AccueilNouvelles conjugalités, espaces familiaux et rapports de genre en agriculture

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Publié le mercredi 31 octobre 2007 par Pierre Mercklé

Résumé

Ce séminaire devra être l’occasion d’une analyse renouvelée des rapports de genre en agriculture et de la place des questions politiques au sein des familles agricoles. Journée d'études, Paris, mardi 20 novembre 2007, 17h.

Annonce

Au-delà des clivages professionnels et politiques, c’est certainement autour de la dimension familiale de l’agriculture que se cristallise l’un des plus anciens accords idéologiques relatif à cette profession. Ceci est d’autant plus paradoxal, que cette dernière n’en est pas moins profondément bouleversée dans les nouvelles conjugalités, les espaces familiaux et les rapports sociaux de sexe (de genre) qui la définissent aujourd’hui. A ce titre, l’une des dimensions de la crise identitaire qui affecte grandement le groupe des agriculteurs est l’individualisation de l’installation et du travail en agriculture. Notons que le contexte démographique renvoie inéluctablement à la situation de célibat vécue par bon nombre de jeunes agriculteurs. A cette nouvelle réalité sociale s’ajoute la conquête de l’autonomie professionnelle par les jeunes femmes d’agriculteurs. Près de 50% d’entre elles exercent une activité non agricole. Dans les couples agricoles, chacun mène sa vie professionnelle comme il l’entend. L’« impératif d’être soi » s’impose aux agriculteurs comme aux autres membres de la société. C’est bien parce qu’il y a choix personnel du métier que la plupart des jeunes agriculteurs aujourd’hui exercent ce métier, soit seuls (solitaires) sur leur exploitation, soit associés dans différentes formes sociétaires. Les exploitations familiales, définies par l’engagement de tous les membres de la famille dans la mise en valeur de l’exploitation, ainsi que les exploitations conjugales, dans lesquelles mari et femme travaillent sur l’exploitation, régressent au profit des exploitations individuelles pour lesquelles seul le chef de famille est actif agricole. Ainsi, le modèle de l’installation en couple fait place progressivement à celui de l’installation individuelle avec toutes les conséquences que cela comporte en terme de gestion du temps de travail, mais aussi en terme d’insertion socioprofessionnelle et donc d’engagement. L’individualisation de l’installation et du travail en agriculture met donc en question le modèle familial défendu par les jeunes de la "révolution silencieuse". Le couple était d’autant plus important qu’il constituait l’un des piliers fondateurs autour duquel ces jeunes articulaient le projet de modernisation qu’ils souhaitaient mettre en oeuvre. En conséquence, l’engagement professionnel et politique qui animait ces hommes et ces femmes était vécu en couple et non individuellement. Les activités des groupes féminins, les participations aux réunions des coopératives, les manifestations syndicales, l’adhésion à une CUMA n’étaient en somme que les multiples facettes d’un même "combat", celui de la reconnaissance d’un métier qui se déclinait au masculin et au féminin. Dès lors, le passage du couple à l’individu soulève de nombreuses interrogations quant à la façon dont les agriculteurs d’aujourd’hui vivent leurs engagements et assurent leurs représentations professionnelles et politiques. Le questionnement suscité semble d’autant plus pertinent qu’il repose sur le paradoxe suivant : "l’agriculture est aujourd’hui d’autant plus familiale que les familles sont moins agricoles"(Philippe Lacombe, 1990). En effet, si l’on assiste à des processus de dissociation entre ménage et unité de production, il n’en demeure pas moins que le groupe familial reste l’espace au sein duquel se définissent certains projets. Si la question des femmes en agriculture et celle de la transmission des exploitations ont fait l’objet d’une littérature spécifique, en revanche, un questionnement en termes de rapports sociaux de sexe (de genre) a rarement été mobilisé autour de ce groupe professionnel et encore moins sur le thème de l’engagement ou de la transmission des héritages politiques. Face à un tel contexte de ruptures tant organisationnelles qu’identitaires, ce séminaire devra être l’occasion d’une analyse renouvelée des rapports de genre en agriculture et de la place des questions politiques au sein des familles agricoles.

Programme

Introduction-Coordination :

Christophe Giraud, CERLIS (Université Paris V)

Annie Rieu, CERTOP et Equipe SIMONE-SAGESSE (Université Toulouse 2)

« Travailler à l’extérieur » : des implications ambivalentes pour les compagnes d’agriculteurs

Céline Bessière, IRISES (Université Paris Dauphine).

L’installation (en individuel) des femmes en agriculture : entre conformité et transgression de genre.

Sabrina Dahache, UMR Dynamiques rurales et Equipe SIMONE-SAGESSE (Université Toulouse 2)

Discutante : Anne Muxel (CNRS-CEVIPOF Paris)

-17h, CEVIPOF (Salle Annick Percheron), 98 Rue de l'Université, PARIS
-Contact : François Purseigle, Maître de conférences en sociologie - Institut National Polytechnique - INP-ENSAT - Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse
Avenue de l'Agrobiopole
BP 32607 - Auzeville-Tolosane
F 31326 Castanet-Tolosan Cedex
http://www.ensat.fr
Courriel : purseigle@ensat.fr
Tél. : 33 (0)5 62 19 39 57
Fax : 33 (0)5 62 19 39 01
Portable : 06 13 66 04 43

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 20 novembre 2007

Mots-clés

  • famille, genre

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Nouvelles conjugalités, espaces familiaux et rapports de genre en agriculture », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 31 octobre 2007, http://calenda.org/198270