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Curriculums en mouvement, acteurs et savoirs sous pression-s

Didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté

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Publié le lundi 18 mai 2009 par Marie Pellen

Résumé

L’édition 2009 du colloque international des didactiques de l’histoire, de la géographie et de la l’éducation à la citoyenneté aura lieu les 23 et 24 novembre prochains à Lausanne (Suisse). Organisé par la Haute Ecole pédagogique du canton de Vaud (UER Didactiques des sciences humaines) et l’Université de Genève (FPSE).

Annonce

Thème du colloque

Les curriculums scolaires, particulièrement dans les trois disciplines, histoire, géographie et éducation à la citoyenneté, ont toujours évolué tant sur le plan des méthodes que sur celui des contenus. Depuis quelque temps le mouvement s’accélère, les pressions se font de plus en plus fortes, les références se modifient. L’introduction dans les curriculums de nouvelles intentions de formation, de nouveaux objets à enseigner, classés sous diverses appellations, « éducation à… », « domaines généraux de formation » ou encore « domaines de formation générale », est vigoureusement affirmée. Il s’agit de responsabiliser l’école à l’égard de problèmes de société (développement durable, santé, racisme, médias et nouvelles technologies, citoyennetés…), mais rien n’est dit ou presque de la manière dont ces objets s’articulent avec les disciplines scolaires en place. L’appel fréquent à la transversalité relève le plus souvent d’une affirmation de principe tandis que le terme de compétences, notamment de compétences sociales, devient le passe-partout qui serait à la fois le nouvel horizon de la formation et le levier des transformations nécessaires de l’École et des enseignements.

La plupart des textes institutionnels accumulent impératifs, objectifs et propositions, tous plus généreux, ambitieux et vastes les uns que les autres. Ces mouvements curriculaires posent de manière particulièrement vive la question des enjeux politiques et sociaux, culturels et éducatifs qui les sous-tendent. En saisir l’ampleur, la nouveauté et l’importance, demande d’identifier précisément les acteurs et les champs de force qui les portent, le contexte dans lequel ces mouvements se produisent, les manières dont les acteurs de l’École, principalement les enseignants et les élèves les considèrent, les prennent en compte, les modifications qu’ils impliquent dans les contenus, les pratiques et les dispositifs d’enseignement spécifiques des disciplines scolaires, mais aussi les frontières même de ces disciplines.

Quelles sont les grandes tendances des modifications curriculaires ? En quoi ces tendances sont-elles en continuité ou en rupture avec les orientations et les pratiques antérieures ? Quels sont les acteurs extérieurs à l’École, les groupes, les institutions locales, nationales et internationales qui les formulent ? Entre résistances et adhésions, comment les acteurs scolaires réagissent-ils à ces pressions et à ces injonctions qui pèsent si fort sur l’École, sur son organisation, sur ses finalités, sur les contenus et les pratiques disciplinaires ? Comment les enseignants font-ils place à ces nouveaux objets entre ignorance, refus, bricolage ou innovation ? Comment réorganisent-ils le temps scolaire et les savoirs propres aux disciplines enseignées ? Comment se construisent et se développent les innovations et les initiatives locales entre les injonctions des autorités et l’affirmation de l’autonomie des acteurs, notamment des établissements scolaires ? Sur quelles instances et quels acteurs peuvent-elles prendre appui ?

Autour de ces questions, ce colloque des didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté est un lieu de réflexion sur les relations entre l’espace public, la société et le monde scolaire, selon trois axes : 1) les pressions externes et leurs significations, 2) les acteurs scolaires, 3) les savoirs sous pression qu’il s’agit d’étudier tant sous l’angle des enjeux que des impacts effectifs.

Axes de réflexion

Axe 1 – Les pressions externes : curriculums en mouvement

Nombreux et complexes sont les enjeux qui sous-tendent les injonctions politiques et les pressions sociales qui conduisent aux modifications curriculaires, divers sont les acteurs qui les impulsent, les négocient ou les combattent. Il s’agit ici d’interroger les mécanismes et les formes de ces modifications, en particulier les liens explicites ou implicites aux recherches, qu’elles soient des recherches en éducation ou des recherches dans les savoirs de référence. Une attention sera portée aux impacts de ces réformes sur les programmes existants et les cursus de formation.

Avec les nouveaux objets introduits dans les curriculums, se pose aussi la question de savoir le rôle que peut ou doit jouer l’École à l’égard de thématiques socialement vives. Tandis que les élèves sont au contact de multiples « vérités » qui circulent dans l’espace public et médiatique, l’école se donne-t-elle pour fonction de transmettre un discours consensuel ou cherche-t-elle plutôt à s’ouvrir aux débats de société ? Quelle culture commune pour quel espace politique démocratique ?

Axe 2 – Acteurs scolaires sous pression-s

Les modifications curriculaires soulèvent des problèmes didactiques nouveaux, à la fois pratiques et théoriques. Pratiques, parce qu’ils posent la question de l’intégration de ces nouveaux objets dans les disciplines existantes avec les modifications que cela implique ou dans de nouvelles disciplines spécifiquement créées pour le traitement de ces objets. Théoriques, parce que l’introduction de nouveaux objets interroge la cohérence épistémologique et didactique des disciplines scolaires, voire de la culture scolaire. Aussi les résistances à la mise en pratique dans les classes de nouvelles exigences curriculaires et les remises en cause de leur légitimité sont-elles importantes. Tout comme le sont les problèmes d’écarts entre formation initiale ou continue et ce qui est mis en œuvre dans les classes. Cet axe invite à réfléchir également aux mondes des élèves afin d’interroger leur perméabilité ou leur imperméabilité à l’égard de ces nouveaux objets de savoirs et leur capacité à les mettre en dialogue – ou non – avec les savoirs, langages et compétences disciplinaires.

Axe 3 – Savoirs sous pression : mutation du régime des savoirs

Ces nouveaux objets, imposés à l’école à un rythme et sous des formes jusqu’alors inconnus, relèvent pour une grande part de savoirs instables. Il paraît d’autant plus délicat de les prendre en compte dans l’enseignement qu’ils sont souvent l’objet de débats dans l’espace public, dans la société, dans les mondes professionnels et dans la communauté scientifique et que nombre d’entre eux sont en résonance avec des enjeux identitaires. À l’heure des demandes concernant de possibles redéfinitions des différentes disciplines scolaires selon une approche par compétences, en particulier des compétences dites transversales, l’enjeu ici est d’interroger cette approche, ses fondements et ses impacts. Elle pose notamment la question de la pluralité des registres de savoirs et des modifications du régime de ces savoirs qu’elle engendre dans le cadre de l’enseignement de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté. Comment les savoirs scolaires sont-ils réélaborés en fonction de ces nouvelles références ? Quelles conséquences cette réélaboration a-t-elle sur l’épistémologie des sciences sociales et celle des disciplines scolaires qui en relèvent ?

Le colloque international « Didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté » a pour but de faire se rencontrer chercheurs, formateurs et enseignants, qui conduisent des travaux, prennent des initiatives, construisent des expériences à propos de ces enjeux, ou qui sont simplement préoccupés par eux.

CALENDRIER

Date limite d’envoi des propositions de communication : 12 juin 2009

Les auteur(e)s des propositions seront informé(e)s de l’évaluation de leur proposition de communication par le Conseil scientifique avant le 3 juillet 2009.

Remise des textes définitifs des communications retenues : 1er octobre 2009

Consignes aux auteur(e)s :

Les propositions de communication seront présentées de la manière suivante :

  • L’axe choisi parmi les trois proposés
  • Le titre de la communication
  • Le(s) nom(s) de l’auteur(e)(s), avec institution(s) de rattachement et adresses (postale et numérique)
  • Cinq mots-clés
  • Le texte d’une page (3000 signes maximum)
  • Cinq références bibliographiques majeures.

Le fichier numérique sera envoyé au format .doc et au format .pdf à l’adresse suivante : philippe.hertig(at)hepl.ch

Chaque proposition de communication sera soumise à l’expertise de deux membres du Comité scientifique. Les auteur(e)s dont la proposition aura été acceptée enverront le texte définitif de leur contribution à la même adresse, aux formats .doc et .pdf, en vue de sa publication dans le Cédérom du colloque. Il ne devra pas dépasser 10 pages (30'000 signes), hors annexes et bibliographie, et devra respecter les normes de présentation accompagnant la feuille de style mise à disposition sur le site du colloque.

Le Comité scientifique envisage la publication d’une sélection des contributions dans un ouvrage collectif ou une revue.

Comité scientifique

  • François Audigier (Université de Genève)
  • Luigi Cajani (Université La Sapienza, Rome)
  • Jean-François Cardin (Université Laval, Québec)
  • Didier Cariou (IUFM de Paris)
  • Marc Deleplace (IUFM de Champagne-Ardennes)
  • Marc-André Ethier (Université de Montréal)
  • Nadine Fink (Université de Genève)
  • Philippe Haeberli (Université de Genève)
  • Mostafa Hassani Idrissi (Université Mohammed V de Rabat)
  • Charles Heimberg (Université de Genève)
  • Philippe Hertig (HEP du canton de Vaud, Lausanne)
  • Gérard Hugonie (IUFM de Paris)
  • Françoise Lantheaume (Université Lyon 2)
  • Isabelle Lefort (Université Lyon 2)
  • Yannick Le Marec (IUFM des Pays de la Loire)
  • Joan Pagès Blanch (Université Autonome de Catalogne, Barcelone)
  • Jean-François Thémines (IUFM de Basse-Normandie)
  • Nicole Tutiaux-Guillon (IUFM du Nord-Pas-de-Calais)
  • Pierre Varcher (Université de Genève)

Secrétariat du colloque 

Mme Sonia Huamani Tello

HEP Vaud, Avenue de Cour 33, CH – 1014 Lausanne (Suisse)

Courriel : sonia.huamani-tello(at)vd.ch

Téléphone : + 41 21 316 05 79

Catégories

Lieux

  • Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • vendredi 12 juin 2009

Mots-clés

  • didactiques, histoire, géographie, citoyenneté, curriculum

Contacts

  • Philippe Haeberli
    courriel : philippe [dot] haeberli [at] unige [dot] ch

URLS de référence

Source de l'information

  • Philippe Haeberli
    courriel : philippe [dot] haeberli [at] unige [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Curriculums en mouvement, acteurs et savoirs sous pression-s », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 mai 2009, http://calenda.org/197217