AccueilÉcriture, souffrance, trouble(s) de soi

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Publié le vendredi 15 mai 2009 par Marie Pellen

Résumé

Le groupe Identités narratives : formes, figures, pratiques (UMR TELEMME – MMSH) organise à Aix-en-Provence le 5 juin 2009 une journée d’étude sur la mise en écriture de la souffrance et de la difficulté d’être soi. Poursuivant les thèmes déjà abordés lors d’une première journée (mai 2008), elle devrait permettre, en s’appuyant sur l’approche diachronique de plusieurs études de cas, d’interroger dans l’historicité des pratiques d’écriture l’historicité des figures du soi, à la charnière du « je », du « moi », et de la société. L’écriture est-elle un outil conscient et légitime de l’affirmation du sujet ? Quel est ce sujet qui se construit dans les formes socialement et historiquement différenciées d’une appropriation personnelle de l’écriture ?

Annonce

vendredi 5 juin 2009 - 9h/17h30

  • Université Aix-Marseille I

UMR TELEMME, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’homme

Groupe 1, programme 4. Identités narratives : formes, figures, pratiques

  • Université Nice-Sophia Antipolis

Centre de la Méditerrnée Moderne et Contemporaine

Lieu : Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme

5, rue du Château de l’Horloge, 13064 Aix-en-Provence

Salle Georges Duby

Le groupe de recherche « identités narratives : formes, figures, pratiques », fondé sous l’égide d’une terminologie chère à Paul Ricœur, s’intéresse à la manière dont le sujet construit sa cohérence à travers la configuration de son expérience par le récit. Afin de mettre à l’épreuve le fonctionnement de cette nécessité narrative, il a paru intéressant de commencer par les cas les plus manifestes de ce lien entre la construction de l’identité et le rôle de l’écriture : lorsque la difficulté d’être soi, la faille, l’incohérence, l’opacité de soi à soi – et aux autres –, la souffrance, transparaissent dans les pratiques d’écriture ou les déclenchent.

L’écriture peut en effet apparaître comme le symptôme d’un trouble de soi (« fous littéraires », interrogations de l’aliénisme sur l’écriture au XIXe siècle…) ; mais elle en apparaît aussi très tôt comme une thérapie (de la thérapie spirituelle, dès les Confessions de saint Augustin, aux cures d’écriture de la psychanalyse).

En deçà du regard normatif et savant, nous souhaitons placer cette journée d’études au niveau des pratiques « ordinaires » des individus.

Nous nous demanderons notamment comment des pratiques d'écriture potentiellement codifiées et socialisées (poésie de cour, requêtes judiciaires, livres de raisons, travaux d'historien...) dérapent consciemment ou inconsciemment, rompent leur « contrat » par une irruption de l'individu, du soi, de l'intime : comment l’écriture intervient-elle dans l’expression de la souffrance et du trouble mais aussi dans leur réparation, que cette souffrance soit ponctuelle (par exemple, comment l’écriture aide-t-elle à gérer le deuil ?) ou plus profonde (souffrance sociale, lutte pour la reconnaissance…) ?

Deux journées d’étude (2008, 2009) devraient permettre, en s’appuyant sur l’approche diachronique de plusieurs études de cas, d’interroger ainsi, à travers l’historicité des pratiques d’écriture, l’historicité des figures du soi, à la charnière du « je », du « moi », et de la société. L’écriture devient-elle un outil à la fois conscient et légitime d’affirmation du sujet ? Quel est ce sujet qui se construit dans les formes socialement et historiquement différenciées d’une appropriation personnelle de l’écriture ?

9h 00

sous la présidence de Sylvie Mouysset (Laboratoire Framespa – Université de Toulouse-Le Mirail)

Maux/mots de l'âme

Isabelle Luciani (UMR Telemme – Université de Provence)
Introduction

Marie-Clarté Lagrée (Centre Roland Mousnier - Université Paris IV)
Ecriture versus souffrance: 'l'extresme afliction' de Charles Gouyon de la Moussaye (1548-1593)

François-Joseph Ruggiu (Centre Roland Mousnier - Université Paris IV)
Un grand dérangement. Autour du journal de Michel Chartier de Lotbinière

Valérie Piétri (C.M.M .C, Université de Nice)
« Le réel et son double » : Clitus, une autobiographie douloureuse au siècle des Lumières

14h -

sous la présidence de Anne Carol (UMR Telemme – Université de Provence)

Maux/mots du corps

Philip Rieder (Université de Genève)
Le patient et le sens de sa maladie: interprétations laïcs du mal-être dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle

Vincent Barras (Université de Lausanne)
Qu'est-ce qu'écrire sa maladie? Une perspective historiographique sur les consultations épistolaires

Dans les mots, hors des maux

Catherine Atlan (CEMAF – Université de Provence)
Ecriture et (re)construction de soi chez Léopold Sédar Senghor (1906-2001)

Christophe Regina (UMR TELEMME – Université de Provence)
Se délivrer soi-même de la vie. Confession d’un suicidé marseillais au siècle des Lumières

Lieux

  • Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme
    Aix-en-Provence, France

Dates

  • vendredi 05 juin 2009

Mots-clés

  • Pratiques d'écriture, construction de soi

Contacts

  • Isabelle Luciani
    courriel : isluciani [at] wanadoo [dot] fr
  • Valérie Piétri
    courriel : valerie [dot] pietri [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Isabelle Luciani
    courriel : isluciani [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Écriture, souffrance, trouble(s) de soi », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 15 mai 2009, http://calenda.org/197209