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Masculin féminin : questions pour la géographie

Colloque international les 16, 17 et 18 septembre 2010

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Publié le vendredi 19 juin 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point sur l’apport spécifique qu’elles apportent à la géographie si l’on considère que cette discipline est aujourd’hui une science sociale attachée à penser l’espace des sociétés humaines. L’objectif de ces journées sera de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu’elle s’appréhende par le biais de l’analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d’études régionales, d’études culturelles etc. Le dénominateur commun des communications sera de considérer le genre comme un objet géographique, c'est-à-dire un « construit cognitif permettant d’appréhender un phénomène spatial » (Lévy et Lussault, 2003).

Annonce

 Appel à communication pour un colloque international ADES
(Bordeaux/CNRS 16, 17 et 18 septembre 2010

Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point sur l’apport spécifique qu’elles apportent à la géographie si l’on considère que cette discipline est aujourd’hui une science sociale attachée à penser l’espace des sociétés humaines. Comment les études de genre peuvent elles interroger l’organisation des espaces à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle toujours aussi marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de genre peut-elle avoir à l’intersection d’autres approches géographiques qui s’intéressent au postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ?

L’objectif de ces journées sera de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu’elle s’appréhende par le biais de l’analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d’études régionales, d’études culturelles  etc. Le dénominateur commun des communications sera de considérer le genre comme un objet géographique, c'est-à-dire un « construit cognitif permettant d’appréhender un phénomène spatial » (Lévy et Lussault, 2003).

 Les communications pourraient s’organiser autour de trois axes :

 1.      Le premier axe posera la question de savoir si une vision essentialiste de la différence des sexes, la croyance en son caractère immuable et la complémentarité « naturelle » des rôles sociaux de sexe a participé et participe encore à façonner la connaissance du monde en général et la géographie en particulier. On pourra par exemple s’interroger sur l’histoire de la construction androcentrique de la géographie, sur la description sexuée des espaces, sur le rapport exotisme/érotisme et pouvoir/sexe en tant qu’ils sont opérateurs de la construction d’un savoir scientifique spécifiquement masculin etc. La « production de la géographie » ne reflète-t-elle aujourd’hui encore – à travers l’appareil universitaire par exemple – cette « valence différentielle des sexes » (Héritier, 1996) qui fait que certains objets d’études sont investis par les hommes et d’autres par les femmes en rapport avec leurs compétences sexuées supposées ? 

 2.      La deuxième, partant d’une approche relationnelle des sexes (Goffman, 1977) et observant qu’ils sont socialement construits par des rapports d’opposition, interrogera les arrangements qui s’opèrent sur les espaces : espaces mixtes et non mixtes, masculins et féminins, plus ou moins prescriptifs des codes genrés. On questionnera le contexte hétéronormatif des espaces à partir des variations culturelles qu’ils proposent, des lieux de transition et de transgression de la règle. Le fait que les relations sociales de genre doivent être appréhendées comme des rapports de pouvoir conduira à questionner les espaces comme des construits sociaux porteurs de messages explicites et implicites visant à reproduire les structures de domination, ou au contraire à mettre en valeur les lieux alternatifs, les « hétérotopies » où se discutent les normes. Au-delà des exemples proposés, on cherchera à montrer que la « variable genre » appliquée aux lieux d’observation introduit des variations considérables des modèles d’interprétation des sciences de la géographie et de l’aménagement. 

3.      Le troisième axe s’interrogera sur l’intersectionnalité d’autres rapports de domination (âge, classe, race) avec le genre sur les espaces : quelle part d’ethnocentrisme y a t-il dans le fait de considérer comme universels les codes genrés des pays développés ? Quelles sont les variations des modèles masculins et féminins en usage au cœur des métropoles et dans les périphéries pauvres ? Quel rapport y a-t-il entre l’âge, le sexe et la couleur de la peau des personnes qui vivent dans les prisons ? les maisons de retraite ? Quel est le sexe des migrants des pays pauvres ? Pour quelles destinations ? Dans les exemples choisis, on s’attachera à montrer que si ces rapports de domination sont souvent cumulatifs ils ne le sont pas pour tous de la même manière et qu’ils permettent des variations culturelles qui se répercutent sur la transformation des espaces.

 Organisation :

ADES Bordeaux (Kamala Marius-Gnanou, Yves Raibaud)

 Comité scientifique :

Francine Barthe (Paris), Marianne Blidon (Paris), Sylvette Denèfle (Tours), Guy Di Méo (Bordeaux), Hélène Guétat (Toulouse), Claire Hancock (Paris), Sophie Louargant (Grenoble) Kamala Marius-Gnanou (Bordeaux), Yves Raibaud (Bordeaux), Raymonde Sechet (Rennes), Jean-François Staszak (Genève).

 Propositions de communication : envoi des résumés (2000 signes en français et en anglais) accompagné d’un court CV mentionnant l’institution de rattachement, le statut, les publications récentes relatives à la thématique du colloque et une adresse électronique valide avant le 15 avril 2010 ; envoi des textes (30 000 signes) avant le 30 août 2010 à k.marius-gnanou@ades.cnrs.fr et y.raibaud@ades.cnrs.fr.

Lieux

  • Maison des Suds, Esplanade des Antilles, Université Michel de Montaigne
    Pessac, France

Dates

  • jeudi 15 avril 2010

Mots-clés

  • géographie, genre, épistémologie, intersectionnalité, migrations

Contacts

  • Yves RAIBAUD
    courriel : y [dot] raibaud [at] ades [dot] cnrs [dot] fr
  • Kamal Marius-Gnanou
    courriel : k [dot] marius-gnanou [at] ades [dot] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yves RAIBAUD
    courriel : y [dot] raibaud [at] ades [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Masculin féminin : questions pour la géographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 19 juin 2009, http://calenda.org/197454