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Publié le lundi 22 octobre 2007 par Igor Martinache

Résumé

Cycle de conférences « Ma Terre Dolorosa », organisé en partenariat avec l'association EcoCité, novembre-décembre 2007.

Annonce

Les problèmes environnementaux liés à l'activité économique sont-ils solubles dans la démocratie politique ? - jeudi 15 novembre 2007

Les crises environnementales ont le mérite de poser de manière pressante et inédite la question controversée des rapports entre économie et politique. Certains pensent que les problèmes posés par les marchés ne peuvent être durablement et efficacement résolus qu’en agissant sur eux et en étendant leur emprise. D’autres à l’inverse dénoncent l’alliance du capitalisme et des technosciences, et militent en faveur du renforcement des contrôles étatiques et plus largement d’une reprise en main de l’économie par le politique. Les controverses qui portent sur la réalité et les causes du changement climatique fournissent une bonne illustration de ces oppositions entre lesquelles il n’est pas aisé de trouver un compromis, tant les visions qu’elles développent sont antagoniques, voire incompatibles.

Michel Callon entre dans la boîte noire des marchés pour comprendre comment leur fonctionnement est source de problèmes dont la dimension politique ne peut plus être ignorée. Il soulève la nécessité de mettre en place des procédures destinées à un traitement politique de ces problèmes.

Ces procédures commencent d’ailleurs à exister et donnent lieu à des expérimentations de plus en plus nombreuses. Elles tournent autour de ce qu’il est convenu d’appeler la démocratie délibérative et reconnaissent aux non-spécialistes le droit d’entrer dans la définition des problèmes qui les préoccupent et de participer aux investigations nécessaires à leur résolution. Ce n’est qu’une fois ces procédures mises en place que la gestion politique des marchés devient envisageable et que l’économie redevient politique, sans perdre pour autant sa spécificité.

Présentation du conférencier : Michel Callon

Michel Callon est professeur de sociologie à l’Ecole des mines de Paris et chercheur au centre de sociologie de l’innovation. Ses travaux portent sur les rapports entre sciences, techniques et sociétés. Aux côtés de Bruno Latour et John Law, il participe à un courant d’analyse original qui permet de comprendre comment la recherche scientifique et technologique contribue à la transformation des collectifs dans lesquels nous vivons. Depuis quelques années, il s’intéresse à l’engagement des associations de malades dans la recherche biomédicale. Il travaille actuellement sur le rôle que jouent les sciences économiques dans la mise en forme des réalités qu’elles étudient.

Sociologie de la traduction (avec Bruno Latour et M. Akrich), Presses de l’École des mines, 2006 ; Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique (avec P. Lascoumes et Y. Barthe), Seuil, 2001 ; Le pouvoir des malades, l’AFM et la recherche (avec V. Rabeharisoa), Presses de l’École des mines, 1999 ; La gestion stratégique de la recherche et de la technologie. L’évaluation des programmes (avec P. Larédo et P. Mustar), Economica, 1995 ; La science et ses réseaux. Genèse et circulation des faits scientifiques (dir.), La Découverte 1989.

Changements climatiques futurs : qu'est-il possible de prévoir ? - jeudi 29 novembre 2007

L’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère résulte de multiples activités humaines et en particulier de l’usage de combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), un usage multiplié par 3 ou 4 à l’échelle mondiale au cours des dernières décennies.

Les modèles climatiques sont des outils conçus dans un souci théorique de compréhension du système climatique. Ils permettent de prévoir les grandes lignes du dérèglement climatique très rapide qui accompagnera la poursuite de ces émissions de gaz à effet de serre : réchauffement aux hautes latitudes, relèvement du niveau de la mer, modification des cycles hydrologiques, action sur le couvert végétal...

Beaucoup des prévisions faites par les modèles depuis une vingtaine d’années commencent à se vérifier. L’évaluation des risques encourus n’est cependant pas d’une précision suffisante pour appréhender tous les risques, qui dépendent aussi d’un grand nombre d’autres problèmes sociaux et environnementaux : gestion de l’eau, maintien de la biodiversité, évolution des systèmes de santé, de la pauvreté... Le diagnostic scientifique demande à s’articuler avec la prise de mesures rapides, qui relèvent d’un débat politique et citoyen.

Présentation du conférencier : Hervé le Treut

Membre de l’Académie des sciences de l’Institut de France, Hervé le Treut est directeur de recherche au CNRS et professeur de mécanique à l’Ecole polytechnique. Il dirige le Laboratoire de météorologie dynamique. Hervé Le Treut participe aux travaux du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), et est membre du Comité scientifique du Programme climatique mondial.

Ses recherches ont pour objets la modélisation numérique du système climatique et la compréhension du réchauffement climatique, en particulier le rôle de l’effet de serre lié aux activités humaines.

Les recherches d’Hervé le Treut se concentrent aujourd’hui sur l’étude des impacts des changements climatiques et l’analyse des risques environnementaux qui y sont associés, sous une forme qui permette leur usage dans le domaine socio-économique.

L’effet de serre. Allons-nous changer le climat ? (avec J.M. Jancovici), Flammarion, 2004 (2001) ; Science du changement climatique. Acquis et controverses (avec J.P. Van Ypersele, S. Hallegatte, J.C. Hourcade, C. Weill), IDDRI, 2004 ; Le changement climatique (avec G. Jacques), Ed. de l’UNESCO, 2004 ; Climat, chronique d’un bouleversement annoncé (avec D. Hauglustaine, J. Jouzel), Le Pommier, 2004.

La Biosphère de l'Anthropocène : le double défi du climat et du pétrole - jeudi 6 décembre 2007

La notion de Biosphère est centrale pour l’écologie globale, à l’échelle du globe par définition. A vrai dire, la Biosphère est une notion écologique d’origine géologique, devenue proprement planétologique ou cosmologique.

L’impact de l’espèce humaine sur les transformations environnementales de notre planète n’est plus à démontrer. Il a fait l’objet d’une multitude d’études scientifiques et même de rapports d’évaluation à l’intention des gouvernements, comme ceux du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat). Récemment, la coopération scientifique internationale mobilisée autour du Programme international Géosphère-Biosphère a adopté le terme d’Anthropocène pour désigner "la géologie de l’humanité" (Paul Crutzen), c’est-à-dire la dérive anthropogénique du système Terre.

Dans cette affaire, la double question du climat et du pétrole est centrale, parce que c’est une seule et même problématique socio-énergétique. Une perspective historique et transdisciplinaire aide à le comprendre.

Présentation du conférencier : Jacques Grinevald

Philosophe et historien du développement scientifique et technologique, Jacques Grinevald enseigne à l’Institut d’étude du développement, à l’Université de Genève. Traducteur et disciple du fondateur de la bioéconomie et de la décroissance, Nicolas Georgescu-Roegen, ce spécialiste de l’écologie globale et de la science de la biosphère est lui-même un pionnier de la théorie de la décroissance.

Son travail de recherche pluridisciplinaire et transversal concerne la crise écologique, politique, économique, industrielle des XXe et XXIe siècles. Jacques Grinevald poursuit l’idée que la révolution thermo-industrielle a transformé de façon radicale nos rapports avec la biosphère et que la crise écologique est liée à notre croissance économique. Dénonçant le fait que la croissance se fonde sur de seules données monétaires, il estime urgent d’introduire un autre indicateur économique englobant l’impact des activités humaines sur l’environnement.

La Biosphère de l’Anthropocène. Climat et pétrole, la double menace, Ed. Médecine et hygiène, Genève, 2007.

Une nouvelle narration du monde... - jeudi 13 décembre 2007

La narration dominante du monde et de la société aujourd’hui nous parle de la "naturalité" de la pauvreté, d’un monde excluant inévitablement des milliards de personnes du droit à la vie.

Elle nous raconte une société fondée nécessairement sur la compétitivité de tout et de chacun, donc sur l’impossibilité d’éviter les guerres - du pétrole, des satellites, de l’eau, de la puissance, des civilisations... Elle nous dit aussi un devoir de croissance, de "développement", d’enrichissement individuel, d’appropriation privée des biens et des services essentiels à la vie et au vivre ensemble. Ce disant, elle nous invite à produire et consommer toujours plus. Enfin, elle exalte le pouvoir des plus forts, reléguant la participation effective des citoyens à la res publica au rayon des utopies impossibles.

Une nouvelle narration du monde fondée sur les principes de la vie, de l’humanité, du vivre ensemble, des biens communs, de la démocratie, de la responsabilité et de l’utopie est-elle possible ? Une narration qui affirme la primauté de l’égalité dans la citoyenneté, de la liberté d’exister en tant qu’être humain digne, de la fraternité entre les êtres humains. Quels chemins et moyens peuvent permettre d’y parvenir ?

Présentation du conférencier : Riccardo Petrella

Riccardo Petrella est professeur émérite à l’Université catholique de Louvain en Belgique. Il a été directeur de programmes de recherches auprès de l’Unesco puis de la Commission européenne pendant une vingtaine d’années.

Economiste, expert de réputation internationale autant qu’homme engagé, Riccardo Petrella est connu pour ses prises de position contre la marchandisation du monde. Son nom est indissociable de la lutte pour la reconnaissance de l’eau comme bien commun : le Comité international pour un contrat mondial de l’eau qu’il a créé en 1997 a permis de mettre la question de l’eau à l’ordre du jour des agendas nationaux et internationaux.

Il a présidé pendant plusieurs années l’Association des Amis du Monde Diplomatique et contribue régulièrement à ce mensuel.

Pour un nouvel imaginaire politique (avec Edgar Morin, Mireille Delmas-Marty, Patrick Viveret, et René Passet), Fayard, 2006 ; Limites à la compétitivité. Pour un nouveau contrat mondial (dir.), Labor, 2005 ; L’eau, bien commun public. Alternatives à la pétrolisation de l’eau, L’Aube, 2004 ; Ecueils de la mondialisation. Urgence d’un nouveau contrat social, Fidès, 2001 (1997) ; L’éducation victime de cinq pièges. A propos de la société de la connaissance, Fidès, 2001 ; Le bien commun. Eloge de la solidarité, Labor, 1996 ; Le Manifeste de l’eau, Labor, 1998.

Les conférences se déroulent à 18 h 45 à l'Hôtel du département des Bouches-du-Rhône - 52 avenue de Saint-Just 13004 Marseille - Métro Saint-Just. Parking gratuit, ENTREE LIBRE dans la limite des places disponibles.

Programmes et informations : Echange et diffusion des savoirs - 16 rue Beauvau 13001 Marseille - tel. 04 96 11 24 50 - fax. 04 96 11 24 51.

Lieux

  • Marseille, France

Dates

  • jeudi 29 novembre 2007
  • jeudi 06 décembre 2007
  • jeudi 13 décembre 2007
  • jeudi 15 novembre 2007

Mots-clés

  • environnement

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ma Terre Dolorosa », Cycle de conférences, Calenda, Publié le lundi 22 octobre 2007, http://calenda.org/198251