AccueilA l'interaction du géographique et du social : la famille (im)mobile

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Publié le mardi 16 octobre 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à contributions de la revue Recherches Familiales (numéro 6, janvier 2009)

Annonce

Dans le domaine des recherches familiales, le terme de mobilité, terme-clé et sujet de ce dossier thématique, peut être compris de trois façons.
-   Soit il s’agit de la mobilité géographique, c’est-à-dire, sur un territoire donné, la mobilité physique d’une famille ou de l’un de ses membres ;
-   Soit il s’agit de la mobilité sociale, c’est-à-dire le déplacement d’un individu ou de sa famille sur l’échelle des « classes » ou « catégories » sociales, ce déplacement ayant pour comparaison une situation antérieure ou la situation de l’un (ou de ses) parent(s) au même âge. Cette mobilité, ascendante ou descendante, peut s’observer selon des critères professionnels, de revenus, de diplôme, etc.
-   Soit enfin il s’agit d’une mobilité familiale : les changements de la structure familiale, suite à l’arrivée ou au départ d’un enfant, à une union, etc. sont autant d’événements qui peuvent être analysés en terme de mobilité.

Dans ce dossier thématique, il doit être proposé des articles qui ont pour sujet la mobilité, ou son opposé, l’immobilité. Il est toutefois nécessaire de tenir compte de deux impératifs. Tout d’abord, si l’étude de la mobilité/immobilité géographique ou sociale porte sur un individu principalement (ex : migration d’un jeune), il est nécessaire d’étudier en quoi elle affecte l’ensemble de la situation de la famille de l’individu concerné. Ensuite, le sujet de ce dossier thématique n’est pas l’étude de l’une de ces mobilités/immobilités, considérée indépendamment des autres. En effet, lorsque nous portons notre regard non seulement sur l’individu mais aussi et surtout sur « sa » famille, ces trois formes de « mobilités » sont étroitement liées, voire interagissent. Les articles présentés pour ce dossier thématique doivent étudier l’interaction entre la mobilité/immobilité géographique et l’une ou les deux autres mobilités/immobilités, la sociale et la familiale.

Ainsi, dans un premier temps, il peut ainsi être étudié la mobilité géographique d’un membre de la famille qui émigre pour des raisons économiques, professionnelles, matrimoniales ou politiques (migration pour rejoindre un pays plus « riche » ou plus « sûr », pour mutation professionnelle ou nouvel emploi, pour se marier ou vivre en couple...) et d’analyser la traduction de cette migration en terme de mobilité sociale et/ou familiale. L’exemple le plus flagrant est la migration économique d’un individu qui réussit à travailler dans un pays d’accueil, s’installe et ensuite opère un regroupement familial. Les raisons principales de ces migrations ne sont pas éloignées des migrations interrégionales vers les grands centres urbains du siècle passé. Les jeunes bamiléké camerounais par exemple, quittaient leur village où l’avenir était bouché (pas de terres, ni de « femmes », accaparées par les anciens) pour faire fortune à Douala, se marier, fonder une famille, et revenir au bout de quelques années pour dans un premier temps construire une case sur un bout de terre chèrement acquis et, à l’âge de la retraite, s’installer définitivement. Ce phénomène de migration géographique et de mobilité a d’ailleurs permis de forger l’expression de « cadet social » pour désigner ces personnes qui pouvaient par la migration s’accomplir et devenir des « responsables » (propriétaire, en charge de famille). Prenons enfin comme autre exemple les déménagements stratégiques dans les grandes villes françaises. Tenant compte de la carte scolaire, des parents décident de déménager pour être sûrs que leur(s) enfant(s) seront scolarisés dans le bon établissement, sujet de toutes les sollicitations et de tous les espoirs d’ascension sociale pour l’enfant qui recevra ainsi une éducation choisie. Bouger pour tout changer. Mais il peut aussi être étudié la mobilité sociale ou familiale qui est source d’une mobilité géographique. Par exemple, une ascension sur l’échelle sociale se traduit assez régulièrement par un changement d’habitat : de meilleurs revenus, le désir de vivre parmi des personnes socialement proches et la volonté de marquer son nouveau statut incitent très fortement à changer d’habitat. Autre exemple, un changement de la structure familiale conduit de nombreuses familles à déménager, pour rechercher un logement et un habitat mieux adapté à cette nouvelle situation. Un logement plus grand pour une famille qui s’agrandit avec l’arrivée d’un nouvel enfant, ou alors un logement situé à proximité de services collectifs ou commerciaux pour une personne seule, voire en logement collectif pour une personne âgée qui connaît le veuvage, sont autant d’évolutions familiales qui provoquent un changement géographique.

A contrario, la ségrégation urbaine se conjugue à l’impasse socio-professionnelle et contribue à l’amplifier. Les familles immobiles sont alors en grande difficulté dans une société qui exige la mobilité. Ainsi, un système de transport, les séparations temporaires, les mouvement pendulaires ont un impact sur la vie familiale. Réciproquement, l’immobilité géographique et sociale contrainte incite les individus à trouver dans la famille un lieu de soutien ou de refuge, un phénomène mal compris dans le cas des minorités visible alors accusées de repli identitaire. Comment prendre en compte ces dimensions territoriales de l’immobilité familiale et sociale ? Par quelles politiques locales, urbaines, architecturales (loi de rénovation urbaine etc.) ? La mobilité est-elle une réponse à la relégation ? Ainsi, mobilité/immobilité géographique et mobilité/immobilité sociale ou familiale sont étroitement liées. Puisque l’habitat est un marqueur social, puisque la migration est un espoir social, puisque le déménagement est aussi une adaptation ; et surtout puisque l’ensemble de ces mobilités/immobilités affectent dans le présent ou dans les projets le statut et le fonctionnement familial, l’une ne peut être étudiée indépendamment de(s) (l’)autre(s).

Les articles entièrement rédigés sont à proposer au Comité de lecture de Recherches Familiales avant le 15 mai 2008. La revue paraîtra en janvier 2009. Indications techniques 1- Article : 30 000 caractères, notes de bas de page et espaces compris. L’article doit être accompagné d’un résumé de 700 à 900 caractères, espaces compris. 2- Références : Ne pas utiliser le système américain (nom de l’auteur et page entre parenthèses) mais le système « français » de référence intégrale en note de bas de page. 3- Notes de bas de page : Utiliser ce système de renvoi de note de bas de page (Tout article ne respectant pas ces indications devra être modifié par l’auteur) : Jean-Michel CHAMONT, Hervé POURTOIS, « Introduction », Recherches sociologiques, Louvain la Neuve, XXX (2), pp. 3-11, 1999, p. 4. Michel PERONI, « Le social et la politique », Informations sociales. Travail social : l’individu, le groupe, le collectif, Paris, CNAF, n° 83, 2000, pp. 134-135. Jean-Noël CHOPART (dir.), Les mutations du travail social. Dynamiques d’un champ professionnel, Paris, Dunod, 304 p., 2000.

Les articles sont soumis au comité de lecture. Nous vous rappelons également que vous pouvez nous proposer des articles « hors thème » (30 000 signes) pour la partie « Travaux », ainsi que des notes de lecture critique (8 000 signes). Envoyer votre article (fichier en format word ou rtf) par courrier électronique conjointement à : gseraphin@unaf.fr et recherches.familiales@unaf.fr. Date limite d’envoi : 15 mai 2008. Un accusé de réception vous sera envoyé.

Catégories

Dates

  • jeudi 15 mai 2008

Mots-clés

  • famille

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« A l'interaction du géographique et du social : la famille (im)mobile », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 16 octobre 2007, http://calenda.org/198228