AccueilUne offre d'allocation de recherche à l'Université Louis Pasteur

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Publié le mercredi 01 août 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Dans le cadre des allocations de recherche dites « Présidence », l’Université Louis Pasteur offre une allocation de thèse (3 ans) sur le sujet suivant : « La fondation de l’Université de Strasbourg au XXIème siècle : objectifs, processus, résultats »

Annonce

 

Résumé du sujet

Depuis l’automne 2006, après une phase de réflexion collective alimentée par une réelle pratique interuniversitaire et sous-tendue par les évolutions du cadre national de l’enseignement supérieur et de la recherche, s’est engagé un processus de fondation destiné à créer à Strasbourg une Université unique qui aille au-delà de la simple juxtaposition des trois Universités actuelles. Cette thèse portera un regard critique sur les objectifs de cette démarche, les processus engagés afin de la mener à bien et les résultats obtenus.

Descriptif détaillé

Au début des années 1970, la création de trois universités sur le site de Strasbourg répondait à la volonté de mener, en matière de recherche comme de formation, une politique scientifique coordonnée autour des disciplines que l’éparpillement de l’institution académique en Facultés autonomes ne permettait pas d’envisager. Ont alors été regroupées dans l’Université Louis Pasteur les sciences médicales et les sciences « dures », ainsi que certaines sciences humaines et sociales (sciences économiques et de gestion, psychologie et sciences de l’éducation, géographie et aménagement), dans un désir de pratiques scientifiques proches de celles en usage dans les sciences de la santé ou les sciences exactes ; l’Université des Sciences Humaines et Sociales (USHS, devenue ensuite Université Marc Bloch) a rassemblé l’essentiel des sciences du même nom ; et l’Université des Sciences Juridiques, Politiques, Sociales et de Technologie (devenue ensuite Université Robert Schuman) a attiré nombre de formations autour d’une Faculté de droit qui y a conservé une place centrale. Pendant plus de trois décennies, cette configuration en trois universités distinctes a plus ou moins réalisé les espoirs qu’avaient placés en elle ses fondateurs. Depuis l’automne 2006, après une phase de réflexion collective alimentée par une réelle pratique interuniversitaire et sous-tendue par les évolutions du cadre national de l’enseignement supérieur et de la recherche, s’est engagé un processus de fondation destiné à créer à Strasbourg une Université unique qui aille au-delà de la simple juxtaposition des trois Universités actuelles.

Les objectifs de ce processus sont multiples. Sans être exhaustif, rappelons particulièrement : le souci de faciliter la pluridisciplinarité de la recherche en procédant à de nouveaux regroupements inédits de composantes (les actuelles Unités de Formation et de Recherche de la loi Savary) et d’unités de recherche ; dans le cadre de la réforme LMD, le désir d’offrir aux étudiants la possibilité d’effectuer l’intégralité de leurs choix de parcours au sein d’une seule et même université ; la recherche d’une stratégie adaptée à la concurrence entre universités au niveau européen, voire international ; la volonté d’autonomie accrue par rapport aux tutelles nationales ; le souci de peser plus fortement dans les débats régionaux et nationaux sur le rôle des universités. Le bien-fondé de ces objectifs sera à examiner d’un regard critique dans le cadre de la thèse, et il sera mis en regard des risques ainsi encourus : progressivement construites depuis près de quarante années, les identités scientifiques propres à chacune des trois Universités actuelles ne risquent-elles pas de se diluer dans cet ensemble trop vaste ? La diversité et la richesse scientifiques accrues de ce dernier ne conduiront-t-elles pas à une prédominance de la seule logique administrative, au détriment des logiques pédagogiques et scientifiques inhérentes aux activités de formation et de recherche ? Le résultat final - l’Université de Strasbourg - sera-t-il à la hauteur des ambitions et des espoirs initiaux, et adapté aux enjeux scientifiques et aux évolutions culturelles, sociales, politiques et organisationnelles du XXIème siècle dans le contexte d’une économie de la connaissance dans une Europe élargie ?

Ce regard critique sera également demandé en ce qui concerne les mécanismes de discussions et négociations imaginés et mis en œuvre entre les trois universités strasbourgeoises. Les difficultés propres au processus de création d’une université unique à partir de trois établissements distincts sont bien réelles. D’abord, parce que les différences de cultures et de pratiques scientifiques et pédagogiques des trois universités partenaires sont très profondes. Ensuite, du fait de l’équilibre délicat à trouver entre, d’une part, un nécessaire cadrage du processus par les équipes de présidence des trois universités assistées d’experts et, d’autre part, la non moins nécessaire auto-organisation des composantes et unités de recherche en vue de former efficacement les regroupements évoqués plus haut. Enfin, parce que le soutien affiché des tutelles nationales à ce processus reste actuellement dans les limites de la loi de 1984, cadre qui risque de se révéler trop étroit au regard des changements impliqués en termes d’autonomie et de moyens de l’Université à venir.

Le troisième aspect qui sera examiné dans le cadre de cette thèse est celui des résultats de ce processus. Seront-ils à la hauteur des enjeux et adaptés à l’universalité des savoirs que doit porter une institution universitaire inscrite dans un espace européen ? Plus précisément, la construction et la structuration institutionnelles auxquelles aboutira ce processus seront-elles à même de relever les multiples défis que devra affronter l’Université au XXIème siècle ? Seront-elles capables d’assurer une formation initiale et "tout au long de la vie" apte à bien préparer les publics étudiants de plus en plus hétérogènes qui seront ceux de l’Université à une insertion professionnelle dans un monde dont la caractéristique centrale sera le changement permanent et allant en s’accélérant ? Sauront-elles créer les lieux de pluridisciplinarité adaptés aux grandes questions scientifiques et d’intégrations citoyennes qui nous attendent, notamment en matière d’environnement et de santé ? Enfin, offriront-elles un cadre adéquat au tissage d’un lien nouveau entre les Sciences et la Société ?

Toutes ces questions relèvent d’une double expertise. D’abord, celle du sociologue des organisations, dont le regard portera aussi bien sur la structuration interne de l’Université de Strasbourg que sur l’adéquation de cette structuration avec le bon positionnement de cette Université future dans son environnement international. Ensuite, celle du spécialiste du domaine "Sciences-Technologies-Sociétés" confronté à un problème de construction d’une institution scientifique apte à maintenir et développer une recherche et une formation qui se situe à un niveau d’excellence au regard des standards internationaux, ainsi qu’à veiller à sa bonne inscription dans l’espace et le temps de la Cité.

Les postulants à cette allocation sont invités à adresser le plus rapidement possible leur candidature (CV + lettre de motivation) à l’adresse électronique suivante :

ancori@cournot.u-strasbg.fr

—  Bernard Ancori Professeur à l’Université Louis Pasteur Directeur de l’Institut de Recherches Interdisciplinaires sur les Sciences et la Technologie (IRIST EA 3424) 7, rue de l’Université F-67000 Strasbourg 00 33 3 90 24 06 04 (téléphone) 00 33 3 90 24 05 84 (fax)

http://irist.u-strasbg.fr/Bancori

ancori@cournot.u-strasbg.fr

Lieux

  • Strasbourg, France

Dates

  • jeudi 30 août 2007

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Une offre d'allocation de recherche à l'Université Louis Pasteur », Bourse, prix et emploi, Calenda, Publié le mercredi 01 août 2007, http://calenda.org/198178