AccueilLe handicap : histoire politique, pratiques sociales et expériences intersubjectives

*  *  *

Publié le jeudi 18 octobre 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Séminaire, Paris, à partir du 13 novembre 2007

Annonce

L’histoire de la notion de handicap trouve, en France, ses fondements dans la distinction qui s’opère progressivement au Moyen-Age au sein des « pauvres », avec l’apparition de la catégorie des pauvres méritants. La mise en place et l’institutionnalisation des dispositifs d’assistance nécessite de définir les populations qui y sont éligibles. Les personnes qui ne peuvent subvenir à leurs besoins en raison de leur âge, de leur état de santé, ou encore de leur vulnérabilité sociale, peuvent légitimement bénéficier des secours contrairement aux « vagabonds » et « mendiants » physiquement intègres, qui sont dans l’obligation de travailler. Le principe d’une assistance laissée au gré des bonnes volontés locales dominera jusqu’au XXe siècle, sous des formes variables.

Deux événements importants vont contribuer à infléchir le traitement social et la signification du handicap. Suite aux vagues d’industrialisation, l’importance des accidents du travail pose le problème de la prise en charge de l’invalidité qui en résulte. Par ailleurs, la grande guerre est à l’origine de nombreuses blessures et mutilations. Dans les deux cas, la responsabilité collective est reconnue et de ce fait, ouvre des droits à réparation. Cette réparation prend différentes formes : celle d’une indemnisation financière d’abord (indemnisation des accidents du travail, pension d’invalidité des mutilés de guerre), puis celle d’une réadaptation, via les pratiques de rééducation et d’appareillage. De façon plus générale, toute personne que l’invalidité écarte de la norme sociale (travailler, avoir une famille...), doit être réadaptée pour pouvoir à nouveau répondre à cette norme et réintégrer ainsi la société.

L’emploi du terme « handicap », apparu dans le courant du 20ème siècle et qui sera généralisé à partir des années 1970, consacre cette nouvelle approche. Il englobe tout type de déficience, quelle que soit sa nature ou son origine. La catégorie de « personne handicapée » se substitue alors aux précédentes (infirmes, invalides, inadaptés, idiots...) en les unifiant sous une qualification commune de « personnes à réadapter » associée à des dispositifs institutionnels et législatifs, principalement la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées, votée en 1975. Celle-ci institue le statut de « personne handicapée », assorti de droits spécifiques, de modes d’aide et de prise en charge, en particulier dans le cadre d’un secteur spécialisé.

La fin des années 70 est le théâtre de nouvelles transformations à l’échelle internationale sous l’impulsion de la mobilisation collective des personnes handicapées et de l’émergence d’un mouvement pour une vie autonome. Parallèlement, un nouveau champ de recherche se construit dans les pays anglo-saxons et scandinaves : les disability studies. Une entreprise de classification menée sous l’égide de l’OMS est l’occasion d’un grand débat, toujours ouvert, autour des conceptions du handicap. Ces transformations offrent de nouvelles grilles de lecture de l’expérience du handicap et de nouveaux espaces d’échanges que les personnes peuvent ou non s’approprier pour faire sens à leur biographie.

Le séminaire propose d’étudier l’évolution de la notion de handicap à partir d’une analyse des politiques, des dispositifs institutionnels mis en place et des pratiques de prise en charge et d’accompagnement des personnes concernées. L’attention sera portée sur différents moments d’inflexion historiques des politiques (lois de 1975 et 2005), des conceptualisations du handicap (émergence des disability studies, débat autour des taxinomies...), des pratiques professionnelles (réadaptation, prévention des handicaps à la naissance). Nous verrons également comment ces évolutions se traduisent dans les histoires personnelles.

Programme provisoire

13 novembre : Quel regard sur le handicap ? Du modèle médical au modèle social.

27 novembre : L’émergence de la notion de responsabilité collective : le cas des accidents du travail

11 décembre : Des pratiques d’assistance aux pratiques de réadaptation

8 janvier : Les représentations du handicap dans l’histoire : l’exemple de la peinture

22 janvier : L’institution du handicap : la loi de 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées

12 février : Les associations de personnes handicapées en France

26 février : La mobilisation internationale des personnes handicapées et l’émergence des disability studies

11 mars : L’évaluation du handicap : des classifications aux outils de mesures

25 mars : Handicap et travail : la loi de 1987 et ses dispositifs. L’expérience des personnes et des professionnels de la réadaptation

8 avril : Les questions éthiques et politiques soulevées par le dépistage des handicaps avant la naissance

13 mai : Nouvelles politiques françaises du handicap : tensions entre approches catégorielle, universaliste et personnalisée

27 mai : Rapprochement communautaire et identité

Lors de certaines séances, des intervenants extérieurs seront invités à présenter leurs travaux en lien avec la thématique.

2ème et 4ème mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2007 au 27 mai 2008.
Contacts: ville@vjf.cnrs.fr ou winance@vjf.cnrs.fr

Lieux

  • 105 bd Raspail
    Paris, France

Dates

  • mardi 13 novembre 2007
  • mardi 27 novembre 2007
  • mardi 11 décembre 2007
  • mardi 08 janvier 2008
  • mardi 22 janvier 2008
  • mardi 12 février 2008
  • mardi 26 février 2008
  • mardi 11 mars 2008
  • mardi 25 mars 2008
  • mardi 08 avril 2008
  • mardi 13 mai 2008
  • mardi 27 mai 2008

Mots-clés

  • travail social, politique

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le handicap : histoire politique, pratiques sociales et expériences intersubjectives », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 18 octobre 2007, http://calenda.org/198226