AccueilEnquête sur les ressources biologiques

Enquête sur les ressources biologiques

Dossier thématisé de la Revue d'anthropologie des connaissances

*  *  *

Publié le mardi 09 juin 2009 par Claire Vital

Résumé

L’objet de ce numéro est de convoquer des travaux de recherche provenant de diverses disciplines (sociologie, anthropologie, histoire, sciences politiques économie, psychologie cognitive, géographie, droit, gestion…), pour faire le point sur les ressources biologiques : les activités de connaissance qu’elles supportent et les innovations qu’elles sont susceptibles d’engendrer dans les pratiques de recherche, de soins, dans notre rapport à l’environnement. Les contributions devront s’appuyer sur des enquêtes empiriques, en détaillant méthodologies et résultats, et/ou proposer, sur un plan théorique, des approches novatrices destinées à fournir des éclairages inédits sur ces territoires encore mal connus.

Annonce

Les ressources biologiques, avec les équipements et les technologies qui permettent de les prélever, de les conserver et de les utiliser, recoupent un nombre d’enjeux considérables. Les prélèvements d’éléments du corps humain (tissus et organes, tumeurs cancéreuses, cellules souches, ADN, ARN, protéines…), mais aussi animal, et leur constitution en ressources distribuables et employables dans diverses activités sont inédits dans notre histoire ; les ressources du monde végétal renvoient à la biodiversité et à l’environnement ; quant aux ressources minérales (avec l’eau et les océans), les bouleversements climatiques et les dynamiques des écosystèmes qui y sont liées donnent lieu à des actions et dispositifs innovants en termes de recension et de collecte (observatoire, suivi de traces, modélisation). Ces ressources, issues des trois règnes, sont employées par de nombreux acteurs dans des pratiques qui ont pour objet de les mieux connaître au sein d’environnements multiples et équipés.

Ce dossier a pour objectif général de mieux cerner les ressources biologiques (leurs figurations et formes d’existence, les territoires où elles circulent) dans les activités de production de connaissances où elles sont mobilisées. Ces activités ne se déclinent pas qu’au niveau des acteurs eux-mêmes mais aussi sur le plan de leur encadrement, comme l’illustre la prolifération de travaux à visée normative dans les domaines du droit, de l’éthique, des techniques et des savoir-faire (guidelines des professionnels). Pourtant, peu de recherches empiriques ont été réalisées en sciences sociales.
A l’aide d’approches ethnographiques ou de méthodes quantitatives, mobilisées sur des terrains issus des deux hémisphères, les diverses étapes impliquées dans les activités de production de connaissances de ces ressources pourront être documentées : car celles-ci doivent être collectées, transformées, regroupées et organisées pour être étudiées ; elles sont aussi l’objet de régulations à initier et renouveler selon les connaissances produites et les perspectives d’actions vers lesquelles elles orientent.

A titre d’exemple, les articles pourront questionner certains aspects liés à la constitution des ressources biologiques comme objet de connaissances : les formes d’organisation des activités impliquées (comment la chaine de "mise en banque du vivant" est-elle configurée ? Les ressources biologiques collectées ? Les dispositifs de traçabilité constitués ? Les usages organisés ?) ; les espaces où elles se déroulent (en quoi des agencements sociotechniques distribués entre pays du sud et du nord augurent t-ils de nouvelles relations de coopération ? Collecter à l’hôpital, dans un laboratoire de recherche, en milieu associatif, en mer, au pôle nord ou en forêt équatoriale : quelles différences ? Quels circuits des ressources biologiques, avec quelles connexions ?).

D’autant que ces ressources suscitent un regain d’intérêt en ce début de XXI° siècle, ce qui exacerbe les enjeux de leur régulation. Elles sont l’objet de politiques institutionnelles (avec les "centres de ressources biologiques" en France, dans l’Union Européenne, avec l’OCDE) et gouvernementales (constitution de "biobanques" à l’échelle de la population d’un pays, réglementation des tests génétiques), et soulèvent des enjeux marchands (industries pharmaceutiques, brevetabilité, OGM), médicaux (médecine prédictive et personnalisée, pharmacogénomique, thérapies cellulaires) et écologiques (maintien de la biodiversité, préservation de l’environnement). Considérant qu’utiliser des ressources biologiques implique de leur attribuer des valeurs et régler leurs usages, de telles évolutions s’inscrivent dans une "biopolitique" qui n’est pas sans engendrer des controverses : quels usages "sécuritaires" de ces ressources (fichage, surveillance) ? Quel partage de leur contrôle ? Quels devenirs de leurs produits (appropriation, utilisation de données par compagnies d’assurance et entreprises, insertion des ressources "naturelles" dans gestion territoriale) ?

Les contributions comporteront de préférence entre 25 000 et 30 000 signes (45 000 signes maximum) et devront respecter le cahier des charges de la Revue d’Anthropologie des Connaissances : voir la rubrique « Instructions aux auteurs » qui donne les précisions sur la feuille de style à utiliser et le référencement bibliographique.

Date limite : 31/10/2009

Lieux

  • http://www.ird.fr/socanco/article156.html

Dates

  • samedi 31 octobre 2009

Mots-clés

  • ressources biologiques, formes d'organisation, biopolitique, construction du savoir, régulation

Contacts

  • Fabien Milanovic
    courriel : milanovi [at] cict [dot] fr

Source de l'information

  • Fabien Milanovic
    courriel : milanovi [at] cict [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enquête sur les ressources biologiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 09 juin 2009, http://calenda.org/197399