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(Entr)aide, soutien social, accompagnement

Entre solidarités interindividuelles et action sur autrui

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Publié le mardi 29 août 2006 par Pierre Mercklé

Résumé

Journée d'étude, Université de Lille 3, Maison de la Recherche, lundi 18 septembre 2006.

Annonce

L’intérêt accru pour les solidarités interindividuelles depuis une trentaine d’année relève d’une double inflexion du regard porté sur la solidarité.

Les penseurs de la fin du XIXème siècle avaient fait de la solidarité une obligation liée à l’interdépendance économique et sociale. C’était donc au nom d’intérêts communs que la solidarité entre les hommes devait s’exprimer. Cette forme de solidarité, sociale et nationale, a trouvé une application politique concrète dans les systèmes de protection sociale garantis par l’Etat, lesquels étaient censés assurer la cohésion sociale. Dans cette logique, les individus bénéficiaient de la solidarité du fait qu’ils participaient de façon régulière, directement ou indirectement, au système productif. L’effritement de la société salariale à partir des années 1980 a rendu moins efficace cette protection sociale. L’extension du chômage et le développement de la précarité ont conduit en effet un nombre de plus en plus important d’individus, temporairement ou durablement, hors du champ d’application de la solidarité nationale, les rendant plus dépendants, pour leur protection, des solidarités privées. Cette perte d’efficacité des Etats-providence a par ailleurs alimenté une certaine remise en cause de la légitimité des solidarités publiques accusées de favoriser la dé-responsabilisation de l’individu en le déliant de ses proches.

La solidarité a aussi longtemps été considérée uniquement dans sa dimension de protection matérielle, dans un monde ou les individus étaient en bonne partie définis par leurs appartenances et leurs statuts sociaux. La désinstitutionnalisation, entendue comme l’affaiblissement des grandes institutions assurant la reproduction et la stabilité de l’ordre social, a donné une plus grande liberté aux individus. Ni l’école, ni le travail, ni la famille, ni la religion ne leur prescrivent plus des statuts clairs et stables. Cette liberté nouvelle se paye alors d’une possible incertitude identitaire dans la mesure ou les individus doivent d’une part construire et exprimer par eux-même leur identité et de l’autre en obtenir une confirmation sociale par les autres. Dans cette perspective, les solidarités interindividuelles ont une fonction symbolique essentielle. En assurant soutien moral et reconnaissance identitaire, elles permettent à l’individu d’exister socialement.

Les solidarités de proximité présentent cependant une face plus sombre, qui en révèle l’ambivalence : le soutien peut se faire contrainte, l’aide devenir dépendance, l’accompagnement viser à la transformation d’autrui. Les solidarités interindividuelles sont aussi une « action sur autrui », et ceux qui en bénéficient peuvent la payer du prix d’une perte d’autonomie. Parallèlement, elles peuvent aussi avoir un coût pour ceux qui les dispensent lorsque, amenés à assurer l’accompagnement de situations douloureuses, ils sont confrontés au malheur d’autrui, ou lorsqu’ils se trouvent assignés à un rôle d’« aidant » dont ils peinent à s’extraire - et l’on sait que c’est aux femmes que ce rôle est prioritairement dévolu au sein des familles aujourd’hui.

Dans ces perspectives, la réflexion sur la solidarité n’est plus cantonnée à la philosophie ou la sociologie politique et morale mais s’enrichit des apports de nombreuses autres disciplines telles que la psychologie sociale, la sociologie de l’individu et de la famille, les sciences de l’éducation.. Elle nourrit et se nourrit également de nouvelles pratiques d’interventions sociales dans le domaine de la formation et de l’éducation, de la santé, de l’emploi, ...

La profusion des recherches et des pratiques en lien avec ces questions contraste cependant avec la faiblesse des échanges scientifiques à propos de la diversité des termes utilisés pour en rendre compte. Les notions d’accompagnement, de care, d’aide ou d’entraide, de soutien social, traduisent-elles des dimensions différentes d’un même phénomène ou sont-elles des notions substituables ? Sont-elles des concepts renvoyant à des éclairages théoriques spécifiques ou jouent-elles comme des métaphores renvoyant au sens commun ? En partant de la réflexion sur les notions employées pour décrire et analyser les solidarités interindividuelles dans diverses disciplines et perspectives théoriques, la journée d’étude vise à apporter un éclairage à la fois théorique et empirique sur ces questions.

Contact : [jean-michel.wachsberger@ensae.org->jean-michel.wachsberger@ensae.org]

Lieux

  • Lille, France

Dates

  • lundi 18 septembre 2006

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« (Entr)aide, soutien social, accompagnement », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 29 août 2006, http://calenda.org/197978