AccueilVingt-cinq ans de sociologie de la musique en France

Vingt-cinq ans de sociologie de la musique en France

Ancrages théoriques et rayonnement international

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Publié le jeudi 31 janvier 2008 par Pierre Mercklé

Résumé

Face au foisonnement des études engagées sur la musique depuis une bonne dizaine d’années - en témoignent les travaux exposés lors du colloque « Ethnographies du travail artistique » (septembre 2006) ou de la journée d’étude « L’expérience musicale sous le regard des sciences sociales » (octobre 2005) pour ne citer que deux rencontres récentes -, face à la diversité des approches théoriques et des démarches empiriques, ce colloque, organisé par le GDRI OPuS en partenariat avec les universités Pierre Mendès France-Grenoble 2, Sorbonne Nouvelle - Paris III, Paris Sorbonne - Paris IV et Paris Descartes - Paris V, propose de faire le point selon un triple point de vue : d’une part, sur les ancrages théoriques posés au début des années 1980 et l’évolution de la pensée de chaque auteur, d’autre part sur la manière dont ces travaux ont irrigué de multiples recherches en France et à l’étranger, enfin, sur les perspectives ouvertes aujourd’hui notamment en matière de pluri ou interdisciplinarité et les interrogations épistémologiques qui leur sont associées. Appel à communications, Colloque, Université Paris Sorbonne, 6-8 Novembre 2008

Annonce

Au début des années 1980, un ensemble de travaux paraissent en France renouvelant les questionnements sociologiques sur la musique : on peut citer parmi d’autres, la parution en 1981 de l’ouvrage d’Antoine Hennion Les professionnels du disque. Une sociologie des variétés (Paris, Métailié) avant La passion musicale (1993), celui de Pierre-Michel Menger Le paradoxe du musicien. Le compositeur, le mélomane et l’Etat dans la société contemporaine (Paris, Flammarion) ; en 1983, l’article de Jean-Louis Fabiani « Carrières improvisées : théories et pratiques de la musique de jazz en France » paru dans Raymonde Moulin (dir.), Sociologie de l’art (Actes du colloque international, Marseille, 13-14 juin 1985), en 1986, l’ouvrage d’Anne-Marie Green Les adolescents et la musique (Issy-les Moulineaux, EAP) puis l’article d’Emmanuel Pedler « Culture musicale d’exil » (Inharmoniques 2, mai 1987). Ce dernier, en outre, a contribué à mieux faire connaître le travail pionnier de Max Weber Sociologie de la musique par la traduction et la présentation qu’il en a faites (en collaboration avec Jean Molino, Paris, Métailié, 1998).

Ces diverses recherches ont contribué chacune à leur manière à ouvrir un vaste champ d’observation et de réflexion à la fois en France et à l’étranger. A côté d’une sociologie de la musique anglo-saxonne initiée dans une perspective bien différente, celle des Cultural Studies, une sociologie de la musique de langue française a ainsi investi à la fois les formes savantes et les genres populaires, interrogé aussi bien le marché de la musique, les professions et le travail musical, la construction du goût et des médiations propres à la musique, la diversité et le sens des pratiques, la spécificité de cet objet esthétique... Ces réflexions ont nourri et se sont nourries de l’échange avec les recherches menées dans d’autres contrées.

Face au foisonnement des études engagées sur la musique depuis une bonne dizaine d’années - en témoignent les travaux exposés lors du colloque « Ethnographies du travail artistique » (septembre 2006) ou de la journée d’étude « L’expérience musicale sous le regard des sciences sociales » (octobre 2005) pour ne citer que deux rencontres récentes -, face à la diversité des approches théoriques et des démarches empiriques, ce colloque, organisé par le GDRI OPuS en partenariat avec les universités Pierre Mendès France-Grenoble 2, Sorbonne Nouvelle - Paris III, Paris Sorbonne - Paris IV et Paris Descartes - Paris V, propose de faire le point selon un triple point de vue : d’une part, sur les ancrages théoriques posés au début des années 1980 et l’évolution de la pensée de chaque auteur, d’autre part sur la manière dont ces travaux ont irrigué de multiples recherches en France et à l’étranger, enfin, sur les perspectives ouvertes aujourd’hui notamment en matière de pluri ou interdisciplinarité et les interrogations épistémologiques qui leur sont associées.

• Organisation du colloque

Les matinées (jeudi, vendredi et samedi) seront consacrées aux séances plénières auxquelles seront invités des chercheurs contemporains qui ont marqué la discipline :

-   Howard S. BECKER (Chercheur indépendant, USA)
-   Jean-Louis FABIANI (Directeur d’études EHESS Paris)
-   Simon FRITH (Professor, University of Edinburgh, UK)
-   Anne-Marie GREEN (Professeure, Université de Franche-Comté)
-   Antoine HENNION (Professeur, ENSMP Paris)
-   Pierre-Michel MENGER (Directeur de recherche CNRS, Directeur d’études EHESS Paris)
-   Emmanuel PEDLER (Directeur d’études EHESS Marseille)

Les après-midi (jeudi et vendredi), permettront, à l’occasion de tables rondes, de présenter les communications retenues par le comité scientifique du colloque, qui porteront sur la manière dont ces travaux irriguent les recherches contemporaines et les perspectives à venir en fonction de six grandes thématiques :

1) Nouveaux concepts, nouveaux terrains en sociologie de la musique ? Le foisonnement des recherches actuelles sur les faits musicaux interroge les contours, les concepts, les objets et les terrains de la sociologie de la musique. Quelles nouveautés proposent ces travaux depuis les recherches fondatrices ?

2) Les enjeux de la pluridisciplinarité. Quelle relation engager entre sociologie et musicologie notamment ? La pluridisciplinarité est-elle indispensable ? Quels outils de réflexion et d’investigation demande-t-elle de construire ?

3) Sociologie de la musique et Cultural Studies : quel dialogue ? Alors que les Cultural Studies dans les pays anglo-saxons et la sociologie de la musique dans la francophonie ont différemment abordé la/les musique(s) et construit l’objet de leurs recherches, où se rejoignent-elles ? Qu’ont-elles à s’apprendre ou à s’apporter mutuellement ?

4) Les apports d’autres domaines d’investigation sociologique (sociologie du travail et des professions, sociologie de la connaissance...) à la sociologie de la musique. Dès les premiers travaux, d’autres domaines d’investigation sociologique ont été sollicités pour réfléchir sur les faits musicaux. Qu’en est-il aujourd’hui ? En quoi les travaux sur la musique éclairent-ils en retour ces recherches ?

5) Comment faire une sociologie de l’œuvre musicale ? La question de l’œuvre est au centre de nombreuses interrogations en sociologie des arts et de la culture, et partage ceux qui pensent pouvoir faire une sociologie des œuvres de ceux qui doutent de la pertinence d’une telle approche. Art non narratif, comment la musique s’offre-t-elle à ces interrogations ?

6) Sociologie de la musique et autres pratiques artistiques. La musique est souvent sollicitée et mêlée à d’autres arts tels que le cinéma, la danse ou les arts plastiques. Qu’apporte ici la sociologie de la musique et comment est-elle repensée en fonction de ces contextes ?

• Propositions de communication

S’inscrivant dans l’une ou l’autre de ces thématiques, les propositions devront combiner des réflexions théoriques et méthodologiques appuyées sur des enquêtes de terrain. Envoyées en fichier joint sous format Word ou RTF, les propositions de communication (400 mots maximum) doivent comprendre un titre et être accompagnées d’une courte notice biographique (100 mots).

Elles indiqueront les nom(s), institution de rattachement, fonction, coordonnées postales, téléphoniques et électroniques du ou des auteurs. Elles doivent être transmises au plus tard le samedi 15 mars 2008 par courrier électronique à Cécile Prévost-Thomas à l’adresse suivante :

cecile_prevost_thomas@hotmail.com (attention : pour cette adresse le tiret qui convient est celui qui est sous la touche 8 du clavier)

Un accusé réception de l’envoi de votre proposition vous sera automatiquement transmis.

En respectant l’anonymat des auteurs, le comité d’organisation transmettra les propositions au comité scientifique qui décidera des propositions retenues au plus tard le vendredi 30 mai 2008.

Le comité d’organisation préviendra par courriel début juin 2008 les personnes ayant soumis une communication de l’acceptation ou du refus de leur proposition.

Colloque organisé par :
-   l’Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris III, l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, l’Université René Descartes - Paris V, l’Université Pierre-Mendès-France - Grenoble II, le GDRI OPuS (Œuvres, Publics, Sociétés).
-   le CERLIS (Centre de Recherche sur les Liens Sociaux, Paris V et Paris III) et le CSRPC-ROMA (Centre de Sociologie des Représentations et des Pratiques Culturelles - Recherche sur les Oeuvres et les Mondes de l’Art, Grenoble II) et l’OMF (Observatoire Musical Français, Paris IV).

Responsables :

Emmanuel Brandl CSRPC-ROMA, Université Pierre-Mendès-France-Grenoble II. Cécile Prévost-Thomas OMF, Université Paris Sorbonne-Paris IV ; CRILCQ, UQAM, Montréal. Hyacinthe Ravet OMF, Université Paris Sorbonne-Paris IV. Catherine Rudent OMF, Université Paris Sorbonne-Paris IV.

Comité scientifique :

-  Bruno BRÉVAN (Université René Descartes-Paris V, France)
-  Marie BUSCATTO (Laboratoire G. Friedmann, Paris I - CNRS, France)
-  Jacques CHEYRONNAUD (SHADYC-EHESS, France)
-  Philippe COULANGEON (CREST-CNRS, France)
-  Pierre DEMEULENAERE (Université Paris Sorbonne-Paris IV, France)
-  André DUCRET (Université de Genève, Suisse)
-  Catherine DUTHEIL (Université Pierre Mendès France-Grenoble II, France)
-  Marcel FOURNIER (Université de Montréal, Québec, Canada)
-  Denis LABORDE (LAIOS, CNRS, France)
-  Denis-Constant MARTIN (CERI -Sciences Po, France)
-  Bruno PÉQUIGNOT (Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III, France)
-  Danièle PISTONE (Université Paris Sorbonne-Paris IV, France)
-  Liliana SEGNINI (Université d’Etat de Campinas, São Paulo, Brésil)
-  Marc TOUCHÉ (CNRS, France)
-  Alfred WILLENER (Université de Lausanne, Suisse)

Colloque, Université Paris Sorbonne, les Jeudi 6, Vendredi 7 et Samedi 8 Novembre 2008

Pour tout renseignement supplémentaire, contacter : Cécile Prévost-Thomas, cecile_prevost_thomas@hotmail.com

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 15 mars 2008

Mots-clés

  • musique, art, culture

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vingt-cinq ans de sociologie de la musique en France », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 31 janvier 2008, http://calenda.org/198325