AccueilLes femmes et la franc-maçonnerie, des Lumières à nos jours

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Publié le mardi 19 mai 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Les femmes sont aujourd’hui encore absentes de la plupart des loges maçonniques. Peu d’arguments rationnels peuvent être invoqués pour justifier une telle exclusion. Celui de la tradition, le plus répandu, ne vaut que pour les Constitutions d’Anderson, aucune exclusive ne figurant explicitement dans les Anciens Devoirs des maçons. Les loges d’adoption ont parfois été considérées comme une maçonnerie de substitution. Il serait pourtant erroné de minimiser leur importance et la signification qu’elles ont eu en leur temps, comme l’ont récemment montré en particulier Margaret Jacob et Janet Burke. Ces loges d’adoption qui ont vu le jour en Hollande puis en France à l’époque des Lumières sont certes caractéristiques des limites de l’engagement des femmes à cette époque, en raison de son caractère très élitiste et aristocratique.

Annonce

Colloque international se déroulant à Bordeaux (France) du 17 au 19 juin 2010.

Organismes partenaires:

  • LNS Université de Bordeaux 3 avec le soutien du Conseil Régional d’Aquitaine
  • CELFF, UMR 8599 , Université Paris IV Sorbonne et CNRS,
  • Laboratoire CIRTAI-IDEES, équipe de l’UMR 6228 (CNRS) Université du Havre 
  • Sheffield Centre for Research into Freemasonry, Université de Sheffield
  • Centre de recherche sur la franc-maçonnerie, FREE, Université de Bruxelles
  • Center for the Study of Women, UCLA
  • Unviersité Sapienza, Rome 

Contact: Cecile.revauger@u-bordeaux3.fr

Les femmes sont aujourd’hui encore absentes de la plupart des loges maçonniques. Peu d’arguments rationnels peuvent être invoqués pour justifier une telle exclusion. Celui de la tradition, le plus répandu, ne vaut que pour les Constitutions d’Anderson, aucune exclusive ne figurant explicitement dans les Anciens Devoirs des maçons. Les loges d’adoption ont parfois été considérées comme une maçonnerie de substitution. Il serait pourtant erroné de minimiser leur importance et la signification qu’elles ont eu en leur temps, comme l’ont récemment montré en particulier Margaret Jacob et Janet Burke. Ces loges d’adoption qui ont vu le jour en Hollande puis en France à l’époque des Lumières sont certes caractéristiques des limites de  l’engagement des femmes à cette époque, en raison de son caractère très élitiste et aristocratique. Elles ont cependant véhiculé un certain nombre de valeurs, ne serait ce que par leurs rituels, et accordé aux femmes une place sans précédent dans la sphère publique, comparable aux salons. 

Ces loges se sont-elles contenté de refléter la société de leur temps ou bien ont-elles anticipé certaines évolutions et contribué à l’émancipation des femmes? Dans quelle mesure sont elles emblématiques de la sociabilité des Lumières ? De façon significative ces loges d’adoption se sont éclipsées en même temps que les Lumières, pour renaître sous une forme bien différente  au siècle suivant aux Etats-Unis (Eastern Star). Le monde maçonnique du dix-neuvième siècle fut presque exclusivement masculin. Il serait intéressant de chercher les raisons d’une telle absence féminine. Il faut attendre la fin du dix-neuvième siècle, avec des femmes telles qu’ Annie Besant, Madame Blavatsky, Maria Deraismes, Clémence Royer ou Louise Michel pour retrouver une présence féminine dans les loges, parfois, on le vérifie avec Annie Besant, en liaison étroite avec la Société Théosophique.

Nous nous attacherons à identifier les évolutions de l’engagement féminin d’une part à travers la maçonnerie mixte, apparue à la fin du XIXe siècle,  et à travers les obédiences spécifiquement féminines, qui ne datent que du XXe. Toutes ces femmes ont combattu pour l’égalité, mais certaines ont espéré y accéder au sein de structures mixtes et d’autres par des voies autonomes. Nous nous intéresserons à ces choix en matière d’organisation et de rituels  ainsi qu’à la composition sociale des loges mixtes et féminines. Nous nous interrogerons  sur leur ouverture sur la société ou au contraire sur leur volonté de discrétion, sur la nature de  leurs travaux. Ces obédiences se sont développées dans certains pays uniquement, nous tenterons d’entrevoir pour quelles raisons. Nous évoquerons à la fois les organisations maçonniques en tant que telles et les trajectoires individuelles. 

 Nous tenterons de déterminer le poids des différents facteurs dans  ces exclusions :

  • le facteur culturel, social et politique : y a-t-il un lien direct entre le développement des obédiences mixtes et féminines, les avancées sociales en matière d’émancipation de la femme, la force des courants  féministes aux XX et XXIe siècles ? 
  • le facteur religieux : peut on observer des comportements différents en fonction des religions ?  La question de l’initiation féminine s’est t elle posée de façon spécifique dans les pays catholiques,  protestants, islamiques ou orthodoxes?
  • le facteur maçonnique : la ligne de fracture entre franc-maçonnerie latine et franc-maçonnerie anglo-saxonne, date de 1877 et de la décision du Grand Orient de France d’accorder une pleine liberté de conscience à ses membres et de ne plus imposer la croyance en Dieu. Or curieusement, elle se traduit également en termes d’exclusion ou de reconnaissance des femmes, même s’il convient immédiatement de nuancer le propos en ce qui concerne les obédiences dites « latines ».

Il existe aujourd’hui  plusieurs degrés d’exclusion : les femmes peuvent être considérées comme non initiables, c’est encore formellement le cas au Royaume-Uni, aux USA et dans toutes  les obédiences qui font allégeance à la Grande Loge Unie d’Angleterre.  Dans d’autres cas, la présence des femmes est acceptée et même encouragée, mais dans des structures qui ne sont pas reconnues comme maçonniques bien qu’elles soient considérées comme au service des loges masculines grâce à leur actions charitables (Eastern Star). Enfin les obédiences dites latines sont elles mêmes divisées sur la question de l’admission des femmes. Certaines sont mixtes, d’autres se posent la question de la mixité, d’autres encore la refusent par principe.

Peut on parler d’universalisme maçonnique ou bien la franc-maçonnerie est elle déterminée par le genre ?  Il conviendra de s’interroger à la fois sur les raisons de l’exclusion des femmes, sous toutes ces formes, avec toutes ces nuances, et sur la spécificité de la franc-maçonnerie féminine dans le temps et dans l’espace, des premières loges à celles d’aujourd’hui en Europe, en Asie et dans les Amériques. Nous pourrons également nous interroger sur le regard que les féministes ont porté sur la franc-maçonnerie, à la fois sur les loges d’adoption et sur la franc-maçonnerie contemporaine. Nous encouragerons donc la diversité d’approches, et souhaitons que le champ historique et géographique couvert soit le plus large possible afin de mettre à jour tant les différences que les similitudes et de comprendre les évolutions.

Appel à communications :

Les résumés accompagnés d’un court CV (2000 caractères en tout) devront parvenir à Cécile Révauger avant le 15 septembre 2009.

Catégories

Lieux

  • Bordeaux, France

Dates

  • mardi 15 septembre 2009

Mots-clés

  • femmes, franc-maçonnerie, loges, colloque

Contacts

  • Cécile Révauger
    courriel : cecile [dot] revauger [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Source de l'information

  • gwenael LAMARQUE
    courriel : g [dot] lamarque [at] europe-bordeaux [dot] eu

Pour citer cette annonce

« Les femmes et la franc-maçonnerie, des Lumières à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 19 mai 2009, http://calenda.org/197235