AccueilDe quel père la société a-t-elle besoin aujourd'hui ?

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Publié le jeudi 19 octobre 2006 par Pierre Mercklé

Résumé

Conférence-débat de l'université des Familles, Angers, jeudi 23 novembre 2006, 20h30-22h30.

Annonce

La notion de père

La notion de père renvoie à plusieurs significations élargies comme par exemple celle de la sagesse, de la vénération, de la fondation. C’est celui qui, avec la mère, engendre et donne vie au futur. Le développement de l’enfant va considérablement s’appuyer sur cette symbolique d’où l’importance de l’image que va donner, de lui-même, le père à son enfant. D’un point de vue juridique et historique, le père est celui qui a des droits mais aussi des devoirs et c’est l’évolution de la loi qui va faire que l’autorité est petit à petit partagée. Il ne faut pas négliger non plus la notion de transmission puisque celui qui était fils deviendra père et ainsi de suite. L’image du patriarche est, semble-t-il, révolue alors quelle sera la représentation du père pour les générations futures

La rupture

Nul doute que le schéma traditionnel du père (le pater familias) a subi, dans nos sociétés modernes, un sérieux bouleversement. Auparavant, le père se limitait pour exercer son rôle à suivre les concepts d’une société basée sur le paternalisme. La rupture est sans équivoque : le père n’est plus le simple représentant de l’autorité et de la transmission des savoirs. Les raisons qui peuvent être avancées sont nombreuses et variées : l’évolution des lois et des techniques, le travail des femmes, l’éducation républicaine, ...autant de facteurs qui ont conduit directement ou indirectement à de profondes mutations. Appréhender le père et la fonction paternelle pose question sans doute parce que la paternité moderne se cherche, parce que le père prend de multiples visages et s’essaie à de nouvelles formes de paternité : S’il n’est plus envisageable de réhabiliter la place du père dans son schéma traditionnel alors, faut-il la réinventer sur d’autres bases ?

Un rôle nouveau à construire ?

Les mutations tendent-elles à un rééquilibrage affectif entre le père et la mère ? Pourtant le père ne doit pas remplacer la mère mais bien être complémentaire à celle-ci. Le père n’est plus seulement l’image symbolique lointaine, il n’est plus aussi distant et paraît plus proche de ses enfants, plus impliqué dans l’éducation. En contrepartie, le père ne voit-il pas s’effriter peu à peu une position respectable et établie depuis des siècles ? Les pères sont-ils prêts à accepter ces changements et le feront-ils par choix ou bien par obligation ?

L’apparition de nouveaux schémas paternels

Chacun a en tête l’exemple d’un papa poule ou d’un papa qui, biberon à la main et bébé dans les bras, ouvre son carnet de rendez-vous professionnels avant de déposer l’enfant à la nourrice et de filer au travail. Il est aisé de caricaturer ces nouveaux pères en limitant parfois leurs nouvelles responsabilités à des tâches qui auparavant étaient réservées exclusivement aux femmes. Il ne faut pas oublier que le congé parental reste à très forte majorité sollicité par les mères et nombreux sont les pères qui restent à mille lieux de ces illustrations que les médias donnent du « papa nouvelle vague ». Et pourtant de nouveaux modèles ne cessent d’émerger, chaque père construisant sa propre forme de paternité, ce qui pousse à se demander s’il n’existe pas, finalement, mille façons d’être père ?

Quelles limites ?

Les limites ou les freins à ces évolutions sont nombreux et le premier réside dans la place que voudra bien laisser la femme à son époux. Longtemps maîtresse de la maison et garante de l’éducation des enfants, l’épouse comme pour son mari, peut voir au travers des ces transformations brutales et cette redistribution des rôles, une perte de son identité et du lien privilégié qui l’unissait à ses progénitures. Méfions nous également des illusions médiatiques qui voudraient créer un nouveau modèle auquel de nombreux pères se sentiraient obligés d’adhérer. N’appartient-il pas à chacun des parents de construire son rôle, de se retrouver dans ce rôle et que celui-ci soit accepté et compris par chacun des membres de la famille ? Comment la société va-t-elle permettre au père d’être père et donner envie à celui-ci d’exercer son rôle ?

Accompagner la paternité dans quel but ?

La société française s’adapte pour faciliter l’implication du père : pour exemple notons la création du congé paternité, l’invitation faite au père pour participer à certaines séances de préparation à l’accouchement de leur épouse...etc. Mais l’accompagnement parental ne reste-t-il pas une des clés de réussite de cette révolution au sein de la famille ?

Comment appréhender cette mutation si ce n’est en y recherchant un intérêt pour les générations futures ? Car c’est bien pour cette raison que le mouvement familial s’intéresse à cette question. Ne faut-il pas avant toute chose et quel que soit le modèle qui prédominera dans l’avenir, rechercher l’équilibre à la fois familial, parental et conjugal (pour le bien-être de la famille dans son ensemble, des enfants et du couple) ? Il convient donc d’ouvrir des espaces de paroles et de débats à l’image de cette session de l’université des familles.

Salle Plantagenêt
Crédit Agricole
52, boulevard Pierre de Coubertin
49000 Angers
UDAF de Maine et Loire
contact : Christophe Gabillard
mail : christophe.gabilard@udaf49.fr

Lieux

  • Salle Plantagenêt - Crédit Agricole - 52, boulevard Pierre de Coubertin
    Angers, France

Dates

  • jeudi 23 novembre 2006

Mots-clés

  • famille

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De quel père la société a-t-elle besoin aujourd'hui ? », Informations diverses, Calenda, Publié le jeudi 19 octobre 2006, http://calenda.org/198022