AccueilMarges et marginalisations dans l'histoire de la psychologie

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Publié le mardi 09 mars 2004 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à communication pour un colloque organisé par le Groupe d'études pluridisciplinaire d'histoire de la psychologie (GEPHP), avec le soutien de la SFHSH : « Marges et marginalisations dans l'histoire de la psychologie » (Paris les 2, 3 et 4 décembre 2004)

Annonce

Par son intitulé même, cette proposition de journées d’études entremêle deux points de vue : repérer des marges, suppose un tracé établi des frontières de la psychologie capable de désigner ce qui lui est extérieur, décrire des marginalisations revient, en revanche, à surprendre une psychologie en train de dessiner ses frontières par l¹expulsion de ce qui lui semble indigne ou obsolète par rapport à ce qu¹elle pense être sa scientificité. On interprèterait à tort cette distinction en rapportant l’oeuvre de marginalisation à une soi-disant origine de la psychologie s¹instaurant comme une science qui, devenue sûre d¹elle-même, n¹aurait plus alors qu¹à surveiller ses marges. L’un des intérêts de faire l¹histoire de la psychologie, c’est que celle-ci se consacre constamment à redéfinir les normes de sa scientificité. Autant dire que les marges ne sauraient être définies en elles-mêmes mais sont toujours l¹effet d’une marginalisation. Cette marginalisation, qui affecte aussi bien les objets (l’hypnose) que les disciplines (la psychanalyse), s’offre sans doute comme l’une des questions les plus pertinentes de l¹histoire de la psychologie. Aussi est-ce bien à une réflexion sur le statut même de cette histoire que nous vous invitons. On a dit longtemps de l’histoire en général, qu¹elle était écrite du point de vue des vainqueurs, avec l¹illusion rétrospective qu’entretient l’adoption d¹un tel point de vue. Même dans son mode kuhnien et son insistance sur la discontinuité des paradigmes, l’histoire des sciences s¹attachait à suivre la mise en place d¹un nouveau paradigme et à l¹examiner dans sa durée. Ce jugement valait également pour l¹histoire des sciences dans son ordinaire. Mais, depuis une vingtaine d’années cette conception a été remise en cause, notamment grâce aux travaux de Bloor sur le principe de symétrie. Que l’on y adhère ou non, il faudrait parler de temps d¹arrêts, plutôt que de centres et de marges fixés une fois pour toutes. Nous pensons que l¹histoire de la psychologie a tout intérêt à devenir plus attentive à la mobilité incessante de la discipline. À seule fin d¹illustrer la problématique qui vous est proposée et à un seul titre indicatif, voici quelques questions qui pourraient être posées. Une première série qui inviterait à dessiner l¹espace même de la scientificité psychologique : y a-t-il des domaines à tonalité psychologique qui ont cependant été d’emblée rejetés à la marge ? Y a-t-il pour une psychologie qui prétend au statut de science des références interdites ? Une seconde série qui s¹intéresserait au caractère mouvant du processus de marginalisation : comment et pourquoi des objets et des auteurs connaissent-ils, après avoir été négligés, un retour en grâce scientifique ? Cette question oblige à prendre en compte l¹historicité du paradigme scientifique dominant ; les marges et les procédés de marginalisation ne sont certainement pas les mêmes sous le régime d¹une psychologie en quête de notabilité scientifique et sous le régime du cognitivisme triomphant. La mobilité du processus de marginalisation peut, en outre, être dû à des facteurs historiques, comme le contexte national, par exemple. Une troisième série pourrait porter l’attention sur les difficultés éprouvées durablement par la psychologie sociale ou la psychologie animale et comparée à se stabiliser comme disciplines psychologiques à part entière. Une quatrième série de questions choisirait de se situer à l¹extérieur de la psychologie instituée, en vue de mesurer l¹impact des tentatives philosophiques contestant la revendication de scientificité de la psychologie, qu¹il s¹agisse de lui opposer un nouveau paradigme (Meyerson, Politzer, Merleau-Ponty, Sartre, Simondon) ou de l’éliminer définitivement du champ de la science (Comte mais aussi Canguilhem).

Les projets de communication, d'une page environ, doivent impérativement être soumis au comité scientifique pour le 31 mai 2004. Ils peuvent être envoyés par e-mail ou parcourrier à l'une des adresses suivantes :
Yvon Brès : 8, rue des Coudrais 92330 Sceaux
Michel Kail : 4, rue Pache 75011 Paris - michelkail@wanadoo.fr
Elisabeth Chapuis : 37, rue Saint-Georges 75009 Paris - elisa.chapuis@mac.com

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • lundi 31 mai 2004

Mots-clés

  • minorités

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Marges et marginalisations dans l'histoire de la psychologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 09 mars 2004, http://calenda.org/197556