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Rencontre avec les amis de Jean Duvignaud

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Publié le mercredi 31 octobre 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

L'écrivain, sociologue et ethnologue Jean Duvignaud est décédé cette année, au mois de février. En son honneur, la Maison des Cultures du Monde organise le 9 novembre prochain une importante rencontre en ses locaux. Rencontre, vendredi 9 novembre 2007, Paris, Maison des Cultures du Monde.

Annonce

« Voici moins d’une année que Jean Duvignaud s’éteignait dans sa maison familiale de La Rochelle, laissant tous ses proches désemparés, malgré leur connaissance du processus irréversible de la maladie. La stupeur remplaçait la surprise. Jamais plus le rire de Jean et son léger accent sarcastique ne résonneraient. Jamais plus les phrases lumineuses ne feraient mouche dans les mémoires en attente. La séparation commencée dans la tristesse marque toujours, mais insensiblement, elle enrichit maintenant la nature du sentiment. Et toute l’énergie tonique de l’auteur de La ruse de vivre envahit ceux qui tournent les pages de ses livres ou qui se souviennent de ses remarques, lancées sur un ton léger, devant un verre de vin rouge, à la table d’un restaurant mexicain, dans un train, sous un porche, en attendant la fin de la pluie. « Écrivain plus que sociologue » comme il se plaisait à le rappeler, il se livrait, entre cent projets menés simultanément, à un travail de tissage de la recherche avec l’amitié. Ses écrits, ses conversations fourmillent de parenthèses, de faux coq-à-l’âne, de sauts hardis et mettent en scène ses anciens étudiants, ses amis. Jean se délectait de rencontres, (d’où celle qui se prépare). Certains de ceux qui le fréquentaient n’ont peut-être jamais côtoyé les personnages de la pièce secrète dont il se plaisait à refaire sans cesse la mise en scène, et pourtant un goût de familiarité les imprègne. Le secret nécessaire à la création d’un clan ! « Par l’écriture, l’homme fait le tour du propriétaire, balise son domaine, sonde ses fantasmes ou ses croyances, acère des idées, ouvre un dialogue avec des hommes et des femmes qu’il ne rencontrera jamais - là, dispersés, tapis dans l’ombre - éventuels complices. À force de chercher les mots et les phrases capables de manifester ce qu’il sent, imagine ou croit penser, il devient pour lui-même une énigme : il entreprend sa propre mythologie ». Pendant vingt ans, président de la Maison des Cultures du Monde, qu’il nommait « un pari sur les cultures », Jean Duvignaud, défendant sans relâche l’institution, trouvait des astuces pour le maintien de sa bonne santé, et en avait fait son quartier général. Le 9 novembre, il retrouve la place qu’il n’a jamais quittée, au milieu de ses amis qui évoqueront son écriture, son enseignement, ses conversations, ses goûts, cette place justement dans « un théâtre...un filtre. Il ne reflète pas la société, il la défie en paraissant l’imiter ».

Nouveau jeu, alors que l’acteur principal reste en coulisse !

Amis de tous âges, depuis la fondation des premières revues, l’enseignement à Tunis, les échappées vers les oasis du Sud et Chebika, l’université de Tours, de Jussieu, les voyages en Inde, au Brésil, en Chine, complice des lanceurs d’idées, par des articles, des conférences, se bouclant par la création de Internationale de l’Imaginaire, restent ses partenaires, ses compagnons de marquage des traces, par le questionnement de ses pensées et l’édition de ses ouvrages, qu’il ne cessait de remettre sur le métier... Pour les réunions chaleureuses, les anniversaires, personne ne demande à l’autre la nature du cadeau apporté. De même, le thème des témoignages de la journée de rencontre du 9 novembre, celui des communications, des réflexions, restera inconnu jusqu’à ce que chacun manifeste sa reconnaissance, son attachement son souvenir particulier. Tous les participants à cette journée possèdent une puissante originalité. Ils caractérisent leur époque par leurs travaux, leurs interrogations et « marquent des cicatrices sur la carte »

La rencontre des amis de Jean Duvignaud, qui porte le nom d’empreinte, indique la permanence des trames délicates, flottant dans les brises de la mémoire ou de l’oubli, que son influence fait tournoyer, bien au-delà du cercle de ceux qui se souviennent.

Françoise Gründ

PROGRAMME

Présentation par Chérif Khaznadar et Françoise Gründ Laurent Vidal Hubert Nyssen Madeleine Gobeil Jean Malaurie Jean-Marie Pradier Naema Boudoumi (lecture d’une lettre) Paul Virilio (projection d’un film d’Olivier Assayas) Françoise Duvignaud Jean-Pierre Corbeau Arlette Farge Robert Abirached Lecture d’un message de David Le Breton Alain Levy Guy Martinière Lecture d’un message d’André-Marcel d’Ans. Charles Illouz Jean-Pierre Bosc (projection d’un extrait de film) Edgar Morin Jean-Louis Bertuccelli (projection d’un film) Pierre Fougeyrollas

le vendredi 9 novembre 2007 de 16h à 21h
à la Maison des Cultures du Monde
Théâtre de l'Alliance Française - 101 boulevard Raspail 75006 Paris

Métro : Notre-Dame-des-Champs ou Saint-Placide
> Entrée libre sur réservation au 01 45 44 72 30

Lieux

  • Maison des Cultures du Monde - Théâtre de l'Alliance Française - 101 boulevard Raspail
    Paris, France

Dates

  • vendredi 09 novembre 2007

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Empreintes », Informations diverses, Calenda, Publié le mercredi 31 octobre 2007, http://calenda.org/198267