AccueilMasques et figures de la guerre

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Publié le mardi 30 octobre 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Cycle de conférences « Masques et figures de la guerre », janvier - mai 2008.

Annonce

Les attentats-suicide : interrogations sur une méthode terroriste - jeudi 17 janvier 2008

La multiplication des candidats aux attentats-suicide, y compris en Europe, pose de multiples questions. Même si, bien entendu, comprendre le mécanisme de recrutement et de décision n’est pas en approuver la méthode.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi dans certains pays et pas dans d’autres ? Pourquoi depuis peu des femmes participent à ces actions ? Quel est l’objectif stratégique de l’attentat suicide, contradiction même de l’acte du combattant qui se doit de survivre pour continuer le combat ? Naguère, rappelons-nous, le Che Guevara enjoignait comme premier devoir au révolutionnaire de veiller à sa santé. Quel mouvement en a employé le plus ? Assimiler l’attentat-suicide à l’Islamisme est-il exact ?

Pierre Conesa

Historien, maître de conférences à l’Institut de sciences politique de Paris et à l’ENA, Pierre Conesa est directeur général de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique. Observateur pointu de l’architecture internationale de sécurité et de ses évolutions les plus récentes, sa réflexion se nourrit d’une connaissance "pratique" des relations internationales et des politiques stratégiques des vingt dernières années.

Ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Défense, Pierre Conesa a notamment été directeur adjoint à la direction des relations internationales de la Délégation générale pour l’armement, sous-directeur à la Délégation aux affaires stratégiques, chargé de mission auprès du Chef d’Etat-major des armées. De 1990 à 1992, il a collaboré au Secrétariat général du Gouvernement auprès du Premier Ministre.

Pierre Conesa contribue régulièrement au Monde Diplomatique.

Les mécaniques du chaos. Bushisme, prolifération et terrorisme, L’Aube, 2007 Guide du paradis. Publicité comparée des Au-delà, L’Aube, 2006 (2003) La persuasion de masse (avec G. Chaliand), Laffont, 1992 Direction de 4 volumes de la Revue Internationale et stratégique : La violence au nom de Dieu, 2005 ; La stratégie d’influence, 2004 La sécurité internationale sans les Etats, 2002 Les relations internationales illicites, 2001.

L'Afrique face au paradigme de la violence - jeudi 24 janvier 2008

La fin de la Guerre froide n’a pas signifié l’avènement de la paix universelle démocratique comme l’escomptaient certains. Certes, des conflits ont pris fin, mais certains se sont poursuivis et d’autres encore ont éclaté.

Il a fallu alors rendre compte de ces nouvelles guerres, surtout civiles, de leur violence jugée anachronique et d’une rationalité des buts qui ne s’inscrivait plus dans un projet social et politique tangible. Le monde universitaire et les experts, mais aussi les organisations internationales ont donc promu de nouveaux concepts censés éclairer ces crises complexes et violentes à l’âge de la globalisation.

En s’inspirant d’illustrations concrètes tirées des conflits armés récents en Afrique, il semble intéressant de revenir sur une certain nombre de "notions" qui ont eu un succès extraordinaire comme le "seigneur de la guerre", l’"économie de guerre", la "guerre pour les ressources", l’"Etat failli" ou "effondré" (ou maintenant "fragile").

Ces nouvelles catégories ont le plus souvent obscurci ou dépolitisé plutôt qu’éclairé les situations qu’ils devaient permettre d’analyser. D’une certaine manière, elles en disent plus sur l’état du débat sur la violence dans nos sociétés que sur la réalité des conflits dans des sociétés africaines.

Roland Marchal

Politologue, spécialiste de l’Afrique, Roland Marchal est chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI/ CNRS). Dans son travail, il s’intéresse à la politique comparée en Afrique, et à la question des conflits, en particulier dans la Corne de l’Afrique. A ce titre, son expertise est régulièrement convoquée pour analyser et commenter l’actuelle crise du Darfour.

Roland Marchal est membre du comité scientifique de la revue trimestrielle Politique Africaine.

Guerre et sociétés. Etats et violence après la guerre froide (dir. avec Pierre Hassner), Karthala, 2003 ; Les chemins de la guerre et de la paix (avec C. Messiant), Karthala, 1997 ; Dubaï : cité globale (dir.), Ed. du CNRS, 2001.

La culture contemporaine des conflits - jeudi 31 janvier 2008

Une profonde mutation affecte notre époque : celle des grandes violences armées. Pendant des siècles, la guerre, dans sa distribution et sa définition classiques (conflit armé, public et juste), avait représenté la forme culturelle dominante des violences.

Avec la fin de la Guerre froide, de nouveaux personnages sont apparus : le terroriste, l’ingénieur, l’enfant-soldat... Il s’agirait de penser comment se réfléchit, dans ces formes inédites, notre identité contemporaine.

Frédéric Gros

Frédéric Gros est professeur de philosophie à l’Université Paris-XII. S’intéressant à l’histoire de la psychiatrie et à la "philosophie pénale", Frédéric Gros est un commentateur pointu de l’œuvre de Michel Foucault dont il a notamment édité les derniers Cours au Collège de France.

Questionnant la philosophie dans son rapport au présent dans l’esprit de ce que Michel Foucault appelait une "histoire du présent", Frédéric Gros présente dans ses dernières recherches une série de réflexions sur la guerre. Comment les guerres d’aujourd’hui transforment-elles précisément les questions que nous pouvons nous poser, philosophiquement, à leur sujet ?

Etats de violence. Essai sur la fin de la guerre, Gallimard, 2006 ; Michel Foucault, PUF, Que sais-je ?, 2004 (1996) ; Et ce sera justice. Punir en démocratie (avec A. Garapon, T. Pech), Odile Jacob, 2001 ; Foucault. Le courage de la vérité (dir.), PUF, 2002 ; Foucault et la folie, PUF, 1998 ; Création et folie. Une histoire du jugement psychiatrique, PUF, 1997.

L'armement : une industrie de souveraineté indispensable mais contestée - jeudi 7 février 2008

On évoque souvent l’art de la guerre mais l’armement, pourtant indispensable à la guerre depuis que celle-ci ne se fait plus à mains nues, est moins souvent traité dans le discours public. Au pire c’est le domaine des "marchands de canons" voire des "marchands de mort", au mieux c’est celui des sciences et techniques et de la "high tech". L’armement est accusé de nourrir les guerres. Les armes font partie du patrimoine de la France mais la déshonoreraient quand elles dopent ses exportations.

L’industrie d’armement représente une proportion, moins importante qu’on ne le croit généralement mais non négligeable, du commerce mondial.

En dehors de son rôle principal et évident, fournir en temps de guerre les armes dont ont besoin les combattants, l’industrie d’armement a des conséquences en temps de paix sur l’économie générale..

Le caractère belligène de l’industrie d’armement est un élément récurrent du procès qui lui est fait. Rares sont pourtant les conflits dont les origines soient principalement, comme on le dit parfois, le désir de faire "tourner" l’industrie d’armement. Cela ne veut pas dire que le lobby militaro-industriel n’existe pas.

Les armements peuvent par ailleurs être criminels et il faut alors les examiner individuellement de l’arbalète et de l’arquebuse au fusil et à la mitrailleuse, du sous-marin et du bombardier à l’arme nucléaire, des armes chimiques aux armes biologiques et même des mines anti-personnelles aux armes dites pudiquement "non létales".

Il s’agit finalement de savoir qui est responsable de la guerre, de son déclenchement et de ses horreurs dont il faut bien reconnaître qu’elles ont atteint des sommets au cours du XXe siècle.

Alain Crémieux

Alain Crémieux a dirigé le Centre des hautes études de l’armement. Il a également enseigné à l’Université Paris-I. Dans ses travaux, il s’intéresse plus particulièrement à l’évolution des technologies et leur impact sur l’élaboration des stratégies de défense.

Ingénieur général de l’armement, Alain Crémieux a exercé à la Délégation générale pour l’armement de 1960 à 2001. Il a été attaché d’armement à Londres et Washington et conseiller de l’ambassadeur de France auprès de l’Otan.

L’éthique des armes, Aegeus, 2006 ; L’armement à l’heure du désarmement. Voyage à travers le complexe militaro-industriel, ADDIM, 1993

Le nom de la guerre au soir de la bataille - jeudi 6 mars 2008

Dans sa définition géopolitique classique du conflit militaire entre Etats pour le contrôle d’un territoire, la guerre est finie ou presque. Il se produit toujours un certain nombre de conflits armés mais de moins en moins nombreux, qui font plutôt moins de victimes directes et qui entrent de moins en moins dans la définition standard.

Cependant, cette image rassurante est loin d’être partagée par tous, beaucoup voyant dans le monde contemporain un déchaînement sans précédent de violences guerrières. Les mots de la guerre ne semblent nullement avoir régressé dans les discours et ont même atteint, sous forme de lourdes métaphores, de nouveaux domaines. Comment expliquer ce paradoxe ?

Plusieurs pistes complémentaires peuvent être explorées : le surcroît de connaissance, d’empathie et donc de proximité que rend possible l’accessibilité de l’information pour les citoyens ordinaires, ce qui engendre chez eux l’illusion d’une multiplication des catastrophes ; la part croissante dans les violences publiques du terrorisme, qui, par construction, cherche la visibilité de l’horreur ; la croyance en une propension naturelle des hommes à la violence, dont la guerre serait une expression canalisée, un moindre mal à préserver ; la conviction que les causes habituelles des guerres, fondées sur la rationalité de l’action prédatrice, ne sont pas affectées par les changements historiques récents ; enfin une ambiance de "guerre civile dans la société-Monde" qui manifeste la difficulté des citoyens à assumer l’invention du politique à l’échelle de la planète.

Jacques Lévy

Géographe, Jacques Lévy est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’École polytechnique fédérale de Lausanne où il dirige l’Institut du développement territorial. Il est professeur invité des universités de New York, de Californie, de São Paulo et de l’Institut universitaire oriental de Naples, ainsi que professeur à la chaire Élisée Reclus de Mexico. Il co-dirige la revue EspacesTemps.net.

Spécialiste de géographie politique, sa pensée contribue largement au renouveau de la géographie comme science sociale à part entière : penser l’espace pour lire le monde.

Les sens du mouvement. Modernité et mobilités dans les sociétés urbaines contemporaines (dir. avec Sylvain Allemand et François Ascher), Belin, 2004 ; Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés (dir. avec Michel Lussault), Belin, 2003 ; Repenser le territoire (avec Serge Wachter et al.), L’Aube, 2000 ; Logiques de l’espace, esprit des lieux (dir. avec M. Lussault), Belin, 2000 ; Le tournant géographique, Belin, 1999 ; Mondialisation : les mots et les choses, Karthala, 1999 ; Europe : une géographie, Hachette, 1998 (1997).

La formalisation classique du concept de guerre et sa déstabilisation contemporaine -  jeudi 20 mars 2008

Le « droit des gens européen » classique avait élaboré un concept de guerre interétatique fondé sur une reconnaissance réciproque des souverainetés, la distinction entre l’ennemi (juste) et le criminel, et avait formalisé un certain nombre de règles, aussi bien concernant le jus in bello (le droit à respecter dans la guerre) que le jus ad bellum (les conditions requises pour déclarer une guerre).

A l’âge des interventions internationales, de la « guerre contre le terrorisme » et de la « croisade » contre les « Etats voyous », le droit international classique n’est-il pas en train de voler en éclats ?

On tentera ici d’analyser ces mutations et leurs effets, en revenant sur la théorisation par Vattel de la "guerre en forme" et sur la critique par Carl Schmitt des nouvelles « guerres justes »...

Jean-Claude Monod

Docteur en philosophie, chercheur au CNRS, Jean-Claude Monod est spécialiste de philosophie politique, chargé d’enseignement à l’Université Paris 1.

Ses contributions sur les relations entre religion et politique, comme sur la portée philosophique de la pensée de Foucault, Max Weber ou Carl Schmitt sont particulièrement éclairantes pour penser notre présent. Ses analyses permettent notamment de mettre au jour les fondements philosophiques et les raisonnements juridiques sur lesquels les démocraties s’appuient pour légitimer de nouvelles formes d’"état d’exception" face à la montée des terrorismes, suspendant par-là même les plus fondamentales des normes humanitaires et constitutionnelles.

Penser l’ennemi, affronter l’exception. Réflexions critiques sur l’actualité de Carl Schmitt, La Découverte, 2007 ; La querelle de la sécularisation. De Hegel à Blumenberg, Vrin, 2002 ; Foucault. La police des conduites, Michalon, 1997.

Globalisation et communautarisation du monde : quel futur pour la laïcité ? - jeudi 3 avril 2008

La conférence se penchera sur le phénomène de multiplication des conflits armés, et non leur disparition, après la fin de la Guerre froide et le triomphe de la culture de la globalisation économique.

Une grande partie de ces conflits se déroule dans la région du Moyen-Orient pour tenter de "normaliser" et de pacifier cette région "rebelle" du monde. Elle est un carrefour stratégique, le centre des trois religions monothéistes et le plus grand réservoir d’énergie du monde : trois données majeures qui donnent lieu aux événements les plus repoussants, militaires, idéologiques et économiques. Il y a là aussi l’origine du prétendu "retour du religieux" et du "désenchantement" qui affecterait les valeurs laïques sur lesquelles vivait le monde de l’humanisme et du cosmopolitisme.

Ce dernier est remplacé par un monde de "managers" des différences, par le marché mondial des religions et des idéologies politiques qui s’abritent derrière elles, par la montée d’une dangereuse communautarisation de la vie politique des sociétés et des relations internationales, facteurs qui entraînent la multiplication des conflits violents.

Dans un tel contexte, il est important de bien cibler le combat pour les droits de l’homme et l’universalité des valeurs laïques, et de ne pas s’égarer dans de fausses problématiques et de faux enjeux.

Georges Corm

Economiste et historien unanimement respecté, ancien Ministre des finances du Liban (1998-2000), Georges Corm est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés aux problèmes de développement, plus particulièrement dans le monde proche-oriental. Parallèlement, il se consacre à l’étude de l’histoire et de la sociologie du monde arabe et de la Méditerranée de l’Est (pays balkaniques), et à celle des rapports politiques entre l’Europe et ces pays.

Une histoire du Moyen-Orient, La Découverte, 2007 ; Le Proche-Orient éclaté, 1956-2007, Gallimard, 2007 ; Conflits et identités au Moyen Orient, 1919-1991, Arcantères, 2007 (1992) ; La question religieuse au XXIe siècle, La Découverte, 2006 ; Le Liban contemporain, La Découverte, 2005 (2003) ; Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte, 2005 (2002) ; Le Moyen-Orient, Flammarion, 2002 (1993) ; L’Europe et l’Orient : de la balkanisation à la libanisation, La Découverte, 2002 (1989) ; Histoire du pluralisme religieux dans le bassin Méditerranéen, Librairie Paul Geuthner, 1998 ; Le nouveau désordre économique mondial, La Découverte, 1993.

Guerres réelles et guerres racontées - jeudi 24 avril 2008

La guerre représente la forme de violence la plus radicale, comportant elle-même de multiples types de violence. Elle a été racontée dans les mythes et dans la littérature et, aujourd’hui, elle est également configurée par nos systèmes d’information, et portée à l’écran par les diverses technologies audio-visuelles, la rapprochant de chacun de nous au point de l’introduire dans nos foyers grâce à la télévision.

Quel est le statut des différentes violences guerrières racontées, et quels sont leurs rapports avec les guerres réelles ? C’est à travers le problème de la proximité (spatio-temporelle et relationnelle) et de la souffrance vécue que se joue la différence entre fiction et réalité, pouvant susciter une réflexion sur la question de la guerre et évaluer son sens aujourd’hui - époque où fait irruption une antinomie radicale entre nos aspirations démocratiques et les puissances technico-économiques (y compris les complexes militaro-industriels) qui dominent le monde.

La philosophie ancienne a toujours été au cœur du travail de Lambros Couloubaritsis. Ses recherches sont centrées sur deux questions essentielles : celle du passage du mythe à la philosophie, et celle des relations entre l’un et l’être. A partir de ces deux approches, ses analyses ont permis d’éclairer d’une lumière nouvelle l’histoire de la philosophie.

Lambros Couloubaritsis

Professeur de philosophie à l’Université libre de Bruxelles, membre de l’Académie royale de Belgique, membre correspondant de l’Académie d’Athènes et docteur honoris causa de plusieurs universités européennes, Lambros Couloubaritsis collabore à de nombreux projets interdisciplinaires.

Lambros Couloubaritsis offre la figure d’un intellectuel conscient de la responsabilité qui lui incombe d’ouvrir ses recherches aux non-spécialistes.

La proximité et la question de la souffrance humaine, Ousia, 2005 ; Aux origines de la philosophie européenne. De la pensée archaïque au néoplatonisme, De Boeck, 2004 (1992) ; Histoire de la philosophie ancienne et médiévale. Figures illustres, Grasset, 1998 ; La Physique d’Aristote, Ousia, 1998 (1980) ; Aux sources de l’identité européenne (avec M. de Leeuw, E.Noel et C. Sterckx), Presses universitaires européennes, 1993 ; Mythe et philosophie chez Parménide, Ousia, 1990 (1986) ; L’avènement de la science physique, Ousia, 1980.

Guerres fratricides - jeudi 15 mai 2008

L’histoire de l’Europe entre les deux guerres est le récit d’un continent qui s’embrase.

La guerre de 14 s’impose comme une guerre totale dans laquelle ne s’affrontent plus seulement des armées mais des sociétés entièrement mobilisées dans l’effort de destruction de l’ennemi. Elle ne connaît plus de véritable séparation entre les combattants et les civils. Elle envahit le domaine de la culture, transforme l’imaginaire collectif, redéfinit les clivages intellectuels.

Elle débouche sur des révolutions et des contre-révolutions, dans lesquelles l’affrontement originaire entre les Etats laisse la place aux conflits idéologiques et politiques : le capitalisme contre le socialisme, la démocratie contre le fascisme. Dans ce contexte, l’ennemi devient de plus en plus un ennemi interne.

De Moscou à Barcelone, en passant par Berlin, Budapest, Rome ou Paris, les trois décennies qui s’étalent entre 1914 et 1945 dessinent un paysage explosif, une gigantesque guerre fratricide où prendre les armes devient un impératif politique, bien au-delà du devoir patriotique. Est-ce que le concept de guerre civile peut nous aider à appréhender le sens de cette époque de feu et de sang, avec sa violence, ses passions et sa culture ?

Enzo Traverso

Historien italien, Enzo Traverso est maître de conférence en sciences politiques à l’Université de Picardie à Amiens. Il a enseigné à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris.

Ses travaux portent sur la culture de la guerre et la violence faite aux populations. A partir de l’étude de l’histoire intellectuelle de l’entre-deux guerres, du nazisme, de l’antisémitisme et des deux guerres mondiales, ses recherches visent à comprendre la généalogie de la barbarie au XXe siècle, en dégageant et traçant les lignes d’un contexte de civilisation dans lequel s’inscrit cette barbarie. De ce point de vue, Enzo Traverso propose une lecture originale de la période 1914-1945 comme une période de "guerre civile européenne", terrible combinaison de guerre totale, de guerres civiles locales et de génocides, et d’affrontement de visions opposées du monde.

Sa réflexion critique sur ce que peut être la notion de conscience historique - c’est à dire sur les processus d’historicisation de certaines mémoires - est centrale dans son travail et en fait toute la singularité. Distinguant "mémoires fortes" et "mémoires faibles", il montre que plus la mémoire est " forte", plus sa mise en histoire est susceptible de se concrétiser.

A feu et à sang. De la guerre civile européenne 1914-1945, Stock, 2007 ; Le passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique, La Fabrique, 2005 ; La pensée dispersée. Figures de l’exil judéo-allemand, Léo Scheer, 2004 ; La violence nazie. Essai de généalogie historique, La Fabrique, 2003 ; Le totalitarisme. Le XXe siècle en débat, Seuil, 2001 ; Pour une critique de la barbarie moderne. Ecrits sur l’histoire des Juifs et de l’antisémitisme, Ed. Page deux, 2000 ; Les Juifs et l’Allemagne. De la "symbiose judéo-allemande" à la mémoire d’Auschwitz, La Découverte, 1999 (1992) ; Les marxistes et la question juive, Kimé, 1998 (1990) ; L’Histoire déchirée. Essai sur Auschwitz et les intellectuels, Editions du Cerf, 1997 ; Siegfried Kracauer. Itinéraire d’un intellectuel nomade, La Découverte, 1994.


Les conférences se déroulent à 18 h 45 à l'Hôtel du département des Bouches-du-Rhône - 52 avenue de Saint-Just 13004 Marseille - Métro Saint-Just. Parking gratuit, ENTREE LIBRE dans la limite des places disponibles

Programmes et informations : Echange et diffusion des savoirs - 16 rue Beauvau 13001 Marseille - tel. 04 96 11 24 50 - fax. 04 96 11 24 51. contact@des-savoirs.org

Lieux

  • Hôtel du département des Bouches-du-Rhône - 52 avenue de Saint-Just
    Marseille, France

Dates

  • jeudi 20 mars 2008
  • jeudi 06 mars 2008
  • jeudi 24 avril 2008
  • jeudi 15 mai 2008
  • jeudi 03 avril 2008
  • jeudi 24 janvier 2008
  • jeudi 31 janvier 2008
  • jeudi 07 février 2008
  • jeudi 17 janvier 2008

Mots-clés

  • politique, violence, religion, relations internationales

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Masques et figures de la guerre », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 30 octobre 2007, http://calenda.org/198259

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