AccueilPouvoirs et relations de pouvoirs en Bourgogne : normes, enjeux, société (Xe-XIVe siècle)

*  *  *

Publié le vendredi 03 juillet 2009 par Marie Pellen

Résumé

L’objectif est de valoriser une thèse développant des thèmes où seront mis en rapport les pouvoirs aux différents niveaux où ils s’exercent, les normes et leurs transformations, les réseaux sociaux de pouvoir, leur influence et leur rayonnement dans le milieu géographique où ils se déploient de façon privilégiée et au dehors, par l’étude des liens tissés. D’autre part, le sujet de la thèse doit avoir un rapport avec l’espace bourguignon (dans et hors le royaume de France), soit par la thématique retenue, soit par la documentation exploitée. La période chronologique pourra être éventuellement redéfinie dans le cadre indiqué.

Annonce

  Le projet retenu devra privilégier un ou plusieurs des thèmes suivants :

- Une étude des pouvoirs conduite à partir des acteurs à tous les niveaux, des princes aux agents de l’autorité. On s’efforcera de reconstituer les réseaux de relations, les clientèles, en étant  attentif aux enjeux, aux compétitions, aux rivalités, aux alliances et aux connivences, aux amitiés et aux inimitiés. On mettra en valeur les tensions générées entre les groupes et les réseaux ou au sein d’eux-mêmes. Si les groupes de pouvoir sont relativement bien connus pour les personnages les plus élevés et quelques familles, les études restent souvent à mener pour la plupart des familles nobles vassales des ducs ainsi que sur tous ceux qui participent à l’exercice des pouvoirs, c’est-à-dire qui sont liés aux autorités : chevaliers, baillis, ministériaux divers, maires, prévôts, viguiers, …

En mettant au jour des groupes de solidarité, on étudie leur implantation locale, les patrimoines, la géographie des pouvoirs.

Les agents du pouvoir seront appréhendés à travers leur parenté, leurs biens, leur formation, leur savoir et leur culture ; les charges et les fonctions qu’ils exercent doivent être prises en compte, certes à travers leur aspect « administratif », mais aussi dans les relations qu’ils établissent avec l’autorité dont ils dépendent, au sein des groupes de même statut, à travers l’influence qu’ils exercent.

- La construction du pouvoir princier : l’époque considérée étant caractérisée par le passage d’une société dominée par des pouvoirs locaux à la fois solidaires et concurrents à une société structurée progressivement par l’autorité princière, la construction ducale sous la dynastie des ducs capétiens peut être étudiée à travers ses diverses manifestations : construction territoriale, judiciaire, administrative et financière ; elles incluent des études sur les relations qu’entretiennent les ducs avec les différents niveaux d’autorité et de pouvoir : en premier lieu, le roi de France, mais aussi les Eglises, les seigneurs de château, les autorités urbaines, ainsi que les autorités hors du royaume de France. Ces aspects conduiront à mettre en valeur les dynamiques concurrentes et rivales et à mettre au jour les enjeux des pouvoirs. Cette construction a suscité des tensions et des oppositions qu’il importera d’examiner en détail.

 - L’étude des réseaux de pouvoir conduira à étudier les jeux d’influences aux différentes échelles : locale, régionale et au-delà. Les stratégies d’alliance, l’accaparement des charges civiles et ecclésiastiques, les relations nouées avec les établissements religieux, les déplacements lointains seront pris en considération.

- Les conflits sont souvent les révélateurs des enjeux de pouvoir et des relations sans lesquelles sont pris les réseaux et les groupes sociaux. Il convient donc de leur accorder une place essentielle. Les affaires portées devant une cour de justice devront être étudiées sous tous leurs aspects en accordant une attention particulière aux enquêtes. D’autre part, les normes sont des enjeux à la mesure des transformations politiques et sociales, aussi sera-t-on attentif aux qualifications, à la référence aux coutumes ou à la coutume, aux conditions de leur émergence et de leur « fabrication ». On veillera à faire la part entre ce qui relève d’usages et de règles et ce qui répond à des situations particulières. On sera aussi attentif aux usages et à la réception du droit (droit canonique, droit civil) par les juges et les justiciables. Il importera d’observer comment les praticiens du droit s’appuient sur les notions et les pratiques légales, comment ils les adaptent aux situations auxquelles ils sont confrontés, et de se demander dans quelle mesure ils ont pu contribuer à la « création » des normes. Tous les types de juridiction doivent être envisagés (laïques et ecclésiastiques). L’examen d’affaires pourra conduire à utiliser des sources documentaires très diverses parmi lesquelles on ne devra pas négliger les correspondances pontificales ni celles d’importants dignitaires ecclésiastiques.

 - Transcription, édition de la documentation écrite, en particulier des chartes et des cartulaires, laïques et ecclésiastiques, qui sont les sources principales pour ces thèmes. Aucune étude, aucune exploitation ne peut aujourd’hui faire l’économie d’établir les conditions historiques précises de la rédaction des chartes, de leur conservation et de la confection des cartulaires, de comprendre les objectifs des institutions qui les ont mis en œuvre. L’effort d’édition des documents manuscrits sera pris en considération. De la même façon les éditions anciennes de cartulaires et de chartes nécessitent d’être soumises à un examen critique. Tous les types de documentation écrite fondant la recherche seront pris en considération (chroniques, gesta episcoporum, annales, correspondances, traités politiques, textes normatifs, juridiques, théologiques, moraux…) dès lors qu’une partie au moins a une relation avec les pouvoirs dans l’espace bourguignon. Il conviendra enfin de tirer le plus grand parti possible des éditions numérisées de cartulaires bourguignons dans le cadre du programme CBMA (Chartae Burgundiae Medii Aevi) au sein du centre de recherches ARTeHIS (UMR 5594). 

 Modalités et conditions :

La thèse devra être soutenue à l’Université de Bourgogne. Le candidat retenu pourra se voir proposer une allocation de thèse de trois ans, à partir de septembre 2010. Cette offre est elle-même soumise à l’acceptation par la région Bourgogne d’un projet FABER (Favoriser l’accueil en Bourgogne d’Equipes de Recherche).

Le dépôt des dossiers s’effectuera au plus tard le 15 septembre 2009.

Constitution du dossier :

-        -  Curriculum vitae détaillé avec photo précisant date et lieu de naissance, nationalité, adresse personnelle et situation de famille.

Un projet de thèse de deux pages.

Le dossier est à adresser à : UMR 5594 – ARTeHIS, 6, boulevard Gabriel, 21000 Dijon – France, avec la mention «Faber- Demande d’allocation de thèse ». 

Contact : bruno.lemesle@u-bourgogne.fr

Catégories

Lieux

  • Dijon (21000)
    Dijon, France

Dates

  • mardi 15 septembre 2009

Contacts

  • Bruno Lemesle
    courriel : brunolemesle [at] cegetel [dot] net

Source de l'information

  • Bruno Lemesle
    courriel : brunolemesle [at] cegetel [dot] net

Pour citer cette annonce

« Pouvoirs et relations de pouvoirs en Bourgogne : normes, enjeux, société (Xe-XIVe siècle) », Bourse, prix et emploi, Calenda, Publié le vendredi 03 juillet 2009, http://calenda.org/197514