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Publié le jeudi 09 décembre 2004 par Pierre Mercklé

Résumé

Colloque international, Saint-Etienne, 13-14 janvier 2005.

Annonce

L’idée d’une science citoyenne au centre de cette conférence provient de la reconnaissance d’un pacte républicain implicite entre science et démocratie. Ce pacte implique que la connaissance est partagée entre tous et que la science en est sa forme institutionnelle. Pourtant, allant à l’encontre de cette idée d’une connaissance partagée démocratiquement, on trouve le processus historique d’institutionnalisation qui a presque tout le temps supposé l’exclusion du profane. Telle est la tension fondamentale étayant toutes les polarités entre la science et la population depuis le XVIIIe siècle -curieux et lettrés, novices et spécialistes, profanes et professionnels. Dans la conférence nous traiterons de la généalogie de ces différentes polarités. Cependant nous ne retracerons pas l’histoire pour soi mais pour souligner à nouveaux frais, avec une perspective historique, la situation présente, marquée par exemple par les intuitions de Michel Callon sur la science de plein air opposée à la science confinée, ou la notion de Bruno Latour de « recherche » opposée à « science ». Ces différentes polarités explicitent le problème de l’ « expert-profane » (Wynne) comme un vieux problème, même s’il prend des formes différentes, et, par exemple, est maintenant distinct du temps où la science ne s’était pas encore professionnalisée. La tension entre science et savoir populaire est indiquée dans le sous-titre de la conférence avec la notion de « vigilance » (signifiant une attention et une sensibilité à la nature).

Le citoyen scientifique le devient à travers son engagement dans une communauté spécifique, un lieu spécifique et une sphère publique spécifique. On retiendra ces trois dimensions, dans trois sections du programme de la conférence : Les sciences naturalistes et le savoir de la communauté, les sciences naturalistes et le savoir local ; les sciences naturalistes et le souci populaire de la connaissance. La première section prend le terme de vigilance comme une attitude collective envers la nature qui approfondit la précaution et le concernement mutuel. Grâce à l’intérêt dans les sciences naturalistes, le collectif gagne en cohésion (alors qu’on pourrait s’attendre à une perte des formes de sociabilité dans nos sociétés modernes). La seconde section porte sur la proximité et la mise en réseau de l’expertise basée sur la vie de tous les jours. Le savoir profane est celui duquel du savoir « réel » est extrait mais est en même temps supplanté par un savoir plus abstrait. Le savoir profane est en position de tiers « situé », dans l’allongement progressif des distances opéré par les réseaux longs de la science. La dernière section porte sur la traduction, la polarisation entre profanes et professionnels et la question de « qui a autorité à parler scientifiquement ». Bien que les sciences citoyennes réclament de réunir les personnes profanes et professionnelles, quand nous parlons de science, nous supposons des normes et de la légitimité et des rôles différents entre le public et les scientifiques ; ainsi la question de la culture scientifique comme une mesure standard et sa remise en cause récente ; des travaux récents en sociologie des sciences ont en effet insisté sur l’importance de la réaction populaire à la position autoritaire de certains experts, derrière le consensus apparent pour le développement populaire de la culture scientifique. Il apparaît qu’à travers l’attraction pour la science réelle des citoyens scientifiques, nous devions compter avec à la fois un intérêt pour les contenus scientifiques et un engagement pour une légitimité scientifique non coercitive.

Les sciences naturalistes et le savoir de la communauté

Allison-Bunnell S, manager (USA). Les novices et les experts des sciences citoyennes : le point de vue d’un praticien. (Novices and Experts in Citizen Science : A Practitioner’s View)

Henson Pamela M, professeur (USA). Le mouvement des “Nature Study » aux Etats-Unis : Citoyens et science à la fin du XIXe siècle (The Nature Study Movement in the United States : Citizen and Science in Late Nineteenth Century)

Nyhart L, professeur (USA). Rendre vie à l’histoire naturelle : L’histoire naturelle “pratique” dans le milieu du XIXe siècle en Allemagne (Bringing Natural History to Life : “Practical” Natural History in mid-nineteenth-century Germany)

Matagne P. enseignant (France) L’ancrage local des amateurs et les réseaux naturalistes (1880-1914) ou Comment occuper le terrain, construire une identité collective, produire un savoir universel (The local commitment of amateurs and the naturalists networks (1880-1914), or how to be present on the field, build a collective identity and produce an universal knowledge)

Les sciences naturalistes et le savoir local

Secord A, professeur (Angleterre) Le savoir d’un seul devient le savoir de tous : la participation de l’artisan dans la botanique anglaise du début du XIXe siècle. (The knowledge of one becomes the knowledge of all : artisan participation in early nineteenth-century British botany).

Sotolaveaga G., professeur (USA) Faire du savoir : Observer, reproduire et délimiter la science dans le Mexique rural (Making Knowledge : Observing, Re-producing, and Delimiting Science in Rural Mexico)

Henke C, professeur assistant (USA) Négocier une communauté pour le changement environnemental : la science et le pouvoir en agriculture (Negotiating a Community for Environmental Change : Science and Power in Agriculture)

Micoud A. directeur de recherche, Dupré L., postdoctorante (France) Herboriser, de l’herbier aux données géo-référencées : évolution d’une passion (botanizing, from the herbarium to geo-referenced data : evolution of a passion)

Rémy E., chercheur (France) Comment rendre visible l’invisible : deux façons de tracer la présence de la loutre (How to make the invisible visible : 2 ways to track down the presence of the otter)

Les sciences naturalistes et le souci populaire de la connaissance

Barrow Mark., professeur (USA) Coopération, conflit et contrôle : les ornithologues scientifiques et les observateurs d’oiseaux aux Etats-Unis avant la seconde guerre mondiale ( Cooperation, Conflict and Control : Scientific Ornithologists and Birdwatchers in the United States before the Second World War).

Le Marec J., maître de conférence, Babou I. maître de conférence (France) Discours à propos de sciences et communications sociales médiatisées (Discourse around sciences and social communications covered by media)

Cannon A., postdoctorant (Angleterre) Caractériser, mesurer et chercher le changement dans les attitudes des citoyens scientifiques envers la science formelle ( Characterising, measuring and looking for change in Citizen Scientists’ attitude to formal science)

Roth W-M., professeur assistant (Canada) L’éducation scientifique pour la citoyenneté : Quel citoyen ? quelle éducation ? ( Science Education for Citizenship : What Science ? What Citizen ? What Education ?)

Despret V. professeur assistant (Belgique). « Que ceux qui ne parlent par comme nous se taisent » (« May the ones who don’t speak like us become silent »)

Wynne B., professeur, Waterton C., chargée de cours Ellis R., chargée de cours (Angleterre) Les sciences citoyennes et les agences collectives : souci populaire, savoir négocié et implicites ( Citizen Sciences and Collectives Agencies : popular care, negotiated knowledge and implicit meanings)

Beckman J., professeur assistant. Le projet Linné : Les amateurs et la biodiversité dans les années 1970 (The Linneaus Project : Amateurs and biodiversity in the 1970s)

Lieu : CRESAL-CNRS. 6 rue Basse des Rives, 42023 Saint-Etienne cedex 2. Le colloque a lieu salle Baulier.
Horaire : 13-14 janvier 2005 de 9h à 18h
Information et inscription : [z.thomasset@univ-st-etienne.fr->z.thomasset@univ-st-etienne.fr]
Frais d'inscription : 60 euros (gratuit pour étudiants)

Lieux

  • CRESAL-CNRS - 6 rue Basse des Rives
    Saint-Étienne, France

Dates

  • vendredi 14 janvier 2005

Mots-clés

  • sciences

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sciences citoyennes », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 09 décembre 2004, http://calenda.org/197681