AccueilL'autonomie

*  *  *

Publié le mercredi 31 janvier 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Le constat de l'omniprésence de la notion d'autonomie a conduit à la constitution d'un atelier de doctorants. Pendant trois ans, cette préoccupation commune s'est traduite par l'analyse des usages de cette notion sur différents terrains d'enquête : politiques de l'habitat, pratiques du travail social, conditions d'accès au crédit, pratiques de la psychiatrie, vécu de la maladie, dénonciation de croyance... Ces terrains d'enquête ont permis également d'interroger le rôle de cette notion dans la manipulation d'objets sociaux et symboliques : l'argent, le sexe, les maladies ; ou dans la constitution de groupes sociaux ou professionnels : sectes, association d'usagers et de malades, travailleurs sociaux... Journée d'étude, Paris, EHESS, Paris, samedi 2 juin 2007.

Annonce

La définition de la notion, les outils utilisés pour la rendre opératoire, ses usages injonctifs ou critiques varient selon les lieux d’observation. Une caractéristique commune semble pourtant se dégager à travers la diversité de ces usages : l’articulation difficile entre une dynamique émancipatrice et une dynamique normative.

La diversité des matériaux d’enquête a conduit à questionner les implications des usages sociaux observés, en ayant systématiquement le souci de dégager les conceptions théoriques de « l’autonomie » et de « l’individu » mobilisées dans l’analyse. La journée d’études sera organisée autour des trois axes suivants : 1) La diffusion sociale de la notion d’autonomie et ses définitions 2) L’hétérogénéité des usages de l’autonomie 3) Les conceptions des êtres qu’impliquent ces définitions et ces usages.

1) La diffusion sociale de la notion d’autonomie et ses définitions.

Ce premier axe cherche à la fois à retracer l’histoire de la diffusion de la notion d’autonomie et à évaluer son actualité sociale dans les différents espaces qu’elle traverse.

Dans le monde médical, psychiatrique, et pénitentiaire, dans celui de l’action sociale, dans le monde économique comme pour les personnes entrées dans des sectes, l’autonomie est un thème central des réflexions des acteurs et tend à le devenir dans les analyses sociologiques et philosophiques.

Comment l’autonomie est-elle définie ? Les définitions de l’autonomie sont-elles l’objet de conflits au sein des espaces analysés ? Observe-t-on des variations dans les définitions données à ce terme suivant les sphères étudiées ? Peut-on dégager une trame commune ou bien les définitions sont-elles toujours locales ?

2). L’hétérogénéité des usages de l’autonomie.

L’objectif de la réflexion est d’évaluer les conditions de reconnaissance de l’autonomie, de sa perte éventuelle, de sa restauration, ainsi que son degré d’exigence sociale. L’autonomie constitue-t-elle un préalable à la participation sociale ?

En effet, l’autonomie n’est pas postulée, évaluée, reconnue, déniée de la même façon selon les terrains et selon les acteurs, et sa présence ou son manque n’ont pas les mêmes conséquences.

Les critères d’évaluation de l’autonomie nous renseignent sur la manière dont la notion est comprise : l’autonomie fait-elle l’objet de mesure de performances ? Quels en sont les critères et sont-ils négociables ? Comment sont-ils indexés sur une échelle de normalité ?

3). Les conceptions des personnes mobilisées par ces définitions et ces usages.

Les implications politiques des usages de la notion d’autonomie sont liées à des conceptions de la personne. Quelles compétences doivent-elles acquérir pour être reconnues comme autonomes ? L’autonomie est-elle une condition de leur dignité, un critère de normalité ? Quels sont les êtres qui mobilisent cette notion ? Les usages de l’autonomie laissent également entrevoir des modes de régulation collective qui leur sont diversement associés : nouvelles techniques managériales, dispositifs consultatifs et participatifs, diffusion des pratiques « psy », démocratie sanitaire, ré-articulation des politiques de redistribution et de reconnaissance, activation des politiques sociales et de leurs bénéficiaires...

Dans quels ordres du bien et du juste les acteurs inscrivent-ils leurs luttes et leurs alliances ? Sur fond de quel partage du public et du privé, de l’individuel et du commun, ou encore du social et du psychologique ?

Envoi des propositions de communication :

Les propositions de communication doivent être envoyées aux adresses électroniques suivantes (remplacer -at- par @) :

hermanelisa-at-yahoo.fr

Arnaud.ESQUERRE-at-culture.gouv.fr

Les propositions de communication devront être envoyées par courrier électronique avant le 23 mars 2007. Elles ne dépasseront pas une page et devront comporter, outre le titre de la proposition, une description de la problématique et de la méthode employée, les éléments suivants concernant les auteurs : Nom, Prénom, adresse électronique, laboratoire de rattachement.

Une réponse sera envoyée sous quinze jours et il sera demandé aux auteurs concernés de rédiger un texte qui comprendra au maximum 30 000 signes à remettre par courrier électronique au plus tard le 4 mai 2007.

Tout complément d’information peut être demandé aux membres du comité d’organisation de la journée.

Comité d’organisation :

Arnaud Esquerre (GSPM), Benoît Eyraud (CEMS), Lucie Bonnet (GSPM), Gaston Bosio (CEMS), Arnaud Hedouin (GSPM), Delphine Moreau (GSPM), Matthieu Elgard (centre Aron), Jeanne Lazarus (GSPM), Elisa Herman (CEMS)

Contacts : Elisa Herman (hermanelisa-at-yahoo.fr)
et Arnaud Esquerre (Arnaud.ESQUERRE-at-culture.gouv.fr)

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 23 mars 2007

Mots-clés

  • santé

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'autonomie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 31 janvier 2007, http://calenda.org/198092