsi qu’une biographie, seront demandées au 1er novembre 2009.

Die Benachrichtigung erfolgt am 1. September 2009. Ein Abstract des Referats sowie eine Biografie sind bis zum 1. November 2009 einzureichen.

Comité scientifique / Wissenschaftlicher Beirat

Joëlle Pijaudier-Cabot, directrice des Musées de Strasbourg / Direktorin der Straßburger Museen.

Cécile Dupeux, conservatrice du musée de l’Œuvre Notre-Dame / Leiterin des Musée de l’Œuvre Notre-Dame.

Marie-Jeanne Geyer, conservatrice du musée d’Art moderne et contemporain / Leiterin des Museums für moderne und zeitgenössische Kunst.

Dominique Jacquot, conservateur du musée des Beaux-Arts / Leiter des Museums für bildende Kunst.

Étienne Martin, conservateur du musée des Arts décoratifs / Leiter des Kunstgewerbemuseums.

Bernadette Schnitzler, conservatrice du musée Archéologique / Leiterin des Archäologischen Museums.

Anne-Doris Meyer, co-commissaire de l’exposition Hans Haug / Projektleiterin Hans-Haug Ausstellung.

Contacts / Kontakt

anne-doris.meyer@laposte.net


Informations supplémentaires / Weiterführende Informationen

On trouvera en fichier joint une biographie sommaire d’Hans Haug et sa bibliographie.

In der Anlage finden Sie eine Kurzbiografie sowie die Bibliografie von Hans Haug.

 


Lieux

  • Auditorium du Musée d'art moderne et contemporain / Auditorium des Museums für moderne und zeitgenössische Kunst Straßburg
    Strasbourg, France

Dates

  • mercredi 01 juillet 2009

Mots-clés

  • muséographie, muséologie, relations France/Allemagne, histoire culturelle

Contacts

  • Anne-Doris Meyer
    courriel : anne-doris [dot] meyer [at] laposte [dot] net

Source de l'information

  • Anne-Doris Meyer
    courriel : anne-doris [dot] meyer [at] laposte [dot] net

Pour citer cette annonce

« Le musée d’art en France et en Allemagne, 1919-1939 : recherches en muséographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 13 mai 2009, http://calenda.org/197194