AccueilNommer l'Amérique latine dans ses relations internationales, des indépendances à nos jours

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Publié le lundi 18 mai 2009 par Marie Pellen

Résumé

Nous proposons une réflexion pluridisciplinaire autour des dénominations de l'Amérique Latine indépendante, celles du sous-continent lui-même, mais aussi celles qui sont appliquées à ses relations internationales, dans les champs de la diplomatie politique et culturelle essentiellement, depuis le début du XIXe siècle jusqu'à nos jours.

Annonce

Nous proposons une réflexion pluridisciplinaire autour des dénominations de l'Amérique Latine indépendante, celles du sous-continent lui-même, mais aussi celles qui sont appliquées à ses relations internationales, dans les champs de la diplomatie politique et culturelle essentiellement, depuis le début du 19e siècle jusqu'à nos jours.

Trois lignes de force orienteront cette réflexion :

1. Les noms de l’Amérique indépendante dite "latine" en perspective historique
2. Nommer les relations internationales de l'ensemble latino-américain
3. Reconfigurations très contemporaines de l'espace latino-américain : l'idée de l'Amérique Latine aujourd'hui

La publication d'un ouvrage collectif est prévue suite à cette rencontre.

Trame scientifique à laquelle devront se rattacher précisément les travaux :

1. Depuis la période mirandine de la Magna Colombia (1800-1812) jusqu’à la consécration définitive –et dans sa conception la plus élargie– du nom composé América Latina au cours de la seconde moitié du 20e siècle, la multiplicité des choix taxinomiques concernant l’aire politico-culturelle latino-américaine témoigne de la complexité de la « mettre en nom ». La polémique persistante relative aux dénominations de l’ensemble latino-américain actuel (Latinoamérica, Iberoamérica, Hispanoamérica, etc.) indique une conceptualisation difficile de la mosaïque latino-américaine et un choix onomastique non moins problématique pour s’y référer, surtout si l’on tient compte des questions d’ethnocentrisme, de legs historique et de prétention tutélaire qui ont été en jeu depuis les indépendances. De plus, l’apport récent de concepts périphériques et complémentaires (tels que Gran Caribe, Comunidad Iberoamericana de Naciones, etc.) permet aujourd’hui de penser les grands blocs identifiables des Amériques dans une perspective renouvelée, mais toujours dans une pluralité de dimensions : historique, culturelle, géopolitique, mais aussi économique et juridique. Mais plus généralement, c’est par l’historicisation des concepts auxquels renvoient lesdites dénominations qu’apparaîtront les multiples inflexions sémantiques que celles-ci ont connu sur le temps long, de même qu’émergeront les représentations et les logiques ayant successivement orienté l’acte symbolique de nommer le « continent latino-américain ». C’est en ce sens qu’un repérage des dimensions de l’altérité convoquées au moment des différents « baptêmes » sera essentiel à leur compréhension, car l’exonymie semble plus fréquente que l’endonymie dans le cas latino-américain.

2. Les relations contemporaines de cette « Amérique Latine » avec l’Europe et le reste des Amériques se sont constituées selon une immense variété d’enjeux stratégiques au cœur desquels s’est trouvé le sous-continent, notamment dans les domaines fondamentaux des relations internationales que sont la politique et la culture. Un regard rétrospectif sur ces enjeux devra permettre de clarifier des catégories souvent dilatées en rendant leur généalogie repérable. En effet, les concepts et les morceaux d’histoire mobilisés quand on parle de relations hispano-américaines, panaméricaines, latino-américaines, interaméricaines, intra- ou inter-latino-américaines, ibéro-américaines, euro-américaines, etc., sont extrêmement variables. Les implicites de ces notions semblent appeler des définitions renouvelées et argumentées, car au-delà de la seule commodité lexicale, les « noms de la relation » suggèrent, selon les cas, des communautés imaginées, des transnationalismes, un impérialisme économique, politique, ou culturel, un régionalisme économique, une réaction contre-hégémonique, des transferts culturels, et bien d’autres réalités encore. Il s’agira donc d’identifier les connotations que recèlent les principales appellations qui se sont imposées au cours des deux derniers siècles pour qualifier les relations triangulaires de l’Amérique Latine, sans oublier la définition des « -ismes » qui s’y rattachent (latino-américanisme, hispano-américanisme, panaméricanisme, interaméricanisme, etc.).

3. « L'idée de l’Amérique Latine » au début du 21e siècle semble presque exclusivement soumise à l’évaluation spéculative d’un petit nombre d’essayistes latino-américains dont l’approche épistémologique peine à apparaître, faute de relais solides aux travaux en philosophie et en histoire des idées de Leopoldo Zea et Arturo Ardao respectivement (la « latinité » serait aujourd’hui synonyme de « post-modernité »). Pourtant, les sciences humaines et sociales ainsi que la linguistique pourraient s’emparer d’un travail de définition irréfutable du nouvel espace latino-américain, reconfiguré par des flux migratoires et des réseaux sociaux transnationaux favorisant les interactions ethniques, culturelles et linguistiques, par des échanges commerciaux articulés au sein de macrostructures économiques, mais aussi par des efforts géopolitiques qui contribuent à délinéer le passeport international du sous-continent. Cette singularisation de l’ensemble latino-américain actuel par l’analyse scientifique est la seule qui pourrait également conduire, par exemple, à une révision orthographique du nom composé français Amérique « latine » (avec une minuscule selon l’usage) vouée à lui attribuer finalement deux majuscules.

Procédure et calendrier :

La priorité sera donnée aux travaux en civilisation, histoire, géographie, linguistique, philosophie, science politique, mais toute proposition pertinente sera examinée.

Langues : français, espagnol, portugais.

Les personnes intéressées devront envoyer aux organisateurs, avant le 4 juillet 2009, un résumé de leur future communication de 1500 signes maximum, accompagné d'un court CV de 1500 signes maximum indiquant leurs principaux travaux.

Envoi conjoint à nblasco@free.fr et sboisard@univ-paris3.fr

Les propositions retenues seront communiquées par le comité scientifique le 15 septembre 2009.

Les textes (provisoires) ou synopsis des communications devront parvenir aux organisateurs avant le 1er décembre 2009, afin qu'ils soient diffusés aux membres du comité scientifique ainsi qu'à l'ensemble des intervenants.

Le lieu de la manifestation est prévu à l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, centre Censier, Paris.

Organisateurs :

  • Nathalie Blasco, Maître de Conférences, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • Stéphane Boisard, Maître de Conférences, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle

Comité scientifique :

  • Andrés Bansart, Professeur Émérite de l’Université de Tours, et Universidad Simón Bolívar, Venezuela
  • Nathalie Blasco, Maître de Conférences à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • Stéphane Boisard, Maître de Conférences à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • Manuel Chust, Professeur à l’Universitat Jaume I de Castellón, Espagne
  • Claudia Damasceno, Maître de Conférences à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • François Delprat, Professeur Émérite de l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • James Durnerin, Professeur à l’Université Lumière Lyon 2
  • Paul Estrade, Professeur Émérite de l’Université Paris 8 St-Denis
  • Laurent Faret, Professeur à l’Université Denis Diderot Paris 7
  • Annick Lempérière, Professeur à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Guy Martinière, Professeur Émérite de l’Université de La Rochelle
  • Isidro Sepúlveda, Professeur à l’Instituto Universitario General Gutiérrez Mellado, UNED, Espagne

Lieux

  • Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle - Centre Censier
    Paris, France

Dates

  • samedi 04 juillet 2009

Mots-clés

  • Amérique Latine, dénominations, unité sous-continentale, relations internationales, XIXe-XXe-XXIe siècles

Contacts

  • Nathalie Blasco
    courriel : nblasco [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Nathalie Blasco
    courriel : nblasco [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Nommer l'Amérique latine dans ses relations internationales, des indépendances à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 mai 2009, http://calenda.org/197228

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