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Les cultures sportives au regard de la globalisation

Nouveaux objets, nouveaux terrains

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Publié le lundi 25 mai 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Si le sport peine encore à trouver une pleine légitimité en anthropologie (en France en particulier à la différence des pays anglo-saxons), force est de reconnaître aujourd'hui la montée en puissance de cet objet de recherche comme moyen permettant d'approfondir la connaissance des changements à l’œuvre dans les cultures et sociétés contemporaines. Partout présents ou presque, les sports se donnent à voir à la fois comme des modèles de l’excellence et de la compétition, comme des révélateurs d’identités et de sensibilités plurielles, comme des terrains de luttes et de contestations et comme des chambres d’écho des appartenances et des tensions au sein des sociétés. Leur médiatisation et leur spectacularisation soutiennent, amplifient et symbolisent des appartenances, des attitudes et des comportements que la seule pratique ne produirait sans doute pas. De ce point de vue, les sports apparaissent comme des ateliers privilégiés pour analyser les processus de globalisation culturelle.

Annonce

Journal des Anthropologues
n° 122-123

L’anthropologie s’est intéressée très tôt aux jeux populaires, aux compétitions traditionnelles et aux exercices physiques, mais n’a que récemment pris pour objet d’étude les sports et leur évolution spectaculaire à travers le monde. Outre l’installation progressive du sport comme objet de réflexion à l’intérieur de la discipline anthropologique, les méthodes ethnologiques ont pris place depuis peu dans le champ des sciences du sport et y occupent une importance croissante. Le nombre de travaux sur les sports utilisant les méthodes et les concepts de l’anthropologie s’en est trouvé étendu.

Si le sport peine encore à trouver une pleine légitimité en anthropologie (en France en particulier à la différence des pays anglo-saxons), force est de reconnaître aujourd'hui la montée en puissance de cet objet de recherche comme moyen permettant d'approfondir la connaissance des changements à l’œuvre dans les cultures et sociétés contemporaines. Partout présents ou presque, les sports se donnent à voir à la fois comme des modèles de l’excellence et de la compétition, comme des révélateurs d’identités et de sensibilités plurielles, comme des terrains de luttes et de contestations et comme des chambres d’écho des appartenances et des tensions au sein des sociétés. Leur médiatisation et leur spectacularisation soutiennent, amplifient et symbolisent des appartenances, des attitudes et des comportements que la seule pratique ne produirait sans doute pas. De ce point de vue, les sports apparaissent comme des ateliers privilégiés pour analyser les processus de globalisation culturelle.

La globalisation, à travers les mobilités internationales et les migrations transnationales, réassemble et brise les éléments de ce qui fut jadis imaginé comme un « tout culturel » Elle provoque le paradoxe de générer à la fois une homogénéisation et une fragmentation, dans la mesure où elle se présente comme un espace où se jouent l’affrontement et l’interpénétration des cultures locales et de la culture de masse véhiculée par les medias globaux. La globalisation ne veut donc pas dire que nous allons nécessairement vers un monde de plus en plus uniforme et homogène. Elle peut aussi être envisagée comme un processus de production de nouvelles pratiques et de formes culturelles venant enrichir les formes initiales dont elles sont issues. En conséquence, la globalisation des formes culturelles peut être appréhendée localement, à partir d’un lieu où les individus se saisissent des formes culturelles et des pratiques sportives en circulation comme d’autant de ressources symboliques qui permettent à la fois de produire des significations locales et de participer au mouvement global de la modernité. Largement diffusés aux quatre coins de la planète, les sports font ainsi l’objet d’appropriations différenciées et produisent à la fois l’émergence de formes globalisées de pratiques et de nouvelles « communautés imaginées ». La conception des rapports qui unissent globalisation et culture sportive n’est donc pas univoque et plusieurs modèles théoriques existent.

Ce dossier thématique souhaite explorer les nouveaux objets, terrains et méthodes qui ont pris forme autour de la globalisation culturelle du sport. Des contributions fondées sur des enquêtes ethnographiques et des recueils de données empiriques sont attendues, de façon à mettre en évidence les questionnements anthropologiques soulevés par les phénomènes de globalisation culturelle, de diffusion, de résistance, d’appropriation et d’indigénisation des pratiques et des spectacles sportifs. Quels sont les mécanismes d’appropriation différenciés des sports ? Dans quelle mesure la globalisation culturelle contemporaine affecte-t-elle le phénomène sportif, compte tenu du fait que le sport moderne est quasiment international dès l’origine ? Comment s’organisent les relations des différents acteurs du milieu sportif (joueurs, agents, supporters, clubs, fédérations nationales et internationales, etc.) et à quels déplacements sont-ils soumis ? Quels sont les usages et les profits commerciaux, politiques et sociaux dont les sports sont l’enjeu ?

Coordination :

Calendrier :

  • Date limite de proposition des projets d’articles (résumés entre 2 et 4000 signes) : 30 juin 2009
  • Date limite de réception des articles : 30 septembre 2009
  • Publication du dossier : 1e semestre 2010

Dates

  • mardi 30 juin 2009

Mots-clés

  • sports, culture, globalisation

Contacts

  • Gilles Raveneau
    courriel : gilles [dot] raveneau [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Gilles Raveneau
    courriel : gilles [dot] raveneau [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les cultures sportives au regard de la globalisation », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 25 mai 2009, http://calenda.org/197263