AccueilTravail, organisations, emploi

*  *  *

Publié le lundi 13 février 2006 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à communications, AFS, RT25, Congrès de l'AFS, Bordeaux, septembre 2006.

Annonce

Depuis deux à trois décennies, nombre de sociologues du travail ont tendance à orienter leurs recherches vers l’individu, l’identité. Cette orientation correspond à un brouillage relatif de certains cadres sociaux et catégories d’analyse (catégories socio-professionnelles, déterminations sociales ou de classe) ; elle pose un défi à la discipline qui ne doit pas oublier son objet principal : l’étude des contextes et configurations sociales, voire de l’individu social mais non de l’individu pour lui même. On peut inscrire cette tendance dans le mouvement “classique“ de balancier entre les deux grands types de paradigmes “holistes“ et “individualistes“ nous conduisant alors à faire un bilan et surtout à proposer des issues à cette alternative simplificatrice.

Ne pourrait-on pas, à travers un retour aux classiques de notre champ, regarder si les “holistes“ ont été si ignorants de la réalités des interactions et de la relation au travail concret ou de la subjectivité, d’une part et d’autre part si les “individualistes“ ou les interactionnistes n’ont pas réussi à intégrer le point de vue stratégique et critique ?

Il est plus facile d’exposer les résultats d’une monographie que de s’interroger sur le pourquoi du choix de tel ou tel paradigme ; mais chacun pourrait, rétrospectivement, évaluer sa propre recherche du point de vue de l’articulation d’une approche macro/holiste et micro/interactionnniste en proposant explicitement des analyses de situations ou de contextes revisitées au regard de ces préoccupations. Un congrès de Sociologie doit être l’occasion de ces interrogations et d’entreprendre quelques controverses productrices de connaissances. Les questions à traiter pourraient être les suivantes :

  1. Quelle est la puissance des paradigmes micro-sociologiques -on pense ici aux paradigmes interactionnistes, mais pas exclusivement- dans la description, dans l’analyse et dans l’explicitation (voire dans l’explication) des tensions au travail par rapport aux autres modèles théoriques disponibles qui justifie leur utilisation privilégiée ? En quoi rendent-ils compte de façon plus stratégique des enjeux qui traversent le travail, ses transformations, la relation salariale ou les questions de santé au travail ? A l’inverse, les approches macro-sociologiques sont-elles en mesure de donner à l’individu et à sa subjectivité, la place qui lui reviennent pour rendre compte des jeux d’acteurs dans les situations de travail ?
  2. 2 - Comment a pu s’opérer -et pourquoi s’est opéré- cet effet de zoom avant qui a fait passer le regard du sociologue d’un point de vue “holiste“ au point de vue qui place le détail au cœur des analyses ?. Quels sont les facteurs culturels, politiques, économiques qui, dans la société, peuvent expliquer ce changement de perspective ? Peut-on ou doit-on interroger les évolutions des modèles de pensée dans d’autres disciplines pour comprendre les transformations propres à la sociologie ?
  3. La crise de paradigmes autrefois dominants doit-elle conduire la sociologie du travail à abandonner toute prétention à saisir les évolutions sociales actuelles dans leur globalité ? Faut-il revisiter ces paradigmes, les complexifier ? Ou bien, peut-on imaginer une combinaison des paradigmes de la micro-analyse sociologique avec d’autres modèles théoriques plus “holistes“ ? Comment ? Qui peut tenter un modèle intégré ? Aurait-il un sens épistémologique ?
  4. Peut-on partir des les outils et des méthodes utilisés (ou utilisables) pour dépasser la singularité du (ou des) cas empiriques traités ou bien peut-on accroître la portée heuristique d’une recherche par l’articulation de paradigmes différents selon les divers niveaux d’analyse ? À partir de travaux déjà réalisés, que dire de valeur de la figure de l’exemplarité ? Faut-il cumuler des cas dont les similarités viennent s’étayer mutuellement ? La méthode de la comparaison permet-elle de construire des cas idéal-typiques ? L’étayage réciproque de traitements diversifiés des données -comme par exemple la combinaison entre travaux qualitatifs et quantitatifs- augmente-t-il les potentialités théoriques ?
  5. Autant d’interrogations qui conduisent à une autre question courte mais centrale : à quoi sert la sociologie du travail ? Car notre manière de faire (de) la sociologie ou de l’écrire n’est pas sans lien avec notre manière de la penser : quel est notre travail, à nous, sociologues du travail ?

Comme le lecteur l’a compris, le pari est de restaurer le débat là où notre discipline propose la juxtaposition d’exposés ou de papiers aux relations souvent trop distendues. Mais au lieu de tenir des propos trop théoriques coupés de leurs travaux de terrain, il s’agit d’inciter les communicants à intervenir explicitement à partir de leurs recherches empiriques, en s’interrogeant sur le pourquoi, sur les significations et sur l’efficacité théorique des choix effectués.

Les auteurs devront envoyer une proposition d’intervention (2500 signes au maximum) avant le 28 février 2006 à ou à marie-christine.lefloch@univ-lille3.fr pour participer aux sessions du Réseau thématique 25 Travail, Organisations, Emploi.

Lieux

  • Bordeaux, France

Dates

  • mardi 28 février 2006

Mots-clés

  • travail, organisations, emploi

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Travail, organisations, emploi », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 13 février 2006, http://calenda.org/197894