AccueilSociologie des migrations et production de l'altérité

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Publié le jeudi 16 février 2006 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à communication, deuxième congrès de l'Association française de sociologie, Bordeaux, septembre 2006

Annonce

A l’heure de la mondialisation économique et technologique et de l’accélération de la formation de réseaux transnationaux, l’étude des phénomènes migratoires est devenue un objet d’étude important, trop souvent défiguré sur la scène tant médiatique que politique. Leurs résultats, leurs enjeux conceptuels et méthodologiques sont encore trop peu intégrés aux débats d’ensemble de la discipline, alors même qu’ils constituent une perspective transversale à de nombreux champs de la sociologie et qu’ils s’inscrivent dans le champ international de la recherche en sciences sociales. De plus, les mutations économiques et politiques à l’œuvre aussi bien au plan mondial que local nécessitent de nouvelles recherches. L’approche des migrations et de la production de l’altérité invite le sociologue à mobiliser différents paradigmes sociologiques mais surtout à penser les zones d’hybridations conceptuelles entre eux à partir d’une réflexion épistémologique sur les usages, notamment polysémiques, des concepts. Nous pourrons réfléchir par exemple aux différentes façons de penser les migrations et la production de l’altérité à partir d’un espace conceptuel organisé autour de l’agencement de processus structurels, des formes d’action individuelle et collective, d’interactions dans des contextes sociétaux diversifiés. Nous proposons donc de développer une sociologie des migrations et de la production de l’altérité dans des espaces conceptuels souples et dynamiques respectueux du pluralisme scientifique dans la production de savoirs sociologiques autour des différentes sessions.

SESSION 1 : MIGRATIONS ET VILLES

Responsables : Agnès Deboulet, Catherine Delcroix, Adelina Miranda

Adresse d’envoi des communications : axe1@migrations.ouvaton.org

Cette session de recherche se propose d’examiner les relations existant entre ces deux termes. Dans cette perspective d’analyse, il s’agit de « rentrer (d’entrer ?) dans la ville » à travers le regard des migrants et d’interroger la manière dont ils élaborent leurs ancrages, leurs représentations, leurs appartenances dans l’espace urbain, en tenant compte de la relation qui s’établit avec le monde non-migrant. Migrant-e-s et non-migrant-e-s participent, avec leurs spécificités, au même phénomène de redéfinition de l’étrangeté et de l’appartenance, à la proximité et à la distance urbaines. Nous souhaitons approfondir ce rapport au niveau théorique à partir des études menées sur des cas concrets aux niveaux national et international. Nous sommes persuadés que le cadre français peut être éclairé à partir de recherches réalisées dans d’autres contextes, notamment celles qui rendent compte des lieux de départ des migrants. 1. Populations migrantes entre mobilités et sédentarités Ce premier volet questionne les rapports que les populations migrantes élaborent entre la mobilité et la sédentarité. La circulation des hommes et des femmes modifie le sens des identités et des altérités, la valeur du mouvement et de l’enracinement. En tenant compte des distinctions existant entre migrations élitaires et migrations populaires, entre migrations permanentes, saisonnières et pendulaires, nous proposons d’examiner les déclinaisons des composantes de la mobilité des migrants. Quels sont les liens et les ruptures qui s’établissent entre les migrations internationales et les mobilités nationales, régionales, locales, qu’elles soient résidentielles ou liées aux déplacements urbains ? Nous savons que l’injonction croissante à la mobilité de travail redouble les difficultés d’accès aux emplois et aux services et que ce sont les migrants qui majoritairement occupent ces places. Comment vivent-ils ces contraintes dérivées du développement du travail en horaires décalés ? Comment organisent-ils leurs déplacements dans l’espace urbain ? De quelle façon l’étalement urbain modifie t-il leur accès à la ville et leur parcours migratoire ? Nous proposons en outre d’interroger les liens conflictuels entre mobilités et sédentarités des migrants ou descendants de migrants en suivant les principales lignes de rupture en termes de pratiques spatiales et en interrogeant l’influence décisive de l’appartenance de genre, d’âge et de génération. 2. Circulations internationales et espaces quotidiens Les échecs de la « politique de la ville » en France et du modèle anglais plus communautariste incitent à tenter de mieux cerner les parcours résidentiels des populations migrantes dans leurs aspects concrets. Les oppositions traditionnelles entre idéaux républicains et communautaires ne suffisent pas à rendre compte des recompositions et des métissages à l’œuvre dans les pratiques socio-spatiales quotidiennes. Les trajectoires d’insertion et leur distribution temporelle et spatiale peuvent être interrogées en suivant des groupes homogènes de migrants, mais la transformation actuelle des formes migratoires dans nombre de grandes villes cosmopolites incite aussi à regarder plus finement les nouvelles formes de cohabitation entre groupes et générations de migrants et groupes et générations non-migrants. Les changements découlant de la présence des immigrés orientent une nouvelle représentation urbaine. Il serait intéressant d’observer comment cette inscription fabrique les paysages mentaux à partir des relations de proximité, faites de liens et de conflits. Dans cette perspective, nous proposons de questionner les modalités d’apprentissages de l’espace urbain par les populations migrantes mais également le ré-apprentissage de l’espace quotidien auquel les populations non-migrantes sont contraintes. 3. Nouvelles formes de ségrégations Ce volet propose d’interroger les actuelles formes de ségrégations. Nous proposons de tenir compte des liens qui s’établissent entre ségrégation spatiale, ségrégation sociale et ségrégation culturelle. Ainsi faut-il regarder les termes actuels de l’accès au logement en France ou dans les villes européennes, et le croisement fréquent entre inscriptions migratoires et formes précaires de logement : quartiers clandestins, bidonvilles au Sud, taudis et bidonvilles interstitiels au Nord, etc. L’examen de la question des discriminations dans l’accès au logement doit être entrepris en tenant compte du filtrage ethnique. Là aussi, les différences notables entre migrants « recherchés » et accompagnés, et migrants « par le bas » méritent des investigations empiriques précises. Une attention particulière pourra être accordée à certaines populations plus discriminées sur les marchés du logement aidé ou même de l’accession : sans-papiers, populations d’origine africaine en France, domestiques étrangères dans les villes d’Europe du Sud ou du bassin méditerranéen. Ces différentes formes de ségrégations expriment-elles une même logique ? Quelle incidence ont-elles dans la construction des itinéraires résidentiels des migrants au niveau individuel et au niveau du groupe migrant ?

SESSION 2 : Etats et sociétés face aux migrations

Marc Bernardot, Milena Doytcheva, Isabelle Rigoni

Adresse d’envoi des communications : axe2@migrations.ouvaton.org

Cet atelier cherchera à explorer les transformations simultanées des politiques publiques, des logiques économiques et des sociétés civiles en lien avec les mouvements de populations, l’immigration et l’intégration. Deux axes seront explorés :

1. Les nouvelles institutions de traitement de l’immigration

Depuis le début des années 1990, les politiques de gestion des flux migratoires et de prise en charge des migrants connaissent des mutations importantes, prolongeant les logiques de contrôle amorcées dans les années 1970 mais considérablement renforcées à la faveur du contexte géopolitique international depuis 2001 et complexifiées par l’émergence et la confirmation d’une politique européenne sécuritaire. En France, les institutions chargées de la gestion de l’immigration sont progressivement transformées (le ministère de l’Intérieur vient ainsi de reprendre des missions longtemps confiées à des ministères sociaux), certaines disparaissent, fusionnées dans des entités plus larges. Leurs missions sont réorientées vers d’autres publics (les demandeurs d’asile assimilés de plus en plus aux migrants) mais surtout vers les nationaux qui, plus que les étrangers, sont aujourd’hui la cible des politiques publiques de lutte contre les discriminations et des politiques de la mémoire. Certaines missions traditionnellement régaliennes sont privatisées et externalisées en ce qui concerne la gestion des flux par exemple, alors que les questions de sécurité et de déplacement de populations sont de plus en plus confondues. Les contributions qui s’inscrivent dans ce premier axe devraient permettre de mieux appréhender les ressorts et les enjeux de ces processus de reconfiguration institutionnelle par des recherches sur l’évolution des organismes publics et l’apparition de nouveaux acteurs privés, l’émergence de nouvelles thématiques et leur inscription sur l’agenda politique. Les approches comparatives européennes ou internationales sont encouragées.

2. Le nouveau regard du monde social sur les migrations et l’altérité

L’attitude vis-à-vis des étrangers ou des populations perçues comme telles a profondément évolué ces dernières décennies. Pourtant le caractère multiculturel des sociétés européennes est régulièrement remis en question à l’occasion de faits-divers (assassinat de Théo Van Gogh, attentats de Londres, émeutes « raciales » ou « urbaines »...). Nous privilégierons pour cet axe les travaux évoquant d’une part le renouvellement des cadres de perception et de revendication de l’altérité et de la diversité culturelle et d’autre part les évolutions du débat public en se préoccupant notamment des modes d’argumentation développés par les associations, les intellectuels, les médias, les pouvoirs publics. Quelles sont les conséquences de la montée en puissance des collectivités locales sur les questions de l’intégration et de l’exclusion (ethnicisation, construction de l’autochtone, nouvelles figures menaçantes...) ? Assiste-t-on à un reflux des actions militantes de soutien aux étrangers (par rapport aux migrations dites « irrégulières » ou à la « double peine », après une période d’accroissement de la « visibilité » de ces causes) ? Quelles transformations observe-t-on dans la perception de l’asile ? Quelles formes et enjeux, enfin, pour la « gestion de la diversité » dans l’entreprise (instrumentalisation, marketing ethnique, hiérarchisations), l’investissement des acteurs du marché dans la lutte contre les discriminations (chartes pour la diversité), la visibilité des minorités dans les médias ?

SESSION 3 : Réseaux transnationaux, stratégies migratoires et globalisation économique

Responsables : Sylvie Bredeloup, Monika Salzbrunn, Laurence Roulleau-Berger

Adresse d’envoi des communications : axe3@migrations.ouvaton.org

Les migrations internationales, qui révèlent les dynamiques de changement des sociétés contemporaines, ont fait l’objet, ces quinze dernières années, de travaux de recherche renouvelant théoriquement le statut économique du migrant. Sous les effets conjoints de la globalisation économique, du durcissement des politiques migratoires, du processus d’individualisation et de la féminisation de la migration, le migrant recouvre une diversité de figures sociales, de pouvoirs économiques et de potentiels de création. La dimension transnationale est devenue une ressource pour les migrants, pouvant déboucher sur de multiples stratégies migratoires et des formes plurielles d’intégration aux marchés du travail. La transformation du regard du sociologue sur la migration laisse entrevoir la richesse et la diversité des carrières migratoires en construction sans pour autant les figer dans la nouveauté et faire table rase des permanences. De quelle manière ces figures se combinent-elles, se surimposent-elles ou s’entrechoquent-elles, au fil du temps, des générations et au gré des opportunités ? Comment s’opèrent de nouveaux arrangements entre les différentes générations issues de l’immigration, comment se redéfinissent ainsi les rapports à la société locale ? Le sociologue est alors largement invité à penser simultanément les dominations économiques et les compétences des acteurs, les processus de segmentation ethnique des marchés du travail et les circulations transnationales, l’ethnicisation des rapports sociaux et les formes de déterritorialisation des populations. Les migrants et leurs descendants sont pensés comme acteurs individuels et acteurs collectifs à la fois contraints économiquement, socialement et politiquement et capables de réflexivité, d’autonomie et d’invention selon les moments, les espaces, les situations et les contextes d’action.

1. Pratiques transnationales et marchés locaux : vers une société-monde ? Pendant les dix dernières années, les courants sociologiques portant sur les transmigrants (N. Glick Schiller, Linda Basch, Suzanne Blanc-Szanton, Thomas Faist, Ludger Pries) et ceux portant sur la « société-monde » (Niklas Luhmann, Rudolf Stichweh) ont abordé les rapports entre l’enracinement local d’un espace transnational et l’évolution de la glocalisation (Robertson) du monde par différentes approches méthodologiques et épistémologiques. En effet dans un contexte de globalisation des capitalismes, les économies ne cessent de se pluraliser et de se segmenter dans une diversité d’espaces situés à des échelles différentes ; ce processus de pluralisation des économies s’accompagne de phénomènes de conjonction et de disjonction entre des marchés locaux et globaux à partir des circulations migratoires et de la formation d’espaces économiques transnationaux. Comment s’interpénètrent marchés local, transnational et mondial et quels modèles théoriques conviennent à leur analyse ?

2. Diversification et individualisation des carrières migratoires Nous vivons dans une société en réseaux pour reprendre l’expression de Castells, qui se caractérise par des structures sociales réticulaires, la révolution des technologies de l’information, la restructuration des capitalismes et des post-communismes. Avec la flexibilité et l’instabilité du travail, l’individualisation de la main-d’œuvre pose de manière cruciale la question de la mondialisation des activités économiques. Le travail s’individualise de plus en plus, s’accomplit dans une multiplicité de lieux et dans de nouveaux contextes, les migrants développent des parcours professionnels de plus en plus diversifiés dans des espaces transnationaux ainsi que sur différents types de segments des marchés du travail locaux et globaux. En fonction des ressources économiques, sociales, symboliques et des contextes d’accueil économiques et politiques les migrants déclineront alors des types de carrières migratoires différenciées et de plus en plus individualisées. En outre, le passage d’un statut professionnel ou encore d’un statut migratoire à l’autre s’opère sans arrêt au gré des opportunités, traduction d’une porosité des frontières qu’il conviendra d’expliciter.

3. Migration et espaces-ressource Pour déployer leurs parcours migratoires ou asseoir leur position sociale et économique les migrants sont conduits dans les lieux qu’ils investissent durablement ou encore dans ceux où ils font escale pour s’appuyer sur des structures-relais qui prennent des formes plurielles : confréries religieuses, Eglises, associations de migrants, structures caritatives, ONGs, organisations professionnelles... Soutien ou instrumentalisation du migrant ? Les rôles plus ou moins ambigus que peuvent jouer, selon les contextes politiques ou économiques, ces structures collectives, devront être éclairés. De quelle manière les migrants s’approprient-ils ces collectifs selon les lieux, selon leur statut migratoire et quelles modalités prend leur implication dans ces dispositifs composites et dans un contexte de globalisation économique ?

SESSION 4 : Question migratoire, espace public et éthique

Responsables : Pierre Billion, Angelina Etiemble, Maryse Tripier

Adresse d’envoi des communications : axe4@migrations.ouvaton.org

La question migratoire et celle de la production de l’altérité sont aujourd’hui particulièrement présentes dans le débat politique et connaissent une publicité grandissante dans les médias. Ces développements dans l’espace public de questions d’abord posées par les sociologues (ou plus largement les sciences humaines et sociales) peuvent relever d’arguments rationnels et d’emprunts plus ou moins fidèles auxdites sciences ; ils rencontrent aussi, particulièrement en France, des tentations nombreuses de récupération démagogique ou idéologique. Ils posent la question de la politisation du sujet des recherches et des relations de celles-ci au politique.

A la suite des thématiques de l’intégration, du communautarisme, puis du républicanisme, le fait que le thème de la discrimination ait trouvé un écho au sein des partis politiques ou des médias est-il le signe que le débat soit toujours sainement posé, que les travaux scientifiques trouvent toujours à se positionner clairement en tant que pourvoyeurs d’arguments rationnels ? Le contexte français est, en effet, marqué par le retour en force de certaines formes de nationalisme, différents modes de diabolisation de la diversité ethnique et culturelle en même temps que se banalisent des thèmes comme le racisme et les discriminations qui ne laissent pas pour autant toute leur place d’acteur aux minorisés ou discriminés. Comment la sociologie des migrations et de la production de l’altérité, la sociologie des relations inter-ethniques, la sociologie du racisme, peuvent-elles réfléchir à leur positionnement, à la question de l’engagement des chercheurs, de leur inégale distance vis-à-vis des formulations politiques, de la demande sociale d’expertise, qu’elle soit locale ou nationale ? Ces sociologies ont-elles à se questionner encore et toujours sur leur rapport au politique et à l’action ? Cette interrogation est-elle une spécificité française ? D’autres pays peuvent-ils compter sur un contexte plus serein et propice à une recherche indépendante et critique ?

Nous proposons, afin de réfléchir à ces questions, quatre orientations qui pourront faire l’objet de communications lors du congrès :

  1. Regarder le majoritaire : Le premier axe consiste à inverser le regard porté le plus souvent sur les migrants ou ceux qui sont nommés leurs descendants, pour se centrer sur les membres du groupe majoritaire. Il ne s’agit pas de rompre avec une approche relationelle ou relationaliste, i.e. en termes de relations inter-ethniques, mais bien de se demander à quels types de production de catégories et d’identité majoritaires renvoie le discours sur l’autre, sur le minoritaire ?
  2. Le savant, le politique et le militant : comment le débat entre chercheurs, administrations et politiques influence-t-il la mise en place de politiques migratoires (querelles de chiffres, de définitions, etc.) ? Quelles formes prend, sur la scène médiatique, la concurrence entre discours scientifique et discours militant et/ou politique, comment s’opère la frontière entre ces discours ? L’intervention des chercheurs en tant qu’experts dans des instances consultatives voire décisionnelles, leur audition dans des commissions parlementaires pose enfin la question de leur rôle et de l’usage de cette parole.
  3. L’espace public local : l’espace public est aussi constitué des pouvoirs et positions politiques locaux. En France, la décentralisation renforce le pouvoir local : il est donc interessant de comprendre comment la diversité ethnique ou religieuse, les relations inter-ethniques, l’altérité sont produites ou “ gérées ” localement et les variations qui en découlent. En passant du national au local, assiste-t-on à une complète délégation ou à une nouvelle modalité de contrôle et de gouvernance ?
  4. Comparaison internationale : dans d’autres pays, la politisation des questions qui nous occupe ne prend pas forcément la même ampleur ou les mêmes directions. Qu’apporte la comparaison ? Comment les chercheurs de notre champ se positionnent-ils par rapport au politique dans d’autres pays ? Quelles sont les spécificités de chaque pays en fonction de leur histoire migratoire, y compris coloniale ?

SESSION DOCTORALE : Terrains proches et lointains : méthodes et postures

Responsables : Albena Tcholakova, Stéphanie Garneau, Karen Akoka

Adresse d’envoi des communications : axe5@migrations.ouvaton.org

La problématique des migrations et de la production de l’altérité a pris ces dix dernières années une place de plus en plus importante dans les travaux de recherche en sociologie. La session doctorale organisée dans le cadre du congrès du RTf( ?)2 de l’Association Française de Sociologie se propose de consacrer ses travaux de réflexion à la question de la définition théorique et méthodologique d’un « terrain proche » et d’un « terrain lointain » dans une problématique de la production de l’altérité. Les propositions de communications pourront s’inscrire autour de deux grands thèmes :

1. Le chercheur sur des terrains proches et lointains

Dans l’expérience du proche et du lointain, le chercheur est confronté à la question de la contextualisation de l’objet de recherche sur un terrain situé, à la difficulté de déplacer des concepts d’un contexte sociétal vers un autre pour rendre compte des fragments de réalité observés. Le chercheur se trouve alors le plus souvent contraint de se mettre à distance de ses schèmes de perception, de décentrer son regard. Se pose alors la question de la proximité du chercheur avec son objet de recherche, qu’elle soit culturelle, professionnelle, politique ou autre. Quels contours peut prendre cette proximité sur différents terrains et comment le chercheur la gère-t-il ?

2. Que signifie comparer ?

La comparaison internationale repose sur l’a priori que l’Autre est différent de Soi mais qu’il y a quelque chose de commun qui nous relie. Dans la problématique des migrations, quel statut prend la comparaison internationale ? Le chercheur qui opte pour la comparaison des parcours migratoires d’acteurs sociaux qui proviennent et qui traversent des espaces sociétaux différents est confronté à plusieurs défis. Il doit d’abord, pour prétendre à l’objectivité, savoir se distancier des acteurs et institutions - familiers - de « sa » société en même temps qu’il doit avoir un degré d’empathie à l’Autre suffisant pour comprendre « sa » réalité. Le chercheur doit également se prémunir contre la tentation de conclure abusivement au caractère universel du phénomène, sans pour autant verser dans une explication culturelle figée et essentialiste. Ces défis nous interrogent sur les modalités de construction des objets comparés, sur les approches théoriques à privilégier et sur l’exigence d’une interprétation diachronique et à plusieurs niveaux (acteurs sociaux, institutions) pour la comparaison des phénomènes migratoires internationaux.

Modalités de participation

Membre de l’AFS, que vous soyiez étudiant(e) en troisième cycle, chercheur(e) ou enseignant(e) spécialisé(e) sur les questions relatives à la sociologie des migrations et à la production de l’altérité, vous êtes invité(e) à envoyer une proposition de communication s’inscrivant dans l’un des cinq thèmes détaillés ci-dessus.

Votre proposition de communication doit comporter les informations suivantes :

  • Nom, prénom
  • Fonction, institution
  • Coordonnées complètes (adresse, téléphone, email)
  • Le titre de votre proposition
  • Le texte de votre proposition d’un maximum de 250 mots
  • Le thème choisi parmi les cinq ci-dessus

Toutes les propositions doivent impérativement être envoyées avant le 28 février 2006 à l’adresse électronique de la session à laquelle vous souhaitez soumettre votre proposition.

La sélection et la répartition des communications vous seront ensuite communiquées fin avril 2006.

Composition du bureau

  • Pierre BILLION LAROUTE, Maître de conférences à l’IUT de Tours
  • Sylvie BREDELOUP, Directrice de recherches à l’IRD, UMR LPED 151
  • Angelina ETIEMBLE, Membre associée à l’UMR RESO
  • Sylvie MAZZELLA, Chargée de recherches au CNRS, LAMES-MMSH, Aix-en-Provence
  • Monika SALZBRUNN, Chargée de recherches au CNRS, CRIA UMR 8131, EHESS,Paris
  • Maryse TRIPIER, Professeure à l’Université Paris VII, Membre de l’URMIS.

05-08 Septembre 2006
Bordeaux 2 Université Victor Segalen
contact axe Migrations et villes : [axe1@migrations.ouvaton.org->axe1@migrations.ouvaton.org]

Lieux

  • Bordeaux, France

Dates

  • mardi 28 février 2006

Mots-clés

  • migrations

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sociologie des migrations et production de l'altérité », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 16 février 2006, http://calenda.org/197896