AccueilPratiques sociologiques et historiennes : entre concepts et contextes

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Publié le vendredi 14 septembre 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Par le dévoilement des démarches d’emprunt, l’exposition des adaptations plus ou moins fidèles, la description des analyses et des résultats que la perspective croisée autorise, ce dossier de la revue Carnets de bord, entre sociologie et histoire, voudrait mettre en évidence quelques éléments utiles à la construction d’outils d’analyse et de chantiers de recherche actuels. Appel à contributions de la revue Carnets de bord en sciences humaines.

Annonce

Inauguré au tournant du XXe siècle et sans cesse renouvelé depuis, le dialogue entre sociologues et historiens n’est certainement pas arrivé à son terme. Si la question de leur rapport - accidentel ou nécessaire - mérite d’être réévaluée, c’est qu’elle devient plus paradoxale que jamais. Alors que la dissociation des cursus de formation est toujours très nette, que les ancrages institutionnels sont peu perméables, que les supports de production scientifique et les réseaux intellectuels sont disjoints, nombreux sont ceux qui croisent les perspectives sociologiques et historiennes et qui tirent bénéfice d’une hybridation fertile. Qu’elles soient le produit de tentatives isolées ou d’une affiliation à un courant (sociologie historique, social science history, socio-histoire, etc.), ces entreprises ont pour mérite de repenser les cloisons disciplinaires, de dénaturaliser les habitudes de travail, d’ouvrir des chantiers de recherche inédits et prometteurs.

Aussi séduisant soit-il, le croisement entre sociologie et histoire ne va pourtant pas sans difficultés. Celles-ci peuvent notamment se comprendre à la lumière d’un usage différencié de l’articulation entre concept et contexte, le premier autorisant la montée en généralité des énoncés, le second ramenant tout résultat à des coordonnées spatio-temporelles. Ainsi, malgré une épistémologie commune aux deux disciplines, toutes deux sciences du « monde social-historique » (Passeron), il y a bien entre elles des différences qui s’expriment par des styles narratifs spécifiques. Entre la densité factuelle privilégiée par l’historien et les énoncés sociologiques plus prompts à la généralité, il y a sans doute deux manière différentes de rendre compte des données empiriques prélevées sur le cours du monde. Et il n’est pas certain que les modalités de production des données traitées par l’histoire et la sociologie soient à la base d’une telle divergence d’approche.

Les spécificités disciplinaires ne sont peut-être pas sans effets sur les relations entre l’une et l’autre discipline. L’histoire est-elle condamnée à fournir les données que les sociologues s’empressent de mobiliser pour y adosser les concepts élaborés par ailleurs ? L’épaisseur temporelle que le sociologue exploite pour situer un problème est-elle recours à un passé faire-valoir de la singularité du présent, est-elle intégration des résultats de l’historiographie ou renvoie-t-elle à l’historicité des phénomènes étudiés ? L’historien appliquant les modèles contemporains d’analyse sociologique à des « terrains » révolus et anciens court-il le risque de l’anachronisme ?

Autour de ces quelques questions, qui ne demandent pas à être résolues, mais à être exemplifiées par des recherches empiriques, nous sollicitons des articles dont le sujet est au croisement de la sociologie et de l’histoire et qui adoptent des démarches favorisant l’hybridation disciplinaire. En particulier, nous souhaitons pouvoir saisir à partir d’exemples concrets la manière dont sociologues et historiens mobilisent contextes d’enquête et catégories conceptuelles de la discipline voisine. Par le dévoilement des démarches d’emprunt, l’exposition des adaptations plus ou moins fidèles, la description des analyses et des résultats que la perspective croisée autorise, ce dossier de la revue Carnets de bord, entre sociologie et histoire, voudrait mettre en évidence quelques éléments utiles à la construction d’outils d’analyse et de chantiers de recherche actuels.

Dossier coordonné par Marco Cicchini, Cornelia Hummel et Pierre-Antoine Schorderet.

Les textes accompagnés d'un résumé d'une dizaine de lignes doivent être envoyés avant le 15 octobre 2007 aux adresses suivantes: Marco.Cicchini@lettres.unige.ch; Cornelia.Hummel@socio.unige.ch et
Pierre-Antoine.Schorderet@unil.ch
La notification d'acceptation et les éventuelles suggestions du comité de rédaction seront envoyées dans le courant du mois de novembre 2007.

Lieux

  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • lundi 15 octobre 2007

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Pratiques sociologiques et historiennes : entre concepts et contextes », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 14 septembre 2007, http://calenda.org/198203