AccueilL'établissement in situ. Analyser le fonctionnement des établissements scolaires. Concepts, méthodes, résultats et comparaison

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Publié le jeudi 21 octobre 2004 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à communications, Lille (USTL), 8-9 septembre 2005

Annonce

En France, dans un contexte de décentralisation et de forte incitation à l’autonomie, l’établissement scolaire passe, au cours des années 1980, du statut de simple unité administrative à celui de pivot dans l’organisation et le fonctionnement du système éducatif. Ce mouvement s’accompagne parallèlement d’un ensemble de travaux sociologiques faisant de l’établissement un des objets d’observation les plus pertinents pour analyser la production des inégalités sociales à l’école aujourd’hui.

L’approche monographique et ethnographique de l’établissement scolaire n’apparaît en France qu’au début des années 1980 avec notamment les travaux de Dominique Paty (1981) qui présente une approche comparative de douze collèges publics s’inspirant de la sociologie des organisations. Au milieu des années 1980, Jean-Louis Derouet (1987, 1988, 1992) propose quant à lui d’ouvrir la “boite noire” établissement scolaire en mobilisant les apports de la sociologie des conventions. Cousin, Dubet et Guillemet (1989) cherchent quant à eux à mesurer un « effet établissement » en s’intéressant à la relation entre la mobilisation des collèges et la performance scolaire des élèves. Suivent les travaux d’Agnès Van Zanten (1990) et de Jean-Claude Payet (1995) qui revendiquent une filiation ethnographique pour analyser le fonctionnement de l’établissement au sein d’un espace local.

Si l’étude de cas n’a connu en France qu’un développement récent, la tradition anglo-saxonne est quant à elle plus ancienne. L’approche pionnière des Wax (1964) analyse par exemple les conséquences du fossé culturel qui sépare les jeunes amérindiens des enseignants blancs chargés de leur scolarisation. En Grande-Bretagne, la scolarisation des milieux défavorisés (Hargreaves, 1967 ; Lacey, 1970 ; Willis, 1977) et les réformes éducatives (Ball, 1981 ; Gewirtz, 2002) stimulent une série de case studies. L’approche monographique, qualitative, ethnographique des établissements scolaires porte finalement, on le voit, sur des objets divers et emprunte des cadres conceptuels variés. Ce colloque vise à dresser un état des lieux des travaux engagés récemment dans cette riche tradition d’approche monographique, en termes de connaissances, de résultats et de démarches de recherche. On peut en effet s’interroger sur ce que désignent les termes “monographie” ou “étude de cas” pour l’analyse sociologique de l’établissement scolaire d’un point de vue méthodologique mais aussi théorique : Quelle est la validité heuristique des approches monographiques ou par études de cas ? Quelle est la pertinence de l’établissement comme objet d’analyse ? Quels sont les apports de ces approches par rapport à des recherches faisant de l’établissement scolaire une toile de fond dans laquelle s’inscrivent des pratiques d’acteurs ? Quelles sont les limites de ces approches ?

Ce colloque sera l’occasion de confronter un ensemble de travaux de recherche, principalement fondés sur des études empiriques, portant sur l’analyse du fonctionnement des établissements scolaires d’enseignement secondaire en France et en Europe. L’appel à communication concerne tant l’enseignement public ou privé, général, technique et professionnel. Cette confrontation devrait porter sur les résultats mais aussi sur les méthodes d’analyse des établissements. Il sera également l’occasion d’un échange autour des résultats de deux réseaux de recherche européens : le réseau « Reguleduc » dont une partie des travaux a porté sur la régulation interne aux établissements scolaires dans cinq pays européens et par ailleurs le réseau RAPPE des jeunes chercheurs. Le colloque sera aussi l’opportunité d’un dialogue avec d’autres disciplines, notamment l’histoire : que sait-on par exemple sur la “carrière” des établissements scolaires ou sur la construction des offres de formation de chaque établissement ?

Les communications pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des quatre axes suivants :

• Monographies d’établissement et observation in situ. Ce premier axe privilégiera les résultats de recherche adoptant une approche globale de l’établissement scolaire telle que les monographies d’établissement. Quels sont les éclairages apportés par ce type d’approche ? Peut-on seulement penser et restituer le fonctionnement d’un établissement scolaire dans son ensemble ?

• Les pratiques et leurs cadres d’interaction. Sont aussi attendues des propositions consacrées à des approches plus circonscrites de l’établissement scolaire ou des pratiques de ses acteurs, mais que les auteurs prendront soin de resituer dans le fonctionnement plus général du collège ou du lycée. On pourra s’intéresser plus particulièrement :
-  aux logiques d’actions collectives, comprenant à la fois le fonctionnement des instances de concertation et de régulation à l’interne des établissements (conseil de classe, de discipline, conseils d’administration, instances de concertation ad hoc...), mais aussi les modalités moins formelles de mobilisation des enseignants ;
-  aux pratiques pédagogiques, au curriculum, et notamment aux modalités de mise en œuvre des réformes ;
-  aux types de management et aux politiques externes et internes d’établissement : la construction de l’image des collèges ou lycées, étude des dispositifs de prise en charge des élèves en difficulté,...
-  à l’influence de l’établissement sur la trajectoire et la socialisation des élèves et des enseignants.

On cherchera à articuler les analyses de ces deux premiers axes avec la question de la production/réduction des inégalités sociales et scolaires.

• Méthode. De fait, les questions de méthode traverseront ces différents axes d’analyses et pourront constituer des apports spécifiques :
-  Quelles démarches, quels outils privilégier pour analyser le fonctionnement des établissements ?
-  Comment concevoir l’observation/participation du chercheur dans l’établissement ? Observer quoi ? (des pratiques de classe ? des groupes professionnels ? des instances de régulation ? des formes de mobilisation collective ?).
-  Comment prendre en compte l’établissement dans son contexte et son environnement ?
-  Quelles méthodes comparatives pour les monographies ?
-  Quelle généralisation ? Quelles sont les limites de l’approche monographique et de l’étude de cas ?
-  Comment penser l’articulation entre l’approche monographique et d’autres types de démarches (historique, statistique, transversale...) ?

• Comparaison internationale. L’attention portera également sur la comparaison internationale, ses méthodes : comment resituer l’établissement dans son contexte sociétal ? Comment mener une comparaison internationale ?... ; ses résultats (divergents/convergents), et ses apports et enjeux en termes de production/réduction des inégalités sociales. Ces apports semblent d’autant plus précieux dans le contexte politique français qui remet en cause le principe du collège unique (avec en 2001 notamment, la création d’une 3e préparatoire à la voie professionnelle et la création de dispositifs d’alternance). Quels enseignements peut-on tirer de la comparaison internationale pour éclairer cette tendance française ? Est-elle spécifique ou partagée par d’autres pays ? À l’inverse, en quoi cette tendance française peut-elle être éclairante dans d’autres contextes éducatifs et sociétaux ?

Une attention particulière sera accordée aux propositions de communication des jeunes chercheurs.

Un comité scientifique sera chargé de sélectionner les propositions de communication. Il est composé de : Anne Barrère (Profeor, Lille III), Olivier Cousin (Cadis, EHESS), Lise Demailly (Clersé, Lille I), Yves Dutercq (CREN, Université de Nantes), Aziz Jellab (Escol, Paris VIII), Claude Lelièvre (Sorbonne, Paris V), Philippe Marchand (Cersates, Lille III), Christian Maroy (Girsef, Louvain-la-Neuve), Danilo Martuccelli (Clersé, Lille), Brigitte Monfroy (Clersé, Lille), Jean-Paul Payet (Unige, Genève), Michel Tondellier (Clersé, Lille I), Juliette Verdière (Clersé, Lille I), Agnès van Zanten (OSC, Paris).

Le comité d’organisation du colloque est composé de : Brigitte Monfroy, Michel Tondellier, Juliette Verdière.

Les propositions de communication devront être envoyées avant le 25/12/2004. Elles ne dépasseront pas deux pages. Les auteurs feront figurer sur le document les informations suivantes : Nom, prénom, adresse électronique, laboratoire de rattachement. Les propositions de communication peuvent être rédigées en français ou en anglais.

Le comité scientifique sélectionnera des propositions et demandera, courant février, aux auteurs concernés de produire un texte - pour le 1er juin 2005 - qui comprendra au maximum 35 000 signes.

-Contact organisation : Michel TONDELLIER - CNRS, CLERSÉ-IFRÉSI - 2, rue des Canonniers - 59800 LILLE - e-mail : [Michel.Tondellier@ed.univ-lille1.fr->Michel.Tondellier@ed.univ-lille1.fr] - tél. : 33 (0)3 20 12 58 69 - fax. : 33 (0)3 20 12 58 31

Lieux

  • Lille, France

Dates

  • samedi 25 décembre 2004

Mots-clés

  • éducation

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'établissement in situ. Analyser le fonctionnement des établissements scolaires. Concepts, méthodes, résultats et comparaison », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 21 octobre 2004, http://calenda.org/197654