AccueilCycle de conférence du Collège international de philosophie

*  *  *

Publié le jeudi 16 juillet 2009 par Marie Pellen

Résumé

Cycle de conférence du Collège international de philosophie.

Annonce

Éditer des sciences humaines aujourd'hui et demain

Éric Vigne

Jeu 6 nov (19h-21h)

Amphi Stourdzé, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Suite aux débats suscités par son ouvrage, Le livre et l’éditeur, paru en 2008 aux éditions Klincksieck, Éric Vigne continue d’interroger certaines tendances inquiétantes de l’état actuel de l’édition française  : le mode de circulation des ouvrages, la culture de l’instant, le triomphe des « faux livres », ces produits d’appel portés par ce qu’il nomme « l’intellectuel organique des médias  ». «  Le livre est ici un moyen, il a cessé d’être une fin. Nous sommes entrés dans l’ère de la littérature de notoriété, stade suprême de la littérature de proximité  », écrivait-il. Derrière ce constat ironique se cache l’inquiétude d’un éditeur préoccupé par l’avenir des livres de fond. Sans prise de conscience et réaction collectives, la marchandisation risque de détruire des pans essentiels de l’édition, souligne-t-il.

Pourquoi les éditeurs aujourd'hui arguent-ils de difficultés extérieures pour renoncer à éditer des sciences humaines  ? Ont-ils encore des armes et la volonté de développer une édition d'offre qui réponde aux exigences du savoir et de la recherche aujourd'hui  ?

Éric Vigne, éditeur de sciences humaines. 

Discutant :

Evelyne Grossman, professeur à l'Université Paris Diderot-Paris  7, présidente de l'assemblée collégiale du CIPh.

Les origines de la culture

Roland Schaer

Lun 8 déc (19h-21h)

 

Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

L’histoire longue du vivant – l’évolution – est jalonnée de moments d’innovation, où des mutations réussies font émerger de nouvelles formes de vie promises à une riche postérité. De la même façon, l’histoire courte de la culture est ponctuée d’une succession de «  mutations cognitives  », qui donnent naissance à des innovations appelées à se diffuser dans le temps et dans l’espace. Le phénomène apparaît chez les animaux  ; il s’accélère et se multiplie avec le genre homo.

Des premiers outils à l’invention de l’écriture, en passant par la domestication du feu, l’apparition du langage symbolique, les premières expressions artistiques, l’invention de l’agriculture et de l’élevage, les communautés humaines ont innové, puis assuré la transmission de savoirs et de savoir-faire qui ont permis les succès de l’espèce.
La racine du phénomène se trouve dans la faculté «  d’apprendre des autres  »  : à côté de la mémoire génétique et de la mémoire individuelle, nous sommes dotés d’une troisième mémoire, socialisée, grâce à laquelle nous sommes membres de collectifs composés de morts et de vivants, au sein desquels se propagent les traits de culture.

Roland Schaer, directeur «  sciences et société  » à la Cité des sciences et de l’industrie.

Discutant :
Elisabeth de Fontenay, professeur émérite de philosophie à l’Université Paris 1. Dernier ouvrage paru  : Sans offenser le genre humain : réflexions sur la cause animale, Albin Michel, 2008.

Contribution à une nouvelle critique de l'économie politique

STIEGLER Bernard

Jeu 15 jan(18h30-20h30)

Salle André François Poncet, Maison de l'Europe, 35 rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris

La fin du XXe siècle aura vu la liquidation de la critique de l’économie politique – par le dogmatisme marxiste, par la critique de l’économisme, ou par la réduction de toute ambition critique à un résidu de «  la métaphysique  ».
Le début XXIe siècle en découvre le prix.Cette conférence esquissera quelques éléments pour une nouvelle critique de l’économie politique – au moment où le système industriel de production et de consommation devenu planétaire rencontre des limites qui procèdent de ce que, par référence à un concept de Bertrand Gille, on peut nommer un hyper-désajustement.
Nouvelle analyse de la prolétarisation, définie comme perte des savoirs des producteurs (savoir-faire) aussi bien que des consommateurs (savoir-vivre), nouvelle analyse de l’industrialisation comme processus de grammatisation des gestes du producteur et des comportements du consommateur, intégration de ce que le marxisme décrivait comme superstructurel au niveau des infrastructures par le fait de cette grammatisation, fonctionnalisation et destruction de l’économie libidinale par ce stade de la prolétarisation grammatisée, inscription de ces questions dans les perspectives d’une organologie générale seront les principaux thèmes de cette communication.

Bernard Stiegler, philosophe, directeur du Département du développement culturel et de l'IRI (Institut de recherche et d'innovation) du Centre Pompidou. Dernières publications : Réenchanter le monde, Flammarion, 2006 ; La télécratie contre la démocratie, Flammarion, 2006 ; De la démocratie participative, avec Marc Crépon, Mille et Une Nuits, Sciences politiques, 2007.

Discutant :

Scott Lash, directeur du Département «  Cultural studies  » de Goldsmiths College, University of London.

Nous et les autres

Joël Roman

Jeu 2 avr (19h-21h)

Amphithéâtre 45 B, Université Paris 6-Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris

Qu’est-ce qu’ont en commun la crise des banlieues, le foulard islamique, la délinquance des mineurs, les retentissements hexagonaux des conflits au Moyen-Orient, les débats sur la mémoire et l’histoire à propos de l’esclavage ou du colonialisme ? En un sens, rien, les occasions sont différentes, voire très éloignées, les problèmes, sans commune mesure, les questions posées ne sont pas du même ordre. Pourtant, une même grille de lecture s’impose, qui organise la présentation des choses, scande le discours médiatique, structure les catégories intellectuelles en reconduisant sans cesse la même polarité : « eux » et « nous ».
Entre réprobation et injonctions, les jeunes et moins jeunes issus des immigrations post-coloniales sont ainsi érigés en fauteurs de troubles, voire en ennemis, et convoqués afin de réassurer une identité nationale républicaine. Ce clivage invite ainsi à reposer la question : qu’est-ce qui fonde une communauté politique ?

Joël Roman, philosophe, directeur de la collection « Pluriel » (Hachette Littératures).

Discutante :

Hourai Bouteldja, porte parole du MIR (Mouvement des Indigènes de la République).

Quel rapport a-t-on à l'oeuvre d'art ?

GARCIA-DÜTTMANN Alexander 

Jeu 25 juin (18h-20h)

Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris

Conférence organisée avec le soutien du Centre Parisien d’Études Critiques

Il y a une dizaine d’années, l’« esthétique relationnelle » a proposé de substituer à l’idée traditionnelle du rapport d'un spectateur à une oeuvre d’art autonome l’idée d’une rencontre faisant événement – rencontre à laquelle le spectateur participe à titre égal avec l’oeuvre et l’artiste.
Aujourd’hui cette thèse semble être couramment acceptée.
Pour penser le rapport à l’oeuvre d’art, nous nous proposons au contraire de repartir de sa définition kantienne. Selon la thèse kantienne il faut, d’une part, se rapporter à l’oeuvre d’art tout en sachant qu’il s’agit bien de l’art ; d’autre part, il faut que ce rapport traite l’oeuvre comme si elle était un produit de la nature. Comment faire les deux à la fois ? Ce qui se manifeste ou se donne à penser dans cette question est la tension entre l’immédiateté d’une croyance en l’art, en ce que l’art représente, et la médiation d’une réflexion qui porte sur le fait même de l’art.
S’il y a rapport à l’art, c’est que cette tension ne se laisse peut-être pas réduire.

Alexander García-Düttmann enseigne la philosophie à Goldsmiths College, Université de Londres.

Discutant :

Boyan Manchev, maître de conférences en philosophie à la Nouvelle université de Bulgarie, directeur de programme au CIPh.

Lieux

  • Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier
    Paris, France

Dates

  • jeudi 25 juin 2009
  • lundi 08 décembre 2008
  • jeudi 06 novembre 2008
  • jeudi 15 janvier 2009
  • jeudi 02 avril 2009

Mots-clés

  • philosophie, esthétique, art

Contacts

  • Collège international de philosophie
    courriel : collectif [at] ciph [dot] org

Source de l'information

  • katja beckel
    courriel : k [dot] beckel [at] ciph [dot] org

Pour citer cette annonce

« Cycle de conférence du Collège international de philosophie », Cycle de conférences, Calenda, Publié le jeudi 16 juillet 2009, http://calenda.org/197441