AccueilGouverner l'incertitude

Gouverner l'incertitude

Les apports des sciences sociales à la gouvernance des risques sanitaires environnementaux

*  *  *

Publié le lundi 08 juin 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le but du colloque est de confronter les apports de la recherche en sciences sociales aux approches et pratiques de l’évaluation et de la gestion des risques afin d’éclairer les évolutions, les enjeux et les conflits qui caractérisent les risques sanitaires environnementaux. Il s'agira en particulier de : illustrer les spécificités des risques sanitaires environnementaux ; analyser les conditions d’émergence et de déploiement dans la société des risques sanitaires liés à l’environnement ; questionner les modalités et dispositifs d’évaluation et de gestion sur l’acceptabilité des risques, leur maîtrise et leur anticipation ; débattre des méthodes et outils d’analyse mobilisables par les sciences sociales en appui aux processus de gouvernance des risques. Des éléments de cadrage généraux, des études de cas aussi bien que des analyses comparatives au plan européen et international illustreront ces différents aspects.

Annonce

Présentation

Afin d'apprécier et d'anticiper les conséquences sur la santé humaine des expositions environnementales, le politique a confié à l'expertise scientifique le soin de se prononcer sur l'existence de risques, leur ampleur et leur portée, dans le cadre d'un dispositif d'agences de sécurité sanitaire. Ce choix s'inscrit dans une dynamique plus large de recours accru à la connaissance et à l'expertise scientifiques en appui à la décision publique. Le dispositif mis en place rencontre toutefois des difficultés en termes de mise en oeuvre, du fait de deux caractéristiques propres aux risques sanitaires environnementaux : un très grand nombre d'incertitudes voire d'inconnues ; une inscription dans des évolutions plus profondes sur le plan technique et scientifique, mais aussi politique et social.

Plus encore que les risques alimentaires ou médicamenteux, les risques environnementaux renvoient à une variété d'incertitudes qui ne sauraient être réduites à la seule composante scientifique. Ces incertitudes concernent aussi bien les caractéristiques et la nature même d'une activité donnée (incertitudes sur ses propriétés, ses effets et leur distribution dans l'espace et la population, son évolution), que ses conditions de production, d'utilisation et de contrôle. Dans cette perspective, le regard des sciences sociales est précieux, non seulement pour analyser la manière dont sont construites des incertitudes scientifiques, puis dont elles sont mobilisées dans le cadre des processus d'expertise ; mais aussi pour analyser et mettre en avant les autres formes d'incertitude. Ces dernières ne sont pour l'instant pas prises en charge par les dispositifs d'expertise or, non seulement elles permettent de rendre compte des mobilisations et des controverses auxquelles nous assistons régulièrement, mais de surcroît, elles en influencent considérablement la dynamique.

Les risques sanitaires environnementaux s'inscrivent, par ailleurs, dans un ensemble d'évolutions qui concourent à leur définition. Ainsi s'agit-il souvent d'activités qui ont une histoire, prennent place dans des territoires, relèvent d'organisations et de dispositifs techniques. Ici aussi, les sciences sociales ont un rôle à jouer pour mettre en évidence ces multiples inscriptions, non pas pour suggérer que les risques seraient toujours irréductibles, mais au contraire en saisir la portée politique et sociale.

Aussi n'est-ce qu'au prix d'une introduction d'un regard propre aux sciences sociales sur les risques sanitaires environnementaux que nos sociétés seront mieux à même de prendre en charge et d'anticiper des problèmes qui ont une dimension politique irréductible. En complément et en articulation avec une expertise scientifique dont le renforcement est nécessaire, il convient d'accorder une place à d'autres formes d'expertise, qui rappelle que les débats et controverses autour des OGM, des radiofréquences ou des nanotechnologies, par exemple, portent sur un ensemble d'incertitudes qui ne seront pas réduites par la science. Ce qui suggère, par contrecoup, que nos sociétés puissent questionner et reconsidérer les dispositifs actuels d'évaluation et de gestion de ces risques.

Comité d’organisation

  • Yannick BARTHE (CSI - CNRS)
  • Olivier BORRAZ (CSO - CNRS)
  • Régine BOUTRAIS (Irisso - Afsset)
  • Céline DELYSSE (Afsset)
  • Pierre-Benoît JOLY (Inra - Ifris)
  • Matthieu FINTZ (Afsset)
  • Danielle SALOMON (CSO - Risques & Intelligence)
  • Benoit VERGRIETTE (Afsset)

LUNDI 6 JUILLET - L’analyse des risques et ses incertitudes

8:45 Accueil

9:30 Ouverture par Martin Guespereau, Directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) et Olivier Borraz, Président du Réseau risques et société (R2S)

Session 1 - La quantification des risques comme mode et science de gouvernement

Modérateur : Paul Frimat, Président du Conseil scientifique, Afsset

9:45 Qualifier ou quantifier l’incertitude : quelle évaluation des risques ? Bernard Chevassus au Louis, Inspecteur général de l’Agriculture

10:05 Les incertitudes dans la démarche d’évaluation des risques sanitaires Denis Bard, EHESP (École des hautes études en santé publique)

10:25 Discutant : Silvio Funtowicz, Commission européenne – Centre commun de recherche

10:35 Débat avec la salle

10:50 Pause café

11:20 Incertitude scientifique et structure politique des risques, Robert Hoppe, University of Twente (Pays-Bas)

11:40 Risque, incertitude et gouvernement des faibles doses : une mise en perspective historique Soraya Boudia, Université de Strasbourg

12:10 Discutant : Claude Henry, Sciences Po - Columbia University

12:25 Débat avec la salle

12:45 Déjeuner libre

Session 2 - Les différents registres d’incertitudes et leur mobilisation par les acteurs

Modérateur : Benoit Vergriette, Unité risques et société, Afsset

Session plénière

14:15 Les risques de la gouvernance par les risques, Henry Rothstein, King’s College – London

14:35 Mobilisations, controverses et incertitudes en santé environnement Olivier Borraz, CSO (Centre de sociologie des organisations) - Sciences Po – CNRS / Danielle Salomon, CSO ( Centre de sociologie des organisations) - Risques & Intelligence

14:50 Défendre une cause, trouver des causes : mobilisations et travail d’enquête Yannick Barthe, CSI (Centre de sociologie de l’innovation - École des Mines) – CNRS

15:30 Ateliers thématiques

  • Atelier 1 Controverses sociales et scientifiques : la téléphonie mobile
  • Atelier 2 “Confinement” des risques professionnels : les expositions professionnelles aux substances toxiques
  • Atelier 3 Nouveaux dangers, nouvelles incertitudes : les nanomatériaux
  • Atelier 4 La pollution atmosphérique : un risque “accepté” ?
  • Atelier 5 Les épidémies de symptômes inexpliqués

Le détail des ateliers figure en pages suivantes

17 :30 Fin de la journée

MARDI 7 JUILLET - Réduire l’incertitude

8:45 Accueil

Session 3 - Les instruments de réduction des incertitudes

Modérateur : Alain Grimfeld, Président du Comité de la prévention et de la précaution

9:15 Modérateur : Alain Grimfeld, Président du Comité de la prévention et de la précaution

9:35 L’évaluation économique et l’analyse coût-bénéfice,Nicolas Treich, LERNA - Inra (Laboratoire d’économie des ressources naturelles - Institut national de la recherche agronomique - Toulouse School of Economics)

9:55 Incertitudes et principe de précaution : retour sur 10 ans d’expérience, Christine Noiville, CRDST - Université Paris 1 - CNRS - Centre de recherche “Droit, Sciences et Techniques”

10:15 Discutant : Pierre-Benoît Joly, Ifris - Inra (Institut francilien “Recherche, Innovation et Société”)

10:25 Débat avec la salle

10:45 Pause café

11h15 Comment les modèles de perception des risques peuvent éclairer la communication, Lennart Sjöberg, CRS Stockholm (Centre for Risk Research - Stockholm School of Economics)

11:35 Pour en finir avec quelques mythes sur les peurs du “public”, Brian Wynne, CSEC (Centre for the Study of Environmental Change) - Lancaster University

11:55 La trajectoire d'une alerte est-elle manipulable ? Espaces de calculs et jeux de pouvoirs dans les processus de mobilisation en santé-environnement, Francis Chateauraynaud, GSPR - EHESS (Groupe de sociologie pragmatique et réflexive - École des hautes études en sciences sociales)

12:15 Discutant : Alain Kaufmann, Université de Lausanne

12:25 Débat avec la salle

12:45 Déjeuner

Session 4 - Enseignements et perspectives

Modérateur : Claude Gilbert, Directeur de recherche au CNRS, UMR PACTE et MSH - Alpes Grenoble

14 :15 Synthèse des ateliers du lundi

15 :30 Table ronde

  • André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé
  • David Gee, Agence européenne de l’environnement
  • Alain Gest, député de la Somme, membre de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques)
  • Martin Guespereau, Directeur général de l’Afsset
  • Denis Zmirou, Haut conseil de santé publique - École des hautes études en santé publique

17:00 Clôture du colloque Madame Chantal JOUANNO, Secrétaire d’État chargée de l’écologie, auprès du ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (sous réserve)

DÉTAIL DES ATELIERS THÉMATIQUES DU 6 JUILLET

Atelier 1 - Controverses sociales et scientifiques : la téléphonie mobile

Modérateur : Jack Stilgoe, The Royal Society - Science Policy Center

Gérer les incertitudes du risque de la téléphonie mobile au Royaume-Uni, Jack Stilgoe, The Royal Society - Science Policy Center

Le dialogue impossible entre les scientifiques et les associations sur la question des radiofréquences : comment la Fondation santé et radiofréquences a-t-elle essayé de le rendre possible ?, Martine Hours, Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité), Présidente du Conseil scientifique de la Fondation santé et radiofréquences

Le Forum de la transparence : des autorités s’engagent dans un dialogue avec le public en Suède, Linda Soneryd, SCORE (Stockholm Center for Organizational Research)

Atelier 2 - “Confinement” des risques professionnels : les expositions professionnelles aux substances toxiques

Modérateur : Marcel Goldberg, Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale)

La science et l'expertise au secours de l'invisibilité des risques professionnels ?, Emmanuel Henry, Université de Strasbourg

Connaître les risques toxiques en milieux professionnels agricoles : les apports des travaux en sciences humaines et sociales, Nathalie Jas, Université Paris 11

Expertises techniques et expériences sociales : quels rapports ? Quelques observations et enseignements, Omar Brixi, Consultant en santé publique

Atelier 3 - Nouveaux dangers, nouvelles incertitudes : les nanomatériaux

Modérateur : David Vernez, Afsset

Risques, incertitudes connues, incertitudes non connues : questions soulevées par la “nanotoxicologie”, Francelyne Marano, Université Paris Diderot Paris 7

L’incertitude : un défi supplémentaire pour la régulation des nanotechnologies, Stéphanie Lacour, CNRS - CECOJI (Centre d’études sur la coopération juridique internationale)

Contributions de l'évaluation technologique participative à la gouvernance des risques nanotechnologiques, Alain Kaufmann, Université de Lausanne (Centre interface Science-Société)

Atelier 4 - La pollution atmosphérique : un risque “accepté” ?

Modérateur : Sylvia Medina, InVS (Institut de veille sanitaire)

La politique de réduction des pollutions atmosphériques : un univers controversé ou stabilisé ?, Franck Boutaric, enseignant

Les évaluations d'impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine, Philippe Glorennec, EHESP (École des hautes études en santé publique)

Pollution atmosphérique et proximité : la difficile construction d'une gouvernance locale, Isabelle Roussel, APPA (Association pour la prévention de la pollution atmosphérique)

Atelier 5 - Les épidémies de symptômes inexpliqués

Modérateur : Jeanne Favret-Saada, EPHE (École pratique des hautes études)

L'hypersensibilité chimique multiple : une affection environnementale controversée, Alain Collomb, ASEP (Association Santé Environnement Provence)

La construction sociale de la maladie, l’exemple de deux maladies controversées (le syndrome de fatigue chronique et la fibromyalgie), Marc Loriol, Laboratoire Georges Friedman

Le syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques, Nadia Nikolova, CAPTV Paris (Association des Centres Antipoison et de Toxicovigilance)

L'incertitude est-elle tolérable ? Le cas du syndrome du bâtiment malsain, Catherine Rémy, CSI

Lieux

  • Ecole des Mines, 60bis, boulevard Saint-Michel
    Paris, France

Dates

  • lundi 06 juillet 2009
  • mardi 07 juillet 2009

Mots-clés

  • risques, santé environnementale, santé au travail, évaluation, gestion, incertitude

Contacts

  • Inscription #
    courriel : colloque6-7juillet [at] adelie-evenements [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Matthieu Fintz
    courriel : mfintz [at] voila [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Gouverner l'incertitude », Colloque, Calenda, Publié le lundi 08 juin 2009, http://calenda.org/197385